Merci à fille de la lune pour son review ^^ Moi aussi j'ai toujours été fasciné par la folie sous n'importe quelle forme d'ailleurs…au lycée, j'avais même acheté « histoire de la folie à l'âge classique » de Foucault…je ne comprenais qu'un mot sur dix mais c'était très intéressant ^^
Chapitre 3
Evasion
Nymphadora dormit très mal cette nuit-là, ne pouvant se rappeler quoi que ce soit, elle s'énervait et ne put donc pas fermer l'œil de la nuit. Elle avait une petite sœur…comment s'appelait-elle ? A quoi ressemblait-elle ? Et ses parents ? Et son pauvre grand-père ? Que s'était-il passé ? Pourquoi n'avait-elle pas mieux répondu aux questions ? Elle s'en prenait à elle-même pour son incompétence et des faits qui lui étaient étrangers, et ça, ça l'énervait.
Nymphadora attrapa sa peluche licorne-sirène et lui mordit méchamment le derrière pour se défouler. La veille, elle avait tenté plusieurs fois d'utiliser son don mais en vain…elle n'avait d'ailleurs par le souvenir de l'avoir utilisé dans son enfance. Elle mordit de nouveau sa peluche qui ne lui avait rien demandé et ferma les yeux. La sinistre fanfare qui servait de réveil retentit, il était l'heure de se lever.
- Je sais maintenant pourquoi j'ai été enfermé ici…J'ai tué mon grand-père, lâcha Nymphadora devant les membres de club des Six.
Mme Weber fut la seule à réagir.
- Ils t'ont également vu alors…depuis hier, ils essaient de revoir le cas de chaque patient pour vérifier qu'il n'y ait pas eu d'erreurs… Non mais franchement, ils ont mieux à faire ! comme changer la nourriture, elle est infecte…grommela-t-elle.
- Je…j'ai appris pas mal de choses que j'avais oublié…j'ai une petite sœur, vous vous rendez compte ?
Mme Weber sourit avec tendresse.
- Quoi d'autres ?
- J'aurai peut-être des troubles du comportements parce que je suis une méta..méta..
- Métamorphomage, l'aida Mr Fifrel.
Elle le gratifia d'un sourire.
- Et je crois qu'ils vont approfondir mon cas d'après ce que j'ai compris…j'ai peur de découvrir que je suis réellement folle…je veux dire, ils m'apprennent qui je suis et qui j'étais, il y a de qui vous rendre dingue pour de bon ! Hier soir, j'ai fait je ne sais combien de crises d'angoisse !
- Ne te mets pas la rate en bouillant pour ça…Sur ce, si vous voulez bien m'excuser, je vais retourner voir mon Robert, se contenta de révéler Mme Weber en s'en allant.
Nymphadora la regarda partir à regret.
Un silence lourd, très lourd s'installa dans la salle certains patients étaient partis car pas assez fous pour rester, d'autres recevaient les visites de famille mécontente cherchant des preuves de l'aggravation des cas pour pouvoir porter plainte. Tandis que le reste stressait pour le test à venir.
- Un sacré merdier ce foutoir, commenta Mr Fifrel. Au fait, pourquoi as-tu des paillettes sur la tronche ? demanda-t-il à Nymphadora.
Celle-ci rougit, c'était surement ce matin quand elle avait mordu le popotin de sa peluche licorne-sirène.
De retour dans sa chambre, Nymphadora prit ses pilules et négligea sa toilette pour réfléchir. Elle ne se souvenait pas de son nom, de sa date d'anniversaire, de son enfance…etc.
Elle n'avait pas de passé.
Comme quoi s'enfermer dans une bulle avait des effets plus que néfastes.
C'est alors qu'une idée germa dans sa tête : pourquoi ne pas s'inventer ? Se créer un passé, des origines ? Comme autrefois ? Ce serait mieux, beaucoup mieux même que d'être Nymphadora une folle-meurtrière dans un asile psychiatrique. Fière de sa trouvaille Nymphadora jubilait ! Elle allait s'inventait un passé, une vie et vivre son invention dehors, mais il faudrait qu'elle s'évade….Elle s'en mordit les doigts d'exaltation, il lui fallait un plan et un bon, et de l'aide !
Vers onze heures, Pimprenus vint la chercher et la mena au directeur ou plutôt au nain du directeur : Mr Van Der Wore. Nymphadora apprit ainsi que tous les jours à onze heures précises, elle devrait s'y rendre pour des séances, pour déterminer si oui ou non elle était folle. Car oui, son cas méritait un approfondissement.
