Chapitre 4
Schizophrénie chérie
La fanfare retentit, il était huit heures. Mme Weber avait bien terminé sa nuit et était de bonne humeur. Elle enfila sa robe de chambre et sortit en trottinant. Le Titan et le Pit-bull était visiblement en forme étant donné leurs vociférations, elle eut un petit sourire. Une grande surprise les attendait.
Mr Van Der Wore se fit beau avant de prendre le petit-déjeuner avec le Directeur, il s'admira d'un air satisfait et alla frapper à son bureau. Personne. Il entra quand même et s'assit confortablement dans l'un des luxueux fauteuils. Le Directeur fit alors une entrée fracassante, il portait une robe de sorcier verte aux motifs floraux. Sous le choc d'une telle combinaison, le nain se leva légèrement et écarquilla les yeux de stupeur.
- Bonjour, bien dormi ? Par Merlin, vous êtes si terne…constata-t-il d'une voix morne.
Le nain baissa automatiquement les yeux sur sa propre tenue et fronça ses épais sourcils.
- Et vous, si voyant ! Ca cache un désir d'ex…
- Je me passerai volontiers de votre analyse mon Cher ! Descendons, voulez-vous ? J'ai une annonce à fai…
Le visage habituellement jovial du Directeur devint aussitôt terreux et en deux enjambées, il se jeta sur son bureau. Il pressa la pointe de sa baguette sur les quatre coins de la table qui disparut, faisant place à une cavité. Il serra tant ses mâchoires que ses dents en grincèrent et firent frissonner Mr Van Der Wore qui ne comprenait pas ce qui se passait.
- Le bureau était ouvert ? demanda le Directeur d'une voix sourde. Répondez !
- …Oui ! Où voulez-vous en venir ? fit le nain, inquiet.
- On m'a volé…
- Quoi ?
- Regardez par vous-même ! s'énerva-t-il.
Le psychiatre s'approcha avec prudence du bureau ne sachant pas ce qui l'attendait. C'est avec surprise qu'il découvrit des dossiers méticuleusement bien rangés, tellement serrés les uns aux autres qu'ils s'encastraient. Il y avait un trou, un dossier manquait.
- Il en manque un…et l'argent s'est envolé…
- Vous cachiez de l'argent ici ?! s'écria le nain.
- Pas le mien à vrai dire mais celui de mon prédécesseur…sûrement des magouilles…Ces dossiers sont les originaux, ils ont une assez grande valeur « sentimentale » si je puis dire...
Il releva la tête.
- Mr Van Der Wore, je vous conseille de regarder dans vos affaires…au cas où. Je crois qu'on a un évadé…
Dubitatif et surpris qu'il sache aussi vite qu'il y avait un évadé celui-ci s'exécuta et monta dans ses appartements. Il y avait été toute la nuit, ça l'étonnerait beaucoup qu'il y manque quelque chose. Il n'avait rien remarqué d'inhabituel ce matin pourtant, néanmoins, il scruta sa chambre du regard. Rien ne manquait. Si ce n'est…où était passé son carnet d'observation ? Le vert, en peau de dragon ? Un vent de panique le gagna, où avait-il bien pu le mettre ? Il marcha de long en large pour se remémorer les évènements de la veille.
Il était rentré tard…la journée avait été longue et difficile…avec tous ces patients a interrogé… les observations qu'il avait pu faire soigneusement notées…il s'était installé dans son bureau et avait relu ses notes…
Son carnet n'était pas sur le bureau ni autour, il porta les mains à son visage dans un geste de désespoir, remarcha et stoppa net son rituel. Il avait fini de lire son carnet au lit, il devait y être ! Sur la table de chevet…non, caché dans son lit…non plus…il devait se rendre à l'évidence, son carnet avait disparu…sous son nez.
- Ah, vous les psy, faut toujours que vous fassiez compliqué quand ça peut être simple, fit une voix ironique.
Le nain sursauta, il n'avait pas entendu Mr Tryt alias le Pit-bull entrer.
- Un « accio » aurait été plus simple vous ne croyez pas ?
Embarrassé, Mr Van Der Wore tenta de répliquer quelque chose mais le Pit-bull ne lui en laissa pas le temps.
- Le voleur s'est évadé, Nymphadora Tonks, vous vous en souvenez ?
Le nain lui jeta un regard incrédule.
- Absente ce matin, son lit était froid et on a retrouvé les médocs de cette sale punaise dans le sable ! On se disait tous qu'elle sortait beaucoup ces temps-ci…vu la quantité, y a un moment qu'elle le faisait !
