Hello! Après un petit moment d'absence (ma santé était fragile, disons...), je vous livre ce dernier chapitre, centré sur l'après-mort de Frigga. Plongez directement dans l'esprit de Loki, et dans sa douleur. Euh...les mouchoirs sont conseillés et encouragés? La musique triste aussi? (essayez 'Into the Eternity', c'est la belle musique des funérailles de Frigga!)
Que dire de plus? Merci de m'avoir suivi, d'avoir commenté cette mini-fic, et...bonne lecture?
Vous n'êtes pas ma mère.
Quel idiot. Quel imbécile. Quel fou. Loki laissa une première vague de colère lui échapper. Oh, il avait envie de tuer. Le premier qui allait venir le voir subirait sa rage. Tuer, oui. C'était son seul moyen de se calmer.
Vous n'êtes pas ma mère.
Cette maudite phrase qui s'enchainait dans son esprit dévasté. Pourquoi tournait-elle en boucle dans ses pensées anéanties par la haine et le chagrin ? Une seconde vague de colère suivie par sa magie lui échappèrent, balayant d'autres objets sur leur passage. Il jeta un regard à sa cellule aux teintes blanchâtres. Tous les livres que Frigga lui avait apporté tombaient au sol, abimés après avoir été fracassés contre les murs marqués de traces de coups. Une troisième vague de magie emplie de souffrance. Tous les objets changèrent de place, se mélangeant dans une course grâce aux ondes dévastatrices de l'énergie du prince
La Reine Frigga est morte.
Une simple phrase, prononcée par un faible garde qu'Odin avait envoyé pour lui annoncer la nouvelle. L'odieuse nouvelle qui le détruisait. Frigga, la femme qui l'avait pris sous ses ailes réconfortantes, douces et protectrices, venant de tomber. Morte. Partie. Disparue. Anéantie. Loki tenta rapidement de résister à des émotions qui trahiraient son cœur de glace. La souveraine n'était plus. Elle ne serait plus un obstacle au règne du fils bâtard de Laufey. Elle ne viendrait plus le voir en espérant le manipuler pour user de lui et de ses dons, de ses origines.
Vous n'êtes pas ma mère.
En effet, elle n'était pas sa mère. Elle n'était rien pour lui, rien ! Son cœur s'interposa juste après qu'une nouvelle vague de magie ne lui échappe, atterrissant contre les boucliers dorés le retenant dans les murs de sa petite prison. Les poings serrés, Loki se mit à arpenter le sol de la cellule, parvenant à oublier les débris de verre qui lui entaillaient les pieds lorsqu'il marchait dessus. Cette petite douleur physique n'était strictement rien comparée au trou béant fiché dans son cœur.
Pourquoi se voiler la face quand la vérité était là, devant lui ? Les yeux du prince se mirent à briller. Pas seulement de douleur, pas seulement de colère.
-Je vous déteste…je vous déteste ! hurla-t-il dans le vide.
Ce n'était plus un vide. Avant de hurler ces mots si vrais et si mensongers à la fois, Loki avait conjuré une image. La dernière image qu'il avait de sa mère. De Frigga. Les yeux brillants, le visage triste et le corps tendu,; l'illusion de la reine se tint devant lui, le narguant. Le tuant.
-Vous prétendiez m'aimer, Frigga ! Vous aviez dit que vous m'aimiez ! continua-t-il de hurler, se fichant que toutes les prisons d'Asgard puissent l'entendre.
La seule personne qui pourrait attirer son attention se trouvait face à lui, postée dans une allure droite. Fière. Digne. L'allure d'une femme digne de demeurer reine. Hélas, Loki fit abstraction de son admiration pour la défunte reine changée en illusion. Il oublia sa beauté, son intelligence, sa force…son amour. Les mots devaient sortir. Il les hurla avec rage et détresse.
-Vous m'aviez juré de ne jamais m'abandonner ! Vous l'aviez juré sur votre vie ! Vous m'avez abandonné, traitresse ! Indigne de moi ! Mais je suis encore plus indigne de vous, Frigga. Mère ! s'égosilla-t-il avant que les derniers mots ne se transforment en murmures inaudibles et désespérés.
Et pendant toute sa tirade, jamais une seule fois l'expression de Frigga n'avait changé. Ses yeux restaient obstinément fixés sur le visage blême de son fils. Son corps resta à son emplacement exact, refusant de bouger. Refusant de vivre. Son regard bleu restait encré par des larmes qui refusaient de sortir, trop honteuses pour se montrer. Son léger sourire ne disparaissait pas, restant sur ses douces lèvres rosies, la rendant angélique, la rendant divine, et pourtant si terrifiante. Jamais elle ne détournait ses saphirs des émeraudes du prince déchu, lequel en vint à accepter toute sa rage.
-Je vous hais, je vous hais ! Vous n'êtes rien pour moi, rien du tout ! Je vous hais ! articula-t-il sauvagement, s'étranglant de par ses cris et hurlements déchirés, désespérés.
Et elle, encore, elle qui refusait de lui montrer qu'elle vivait encore. Elle qui refusait de le laisser croire en l'espoir qu'elle n'était pas morte, que c'était bien elle qui se tenait là, près de lui, à quelques pas de lui. Elle dont il ne pouvait apercevoir les battements de cœur à travers sa poitrine, car elle ne respirait plus. Une illusion pouvait-elle respirer ? Une illusion pouvait-elle le…sauver ?
-C' était à moi de vous tuer ! A moi seul de vous arracher la vie de vos yeux ! tenta de se raisonner le magicien, conscient au fond de lui qu'il s'enfonçait dans sa douleur, dans son désespoir morbide.
