Je vous préviens tout de suite, les trois derniers amours ne sont pas aussi bien séparés que les deux premiers, c'est-à-dire qu'ils se chevauchent un peu. Du coup, on a le collège de Miyuki ici, mais je vais y revenir au prochain OS pour éclaircir certaines choses, surtout concernant le baseball (ce sera plus pertinent à ce moment-là que maintenant). Je me fie surtout sur ce qu'on a appris dans l'animé et ce que j'ai pu glaner sur le wiki (en me spoilant allègrement, youpi xD).

Sinon, je ne sais pas si vous avez remarqué un certain pattern, mais c'est un peu mon headcanon que Miyuki tombe toujours pour des gens avec une bonne personnalité et un bon fond. C'est un peu pour pallier sa mauvaise personnalité, peut-être? Vous avez le droit de ne pas être d'accord, c'est juste ma petite lubie personnelle.

Enfin, je parle en général, on s'entend, j'envisage facilement des exceptions. L'amour n'est jamais aussi rationnel et systématique. Seulement, ça aurait de quoi faire peur l'imaginer sortir avec quelqu'un qui lui ressemble... xD

Donc voilà, sans plus tarder, le troisième chapitre!


Le reste du primaire fut difficile pour Kazuya, qui attendait surtout que le collège arrive pour lui permettre de changer d'environnement. Au moins, le baseball restait du baseball, même si depuis le départ de Juichi, tout était différent. Son nouveau partenaire, du même âge que lui, n'avait ni son talent, ni sa patience, mais, pour le bien du club, ils avaient coopéré jusqu'à ce qu'ils n'aient plus à le faire. Évidemment, le climat était plus tendu, ce qui rendit les résultats de cette année-là moins bons que les années précédentes.

Pour être sûr de ne pas revoir Juichi, qui allait au collège du coin, Kazuya décida de s'inscrire à une école à une heure de vélo de chez lui. Personne dans son entourage n'y allait et c'était aussi bien pour lui. Ses parents n'étaient pas chauds à l'idée, mais comme il était motivé et qu'il avait plusieurs arguments, ils n'avaient pas pu le lui refuser.

Bien sûr, il avait vérifié qu'il y avait bien un club de baseball. Ce n'était pas le plus connu de la préfecture, mais il n'était pas médiocre pour autant. Il pensait qu'avec son talent qui commençait vraiment à éclore, il pourrait devenir titulaire dès sa première année. Il lui tardait de rencontrer de nouveaux lanceurs : en tant que receveur, son plus grand bonheur était de manipuler et analyser les lanceurs, dans le but de les faire progresser.

Son entrée au collège se fit sans heurt. Il avait bien fait d'en choisir un éloigné : la plupart de ses collègues ne le connaissaient pas et personne de l'équipe de baseball n'avait encore joué avec lui. Kazuya avait appris, avec ses dernières expériences affectives, qu'il ne fallait ni taquiner à outrance, ni s'accrocher désespérément, et il s'en sortait plutôt bien en refoulant la plupart de ses pulsions.

Il ne changea pas du tout au tout, car les humains ne changent pas si facilement, mais la vision qu'il projetait aux autres n'avait rien à voir avec celle du primaire. Il apparaissait beaucoup plus posé, moins sentimental, et, s'il taquinait encore, c'était moins souvent et de manière moins évidente. On lui faisait quand même remarquer qu'il avait une mauvaise personnalité, mais ce n'était le cas que pour ceux qui le connaissaient bien.

De ce fait, il devint pour la première fois de sa vie populaire auprès de la gent féminine. Il n'était pas le plus populaire de son collège, mais il avait son lot d'admiratrices. Il faut dire qu'il était plutôt beau garçon et qu'avec ceux qu'il ne connaissait pas bien, il se montrait sympathique et avenant. Si on ajoutait à ça qu'il était rapidement devenu, comme il l'avait prévu, le receveur titulaire, il avait de quoi faire tomber les filles.

Cela dit, même s'il recevait de temps à autre des déclarations, il n'acceptait jamais, parce qu'il avait rapidement compris que celles qui l'approchaient ainsi ne connaissaient pas sa vraie personnalité. Elles allaient juste être déçues s'il acceptait et qu'elles découvraient celui qu'il était vraiment.

Par contre, il ne se montrait jamais méchant dans ses rejets, et, à force de se faire demander pourquoi, il en vint à prendre l'habitude de dire qu'il s'intéressait déjà à quelqu'un. Bien entendu, il s'agissait seulement d'un mensonge pour pousser la fille à abandonner, car il n'était intéressé par personne sur le moment.

