Voilà la suite! J'ai tardé un peu parce que j'ai ré-écrit la fin (c'est moi ou je dis toujours ça dernièrement? J'ai un problème avec les fins on dirait -_-''). Je trouvais depuis que je l'avais terminé que quelque chose collait pas, je pensais que c'était un manque de détails mais en fait c'était plus profond que ça. On dirait que depuis quelques mois, tous mes premiers jets doivent être repris au moins une fois, que ce soit pour la fin ou carrément pour tout ré-écrire. Je me demande pourquoi au juste, peut-être que je deviens plus difficile, ou alors j'ai perdu de ma spontanéité, je ne sais pas.

Enfin bref, désolé de cette note un peu personnelle. En avant pour le deuxième amour raté de Miyuki!


Si ce n'avait été de cet évènement précis, Miyuki Kazuya serait sans aucun doute devenu un délinquant. Au début de sa quatrième année de primaire, il se dirigeait vers cette voie. Il ne s'était toujours pas relevé de sa défaite contre Hideo et n'arrivait pas à se faire d'amis à l'école, étant donné que sa réputation le suivait. Si les choses avaient continué ainsi, il aurait fini par tomber du côté sombre et, dès lors, rien n'aurait pu l'en sortir.

Heureusement, ce ne fut pas le cas. Ce qui le sauva deviendrait par le fait même sa passion : le baseball.

C'était par hasard si, cette journée-là, il passait devant le terrain municipal. Sa mère l'avait chargé de faire certaines commissions et, même s'il avait tenté de s'en sortir avec quelques stratagèmes et autres tours de passepasse, sa mère, qui le connaissait trop bien, avait fini par voir clair dans son jeu. Aussi, il se dirigeait sans entrain vers la supérette, où il devait acheter du lait.

Il passa donc devant le terrain, qui était à dire vrai à quelques rues de chez lui. Ce n'était pas la première fois qu'il marchait dans ce coin-là, bien au contraire, mais c'était la première fois qu'il remarquait qu'on l'utilisait. Un peu curieux sans trop savoir pourquoi, il s'y était dirigé et avait espionné derrière la grille, à un endroit où il n'y avait pas de spectateurs.

Il s'agissait d'un match avec des jeunes de son âge, tous du primaire. Il y avait l'équipe locale; l'autre devait être d'une ville voisine. Les points étaient affichés sur un babillard non loin, dont s'occupait un adulte. Sur les bancs, des parents et amis criaient des mots d'encouragement aux deux équipes.

Ce n'était pas la première fois que Kazuya voyait du baseball. En fait, son père en écoutait souvent durant le weekend, et il avait pris l'habitude de regarder lui aussi. Il faut dire que c'était une tradition chez eux et que toute la famille, même sa mère, s'assoyait devant la télévision.

À ce moment, en les regardant jouer, il se demanda pourquoi personne dans sa famille n'avait même suggéré qu'il joue.

Malgré lui, il resta jusqu'à la fin de la partie, admiratif. C'était la première fois qu'il voyait des jeunes jouer et, même si c'était loin d'être aussi impressionnant que des professionnels, c'était pour Kazuya beaucoup plus proche et atteignable. Pour la première fois, il se dit qu'il aimerait bien être là, sur ce terrain, à tout faire pour atteindre la victoire.

Quand le match se termina sur la victoire de l'équipe locale, Kazuya s'attarda et les observa se féliciter, le sourire étiré jusqu'aux oreilles. Il rêvait, tout à coup, de faire partie de ces réjouissances. Jamais auparavant il n'avait autant voulu intégrer un groupe, faire partie d'une communauté.

Au bout d'un moment, un des garçons de l'équipe le remarqua. Il s'agissait de l'as, celui qui avait lancé pour presque les trois quarts de la partie avant d'être retiré. Il n'avait pas un lancer si impressionnant, mais, pour un jeune de son âge, il était rapide et plutôt précis.

Kazuya resta sur place pendant que le garçon sautillait vers lui. Avec un sourire avenant, il le salua :

- Salut! Tu nous observais?

Kazuya, sans se poser la question et sans réfléchir, lui demanda aussitôt :

- Est-ce que vous recrutez?

Le sourire du garçon s'élargit encore plus. Il s'appuya sur la grille et lui répondit en le regardant directement :

- On refuse personne, tant que tu as de la volonté!

Pendant un instant, il songea à refuser : il n'aurait pas à s'impliquer, et ne risquerait donc ni le ridicule, ni le rejet. Après l'histoire avec Akari, il n'était pas certain de pouvoir le supporter. Pourtant, il s'entendit lui répondre sur un ton confiant :

- J'ai jamais joué, mais je travaillerai fort!

Le garçon s'éloigna de la grille pour lui répondre :

- Super! Attends un peu, je vais aller chercher le coach.