Blanc comme un linge, le psychiatre s'adossa contre le mur et porta une main à son front. Il ne s'y attendait pas…mais maintenant qu'il y pensait, il se souvint que son carnet semblait beaucoup lui plaire.
Plongé dans ses tracas, le Directeur ne vit pas et n'entendit pas le psychiatre qui s'installa face à lui, mais il ne sursauta pas quand celui-ci lui adressa la parole.
- Qu'envisagez-vous ?
- Elle a toutes les informations nécessaires…ça peut être dangereux…mais encore plus pour nous…
- Que voulez-vous dire ?
- Mme Black nous paie très généreusement vous savez…alors imaginez qu'on la prévienne que sa petite-fille se soit fait la malle ! Et la réputation de l'établissement en pâtirait…
- Vous n'avez pas l'intention de prévenir sa famille ?! Mais…
- Je suis sûr que vous comprenez Mr Van Der Wore et que l'on restera en bons termes, ajouta-t-il avec un large sourire.
La corruption est partout, se dit alors le psychiatre. Cette remarque ne l'empêcha pas de serrer la main du Directeur pour autant. Le même schéma se reproduisait, il n'y avait plus qu'à espérer que ce Directeur-là ne sauterait pas lui aussi…
Plus tard, Mr Van Der Wore découvrit les pilules de Nymphadora dans la corbeille du directeur, étrangement les vertes semblaient avoir été consommé. Il sourit en se rendant compte qu'il s'était drôlement trompé sur le compte de la petite Nymphadora.
Allongée sur son lit dans une chambre d'hôtel, Nymphadora explorait son dossier. Elle fut très déçue, aucune information concernant sa famille. Seules les informations telles que son nom, sa date de naissance, son groupe sanguin et sa nature y figuraient. Elle s'appelait Nymphadora Tonks, née un 1er avril à Londres, était 0+ et une métamorphomage de naissance. Rien de plus, si ce n'est des pages et des pages sur les expérimentations : quels médicaments donnés en telles circonstances et les résultats. Elle en gardait peu de souvenirs. Elle jeta le dossier dans la corbeille, il était complètement inutile.
Elle arracha les pages gribouillaient du carnet vert en peau de dragon, illisibles comme elles étaient, elles finirent également dans la poubelle. Elle serra sa peluche licorne-sirène contre sa poitrine et se glissa dans son lit.
- Bonne nuit, lui chuchota-t-elle-même s'il était bientôt dix heures.
Elle resta dans le même hôtel plusieurs semaines durant lesquelles elle se trouva un nouveau nom : Charlotte Cirgisky et s'était procurée les papiers preuve de son existance illégalement.
Ni moldu, ni sorcière, remarqua-t-elle un jour. Parfois, il lui arrivait de faire un peu de magie quand elle était en colère mais ça s'arrêtait là…pas de quoi en acheter une baguette. Elle avait alors caché l'argent sorcier dans le carnet vert avec un petit papier contenant son véritable nom au cas où elle l'oublierait. Elle eut beau essayait de changer d'apparence devant le miroir, elle n'y parvenait toujours pas. Elle dut alors acheter une coloration blonde et des lentilles bleues.
Elle était de plus en plus paranoïaque avec une quasi absence d'expression et d'émotion (ce qui la rendait bizarre vu les regards du personnel de l'hôtel).
Ces temps-ci l'argent manquait. Elle avait encore de quoi payer sa chambre et quelques repas mais plus pour bien longtemps. Il lui fallait en plus des vêtements : l'hiver arrivait et sa schizophrénie empirait. Il lui fallait des psychotiques.
Elle sortit s'aérer l'esprit en ville sans destinations précises. Elle marcha longuement et remarqua une foule attroupée autour de quelque chose qui avait l'air intéressant. Elle s'approcha timidement, apeuré par tout ce monde et ce brouhaha. Une vieille dame se tenait au milieu et visiblement s'apprêtait à chanter.
« Fermez-la ! » eut elle envie de crier mais ce fut inutile car dès lors que la chanteuse ouvrit la bouche, un silence respectueux régna. Elle avait une voix douce, limpide et puissante à la fois. Nymphadora en frissonna.
We are the lucky ones
We shine like a thousand suns
When all of the colour runs together.
I'll keep you company
In one glorious harmony
Waltzing with destiny forever
Dance me into the night
Underneath the moon shining so bright
Turn me into the light
Time dances whirling past
I gaze through the looking glass
And feel just beyond my grasp is heaven
Sacred geometry
Where movement is poetry
Visions of you and me forever
Dance me into the night
Underneath the moon shining so bright
Turn me into the light
Dance me into the night
Underneath the moon shining so bright
Let the dark waltz begin
Oh let me wheel – let me spin
Let it take me again
Turning me into the light
Cette chanson mélancolique plut énormément à l'auditoire qui se mit à applaudir de plus en plus fort. Gêner par autant de bruits, Nymphadora s'éloigna.
