Voici enfin le premier amour à Seido! Yay! Je n'ai vu que l'animé, mais j'ai lu le wiki aussi et je pense que ça concorde avec le canon. Si jamais ce n'est pas le cas, je suis désolée.

C'est plutôt court... j'avais hâte d'y arriver, mais au final c'est tellement peu... en même temps ça suit un peu le même style que le début, alors tant pis.

Bonne lecture!


Quand Kazuya était au collège, il y avait beaucoup de bons joueurs. Le niveau était beaucoup plus haut que celui du primaire. Dès le départ, il avait compris qu'il était dans une tout autre ligue.

Par contre, Kazuya n'était pas en reste, son école non plus. Il avait cru que son collège avait un niveau moyen, mais en fait ils avaient eu de bonnes recrues l'année où il était arrivé. Il avait tout de même reçu son titre de titulaire parce que personne dans son collège n'avait son talent, qui à cette époque commençait vraiment à éclore. Grâce à son talent et celui de son équipe, ils réussirent à se démarquer, ce qui amena de meilleurs joueurs pour l'année suivante. Nul besoin de mentionner qu'ils devinrent rapidement un collège de prestige.

On le remarqua donc dès sa première année. Les journalistes venaient l'interroger sur son talent, et il répondait aux questions avec beaucoup de fausse modestie. C'est aussi à cette époque qu'il se fit recruter pour aller à Seidou, le meilleur lycée pour le baseball. Bien sûr, il accepta, trop fier de lui pour songer à refuser.

Il nageait dans sa nouvelle renommée et se sentait de victoires en victoires devenir de plus en plus invincible, ce qui n'aidait en rien à amoindrir l'arrogance qu'il développait. Il n'y avait pas un receveur dans la ligue qui arrivait à son niveau pour ce qui était de faire ressortir le meilleur des lanceurs. Il faut dire qu'il était intelligent et que sa tendance à manipuler les autres était très utile pour ce faire.

Bref, il restait donc invaincu, lui et son équipe, jusqu'à ce que, un beau jour, il perde contre Chris.

Kazuya n'avait pas mal joué, pourtant, mais Chris s'était montré meilleur que lui. Le receveur adverse avait le respect de son équipe sans pourtant user de tactiques comme Kazuya, et il n'en était pas moins intelligent et observateur. Il n'y avait aucune place au doute : le plus vieux était clairement plus doué.

Pour la première fois, Kazuya gouta à l'âpre gout de la défaite, quand on s'est forcé, qu'on a atteint un bon niveau et que ce n'est pourtant pas suffisant. Néanmoins, malgré cette douleur, il y avait aussi un sentiment plus positif en lui : il s'était trouvé un rival et une idole.

Jusqu'à présent, il voyait les équipes adverses comme des ennemis à abattre sur le moment, mais il n'avait vu personne encore dont il aurait souhaité se venger ou auquel il aurait pensé plus que pour le temps d'un match. Kazuya trouva donc dans Chris l'étoffe d'un rival, ce qui lui aurait cruellement manqué. Sans lui, son arrogance aurait pris des proportions auxquelles il n'aimait pas songer.

Ce fut la seule fois où l'équipe de Kazuya perdit, mais ce fut suffisant pour instiller en lui une graine qui allait pousser, pousser, jusqu'à changer ses sentiments à son égard.

À l'époque, il était encore avec Iori, aussi il n'avait pas vraiment songé plus loin, mais quand il avait appris qu'ils seraient au même lycée, il avait senti une chaleur particulière envahir sa poitrine. L'idée d'être près de son rival et idole lui donnait envie de se pousser encore plus à fond, de s'améliorer au point où il pourrait forcer Chris à le reconnaitre.

Au fond de lui, il souhaitait surtout qu'il envoie ce sourire si chaleureux en sa direction, qu'il lui frappe le dos de sa paume chaude, qu'il lui ébouriffe les cheveux peut-être, et qu'il dise de lui qu'il était son mignon petit kouhai.

Cela dit, rien de tout cela n'arriva. Dès son entrée à Seidou, Kazuya apprit que Chris s'était blessé et qu'il ne jouerait plus pour au moins un an. Les premiers temps, il ne venait même pas au club. La première fois que Kazuya put le revoir, ce ne fut que quelques semaines après le début des cours.

Physiquement, à part le fait qu'il avait grandi un peu et qu'il avait changé sa coupe de cheveux, il était à peu près pareil. Néanmoins, son attitude n'avait rien à voir avec ce que Kazuya connaissait de lui. Taciturne, il restait dans son coin et ne parlait que si nécessaire, avec une voix qu'on entendait à peine – il n'avait jamais parlé fort, mais on aurait dit que c'était encore pire. Il n'essayait jamais de s'expliquer, il ne se plaignait jamais, il se contentait d'apparaitre pour la moitié de l'entrainement et de repartir bêtement. Kazuya savait que c'était pour faire de la réhabilitation, mais il n'aimait pas comment il agissait, comme s'il avait abandonné.

