Coucou minna !
Ce chapitre aurait dû signer mon grand retour parmi les vivants, enfin les survivants mais me restait pas mal de boulot dessus, alors j'ai préféré retarde de 3 jours et vous présenter un truc supa miam à manger. Je sais, j'ai été absente longtemps et certains auront probablement pensé que j'avais abandonné, ou disparu. Bah non, en fait j'étais malade. Je m'étendrai pas mais voilà j'ai pas oublié ou laissé tomber.^^ j'espère que vous aurez encore à cœur de lire et d'aimer cette histoire. Bonne lecture et euh, peut-être aurez-vous besoin d'un petit mouchoir pour la fin, mais chut je dis rien.
Chapitre 02 : Disparition au Crépuscule.
Le bleu avait disparu, remplacé du triste gris.
Les rayons avaient fermé les bras, pour ne rien laisser paraître de joyeux.
Les oiseaux envolés des arbres silencieux, la flore en berne dans son duvet de toutes les couleurs, le monde transpirait la peur d'hier. Que plus rien ne soit comme avant, que tout se transfère et diffère. La houle frappait la coque des bateaux du port, les ballotant de droite à gauche comme bercé d'une force surnaturelle et menaçante, à l'excepté d'un seul. Plus sinistrement, le Thousand Sunny semblait être brisé dans l'imagination affolée de Sanji. Cette journée si bien commencée, brillant dans un ciel sans nuages et propice à l'aventure laissait choir dans l'horizon un bain de sang, rouge et terni dans la lumière du soleil couchant. Du rêve au cauchemar, du jour à la nuit sans espoir de vivre demain, le vent qui sifflait l'aire joyeux des enfants partant pour le nouveau monde au matin, crachait désormais le chant des condamnés à mort avant même que le soir ne soit conté.
Un raz de marée bouleversait la maitrise habituelle de Sanji. Reposé le combiné de l'escargophone, il composa un nouveau numéro, les droits tremblants et la bouche asséchée par le dernier message de Chopper. Ils avaient besoin d'aide pour rejoindre les autres et les autres avaient besoin d'aide pour courir au secours de Camie. Le temps était compté, c'était une fusée dont ils avaient besoin, les Exocets Riders étaient la solution d'instant. Sanji n'hésita pas, un mauvais pressentiment se coloriait à l'intérieur de son cœur, de mauvaises pensées se récitaient au milieu de son crâne, l'image de Zoro estompé dans le lointain paysage ne cessait de danser dans sa tête.
Vite, plus vite, résonna une voix venue d'ailleurs.
Tard, trop tard prédit macabrement l'image de la vieille dame apparue dans sa cuisine.
- Hello, cria un homme par-dessus bord. C'est moi beau gosse, oups j'me suis trompé, c'est moi Duval ! Toujours une joie de te revoir monseigneur la jambe noire.
Sanji, hagard, le dévisagea, avant de contempler le lieu de sa position. Il était sur le Pont du bateau. Accompagné d'Usopp et Franky, ils patientaient l'arrivée des renforts, étirés en rang militaire et l'expression ridée d'inquiétude. Sauf que Sanji n'avait aucun souvenir de s'être déporté jusqu'ici et cette découverte retarda sa réaction, quand propulsé brusquement dans la réalité, les yeux fixés sur le visage de l'invité bienvenu, il recouvra ses sensations de pirate. Volcanique, il fit deux pas en avant, tel juge implacable. De toute la force de sa voix, il houspilla le souriant Duval, puis magistral, il lui imputa l'ordre de les conduire fissa à travers l'île et plus précisément jusqu'à ces criminels ayant eu l'audace d'enlever leur nouvelle amie.
Ni une, ni deux, l'insolite équipée s'engagea vitesse maximale dans les méandres de la forêt gigantesque et Sanji, installé derrière Duval en personne n'eut pas le temps de retour en arrière. Parti à cent à l'heure, il ne vit absolument pas l'ombre terrée dans un recoin du Sunny près de la porte menant à ses cuisines, de même qu'il n'entendit jamais le tic tac de la grande horloge en train de s'accélérer.