- Ça t'a plu on dirait.
Nymphadora sursauta et chercha la provenance de cette voix. Personne autour d'elle, elle avait pourtant prit ses médicaments.
- Plus bas.
Il n'y avait qu'un chaton noir aux yeux jaunes qui souriait.
- Alors ?
Le chat parle, constata-t-elle effrayée.
- Oh punaise, murmura-t-elle d'une voix chevrotante, un chat qui parle. T'es un suppôt de Satan ?
- Par Merlin, tu penses comme une moldue mais tu n'es pas moldue et tu n'es pas assez pour être une sorcière, ricana-t-il.
- Et toi, t'es qui ?
- Le fruit de ton imagination.
Ça y est, elle était passée à l'étape supérieur : les hallucinations. Sa schizophrénie en était plus qu'inquiétante.
- Ô fruit de mon imagination, tu comptes me pourrir la vie ?
- Si tu continues à parler toute seule, oui, j'en ai bien peur. Rentrons !
Elle ramena donc son hallucination chez elle mais tout au long de la route, elle le fixa emplit de craintes. Ce n'est que dans le couloir de l'hôtel qu'elle se rendit compte de son absence. Surprise, elle rebroussa chemin mais ne le trouva pas. Si ça se trouve ce n'était qu'un fantôme…
Finalement sortir de l'asile n'avait pas été une si bonne idée, songea-t-elle en se déshabillant.
En prenant sa douche, Nymphadora chanta la chanson de le vieille dame et à sa plus grande surprise, elle chantait aussi bien qu'elle, avec la même voix. Elle sentit des palpitations traverser son visage et des frissons parcourir sa colonne vertébrale. Elle sortit de la baignoire et se jeta contre le miroir. Elle n'en crut pas ses yeux et toucha ses traits. La vieille femme se tenait devant elle, les yeux agrandit pas l'excitation. Sauf que celle-ci avait un corps bien jeune par rapport à la vraie.
- Perroquet, miaula le chaton en apparaissant sur son épaule.
Elle hurla.
- Bouh.
- Te revoilà ! haleta-t-elle. Je t'ai cherché partout !
- Alors Charlotte, heureuse ? Tu es enfin…toi.
- Oui très. Et si je te trouvais un nom ? Schizo' ? C'est mignon non ?
Il disparut de nouveau.
- Il faut vraiment que je me soigne, chuchota-t-elle pour elle-même en s'intéressant de nouveau à elle-même devant le miroir.
A son réveil, il était de nouveau là et jouait avec la lumière.
- Salut, grogna-t-elle fatiguée.
Elle avait passé la nuit à jouer avec son physique et à inventer des personnages.
- Miaouh, la salua-t-il. Il faut bien que je me comporte en chat, de temps en temps, se justifia-t-il devant son air surpris. Tu ne prends pas de petit-déj' ?
- Pas faim.
Il ricana façon chat.
- Autant que je précise la chose, je suis une partie de toi, normal puisque je suis le fruit de ton imagination, mais…reste à savoir qui représente le mal…et le bien…à méditer !
Pas assez réveillée pour faire fonctionner ses méninges, Nymphadora se réfugia dans la salle de bain et s'aspergea le visage d'eau froide. La journée allait être longue.
Nymphadora passa la journée à feuilleter les annonces pour un emploi dans une cabine téléphonique pour avoir un téléphone sous la main. Elle finit par trouver quelque chose d'intéressant.
'' Recherche jeune femme (jolie de préférence), cultivée et souriante''
Ce n'était pas vraiment une annonce mais Nymphadora appela quand même. Un homme répondit et lui demanda ses mensurations. Surprise, elle bafouilla qu'elle ne les connaissait pas et promit de les donner demain à l'entretien.
- Cette annonce est remplie de discriminations, fit Schizo'. Tu es folle, tu ne remplis pas les critères.
Nymphadora rougit.
- J'ai besoin d'argent ! Je ne peux pas faire la difficile ? je n'ai aucun diplôme et je ne sais rien faire ! Et si besoin est…je peux me rendre parfaite pour ce travail.
- C'est louche, ça ne précise pas le métier et tu peux tomber sur un proxénète.
Elle n'y avait pas pensait.
- Tu crois ? demanda-t-elle inquiète.
- Tu es trop naïve.
Nymphadora se rendit à l'adresse figurant sur l'annonce le lendemain. C'était un grand et luxueux immeuble. Anxieuse, elle appuya sur le bouton lumineux de l'interphone.