- Avez-vous votre place ici ? demanda le nain sans attendre.
Nymphadora qui se tortillait sur sa chaise, sa peluche dans la bouche, s'immobilisa.
- Comme tout le monde je suppose…
- Qu'en pensez-vous réellement ?
Sentant un piège venir, Nymhadora resta un long moment muette mais décida de jouer avec la vérité.
- En fait, comme vous le savez déjà, je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai pu faire alors…je me suis convaincue que je n'étais pas folle donc…jusque-là je pensais que j'étais saine d'esprit…
- Et maintenant ?
- Je crois que je suis dangereuse mais que je ne m'en pas compte…
Le nain lui offrit un magnifique sourire qui aurait pu faire vomir plus d'un, et ferma son carnet.
- Ce sera tout merci ! fit-il en se levant.
- C'est tout ? s'exclama-t-elle surprise.
- Vous n'êtes pas ma seule patiente vous savez, lui lança le nain d'un ton dédaigneux. Et avec les médicaments…
- En quoi il est fait votre carnet ? demanda-t-elle en mâchouillant une mèche de ses cheveux.
- En peau de dragon.
Nymphadora fut raccompagnée dans sa chambre pour en ressortir aussitôt et s'installa sur la terrasse.
A partir de demain, se dit Nymphadora, j'arrête les médocs.
Elle serait ainsi plus lucide et plus efficace pour penser à son plan d'évasion, mais elle savait déjà à qui elle demanderait de l'aide.
Le lendemain, Nymphadora galéra à planquer ses médicaments. La meilleure cachette pour le moment serait sa peluche, ensuite elle les balancerait dans le bac à sable dehors. Elle fit donc un trou avec son doigt derrière une écaille de sa queue de sirène, et les enfonça bien profondément. Et elle se rendit à son rendez-vous avec le nain.
- Vous n'avez donc aucuns souvenirs antérieurs à votre vie ici ?
Nymphadora hocha négativement la tête.
- A part quand on m'a emmené, je jouais seule avec ma peluche, fit-elle en la brandissant.
- Hmm hmm…C'est étrange…ce n'est pas dû aux médicaments pourtant…vous auriez pu vivre un traumatisme…ou bien…
- Dans quelles circonstances…ai-je bien pu tuer mon grand-père ? Dites-le moi ! Je veux savoir !
Il fronça les sourcils.
- Je vous le dirai en temps utile, vous n'êtes pas prête pour l'instant… Avez-vous des hallucinations ? Visuelles ? Auditives ?
- Euh…non, pas que je sache, pourquoi ?
Il se redressa dans son fauteuil.
- Comme je l'ai déjà dit auparavant…les métamorphomages ont des tendances à la schizophrénie…
- Mais…
- Quand je dis « tendance », c'est dans 95% des cas…vous avez des troubles de la mémoire, de la concentration, si si, vous êtes distraite vous ne vous en rendez pas compte…Vous avez des rituels, des mouvements répétitifs si vous préférez. Vous portez la main à votre bouche, toujours la droite, quand vous êtes contrariée ou inquiète, et vous vous balancez en avant et en arrière au gré de vos pensées…ce sont des symptômes…
Nymphadora le regarda médusée…
- Oh, et j'oubliais : à une époque vous aviez cru qu'on complotait contre vous…la paranoïa en fait partie !
- J'ai attrapé ça comment ?
- Ce n'est pas un rhume ! On ne connait pas encore les véritables origines de cette maladie…ce qui est sûr c'est que vous allez suivre un traitement : ce sera une pilule verte.
- Donc j'ai un vrai problème ?
- Vous en doutiez ?
- Ben…c'est-à-dire que…
- Vous avez votre place ici, c'est confirmé ! Et votre famille paye pour cela, ajouta-t-il avec sourire.
Plus pour longtemps, songea-t-elle, en sortant du bureau. L'entretien fut plus long et elle croisa le patient suivant : une femme aux yeux hagards.
- Il faut que je me tire d'ici ! chuchota-t-elle pour elle-même.
Ella alla dehors, dans le bac à sable et y enfouit ses médicaments. Le seul qu'elle prendrait serait la pilule verte…histoire de ne pas trop causer d'ennuis à l'extérieur.