Il n'avait même pas souhaité la mort de celle qui fut sa mère, comment aurait-il pu souhaiter de la tuer de ses propres mains ? Elle ne méritait pas un tel destin, ni une telle fin. Surtout pas une fin comme celle-ci. Loki songea brièvement qu'en vérité, il ignorait comment la reine avait péri. Il ne savait qu'une chose, Frigga l'avait lâchement abandonné. Ce qu'il ne savait pas, c'était comment. Qui l'avait débarrassé de cette femme qu'il aimait et détestait à la fois ? Qui lui avait arraché si violemment une partie de son cœur déjà bien entamé ?
-Dites quelque chose ! DITES QUELQUE CHOSE !
Hélas, malgré ses nouveaux hurlements qui se transformèrent bientôt en supplications, Loki ne put entendre la voix si délicate et rassurante de sa mère. Et là, alors qu'il lui renversa encore sa rage, il comprit. La lourde vérité tomba sur ses épaules, tel un fardeau trop lourd à porter.
Morte. Frigga était morte. Sa mère avait disparu au Valhalla. Sa reine, son ange, sa lumière, sa mère. Elle l'avait laissé vivre et ne l'avait pas amené au Valhalla avec elle.
N'aggrave pas les choses.
Que j'aggrave quoi ?
Cette conversation revint à son esprit. Par les Nornes, c'était par l'arrogance qu'il s'était adressé à elle à ce moment-là, arguant par un sous-entendu que rien ne pouvait être pire que ce qui l'était déjà. Maintenant, il comprenait. Morte, éteinte, disparue, évanouie, enlevée à sa contemplation. Sans vie. C'était la pire chose qu'il aurait pu imaginer : sa mère le quittant par un odieux meurtre, ou par un abandon. Oui, c'en était un. Elle l'avait abandonné, cette femme aux longs cheveux d'or, cette femme dont le sourire ne disparaissait jamais car elle voulait toujours détendre l'atmosphère et réconforter les âmes perdues.
-Mère…Mère…, appela-t-il, un nouveau désespoir perçant dans sa voix.
Ne suis-je donc pas ta mère ?
Vous ne l'êtes pas.
-Non…non ! NON !
Les derniers mots, la dernière entrevue, le dernier regard. Non, ça ne pouvait pas être ça ! Il ne pouvait pas lui avoir dit adieu de cette manière, en la reniant, en la détruisant émotionnellement ! Loki tomba à genoux face à la pâle copie de Frigga. Il la vit lever une main vers son visage qui, sans qu'il n'ait pu s'en rendre compte auparavant, était rempli et parsemé de larmes.
Elle disparut. Dès que la douce main réconfortante de la reine d'Asgard toucha la peau mouillée du prince, elle disparut. Suivie rapidement du reste de ce corps sans vie. Elle l'abandonnait définitivement.
-Mère ! l'interpella-t-il encore dans un dernier espoir que, peut-être, Frigga lui reviendrait.
Mais son image disparut dans le fond trop pur de la cellule dévastée par les flux de magie que n'avait pu contrôler Loki. Et avec sa magie s'en alla l'illusion de sa reine. Il ne resta finalement que lui dans sa petite prison blanche. Lui et ses larmes. Lui et les souvenirs brisés de son passé : sa mère, et les objets qui l'avaient accompagné dans sa jeunesse.
Lorsque, sans but, ses yeux brisés par mille larmes se levèrent, ils se figèrent un instant. Parmi tout ce carnage, il n'était qu'un seul objet qui avait survécu à sa haine et à sa rage. Un livre, épargné. Loki se précipita à lui, et le couvrit rapidement pour l'empêcher de l'abandonner, lui aussi. C'était un livre que lui et Frigga avaient passé un long moment à faire, ensemble, lorsqu'il était enfant. Chaque soir, après l'histoire que lui et Thor écoutaient, Frigga lui remémorait ce qu'ils avaient imaginé pour la suite de leur propre histoire, et elle lui demandait d'y penser, un peu. Et lorsqu'enfin, le lendemain, dans son temps libre, il trouvait sa mère qui avait aussi du temps, il lui racontait toutes les aventures qu'il avait imaginé, et elle souriait.
D'autres larmes sans mensonges coulèrent. Dans ce petit livre, il y avait un dernier vestige de sa douce mère. Un petit talisman dissimulé. Ses yeux s'ouvrirent en grand. Mère l'avait caché ici, dans la couverture ! Elle avait voulu lui transmettre un présent !
Ce fut la fin. Le noir. Les Ombres le recouvrirent. Le talisman qu'elle l'avait aidé à faire avec l'aide de petits sorts, lorsqu'il avait commencé à apprendre la magie. Un grand cri de rage passa la barrière de ses lèvres rongées par l'humidité des larmes qui s'écoulaient encore de ses orbes. Un cri de rage véritable.
Ayez tous foi en ma rage, car je trouverais celui qui a osé obliger Mère à m'abandonner, et je le tuerais. Mère ne mourra pas sans vengeance, peu importe qui l'a poussé à m'abandonner. Je ne vivrais pas sans elle. Je vous le jure, vous tous, croyez en ma rage. Je vous détruirais, meurtriers de ma Mère.
Si vous désirez des bonus avec des scènes entre Loki et Frigga, n'importe quelle scène, n'hésitez pas à me le dire, je peux le faire (:
Merci de m'avoir lu, et les commentaires sont les bienvenus! (et j'accepte les menaces de mort pour avoir cherché à vous briser le coeur x)