La vie tout à coup modifiait son axe, un cœur battant plus vite était sur le point de stopper.
Plusieurs kilomètres à slalomer entre les arbres gigantesques, le groupe éclaté aux quatre vents pour retrouver les autres et avancer, Sanji qui se ressentait seul au milieu de nulle part, ne tint plus et s'énerva.
- Tu peux me dire pourquoi c'est toi qui vas lentement, éructa-t-il en balançant un coup de pied franc sur la tête de son guide. Tes copains sont déjà mille lieux devant !
- Patience mon bon ami, temporisa Duval sans prendre ombrage du coup et continuellement souriant. Patience…
Pas satisfait de cette réponse, le cuisinier redoubla le battement de sa jambe, bastonnant encore et encore, sans ménagement, tout en maudissant la bête qui leur servait de monture. Cette bête qui rampait à la vitesse d'une limace handicapée. La patience n'était pas son fort, encore moins dans cet instant. Car maintenant le monde se jouait de lui et sa vision des choses au lieu d'être éclaircie, s'obscurcissait invariablement.
Tout était ralenti alentour, tout se brouillait tout autour.
Les habitants comme figés dans la ville, lui comme retenu par le temps, quand la seconde suivante, tout défilait à grands mouvements.
Sanji avait mal à la tête, il avait chaud, et les deux mains cintrées contre son ventre, il peinait sur sa respiration. Il s'inquiétait pour Camie, évidemment, mais Zoro était sa préoccupation. Alors il se forçait d'oublier, et d'un cercle vicieux sa douleur ne fit qu'augmenter, le tiraillant dans ses entrailles comme mille serpents dans un nid d'oiseau.
Un instant, son regard voleta vers la cime des rois de la forêt, son bleu attiré vers les hauteurs vertigineuses de la nature. Les arbres surplombaient tout, même les Hommes. Surtout les Hommes en fait, et l'ironie se marbra sur le visage de Sanji. Les Hommes étaient si persuadés d'être les maîtres du monde que ce rappel d'insignifiance lui décrocha quelque sourire. Le dernier sourire d'avant la fin. Toujours éperdu des feuilles vertes l'environnant, il fut la victime d'une nouvelle hallucination, son cœur sitôt emballé, choqué.
Une jeune femme le surmontait de là-haut. Vêtu dans son linceul en noir et assise sur une énorme branche comme régnant en reine de la végétation, elle l'observait. Lui et nul autre que lui. Une femme au visage indescriptible, voilée par une chevelure de feu, et transpercée par deux yeux d'un bleu plus éclatant et lumineux que le bleu de l'océan, l'homme blond fut ébranlé, pour ne pas dire renversé. Intensément elle ne voyait que lui et inexorablement il ne put s'empêcher de la relier à la vieille dame apparue dans sa cuisine. A peine eut-il le temps de réflexion que ce nouveau fantôme disparaissait pour reparaître en spectre derrière lui, lui chuchotant d'une voix aussi mélodieuse qu'une flûte de pan :
Au commencement, il n'y a qu'un,
Au firmament, il n'y a qu'un.
L'âge d'or saigne l'inconsciente dualité, qu'aujourd'hui frappe la porte de la conscience.
Pour que survive le cœur de l'un et soit sauvé les deux destins,
Tourner la page, l'ombre et la lumière sont l'écho des cieux.
Souffrir l'absence est inévitable, un cœur se meurt,
Un corps, pleure la mort du cœur.
Heurté de plein fouet, le cœur cognant dans toutes les directions, Sanji se retourna volte-face, mais la femme n'était plus là.
- Hey Sanji, ça va, t'es tout blanc ?
Sanji se retourna à nouveau, secoué et stupéfait. Le paysage avait changé. Oublié les arbres verts, évanoui Duval et sa limace, un décor qu'il ne reconnaissait pas l'entourait et Usopp, le visage à quelques centimètres du sien le scrutait d'un drôle d'air, suspicieux et inquiet.