Puis, avec un dernier signe de la main, il s'en fut en direction de l'adulte. Kazuya, le cœur battant vite sans savoir pourquoi, resta là où on lui avait demandé d'attendre et regarda de loin la scène. Celui qui l'avait invité le pointa du doigt avant de discuter un peu avec l'adulte. Cela dit, ça ne fut pas long que le plus vieux, avec un sourire, acquiesça et se dirigea vers lui, l'as sur les talons.

Dès qu'il fut proche, le coach lui demanda :

- Est-ce que tu voudrais rentrer par la porte juste là?

Il se précipita donc et entra sur le terrain, pour être face à l'adulte et le joueur. Le coach lui demanda une fois de plus :

- Makihara m'a dit que tu voulais rejoindre notre club. Tu es bien un habitant de la ville?

- Oui, monsieur! répondit-il sans hésitation.

- Comment tu t'appelles? enchaina l'homme sur un ton sympathique.

- Miyuki Kazuya, répondit-il aussitôt.

- Est-ce que tu as déjà joué au baseball?

- Non, consentit le plus jeune.

Le plus vieux sembla réfléchir quelques instants, puis il lui demanda :

- Est-ce que tu as une idée de quelle position tu voudrais jouer?

Comme il n'y avait jamais songé, Kazuya ne sut que répondre. Percevant son hésitation, le plus vieux mit une main sur son épaule et lui assura :

- C'est pas grave si tu sais pas, on peut essayer de trouver ensemble. Que dirais-tu de venir la semaine prochaine, ici, à la même heure? Nous allons avoir un entrainement, tu pourras voir ce qui t'intéresserait le plus.

Sans hésiter, la nouvelle recrue répondit :

- D'accord!

- Bien, fit l'adulte avant de se détacher de lui. Bon, je dois encore aller aider à ramasser, alors je te laisse. On se voit la semaine prochaine!

Puis, à l'attention de leur as, il lança :

- Makihara, ne tarde pas trop!

- J'arrive dans pas long, répondit l'autre avec son sourire.

Le coach les laissa donc et Kazuya s'approcha de celui qui l'avait invité pour lui demander :

- Tu t'appelles Makihara, c'est ça?

- Oui, fit l'autre, mais tu peux m'appeler Juichi!

Kazuya se présenta donc à son tour et ils discutèrent un peu, le temps que Juichi lui apprenne qu'il était en fait son senpai d'un an et qu'ils cherchaient depuis longtemps un bon receveur – il n'en avait aucun d'attitré, étant donné qu'aucun de leurs joueurs ne voulait cette position. Beaucoup trop vite au gout de Kazuya, Juichi s'excusa et lui expliqua qu'il devait aller ranger ses choses lui aussi.

Ce fut plein d'entrain et sans sa pinte de lait que Kazuya rentra chez lui ce soir-là. S'il se fit réprimander, ce ne fut pas pour longtemps, parce qu'il annonça rapidement qu'il allait faire du baseball. Sa mère dès lors changea du tout au tout d'attitude et ne put s'empêcher de se montrer fière de lui. Son père suivit et ils fêtèrent ce soir-là sa nouvelle décision.

Kazuya se présenta donc le samedi suivant au premier entrainement et fut aussitôt intégré à l'équipe. La plupart des joueurs n'étaient ni de son année, ni de sa classe, et si la plupart connaissaient les rumeurs, aucun n'en fit de cas. On se fit gentil avec lui et Kazuya tenta de rendre la pareille, si heureux de se faire accepter qu'il en oubliait presque qu'à l'école ce n'était toujours pas le cas.

Il réalisa alors que s'il n'intimidait personne, il était en fait plutôt apprécié, même s'il fallut peu de temps pour que sa mauvaise personnalité ressorte. Malgré tout, aucun de ses coéquipiers ne le lui reprocha son manque d'éthique, sans doute parce que la plupart manquaient autant, sinon plus, de civisme que lui.

Au final, à cause de la pénurie de bons receveurs, il fut placé malgré lui à cette position, encore plus quand on remarqua qu'il y avait du talent. Il ne lutta pas contre son destin, trop heureux de recevoir les balles de Juichi pour se plaindre.

La première fois qu'il reçut l'une de ses balles, ce fut comme un coup de cœur, et il sut tout de suite qu'il était fait pour ça. Toute sa vie n'avait été que pour ce moment où Juichi, sur le monticule, lança la balle vers son gant. Jamais il n'oublierait le son qu'avait fait la balle, ni la sensation sur sa main, cette brulure qui démontrait la force de son lancer.

