Chapitre 4


Mon univers n'était déjà plus solide mais là il venait tout juste de s'écrouler. Tout était chamboulé à jamais. Je me trouvais là dans cette voiture en me demandant où j'allais bien pouvoir aller. J'étais juste perdu, je n'avais plus rien. Si je n'avais pas été enceinte j'aurais tout simplement pensé à mettre un terme à ma vie. Ma vie reposait sur un tas de mensonges, rien n'était vrai, ma famille, l'amour d'Edward, l'acceptation dans la famille Cullen. J'étais juste dégoutée de tout, du monde qui m'entourait...

Flash Back

J'étais abasourdie, je n'arrivais pas à réaliser la portée de ses mots, mon cerveau avait pendant quelques minutes rejeté cette idée à tel point qu'il en était totalement déconnecté. Je n'entendais plus les supplications de ma mère, je ne voyais plus le visage mortifié de mon père. Mes parents quelle ironie ! Ils ne l'ont jamais été, ils ne le sont pas et ils ne le seront jamais. Cette idée me réjouissait en même temps qu'elle me terrirait. Aucun mot ne pouvait sortir, mes cordes vocales étaient bloquées.

J'avais une autre famille, une vraie famille qui me ressemblait peut être. Je n'étais pas tellement choquée par l'idée que Renée et Charlie n'étaient pas réellement mes parents, c'est comme si un immense puzzle était en train de s'assembler. Depuis mon plus jeune âge, j'avais toujours trouvé une différence entre nous, je me suis toujours sentie à part, j'ai toujours eut ce sentiment de manque, un manque que je n'ai jamais réellement compris. J'ai pensé que c'était le manque d'un père, ne pas l'avoir près de moi durant mon enfance, mon adolescence. Puis il y avait eut Edward et ce manque avait plus ou moins disparu, j'avais eut ce sentiment que le monde dans lequel je m'apprêtais appartenir était le bon pour moi, me correspondait plus que celui du trajet typique d'un humain, les études, le mariage, un bon job, des enfants. Un destin que j'ai toujours rejeté, je me suis toujours sentie différente, c'était un faite et j'ai alors toujours cru que j'avais un problème mais si ce manque était bien plus profond? Une fois qu'il fut parti, ce manque n'avait fait que s'agrandir et m'accabler.

J'approuvais à cet instant un double rejet, d'abord la famille Cullen puis ma vraie famille m'avait laissé tomber. Qu'ai-je fais pour mériter tout cela? Suis-je donc tellement ignoble que l'on me délaisse? Suis-je tellement ennuyeuse que ma propre famille a préféré m'abandonner?

Je retrouvais peu à peu mes esprits, j'étais quand même profondément blessée par les propos de Charlie, je n'avais pas le même sang que lui, je n'étais pas une fille bien. On dit jamais deux sans trois, Charlie était mon troisième rejet.

- J'ai été adopté c'est ça? Vous comptiez de me le dire un jour? Leurs demandai-je énervé.

Aucun d'eux ne semblaient vouloir me répondre, ils s'obstinaient à baisser la tête confus mais leurs confusions m'étaient égales, j'avais besoin de réponse et de suite, j'avais l'impression d'être assise sur un volcan, un volcan proche de l'éruption.

- Bon sang ! Vous allez me répondre, vous comptiez me le dire un jour?

Finalement c'est Renée « ma mère » qui décidait de me répondre, elle avait le visage striée de larmes, j'aurais pu être touché mais j'étais dans un état second, je pouvais pas me préoccuper ses états d'âme alors que j'essayais de me contrôler pour ne pas exploser.

- Bella, tu es notre fille tu sais, tu l'as toujours été. Nous avons tout fait pour toi, et nous t'aimons malgré ce que tu peux penser en ce moment. En quoi la vérité est importante, qu'est-ce que ça changera, nous t'avons élevé? Nous sommes tes parents. Me dit ma mère calmement

J'étais en train de me demander si elle faisait exprès de pas comprendre, c'était tellement évident que ça changeait tout !