- Ohey Sanji, tu m'entends, répéta celui-ci, son long nez frémissant. La terre appelle la lune, ça fait cinq minutes que j'essaie d'attirer ton attention.
Ebloui, perdu, Sanji cligna plusieurs fois des yeux, s'assurant de la réalité, ne sachant plus où délimiter le vrai du faux, le rêve du cauchemar, quand l'image du plus fieffé menteur refusant de se dissoudre, il fut bien obligé de croire ce qu'il voyait.
»Sanji, sérieux, réponds !
- Je.. je, hésita ce dernier la voix au couteau. Sec en bouche, l'esprit entièrement disloqué dans l'incompréhension, il réfléchit, s'échinant à rassembler les affres disparates de sa mémoire. En même temps, il s'évada alentour, observant comme pour la première fois le nouveau lieu de son exil. Tout le monde était présent. Sur sa gauche, sur le même canapé, Usopp, Namie, Franky, et Robin. Au milieu, deux nouvelles têtes : un homme assis avec Brook à un bar, une femme servant les boissons de l'autre côté tandis que Luffy le ventre continuellement vide tentait comme peut de se remplir la pense en fouillant sans gêne dans un frigo qui ne lui appartenait pas. Quant à Chopper, non loin de sa position à droite, il s'évertuait de bander Octo, aidée par Camie et son étoile de mer.
Camie ! s'exclama silencieusement Sanji pantois.
Une révélation. D'une vision au passé, sa tête flasha, le propulsant d'un retour en arrière aux derniers évènements. Le scandale justifié de Luffy aux enchères, le rassemblement au sommet de tous les pirates, la rencontre impromptue d'un des plus proches de Roger mais surtout le sauvetage de la jeune et jolie sirène. Cependant, l'allure était si vive, les images se succédant les unes aux autres à la vitesse du vide, illuminant telle une boule à facettes en pleine obscurité que Sanji, aveuglé, ferma les yeux et pria pour ne plus rien revoir. Presque nauséeux, il préféra rester dans le noir, quitte à errer sans guide dans un présent qui lui livrait la béatitude de ces gens sortis du coma après des journées d'absence. En contradiction, un élément se dérogeait à sa tranquillité, un membre d'équipage s'éclipsait de sa liste d'examen, balayé d'un revers de la main, signé ailleurs, encore… Quand le nom tabou sonna au creux de sa mémoire, Sanji, la panique au corps, la peur au ventre et le souffle coupé, se noya dans la lumière à la recherche du chainon manquant. Droite, gauche, il fouilla partout. La seconde suivante, il se transfigura.
Zoro !
Zoro était positionné de l'autre côté de la pièce, attablée nonchalamment dans un recoin distant du reste d'équipage, comme à l'habitude isolé des autres et mimant les indifférents. Excepté qu'il était tout sauf indifférent de Sanji. Les pupilles étrécies, fixées de concentration droit sur le cuisinier, il paraissait le pénétrer, le lire par-delà les apparences. Sanji vacilla, incapable de maintenir ce lien des plus étranges. Il se débattait dans du vert, un lac à l'infini l'éloignait du rivage et le poussait à sombrer vers le fond. Il fallait qu'il se détourne, qu'il s'échappe, mais la main collée au ventre, il n'y parvenait pas.
Heureusement, c'est cet instant que choisit Usopp pour solliciter l'interdit à l'ancien camarade de Roger, Rayleigh, et Luffy, furax, éleva la voix si haute qu'il créa une rupture entre les deux pirates. Surpris, tout le monde vira en direction du capitaine qui était sur le point de s'abattre sur le menteur et son indécrottable manie des questions, y compris celles dont on abjecte les réponses.
- Je ne veux pas savoir où est le trésor, hurla Luffy en colère et inflexible. Je ne veux même pas savoir s'il existe ou pas. Si l'aventure n'en est plus une j'en veux pas, c'est compris ?