Elle s'y voyait déjà…
Mais, il lui fallait son dossier. Afin de savoir pourquoi et qui elle était. Avec son doigt, elle fit une liste de ce dont elle aurait besoin : dossier, carnet en peau de dragon du nain, argent (celui du directeur), peluche. Pour le reste elle se débrouillerait. Elle leva les yeux vers le sapin : le seul rempart à sa liberté… l'aide de Mme Weber serait la bienvenue. C'était égoïste, mais elle ne mettrait que Mme Weber au courant de son plan pour une évasion plus optimale.
Ainsi, son plan fut prêt, Mme Weber prête à coopérer mais il lui manquait des informations sur ce qu'elle convoitait : l'argent, son dossier, et le carnet vert. Elle se promit une semaine le temps de faire les repérages nécessaires. Ce fut simple, surtout avec Mme Weber comme complice. Elle s'amusait comme une folle et était prête à tout pour organiser la première évasion de l'Asile Sainte Raison.
Une nuit, Nymphadora fut réveillée en sursaut par Mme Weber.
- Qu'est ce qui se passe ? grommela-t-elle.
Mme Weber pouffa et lui montra ce qu'elle avait dans les mains. Nymphadora reconnut le carnet vert en peau de dragon.
- Mme Weber, s'exclama-t-elle, vous avez… !
- C'est maintenant ou jamais, gloussa-t-elle.
- Mais comment avez-vous fait ?!
- Dépêchons-nous, allez ! fit-elle en la tirant par le bras. Habille-toi, il fait froid dehors, et tiens ton dossier, l'argent moldu et sorcier au cas où tu aimerais acheter une baguette, tu as de quoi vivre le temps d'être bien installer, oh et puis tiens, cet horrible carnet… !
Nymphadora enfila en vitesse un vieux pull et un pantalon troué de partout, prit le châle qui servait de sac et y jeta sa peluche.
- Ça y est, murmura-t-elle.
- Parfait, la voie est libre, j'ai tout préparé, révéla Mme Weber en l'accompagnant dans le couloir.
Le plus silencieusement possible, elles avancèrent le cœur battant : l'un de peur, l'autre d'excitation.
- C'est terriblement palpitant ! couina Mme Weber.
Elles arrivèrent devant la porte ouvrant sur la terrasse.
- J'ai enlevé le sort de la porte et du sapin tout à l'heure, il n'y a donc aucun soucis ! Oh, avant que j'oublie !
Elle lui tendit plusieurs plaquettes de pilules vertes. Nymphadora sourit et les mit dans le châle.
- Merci pour tout…sans vous je…je…vous embrasserez les autres de ma part ?
- Bien sûr, ânonna Mme Weber en reniflant.
Nymphadora ouvrit la porte qui émit un grincement sonore.
- Viiiiiiiite, la pressa la vielle dame.
- Venez avec moi !
- Ma pauvre petite tu n'y penses pas ! Hohoho, et mon Robert ? s'offusqua-t-elle. Fais bien attention à toi !
Nymphadora lui déposa un tendre baiser sur la joue et s'engouffra dehors, mais Mme Weber la retint par le bras.
- Apprend à maîtriser ton don ! Tu auras plus de chances pour t'en sortir !
Nymphadora promit et courut, le châle étroitement serré contre sa poitrine. Elle courait tête baissé vers le sapin le cœur battant à tout rompre, ce n'est qu'une fois le sapin dépassé qu'elle se redressa et qu'elle courra à perdre haleine vers le portail. Elle eut du mal à l'escalader et retomba sur les fesses de nombreuses fois. Une fois de l'autre côté, elle se précipita sur la route et continua de trotter.
Elle était dehors et bientôt libre. Il lui fallait trouver une voiture qui l'amènerait loin, très loin d'ici et le tour était joué.
Trop fatiguée et en sueur, elle se mit à marcher. Elle regardait frénétiquement derrière elle, heureuse de constater que personne n'était à ses trousses. L'aube finit même par se lever, elle avait marché toute la nuit vers une direction inconnue. Etait-ce la bonne d'ailleurs ? Elle s'arrêta et médita longuement. Un bruit au loin interrompit ses tergiversions. Une voiture. Elle se mit en plein de milieu de la route et agita les bras.
- Eh ben petite ! Tu es bien matinale, constata le vieillard en s'arrêtant, au volant d'une voiture blanche.
- Où allez-vous ?
- A Londres et toi ?
- Ça alors, c'est exactement là que je veux aller ! s'exclama-t-elle d'une voix enjouée.
Il s'esclaffa.
- Alors grimpe.
Ça y est, je suis enfin libre, se dit-elle, quand la voiture démarra.
A suivre...