Quand on lui demandait de qui il s'agissait, il prétextait que c'était un secret, mais à force de dire toujours la même chose, la rumeur finit par se répandre. Bientôt, on vint le harceler pour savoir le nom de celle qui retenait son attention. Il s'en sortit pendant un long moment avec ses tours de passepasse, mais il était de plus en plus fatigué de se faire poser si souvent la question. Ses coéquipiers pour la plupart enviaient sa popularité et, quand la rumeur leur parvint, ils tentèrent eux aussi de savoir.

C'était trop et Kazuya devait trouver un moyen de calmer le jeu.

Heureusement, une opportunité en or se présenta devant lui. Il avait reçu une énième lettre dans son casier lui donnant un rendez-vous et il comptait, comme d'habitude, aller refuser la fille avec autant de civisme qu'il le pouvait – pas qu'il se souciait tellement de ses sentiments, c'était plus une question de maintenir les apparences.

Seulement, il se trouve que la fille qui l'attendait était l'une de leurs managers, Saeki Iori. Kazuya ne la connaissait pas énormément, mais il savait que c'était une fille assez douce, un peu timide, qui pourtant savait s'affirmer quand il le fallait. Autrement, elle était en première année alors qu'il était en deuxième. Physiquement, elle avait une allure assez banale, mais son visage était agréable. Ses cheveux étaient courts et brun foncé, de la même teinte que ses yeux. La jeune fille rougissait déjà en l'attendant.

La situation n'était pas si différente d'à l'habitude, mais il y avait une chose qui portait à croire qu'elle n'était pas comme les autres : elle était manager du club et elle avait pu voir Kazuya à l'œuvre plusieurs fois. Autrement dit, s'il y avait une fille dans l'école qui savait comment était la vraie personnalité du receveur, c'était elle. En plus, puisqu'elle était manager, ça voulait dire qu'elle aimait le baseball : c'était un point non négligeable pour Kazuya, dont la vie tournait autour de son sport.

Additionnant ces variables, Iori, à l'instant, paraissait comme la personne parfaite pour le sortir de sa situation. Elle l'aimait pour celui qu'il était vraiment : elle supporterait donc sa personnalité sans le laisser, ce qui lui permettrait de rester un moment avec elle. En plus, il pourrait facilement la délaisser de temps à autre en prétextant le baseball et il savait qu'elle ne pourrait dire non. Si elle devenait vraiment trop collante, il n'aurait qu'à se séparer, et alors il aurait une nouvelle raison de refuser – une peine d'amour.

Dès qu'elle le remarqua, elle leva la tête vers lui et lui fit un sourire, malgré le rouge qui parsemait ses joues. Kazuya s'approcha silencieusement, jusqu'à être à une distance suffisante devant elle, et attendit que l'adolescente se déclare.

Iori baissa le regard sur ses mains, avec lesquelles elle jouait. Elle devait chercher le courage jusqu'au fond d'elle. Quelques instants plus tard, elle releva la tête et, en le fixant avec bravoure, elle lui avoua :

- Miyuki-senpai, je t'aime! Est-ce que tu veux sortir avec moi?

Étonnamment, malgré sa timidité, elle n'avait pas bégayé ou cherché ses mots. Cette qualité plut tout de suite à Kazuya, même s'il aurait pu être drôle de la voir s'empêtrer un peu. En tout cas, elle avait l'air décidé, parce que dans ses yeux brillait de la détermination.

Kazuya se fendit d'un sourire et répliqua, en rangeant ses mains dans ses poches :

- Okay.

Le visage d'Iori s'illumina en même temps que le soulagement s'y glissait – elle devait s'être préparée à être rejetée, vu qu'il n'avait jamais accepté personne avant. Elle rougissait toujours, mais elle démontra une fois de plus son courage et s'approcha un peu pour lui demander :

- Est-ce que je pourrais avoir ton numéro?

Kazuya sourit un peu plus large et accepta en sortant l'appareil. Après qu'ils aient échangé leurs numéros, la jeune fille se hâta de s'en aller en lui promettant de lui écrire le soir même. Kazuya resta un moment immobile, à la regarder s'en aller en sautillant légèrement. Il l'imaginait bien extatique qu'il ait accepté contre toutes attentes.

Bien sûr, elle ne se doutait pas une seule seconde de la raison de son acceptation.

Le début de leur relation fut plutôt distant, étant donné que l'un comme l'autre n'avaient aucune expérience en la matière – qu'on les taquinait sur le sujet ne les aidait pas à se rapprocher. Kazuya, même s'il avait accepté, n'était pas particulièrement sérieux, sans compter qu'il ne voulait pas paraitre trop entreprenant au risque de se faire rejeter rapidement. Le but était qu'il ne soit pas libre pendant un certain temps question qu'on arrête de le poursuivre, après tout.