- D'acc… d'accord, bégaya Usopp mal confus en balançant des mains pour se complaire en excuses. Je ne sais pas ce qui m'a pris, c'est ma langue qu'a fourché, on oublie, ok ?
Luffy l'inspecta de son regard assombri, puis rassuré, son visage recouvra son innocence. Il sourit de son air bon enfant et sans rancune il oublia. Ce qui donna la fin aux discussions, le signal de départ en quelque sorte. Engagés, on s'attela aux préparatifs concernant la coque du bateau. Rayleigh assura qu'il fallait trois jours pour venir à bout du revêtement. Une mauvaise nouvelle. Les amis conscients d'être dans l'urgence de quitter l'île, désormais synonyme de danger, espéraient mieux mais c'était peine perdue. Contraints conséquemment de prendre leur mal en patience, il fut voté à l'unanimité la dispersion du groupe, errer aux quatre vents étant la meilleure alternative pour se fondre dans le décor et passer inaperçu sans pour autant être cloitré au fond d'une cave. Ainsi donc, chacun s'imagina quoi faire durant ces soixante-douze prochaines heures de totale liberté.
- Tenez ! une carte vitale, les apostropha dans un dernier adieu Shackey, souriante et la cigarette dans la main gauche. Pas de risque de vous perdre avec ça.
- Héhé, plaisanta Luffy en prenant le premier morceau de papier pour le fourrer dans son chapeau de paille, juste à côté de celui de son frère. On va avoir affaire à un amiral les gars, prions que personne n'y laisse sa peau.
- DIS PAS DES TRUCS QUI PORTENT MALHEUR ! s'écria Usopp si affolé qu'il en laissa tomber son bien le plus précieux désormais, son GPS de pirate programmé en direction de ses amis.
- Trois jours hein, maugréa Franky pas franchement ravi par les prolongations. Il plaça la feuille dans son slip et Chopper qui l'imita presque, choisissant comme son capitaine son couvre-chef comme coffre-fort, se demanda ce que pouvait bien contenir d'autre le vêtement si petit du Cyborg. Une énigme qui émoustilla Robin et Nami à ses côtés, si studieuse était l'expression de leur docteur. Télépathes, elles se dévisagèrent une seconde brève avant de partir de concert dans un éclat de rire chaleureux.
- Oh j'ai une idée, s'enthousiasma Brook comme de coutumes et inspiré du rire des deux femmes. Je vais faire le mort.
Le mort ? se répéta Sanji intérieurement en trainant le pas.
Contrairement aux autres, il s'émotionnait de leur situation, inapte à se laisser distraire par l'ironie ou le second degré. Sans savoir pourquoi, il avait peur. Peur de cette séparation brutale, peur de cette promesse des retrouvailles tandis que se récitait un chant mortuaire dans sa tête. Ce minuscule morceau de papier le hantait déraisonnablement. Hasardeux, c'est à reculons qu'il s'avança vers la barmaid avec l'intention obligatoire de s'emparer de l'un des deux derniers papiers. Enfin, le dernier, car l'autre lui fit subrepticement arraché des doigts par Zoro, faufilé dans son dos avec talent.
- C'est rassurant de savoir que tu ne pourras pas me perdre avec ce truc, déclara en murmures le bretteur moqueur en s'attardant dans la promiscuité du cuisinier. Des fois que tu voudrais me distancer sans mon accord ? Ah et… -il se rapprocha, collant inconsciemment leurs deux corps jusqu'à donner l'impression à Sanji qu'ils étaient enfermés dans un placard trop petit avec le tissu de leurs vêtements se frôlant indécemment-
» Surtout va pas faire de connerie Blondinet, t'as pas l'air en forme ces derniers temps.
Sanji tout de suite, vira 180°, vexé. Hors de lui, il partait rembarrer avec la virulence d'un Pitbull cette algue peu ragoutante, sa langue malaxant les mots grossiers qu'il lui destinait lorsque mal présumé la distance, il se retrouva nez à nez avec l'imbécile. Plaqué d'un vert à rendre jaloux les cieux, il fut délesté de son verbe et de toute volonté, tout simplement muet. Une action manquée qui amusa Zoro, l'air de victoire peinte sur chacun de ses traits.
