Mon Ame
Il y a pas mal de raison pour lesquelles je ne supporte pas ce sorcier abject qu'est Igor Karkaroff.
C'est un lâche, un traître, il ne vit que pour le gain et sous la peur. Alors qu'un minable comme lui puisse diriger une école et donner des leçons à des enfants me débecte !
Ca n'a pas été difficile de mettre la main sur lui. Et le fait qu'il s'en sorte ne m'a pas plus surpris que ça : au fond, il n'est pas dangereux en tant que Mangemort, mais en tant que directeur je ne suis sûr de rien.
Je respecte les gens qui se battent jusqu'au bout, pour leurs idéaux, leur justice. Je hais les Mangemorts mais ça ne m'empêche pas de reconnaître ceux qui ont à cœur leurs convictions. Comme les Lestrange…
Ou Evan Rosier.
Cette crapule de Karkaroff l'a dénoncé. Je ne savais pas qu'il avait si peu d'honneur pour jeter en pâture aux détraqueurs ses compagnons. On pourra me dire ce qu'on veut, je n'en pense pas moins.
En tout cas, peu après son procès, il s'est révélé que Rosier était bel et bien un Mangemort. On m'a demandé à moi et à quelques collègues de nous en charger… Si possible de manière discrète.
A croire qu'on a été trop discret. On s'est retrouvé chez lui un soir où on serait sûr qu'il était là.
On ne s'était pas trompé, mais un détail nous avait échappé : il n'était pas seul.
Voldemort en personne était venu lui rendre visite avec quelques camarades.
Ca a été une vraie boucherie. Frank Londubat a eu le bon réflexe d'alerter le ministère immédiatement, ce qui a fait déguerpir Voldemort en quelques instants. Manque de chance, ce dernier, juste avant de disparaître a déclaré d'une voix forte à ses chiens que s'ils fuyaient le combat pour le rejoindre avant de nous avoir tous tués, il leur ferait payer.
Durant une fraction de seconde après qu'il se soit échappé, il y a eu comme un drôle d'air. Quelque chose de très désagréable.
On s'est compris.
On savait que ça allait mal finir de toute façon. Il y en avait parmi eux qui voulaient se rendre mais d'autres les surveillaient et n'auraient pas hésité à utiliser l'Imperium sur eux pour les garder sous leur contrôle… Ou pire. Pauvres bougres.
Le combat a alors commencé. Bien qu'ils fussent plus nombreux, nous avons réussi à tirer un avantage de la taille de la maison : ils se blessaient entre eux au final. Williamson a eu une sale blessure à la tête mais il s'en est sorti malgré tout, bien que ce soir là il était dans les vapes.
Le problème était Rosier : dès qu'un de ses hommes tombait ou ne pouvait plus rien faire, il lui jetait l'Imperium. Même blessés ou avec une jambe brisée, les Mangemorts revenaient à l'attaque et ne pouvaient rien contre sa volonté.
Et sous les commandements d'un seul homme, ils étaient bien mieux organisés, ils n'avaient plus d'avis, plus de passion.
Or, ils étaient trop nombreux. Leur point faible n'existait plus.
Dès qu'on tentait de s'en prendre à Rosier, une de ses marionnettes le protégeait et revenait à l'attaque ou créait un sort de bouclier, voir plusieurs. J'ai senti plusieurs sorts me frôler, dont un me trancher en partie le bras puis un coup me blesser au flanc. Ce n'était pas beau à voir.
On décimait autant qu'on pouvait, j'interdisais à mes hommes d'utiliser la magie noire contre ces satanés pantins même si eux le faisaient sur nous. Je savais qu'ils souffraient plus que nous, les malheureux.
En tant que chef, c'était ma responsabilité. Je ne pouvais laisser mes hommes et ces corps dont la vie se vidait de seconde en seconde souffrir davantage. Risquer davantage.
C'était à moi de payer.
Le sortilège du bouclier est inefficace contre l'Avada Kedavra.
J'ai vu Evan tomber au sol. Et c'était fini. Les pantins hurlaient de douleur à cause de leur blessures et certains de mes hommes n'arrivaient plus à tenir debout. Moi, j'étais planté devant ce corps sans vie. Lui qui s'était battu jusqu'au bout. Un peu trop à mon goût même.
J'ai eu pas mal de balafres : sur le flanc, sur le buste, dans le dos même.
Mais surtout une à l'âme car j'avais tué.
C'est pour ça, que je ne peux pas sentir cette crapule de Karkaroff.