Dès lors, il s'entraina tant et si bien qu'il délaissa les autres sphères de sa vie. Son entrée au club se fit savoir rapidement à l'école et on arrêta de plus en plus de l'intimider, en bonne partie parce qu'il lui arrivait de trainer avec des coéquipiers. Il ne se fit pour autant pas d'autres amis, mais ça lui était plutôt égal, parce qu'il n'arrivait plus à penser qu'au baseball.

Il devint rapidement le receveur titulaire et put en très peu de temps jouer en match avec Juichi. Par la force des choses, il se retrouva à pratiquer plusieurs fois seul avec lui. Juichi tentait de développer certaines techniques et Kazuya, de son côté, essayait de l'aider. Son instinct s'affina et il put de plus en plus discerner son état d'âme dans ses lancers, de même que ses forces et ses faiblesses. Bientôt, il devint un receveur plutôt exemplaire, pouvant lire dans son lanceur comme dans un livre ouvert.

Juichi ne tarissait jamais d'éloges pour lui. En ce sens, il ressemblait beaucoup à Hideo, mais Kazuya n'arrivait pas à le détester pour cette même raison. En fait, il était plutôt en totale admiration devant lui. Même d'être au courant mieux que personne de ses lacunes ne l'empêchait pas de le considérer comme un joueur hors pair.

Il se surprit à penser de plus en plus souvent à lui et finit par l'accaparer pour mille-et-une raisons. Juichi ne perdait jamais le sourire et l'acceptait pour ce qu'il était : Kazuya n'était pas habitué à un tel traitement de faveur. Il ne voulait pas le perdre, tellement qu'il s'accrochait à lui avec trop de force.

Au départ, il lui demanda seulement de s'entrainer avec lui, puis, de fil en aiguille, il obtint de lui qu'ils se voient en dehors du baseball. Juichi vint chez lui et il alla chez l'autre pour jouer à des jeux vidéos, discuter de tout et de rien ou encore étudier ensemble. Ils devinrent bien vite des meilleurs amis.

Pourtant, Kazuya voulait toujours plus. Il était insatiable. Même s'il ne comprenait pas encore pourquoi, il voulait Juichi pour lui tout seul. Quand il n'était pas avec lui, il avait l'impression que, d'une seconde à l'autre, quelqu'un d'autre allait apparaitre et le lui voler, comme ça avait été le cas avec Akari. La situation avait beau être différente, il n'arrivait pas à s'enlever de la tête l'idée que s'il ne le surveillait pas bien, Juichi se ferait enlever de sa vie par quelqu'un d'autre.

L'idée qu'il en vienne à le détester lui aussi lui serrait le cœur si fort qu'il n'arrivait pas à le regarder parler avec quelqu'un sans aussitôt se sentir inutile, sans intérêt. Comme il était plein de fierté, cette sensation de délaissement se changeait en colère. S'il rongeait son frein au départ, plus il se sentait à l'aise avec Juichi et plus il lui reprochait de ne pas passer tout son temps avec lui.

Le lanceur était patient, alors il se contentait de le réconforter en lui disant qu'il était son meilleur ami, mais ce n'était pas suffisant pour Kazuya. Il aurait voulu plus, beaucoup plus, sans comprendre tout à fait quoi – il avait l'intuition déjà, mais de manière inconsciente, qu'il ne pourrait jamais lui donner assez, comme si ce qu'il cherchait n'existait pas.

Puis, vint un moment où il se mit à douter des paroles de Juichi. S'il avait vraiment été son meilleur ami, il n'aurait refusé aucune de ses invitations, pas vrai? Même s'il avait des obligations familiales ou des plans avec d'autres amis, il aurait dû tout annuler pour accourir à ses côtés.

Kazuya devint donc malgré lui de plus en plus désagréable avec Juichi, qui ne comprenait pas pourquoi il était de mauvaise humeur avec lui. Il essayait sans cesse de se reprendre pour chaque rendez-vous manqué, mais Kazuya n'acceptait pas sa bonne foi et se contentait de lui reprocher de ne pas être son meilleur ami. Chaque fois, il le blessait un peu plus, sans encore le réaliser.

Enfin, à la fin de l'un de leurs entrainements, le receveur se lança dans une énième crise de jalousie. Il venait d'inviter son senpai à venir chez lui, lequel avait refusé en prétextant qu'il avait une sortie déjà prévue avec sa famille. Kazuya, aussitôt, lui lança un ultimatum, comme il avait pris l'habitude de le faire :

- Juichi-senpai, c'est ta famille ou moi!

Il s'attendait à ce que, comme d'habitude, le plus vieux refuse de répondre et lui assure qu'il l'appréciait encore, mais ce qui suivit fut plutôt un silence. En arrière-plan, et pour la première fois, Kazuya entendit les autres de son équipe murmurer qu'ils ne savaient pas comment Juichi pouvait encore le supporter. Il était habitué à être la cible de ce genre de remarques, mais, cette fois, l'insulte passa mal; d'autant plus quand, en évitant son regard, Juichi lui fit :

- Kazu, la prochaine fois, je vais vraiment répondre, alors me pose plus la question. S'il te plait.