Le pire, dans tout ça, c'était ses yeux : la flamme qui les allumait s'était complètement éteinte, les laissant vides, presque sans vie. On aurait dit, à les regarder, qu'il avait perdu toute envie de vivre.

Kazuya était frustré que son rêve de se réunir avec lui soit gâché par une blessure – qui aurait pu être évitée si on avait fait attention à lui, en plus! –, à tel point que la frustration prit le pas sur tout le reste. À force de se sentir fâché par la situation, il finit par reporter le blâme sur Chris.

Ce n'était pas au point où il refusait de lui parler : il tentait par tous les moyens de ne pas le montrer. Parmi les gens de son âge et les senpais, Chris avait encore le respect de tout le monde. On se rappelait facilement que, sans sa blessure, il aurait été le receveur titulaire, probablement avant Kazuya. On savait aussi que ça lui prenait beaucoup de courage pour continuer à supporter le club en tant que manager et sans pouvoir jouer comme avant.

Seulement, au fond de lui, Kazuya lui en voulait de s'être blessé, et cette colère ne trouvait aucun moyen de sortir parce qu'il refusait de l'admettre. C'est ainsi qu'il gâcha sa première année sans lui parler plus que le strict minimum, alors qu'il avait tant rêvé auparavant de se rapprocher de lui.

S'il avait pu lire dans le futur, il en aurait profité pour se rapprocher de lui quand il en serait encore temps, mais il ne réalisait pas encore bien à l'époque que sa frustration l'empêchait de voir que Chris, à dire vrai, faisait du mieux qu'il le pouvait pour ne pas sombrer. Il aurait encore été temps pour lui de se rapprocher de lui et, qui sait, peut-être qu'il aurait réussi à lui redonner l'éclat dans son regard.

Sauf que non, il ne fut pas celui qui lui redonna le gout de la vie.

Kazuya aurait dû voir le danger bien avant, mais il était trop occupé à gérer les nouvelles recrues pour s'y pencher. Il avait aussi depuis longtemps délaissé l'affection qu'il avait ressentie pour Chris, certain que ça n'avait été qu'une phase et que son senpai n'était pas du tout comme il pensait qu'il était. S'il avait fait plus d'introspection, il aurait réalisé que ce n'était qu'un moyen d'avoir moins mal.

Toujours est-il que Sawamura Eijun intégra le club. Kazuya, qui avait déjà reçu pour lui quelque temps plus tôt, savait qu'il s'agissait d'un diamant qui restait à polir. Il appréciait aussi sa personnalité pour la facilité qu'il avait à le manipuler. Eijun, en tant que lanceur, était d'un attrait indéniable pour les receveurs, même si pour les autres c'était moins évident.

Quand il avait appris qu'il serait le partenaire de Chris, il n'en avait pas pensé grand-chose, sinon qu'il avait peur qu'il se frustre et veuille quitter le club. Ça ne semblait pas le genre du plus jeune, mais c'était connu que Chris avait fait fuir plusieurs lanceurs auparavant. Kazuya avait préféré se concentrer sur Furuya Satoru en attendant que leur relation prenne comme d'habitude pour le mal.

Comme prévu, Eijun ne pouvait pas encaisser Chris. Ça devint encore plus évident quand, alors qu'il était par hasard seul avec lui et Takashima, Eijun se mit à parler en mal de lui. Alors, toute la frustration que Kazuya avait accumulée ressortit et il lui fit bien comprendre qu'il ne connaissait pas Chris. Il avait cru que ce serait dissuasif, mais, au contraire, il n'avait fait que creuser sa propre tombe.

Ce soir-là, Eijun fut mis au courant de la blessure de Chris. Dès le lendemain, sa façon d'agir avec lui changea du tout au tout. Il commença à le suivre partout, comme un petit chien en recherche d'attention. Même s'il n'était pas constamment proche d'eux, Kazuya pouvait comprendre facilement qu'Eijun était maintenant en totale admiration devant son senpai.

Ce changement si draconien fâcha Kazuya pour une raison qu'il ne s'expliquait pas bien. Il était mécontent quand on ne respectait pas Chris, mais quand on le faisait, il n'était toujours pas content. C'était un drôle de sentiment qu'il n'arrivait pas à exprimer. En tout cas, dès qu'il voyait Eijun tout enthousiasmé aux côtés de Chris, il avait envie de les séparer.