Cela dit, voyant qu'elle ne ferait jamais le premier pas, Kazuya décida de prendre le taureau par les cornes et il invita la demoiselle à un premier rendez-vous galant. La sortie se passa dans les règles de l'art et ils purent discuter de tout leur soul, même si la plupart de leurs sujets tournaient autour du baseball. Néanmoins, l'adolescent réalisa qu'il s'amusait bien quand il était en compagnie d'Iori. Évidemment, il n'était pas vraiment amoureux, mais il sentait qu'il pourrait poursuivre cette relation sans problèmes.

De rendez-vous en rendez-vous, ils se rapprochèrent jusqu'à l'étape du premier baiser, bientôt suivi du deuxième et du troisième. Kazuya était heureux de la direction que prenait leur relation, réalisant de jour en jour qu'il devenait de plus en plus attaché à sa petite amie.

Iori était vraiment la fille qu'il lui fallait. Calme, gentille, elle tempérait aisément sa mauvaise personnalité sans pourtant s'y soumettre complètement. Au contraire, elle avait un effet bienfaisant sur lui, tant et si bien que ses coéquipiers finirent par lui dire qu'il était devenu beaucoup moins retors dernièrement.

Une fois qu'il fut rendu en troisième année, il invita la jeune fille à passer la soirée chez lui alors que ses parents n'y seraient pas. Évidemment, il s'était préparé et avait acheté des condoms en perspective de la soirée. Si Iori se montra d'abord embarrassée, elle finit par retourner les avances de Kazuya. Au final, ce fut une première fois un peu maladroite, mais il n'y eut pas de mauvaises surprises à proprement parler.

Kazuya se rendait bien compte que cette relation qu'il avait entamée pour avoir la paix commençait à devenir sérieuse. Ça ne se fit pas du jour au lendemain, mais il finit par tomber amoureux d'elle. Dire qu'il ne l'aurait probablement jamais remarqué si les circonstances n'avaient pas été là! Dans un sens, il était content d'avoir été si insensible à l'époque, parce que ça lui avait permis de mieux la connaitre. Elle gagnait vraiment à être connue : si de l'extérieur, elle n'avait l'air de rien, elle cachait une personnalité attentionnée et bien tournée.

Cela dit, son passé revint le hanter sans qu'il s'y attende. Un jour, tandis qu'il l'embrassait, il remarqua qu'elle semblait un peu dans la lune. Il s'en éloigna donc pour voir son expression, qui montrait bien qu'elle pensait à autre chose. En passant un bras autour de ses épaules, Kazuya lui demanda :

- Tu sembles dans la lune, Iori-chan. Qu'est-ce qui se passe?

La jeune fille détourna les yeux et lui demanda, après une petite hésitation :

- Kazu-senpai, est-ce que tu m'aimes?

L'adolescent était surpris par la question, mais il n'en montra rien et se pencha sur ses cheveux pour y déposer un baiser – notant au passage le parfum qu'il était venu à adorer. Puis, il lui souffla honnêtement :

- Évidemment, Iori-chan.

Au lieu d'être amadouée, la collégienne se dégagea un peu de son étreinte et l'accusa, mais sans réel venin :

- Tu ne me l'as jamais dit.

Cette fois, Kazuya sursauta de manière plus visible. Puis, il eut un petit rire nerveux et la contredit :

- Allons, je te l'ai déjà dit, j'en suis sûr.

- Non, affirma la fille en gardant son point. Je m'en serais souvenue. Même quand je me suis déclarée, tu as juste accepté.

Kazuya alors se gratta la nuque et réfléchit. Il avait bien dû le lui dire au moins une fois! En tous cas, il l'avait souvent pensé... pourtant, il n'avait aucun moment précis qui lui revenait en tête. Et c'était certain qu'il ne lui avait pas dit au départ, étant donné qu'il ne l'aimait pas encore, mais ce n'était pas exactement le bon moment pour en parler.

Iori coupa sa réflexion en lui demandant sérieusement :

- Kazu-senpai, pourquoi est-ce que tu as accepté de sortir avec moi?

Inconfortable dans la situation, le receveur tenta de se défendre sans mentir :

- Parce que tu me plais, Iori-chan.

À voir la mine déçue qu'elle affichait, il déduisit qu'il n'avait pas fourni la bonne réponse. Avant qu'il ne puisse en rajouter, elle se défit complètement de son étreinte et ajouta :

- Tu me parais toujours un peu distant, Kazu-senpai. Au début, je me disais que ça se calmerait quand on se rapprocherait, mais tu n'as toujours pas changé.

- Mais enfin, tenta-t-il de se défendre, on se voit souvent, je suis attentionné avec toi, qu'est-ce que tu voudrais de plus?