- Ouais, affirma-t-il en s'écartant, et emmitouflant précieusement sa feuille dans la poche de son pantalon. Bourreau des cœurs, t'es complètement à côté d'tes pompes ! J'vais peut-être en venir à garder un œil sur toi, juste au cas où… Bien que jouer les baby-sitters soit très loin de mes prérogatives…
- Les baby- QUOI ! s'étrangla Sanji outré. Espèce de…
Il ne termina pas sa phrase.
Coupé dans son élan, étouffé la répartie de son génie, le temps de se jeter sur le sabreur qui avait eu l'affront de lui tourner le dos et tout se mit à tourbillonner.
La terre soudain poussée à toute vitesse sur son axe de rotation, avec lui planté au beau milieu, Sanji fut spectateur de toute une succession d'images se dessinant en rond. D'un pouvoir mythique, Chronos, maître du temps accélérait le cours des choses pour que le présent soit au passé et le futur, maintenant. Incapable de bouger, happé par la force rotative du monde, Sanji trembla, son organe de vie cognant précipitamment toutes ses percussions.
Tous ses amis défilaient dans sa tête. Ils avançaient, reculaient, dansaient, parlaient, rigolaient… Camie et son étoile de mer avaient les bras levés, - de grands signes au loin pour dire au revoir-. Les nuages dans le ciel soufflaient de droite à gauche, de plus en plus vite, tel un tapis se déroulant sans fin, le décor se transformait chaque seconde, comme sur la grande roue, il était impossible d'en extraire les détails, tout se mélangeait, les couleurs, les gens. A donner le tournis. Sanji allait tomber, rien pour se retenir, excepté qu'il lui manquait un élément. L'unique élément perturbateur de sa sérénité, Zoro.
Mais où donc était Zoro ?
Partout, Zoro n'était nulle part.
Sanji passa au crible ses visions, de plus en plus instable, palpitant, de plus en plus tendu et proche de ne plus pouvoir respirer. Attentif, il finit par le repérer mais tout empira.
En fait Zoro n'avait pas disparu, il marchait avec les autres, de son air arrogant et désinvolte en même temps. C'était plus tragique, il vacillait, telle la flamme d'une bougie abandonnée au vent et luttant pour sa survie. L'image de Zoro clignotait, se dissimulait dans la lumière, se terrait dans les ténèbres. Il floutait jusqu'à prendre la forme d'un fantôme dans l'esprit fou de Sanji. Zoro était en train de mourir, là sous ses yeux et il ne pouvait rien faire. Sans réfléchir, sans comprendre l'instinct de son corps, il se mit à courir, faisant fi du tourbillon de son monde qui s'éternisait. Totalement possédée par sa peur, il s'élança vers l'autre homme, le bras tendu, la main ouverte en grand pour le toucher, et l'attraper, le faire réalité. Malheureusement, sitôt frôlé le portrait destiné tout se coloria en noir. D'un noir impénétrable qui le recouvrit de partout. Déstabilisé et sans issue de secours, Sanji ferma les yeux. Quand il les rouvrit, c'était trop tard.
Zoro était de l'autre côté de son point d'horizon, à genoux, à terre et en sang. Les sabres élimés, vaincus, il était sur le point d'être achevé par nul autre que Bartholomew Kuma, ce même homme qui pareillement sous le regard impuissant de Sanji s'était déversé en tornade indestructible sur l'imbécile si désireux de se sacrifier.
- Zoroooo ! hurla spontanément Sanji en balançant ses jambes dans un rythme endiablé.
La photo de Zoro, recouverte de rouge et imprimée dans sa mémoire depuis l'île de Thriller Bark se diffusa sur le canal émotionnel de son cœur, pompant directement tout le sang de son corps vers l'aorte déterminant sa vie.