Puis, vint le moment irrévocable où Chris joua en match avec Eijun et que ce dernier réussit enfin à redonner de l'éclat à ses yeux. Après ce match, Kazuya resta avec des sentiments mitigés, dans lesquels il ne pouvait faire d'ordre. D'un côté, il était content que Chris ait retrouvé sa soif de vivre, mais de l'autre, il ne pouvait s'empêcher de détester qu'Eijun en soit la source. Il réalisait enfin qu'il aurait voulu être à sa place.

Il aurait pu essayer, c'était bien le pire, mais non, il avait été trop pris avec sa frustration pour réaliser qu'il aurait pu tenter sa chance. Ça n'aurait peut-être servi à rien – après tout, il n'était pas aussi joyeux et sans honte qu'Eijun –, mais il aurait au moins pu se dire qu'il avait tout tenté. Il avait un an d'avance, non, il avait quatre ans d'avance sur Eijun, et pourtant il n'avait rien pu faire.

La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut quand, bien après un entrainement, dans la noirceur de la nuit, il surprit, alors qu'il marchait pour calmer ses émotions, Chris et Eijun cachés parmi les arbres. Ils n'étaient pas très visibles, mais il était évident qu'ils échangeaient un câlin. Quelques minutes d'observation secrète lui permirent de les voir s'embrasser, ce qui ne laissait aucun doute quant à leur relation.

Loin de le calmer, cette marche lui donna la nausée et une irrépressible envie de pleurer. Il s'éloigna et se trouva un coin où se cacher du monde pour laisser évacuer silencieusement ce trop-plein d'émotions.

Il ne pouvait pas en vouloir à Eijun, non, ce serait simplement mesquin et surtout, il se rendait bien compte que Chris allait mieux grâce à lui. En plus, il devait avouer qu'il appréciait le lanceur depuis le départ : il avait cette joie de vivre débordante et cette naïveté qui empêchaient quiconque de le haïr complètement. Il ne pouvait tout à coup le détester.

En parallèle, il ne pouvait encore moins détester Chris, vu tout ce qu'il avait traversé. Il connaissait enfin le bonheur, Kazuya aurait été fou de souhaiter autre chose pour lui alors que c'était vraiment ce qu'il voulait le plus.

La seule personne qu'il pouvait détester dans tout ça, c'était lui-même. C'était à croire qu'il était totalement incapable de se rendre compte de ses sentiments avant qu'il ne soit trop tard. L'histoire avec Iori en était un bon exemple, mais même celles plus tôt répétaient le même refrain. Cette fois, ce n'était pas entièrement de sa faute, vu les circonstances, mais s'il n'avait pas eu cette personnalité, tout aurait été différent.

Il serait peut-être celui que Chris serrerait dans ses bras en ce moment même.

Ce soir-là, ce fut la première fois où il réalisa que tout était peut-être vraiment de sa faute. Dès le lendemain matin, dès que sa peine serait moins grosse, sa fierté lui reviendrait et il pourrait remettre le blâme sur quelqu'un ou quelque chose d'autre. Il se connaissait assez pour savoir que ce serait sa façon de s'en remettre.

C'est pourquoi, cette nuit-là, il se permit de se détester le plus possible, avec comme seul témoin de sa faiblesse la lune qui brillait dans le ciel.


Et voilà, j'ai mis mon Chris/Eijun! *contente* Bon, c'est dommage que ça ne soit pas centré sur eux, mais, d'un autre côté, qu'on ait presque juste des faits du canon prouve à quel point ce couple est déjà canon (ils le savent juste pas encore xD).

Mon idée de départ était d'en faire du ChrisSawa, mais j'ai envisagé pendant un certain temps de faire Miyuki amoureux d'Eijun. Au final, j'ai choisi Chris non pas parce que je préférais ce couple (je suis plutôt à fond sur le MiyuSawa xD), mais plutôt parce que j'aimais l'idée que ça commence au collège. Ça m'aidait beaucoup pour la relation avec Iori et pour l'angst, puisque presque tout ce qui est écrit dans ce chapitre est canon (avec un peu d'interprétation évidemment xD).

Donc ça m'amène à me dire que le ChrisMiyu serait presque forcément angst, ou alors ce serait du hurt/comfort? Perso j'adore l'imaginer comme je l'ai fait là (Miyuki qui cherche l'attention d'un senpai, c'est juste troooo~p mignon), mais j'ai beaucoup de mal à l'imaginer réciproque. Je ne crois pas que Miyuki serait la bonne personne pour Chris... même sans Eijun, je le vois mal être capable de ramener Chris comme il était avant. Enfin, sans sa blessure, c'est un couple qu'on pourrait bien imaginer je pense. Ça pourrait sans doute fonctionner en UA.

Enfin bref, du coup je vous attends pour la suite (et la fin, déjà ou enfin, dépendant du point de vue xD)!