La jeune fille, même si c'était rare, s'emporta et haussa le ton à son tour :

- Que tu m'aimes vraiment, c'est ça que je voudrais! Tu sais, plus j'y pense et plus je me demande si tu n'as pas accepté uniquement pour qu'on te laisse tranquille...

Kazuya flancha, car l'accusation n'était pas totalement infondée. C'était vrai qu'à la base, il avait cherché à calmer les commérages, mais il était plutôt certain que ses sentiments avaient changé depuis!

Néanmoins, il fut incapable de lui répondre. Il n'avait pas l'habitude de devoir se justifier et il avait peur de s'enfoncer davantage. De toute évidence, la jeune fille le prit comme un aveu, parce que son expression s'adoucit et elle avoua, un peu de peine dans la voix :

- J'aurais pourtant dû le savoir, que tu n'accepterais pas autrement...

Dans une tentative de la réconforter, il tenta de la prendre dans ses bras, mais Iori évita son étreinte. Avec un sourire, comme si elle voulait lui faire croire qu'elle allait bien, elle lui avoua, la voix un peu tremblante :

- Et puis, Kazu-senpai, j'ai remarqué comment tu regardes certains garçons... par exemple, ce fameux receveur dont tu parles tout le temps...

Une boule se forma dans la gorge de Kazuya, qui resta pourtant obstinément silencieux. Il aurait voulu se défendre, mais de toute évidence Iori était convaincue. Il la connaissait assez pour savoir que rien de ce qu'il pourrait dire n'allait la faire changer d'avis.

Des larmes pleins les yeux sans qu'elles ne tâchent ses joues, elle finit sa tirade ainsi :

- Je croyais pouvoir supporter que tu ne m'aimes pas autant que moi, mais je n'en peux plus.

Dans une tentative de paraitre désinvolte, et surtout de ne pas montrer la douleur qui envahissait sa poitrine, Kazuya lui fit en regardant ailleurs :

- On n'a qu'à se séparer, alors.

Iori leva le regard, frappée par sa déclaration. Néanmoins, au lieu de se fâcher, elle lui fit un sourire, le plus triste qu'elle ait jamais fait, et répondit :

- Oui, je pense qu'on en est là...

Sur ces mots, elle se releva. Juste avant de quitter la chambre de Kazuya, elle lui avoua :

- Je t'aimais vraiment, tu sais.

Kazuya ne put s'empêcher de noter l'usage du passé, ce qui lui fit encore plus de peine que tout le reste de la conversation. Dès que la jeune fille eut refermé la porte derrière elle, il sentit des larmes envahir ses joues. Il récoltait ce qu'il avait semé. Vu comment il avait agi, il aurait été injuste de sa part de la chasser et de lui dire qu'il était tombé amoureux d'elle au point où il avait oublié ses premières motivations.

Bien sûr, il y avait aussi sa fierté qui, comme toujours, l'empêchait d'admettre ses torts. Et dire qu'il avait cru qu'Iori serait la fille pour lui... au final, même elle n'avait pas vu assez loin. C'était peut-être un signe pour lui dire qu'après tout, les filles n'étaient pas pour lui.

Au final, Iori avait eu raison sur un point : Kazuya s'était découvert depuis peu un penchant pour les hommes, qu'il ne pensait jamais assouvir parce qu'il croyait finir sa vie avec Iori. Le seul réconfort qui lui restait, c'était que, maintenant, il pourrait explorer un peu plus sa sexualité.

Ça ne l'empêcha pas de regretter amèrement que les choses se soient passées ainsi et qu'il ne puisse pas remonter dans le temps pour changer ses motivations.


Je sais, j'avais dit qu'il n'y aurait pas de couple avec Miyuki, mais comme ça finit mal, on va dire que ça compte pas.

J'ai eu du mal avec ce chapitre, j'ai dû le réécrire plein de fois, ça sortait jamais comme je le voulais. J'ai gambergé avec les dialogues pour ne pas donner l'impression qu'Iori accusait trop Miyuki. Au final, je voulais qu'elle soit bien intentionnée et qu'elle éclate seulement à cause de Miyuki. J'ai aussi longtemps hésité sur sa personnalité, mais finalement voici ce que ça donne. Je ne crois pas que ce soit le chapitre le plus intéressant, mais bon, je le trouvais nécessaire pour la suite (surtout pour faire abandonner à Miyuki l'idée d'être hétéro xD).

Enfin, je suis contente, maintenant on en a fini avec les Ocs! Je vais enfin pouvoir introduire les persos de Seidou! *_* D'ailleurs, si vous êtes observateurs (trices plutôt xD), vous devriez avoir une idée du prochain amour~!

Rendez-vous au prochain chapitre!