- Tu te moques de moi? Vous vous moquez de moi c'est ça? Qu'est-ce que ça change? Tout, simplement parce que j'ai une autre famille quelque part ! Répondis-je énervé.

- Une famille? Dit Charlie sarcastique, une famille qui t'a abandonné? Ne pourrais-tu pas être reconnaissante pour tout ce que l'on a fait pour toi.

- Laisse moi rire, je te rappel qu'il y a quelques minutes tu m'as mise à la porte, merci papa. Dis-je en levant les deux mains pour faire le signe des guillemets sur le mot Papa.

A en croire a tête il n'avait pas apprécié, pourtant il n'avait aucun droit sur moi, je suis majeure, si encore tout à l'heure, je pensais qu'il avait un droit que l'on peut qualifier de biologique, il venait à présent de disparaître.

- Si tu prenais les décisions qu'il faut ! Chuchota Charlie

- Comme tuer un enfant? Répondis-je sadiquement.

- STOP ! Ça suffit vous deux arrêtez, je vous en pris. Nous supplia Renée.

- Pourquoi ne m'avoir rien dit? Je veux tout savoir maintenant !

- NON ! Tu crois quoi jeune fille, tu n'as aucun droit sur nous, tu es notre fille, qu'est-ce que tu vas faire, retrouver ta super famille pour présenter ton rejeton à ses vrais « grand-parents », tu espères un papi et une mamie gâteau? Dit Charlie sur un ton empli de méchanceté.

Je le fixais différemment, je n'avais plus de respect pour cet homme qui était mon père jusqu'à quelques minutes. Il me dégoutait au plus profond de mes entrailles.

- Ça sera toujours mieux que TOI ! Répondis-je.

Sans avoir le temps de comprendre ce qui se passait, un horrible bruit et une douleur lancinante sur ma joue, il venait de me frapper et de se sauver comme le lâche qu'il était sous le regard catastrophé de Renée, qui me demandait si ça allait. Comment ça pouvait aller? C'était décidé, je partais je me levais d'un bond du canapé et montais comme une furie à l'étape où je trébuchais lamentablement sur une planche qui céda finalement sous mon poids. Je me relevais rapidement et commençait à fait mon sac en prenant toutes les affaires auquel je tenais, des vêtements, mon ipod, des livres, mes affaires de toilettes. Alors que je commençais à sortir de ma chambre, je posais mes yeux sur la planche qui avait cédé. Stupéfaite de retrouver toutes les affaires, ma berceuse, mes photos et pleins d'autres choses que j'enfournais rapidement dans mon sac. Malgré mon état d'énervement qui je savais n'était pas bon pour le bébé, je ressentis une vague de bonheur très vite dissipé par l'arrivée impromptue de Renée.

- Tient, c'est les seules informations que nous avons sur tes parents biologiques, Bella excuse nous, je t'en pris, ne coupe pas le ponts, tu es ma fille malgré tout. Nous t'avons trouvé devant la porte en plein mois de Février juste après qu'on est frappé à notre porte. Tu étais couverte, au dessus de toi se trouvait cette lettre, elle me la tendit, tu reviendras, tu m'appelleras? Me demanda t-elle avec espoir.

Je pris la lettre en décidant de la lire quand je serais plus calme.

- Je sais pas, pour le moment j'en sais rien. Mais je ne veux rien avoir à faire avec Charlie. J'ai besoin de réfléchir, de m'éloigner... Lui dis-je.

- Je comprends, reviens moi vite. Me dit-elle en posant une main sur mon ventre

- J'essaierais, je ne te promets rien, au revoir.

Fin du Flash Back

Et voilà, déjà cinq heures que je roulais sans savoir où j'allais, la fatigue commençait à me submerger, je décidais de m'arrêter dans un hôtel histoire de me remettre les idées en place.

Je me trouvais dans un hôtel moyen de Portland. Je sortis la lettre de mon sac, prête à l'ouvrir pour qu'elle me livre ses secrets.


Alors qu'est-ce que vous en pensez?