- Oui ?
- Euh…Bonjour, j'ai rendez-vous à quinze heures pour l'entretien.
- Ce sera au deuxième, la porte rouge.
Même l'ascenseur semblait luxueux. Schizo' n'étant pas là, Nymphadora se sentait intimidée. Elle appuya sur le deuxième bouton et les portes se refermèrent.
- J'espère que ça n'aura aucun lien avec l'industrie du sexe, murmura-t-elle.
Les portes s'ouvrirent, la faisant sursauter. Elle sortit de l'ascenseur et se retrouva dans un couloir orné de tapisserie verte et dorée qui mettait l'accent sur la porte rouge. Elle faisait tâche avec son jean troué et son gilet à capuche. Elle toqua trois fois contre l'imposante porte et entra.
Une dizaine de filles aussi belles les unes que les autres vêtues à leur avantage étaient assises les unes à côté des autres et regardaient fébrilement la porte grise à l'autre bout de la pièce. C'était le seul élément terne de celle-ci. Le carrelage brillait comme un miroir et les murs et les meubles étaient richement décorés.
- Tu fais tâche, miaula Schizo'.
- Te voilà enfin ! chuchota-t-elle. Où sont les toilettes ? demanda-t-elle à l'homme en costard qui avait dû la laisser entrer. Merci.
Pour se rendre plus attrayante, Nymphadora se fit blonde vénitienne aux yeux de verres, un teint laiteux et rosé, et une poitrine plus imposante.
- Voilà qui est mieux, mais tu ne sais toujours pas pourquoi.
- Je n'ai pas de maquillage, grommela-t-elle.
- C'est mieux ainsi je trouve.
- Pourquoi est-ce que je me suis habillée comme ça ? gémit-elle.
- Parce que tu n'as que ça, ironisa Schizo'.
Mal à l'aise, Nymphadora sortit des toilettes et prit la paperasse que lui tendait l'homme en costard. Elle prit un stylo et s'assit sur la seule chaise de libre. Elle était peut-être la dernière candidate. Personne n'avait fait attention à elle et à son changement d'apparence, soulagée elle se détendit…pour se crisper à nouveau.
- Pourquoi tu fais cette tête ? On dirait que tu es constipée.
- Le formulaire ! J'ai oublié de prendre mes mensurations ! Et qu'est-ce que je dois mesurer exactement ?
La fille à sa droite portant un parfum enivrant lui jeta un regard étrange et éloigna aussi discrètement qu'elle le put sa chaise. Cela fit beaucoup rire Schizo'.
Un bruit de porte et des murmures la firent relever la tête. Une femme élégante se trouvait devant elles. Blonde, la quarantaine, elle dégageait une confiance en soi presque malsaine. L'homme en costard lui murmura quelque chose à l'oreille et elle hocha la tête.
- Bonjour à toutes, si vous êtes ici c'est parce que vous avez besoin d'argent et ce que j'ai à vous proposer vous intéresse.
Nymphadora leva la main. La dame fit un mouvement de tête dans sa direction.
- De quoi s'agit-il ? Je ne suis pas au courant…
Il y eut des soupirs d'étonnements parmi les candidates et les lèvres de la dame se relevèrent sur la gauche.
- Tenir compagnie à des personnes…seules.
- Oh…fit Nymphadora en baissant le bras.
- Il n'y a aucun, je dis bien aucun, service sexuel aucune faveur entre vous et le client. Cela doit rester platonique et superficielle. Rien ne doit être approfondi, il n'y en a nul besoin. Nous fournissons un service de qualité et réputé, si l'une d'entre vous ne respecte pas cela elle sera virée. Gustave, les formulaires.
L'homme en costard les ramassa même le formulaire incomplet de Nymphadora.
- Escort-girl ? Te voilà bien tombé !
- La ferme, murmura-t-elle.
Gustave les remit à la dame.
- Bien. Je vais vous appeler trois par trois et voir ce que vous avez dans le ventre. Vous n'êtes pas rivales mais camarades, alors comportez-vous en tant que tel. Myriam, Shana, Eleonora. Suivez-moi.
Ce fut un hasard si les trois premières filles assises furent appelées en même temps car les trios étaient aléatoires.
- Je te conseille d'affiner ta taille, fit Schizo'.
- Tu crois ?
- Ton gilet est assez grand pour que tu le fasses ici.
Nymphadora frissonna parcourut de palpitations.
- Tu as toutes les chances de ton coté pour ton métier de rêve, ronronna-t-il.
- Arrête !