Le plus jeune serra les dents et tenta de trouver une répartie, mais Juichi ne lui en laissa pas l'occasion. Il ricana nerveusement et, en se retournant, tenta de paraitre désinvolte :

- À demain, Kazu.

Kazuya pouvait deviner, parce qu'il le connaissait si bien, que son ton cachait un genre de déception, peut-être, et un peu de tristesse, aussi. Il réalisa alors qu'il venait de blesser son senpai de manière décisive et irréversible.

À partir de ce moment, quelque chose était brisé entre eux. Ils continuèrent à jouer en batterie et, sur ce point, ils étaient toujours aussi compatibles. Seulement, Kazuya, incapable d'admettre ses torts, n'invita plus jamais Juichi à passer du temps avec lui, et ce dernier fit de même.

Kazuya comprenait qu'il avait blessé Juichi en ne lui faisant pas assez confiance, mais il ne pouvait s'en empêcher. Quand bien même il aurait été s'excuser, ce qu'il n'arriverait de toute façon jamais à faire, il savait qu'il deviendrait de nouveau trop jaloux. En plus, il ne comprenait pas exactement ce qu'il cherchait chez Juichi : peu importe ce qu'il lui donnait, il restait toujours sur sa faim. C'était comme si tout ce que ferait Juichi ne serait jamais assez.

Ce ne serait que beaucoup plus tard qu'il comprendrait ce qu'il aurait voulu de lui, mais, même s'il l'avait compris à l'époque, les choses n'auraient pas changé. Juichi ne cherchait pas plus qu'un ami chez Kazuya, un bon ami certes, mais rien de plus. C'était évident pour le receveur, celui qui avait passé plus d'un an à cerner autant ses lancers que sa personnalité.

Quand arriva le moment pour Juichi de quitter l'équipe parce qu'il allait au collège, il se plaça devant lui et le regarda quelques instants. Puis, avec un sourire un peu triste, il lui dit simplement :

- J'ai été heureux de jouer avec toi, Kazu.

Il était tellement sincère que Kazuya sentit les larmes lui monter aux yeux. Pour ne pas qu'il s'en aperçoive, il se détourna et partit rapidement à courir pour se trouver un coin tranquille où pleurer toutes les larmes de son corps. À ce moment-là, il était plutôt certain de ne jamais le revoir, quand bien même ils jouaient au même sport. De toute façon, qu'ils se voient de nouveau ou non, c'était terminé. Même sans le dire explicitement, Juichi venait de le rejeter pour de bon.

Même devenu adulte, Kazuya ne saurait jamais avec certitude s'il l'avait vraiment aimé ou s'il s'était juste accroché à la première personne qui le traitait comme un ami. Cela dit, ça n'enlevait rien à la douleur qu'il ressentirait encore bien longtemps en pensant à lui.


Je ne pouvais pas m'empêcher d'inclure le baseball, étant donné que c'est quelque chose d'important dans la vie de Miyuki. Je trouve toujours intéressant de savoir comment les personnages d'un animé sport sont venus en contact avec leurs sports, que ce soit de manière naturelle ou grâce à un stimulus extérieur comme ici. J'aime comment le sport devient un genre de bouée de sauvetage, je pense que pour certains ça doit vraiment être le cas.

J'ai aussi voulu faire un parfait contraste entre la relation avec Akari et celle avec Juichi (pour ceux qui voudraient savoir, j'ai choisi ce nom parce qu'il y avait «ichi» dedans, ce qui veut dire «numéro un» en japonais, en clin d'œil au fait que c'est l'as). Je voulais montrer comment Miyuki a maturé, même si son comportement est toujours vachement juvénile (en même temps il est encore au primaire, faut pas oublier). En cherchant à ne pas faire la même chose qu'avec Akari, il a fait l'inverse parfait, ce qui n'est pas beaucoup mieux.

Je suis désolé si Juichi parait un peu trop parfait, mais je pense que ça existe des gens qui réagiraient comme ça. En tout cas, des gens trop gentils comme lui, j'en connais. Et ça joue pas toujours en leur faveur, d'ailleurs.

Au fait, juste comme ça, vous trouvez pas que «Kazu» c'est un surnom trop mignon? J'aimerais bien qu'au moins un perso du canon l'appelle comme ça (ou Kazu-chan, ou Kazu-kun, ou n'importe quel variante). Je me rends compte que j'aime beaucoup le prénom de Miyuki, même si ça m'a pris du temps à m'y habituer.

Enfin bref, avant de m'étendre encore trop longtemps, je vais vous laisser! J'espère que vous avez aimé et rendez-vous au chapitre 3!