Zoro presque mort, Zoro mort… il ne voulait pas cela.
Autour, l'apocalypse était tombée, des gravats par milliers. Les amis, mal embarqués dans leur propre combat criaient à l'aide en s'enfuyant. Naturellement que le cuisinier aurait dû se porter à leur secours, des femmes particulièrement auxquelles il avait voué fidélité et protection, mais la raison l'avait dépassé, son corps parlait pour lui. Il n'était plus qu'instinct, un instinct bandé uniquement sur Zoro à la merci du danger le plus grand.
- Plus vite ! se sermonna-t-il en voyant la main du corsaire s'élever haut dans le ciel. Zoro, bouge-toi de là, MAINTENANT !
Trop tard.
Zoro, le visage tourné sur l'adversaire, n'eut pas le temps de réponse qu'il avait quitté l'horizon. Zoro, touché par le coup ennemi, s'évapora dans un halo de lumière aveuglante, tandis que Sanji courait inutilement pour le sauver.
Trop tard, trop tard, trop tard…
Ce qui n'avait été qu'un rêve, devint réalité, ce qui n'avait été était que pressenti, devint prémonitoire.
Tout le monde, scanda le prénom de Zoro, Sanji arrivé trop tard, s'effondra là où aurait dû l'attendre Zoro. Quand la douleur, insupportable douleur, celle qui s'écoule dans les veines plus vite que l'eau descendant de la montagne, le transperça de part en part pour prendre refuge dans son ventre et dans son cœur. Les deux mains comprimées à sa poitrine, il se releva, respira un grand bol d'air, puis porté par un désir de vengeance, il se précipita droit devant. La jambe en feu, il se jeta sur Bartholomew avec l'envie enragée de le tuer, encore et encore, de le ressusciter, et de recommencer. Il prédestinait lui faire mal, au risque de se briser les os, mais l'ennemi était si colossalement puissant qu'une pichenette n'aurait pas eu d'effet moindre sur lui. Sanji repoussé par la contre-force de son attaque fut éjecté à un mètre de sa cible avant de chuter lourdement sur la terre, terrassé. Sous le choc, il toussa, s'étouffa, roula comme peu sur lui-même pour cracher le sang qui lui remontait du tréfonds des entrailles quand l'horrible spectre de la mort s'étala par-dessus lui.
- Pour un voyage, quelle destination choisirais-tu ? questionna la Mort en se penchant sur lui, sa main à coussinets déjà par-dessus son épaule.
Sanji, silencieux, se contenta de le dévisager, avant d'apercevoir un oiseau voler librement dans le ciel. Priant avoir des ailes, il s'y accrocha, avant de ne plus discerner que du noir. Au moment même où sur le bateau l'horloge de la cuisine explosait en un millier d'étoiles, Sanji mourait.
Sa dernière pensée, Zoro !
Dès que Zoro eut quitté le monde réel tel qu'il m'était permis de le connaître, un vide s'est enraciné à l'intérieur de moi, se ramifiant en branches impérissables pour ne former qu'un arbre mort au milieu de mon cœur. Un silence assourdissant m'a déshéritée de ma vie et je suis tombé dans les Ténèbres. Je n'ai pas résisté, je n'ai pas objecté, émis le « non » de la survie, parce que la lumière avait disparu et que je renaissais ténèbres. Recouvert de noir, délaissé seul dans le désert des oubliés, ne me reste que cette douleur invisible pour compagnie, ainsi que cette voix venue d'ailleurs et qui me souffle la fin de mon demain... Je n'ai plus de demain, je suis mort. Je souffre en silence, je crie en silence et j'ai mal dans mon noir. Zoro s'est volatilisé, évanoui dans la lumière, disparu au crépuscule sans même un mot d'adieu. J'ignore où est Zoro, Zoro est mort, je veux revoir Zoro.
A suivre !
Voilà, voilà ! Chapitre 2 terminé, en espérant que comme vous la suite ne paraîtra pas dans quatre mois (cinq ?).^^