- Je le pense vraiment, tu es la seule de toutes ces pouffes à être naturelle, enfin tout est relatif…
- Je ne sais pas me maquiller, siffla-t-elle, disparais ou tout le monde va me prendre pour une folle !
- Ben voyons comme si tu ne l'es pas déjà !
Il disparut pour réapparaitre à coté de Gustave.
Beaucoup de filles repartaient sans laisser aux autres le moindre indice sur leur réussite ou leur échec durant l'entretien ce qui angoissait les autres. Enfin, elles ne furent plus que quatre.
La porte s'ouvrit.
- Allez Mesdemoiselles !
Elles se dévisagèrent.
- Oui toutes les quatre, dépêchons !
Un homme qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau était appuyées contre le mur.
- Bonsoir, le salua Nymphadora.
Il sourit. La dame prit un formulaire au hasard et soupira.
- Jane ? Approchez !
La dénommée Jane s'avança.
- Je m'appelle Magda au fait pour celles qui l'ignoraient.
Et elle reprit chaque élément du formulaire avec Jane. Elle alla même jusqu'à vérifier les mensurations en les mesurant elle-même, et posa des questions plutôt étranges.
- Tu aimes avoir des relations sexuelles ?
La pauvre Jane cligna des yeux surprise.
- C'est…agréable oui quand j'aime cette personne.
- Tu n'es pas nymphomane ?
- Pas que je sache non.
- Tu as eu beaucoup de partenaires ?
- C'est combien beaucoup pour vous beaucoup ?
- Cela dépend de ta réponse.
- Quelques-uns, je n'ai jamais compté.
- C'est le moment ou jamais de faire une mise au point alors.
La pauvre Jane se mit alors à compter.
- Quinze.
Nymphadora ne savait pas si ça faisait beaucoup pour une femme de 26 ans mais assurément pour les deux autres filles oui, c'était même énorme.
- Quinze ? répéta Magda.
- Oui.
Elle lança un regard à l'homme contre le mur qui hocha la tête.
- Bien, tu es la première aujourd'hui que j'embauche.
- C'est vrai ?
- Va t'asseoir dans le couloir, voici ton contrat et le règlement de la maison : paraphe chaque page, je t'interrogerai personnellement.
Heureuse, Jane partit en sautillant comme elle put sur ses hauts talons.
- Ça promet, ricana Schizo'.
Les deux autres filles ne furent pas retenues.
- A nous ! s'exclama Magda. Tu es très mignonne et je constate que tu n'as pas terminé de le remplir ! fi-t-elle en lui montrant son formulaire incomplet.
- Je ne connais pas mes mensurations.
- Quel âge as-tu ?
- 21 ans.
- Tu as eu beaucoup de partenaires.
- Non.
- Combien ?
- 3 ?
- C'est pas beau les mensonges ! ricana Schizo' en faisant allusion à son âge et à son nombre de partenaires.
- Tu es pourtant très belle, fit Magda en fronçant les sourcils.
- Je suis très difficile.
Elle s'esclaffa et lui prit le menton pour mieux la regarder.
- Vraiment…tu es jeune mais tu as quelque chose…que je veux exploiter. Karl, Charlotte ou Jane ?
- Jane, les dévergondées sont mon dada.
- Son dada à lui ce sont les hommes, chuchota Magda dans l'oreille de Nymphadora. Je te prends, tiens ton contrat et le règlement, même chose, rejoins Jane et attendez-moi.
Nymphadora sortit du bureau incrédule mais heureuse d'avoir réussie.
- Tu vas signer ? demanda Schizo'
- Oui si le salaire et tout le tralala me convient.
Jane n'était pas là, elle était peut être aux toilettes. Elle lut le contrat en premier : le salaire était de 3300 livres par mois plus un bonus si le client devenait régulier, ledit contrat était valable un an et renouvelable. Ne voyant aucune colle dans le contrat, elle signa en inventant un gribouillage savant mais sophistiqué en guise de signature.
Dans le règlement était bien stipulait : aucune relation amoureuse/sexuelle avec le client, s'il y a une quelconque proposition de sa part le signaler.
- A part flirter et tenir compagnie, ça n'a pas l'air compliqué. C'est même de l'argent facile.
- Oui c'est parfait pour moi.
Et elle signa le tout.
- Tu as oublié de parapher les pages.
- Je ne sais pas ce que ça veut dire.
- Tu dois signer chaque page avec tes initiales.
- Ah, merci.
- Je t'en prie.
- Heureusement que t'es là.
Schizo' ronronna.
Nymphadora sourit mais croisa les doigts pour que tout se passe bien pour elle et sa schizophrénie.
A suivre…
