J'ai mis le temps, mais.. voici la suite, bien que courte, le reste arrive dans.. peu de temps. L'histoire se précisera au fur et à mesure des chapitres.

Désolée de l'attente, et merci pour les deux gentilles personnes qui ont commenté. Ça me fait chaud au cœur. Sincèrement. J'espère que cela vous plaira !


Côte à côte, ils s'assoient d'un même mouvement. La question ne s'est pas posée. Myungsoo venait, c'était évident. Tellement évident qu'il avait oublié de prévenir qu'il serait accompagné. C'est bête, mais bon, ils devront faire avec.

Dans ce wagon, ils sont seuls. À part peut être une ou deux personnes à l'avant. En même temps, ils se dirigent vers un trou perdu.

La ville natale de Sungyeol.

Myungsoo ne cesse de gigoter, l'excitation le rendant plus agité que d'habitude. C'est la première fois qu'il prend le train, et surtout, qu'il sort de la ville. C'est assez stressant, d'ailleurs. Il va devoir côtoyer de près, d'autres gens que Sungyeol, et son employeur.

Il se tord presque le cou, pour dévorer la vue des yeux. Il sautille, et se colle de plus en plus contre son aîné, au point que celui-ci se retrouve écrasé contre son siège. N'y tenant plus, Sungyeol claque la langue d'agacement.

Myungsoo se calme instantanément. Il se recule, et baisse la tête en jouant avec ses doigts. Sungyeol lui jette un regard en coin, puis soupire à nouveau.

-Lève toi, on change de place.

Il obtempère en silence. Ils se lèvent, se frôlent. Leur regard s'accrochent, sans ciller. Ils sont tellement proches, que Myungsoo frissonne sous le souffle chaud de Sungyeol. Comme par automatisme, ses mains viennent se poser sur ses hanches. Ils s'apprêtaient à les passer sous son pull, mais Sungyeol l'arrêta net.

-Lâche moi.

Et il lâche, en prenant sa place. Myungsoo est tout de suite accaparé par le paysage rural. Il a le nez collé à la vitre, et les joues rougies par le froid. Il tremble, même. C'est vrai qu'il fait plutôt frais, et que sa simple veste ne doit pas lui tenir bien chaud.

Sungyeol conclut son inspection en se penchant vers Myungsoo, et en déposant une main sur sa joue. Celui-ci écarquille les yeux, et se tend. Sungyeol est si près de lui, qu'il peut sentir le cœur de son cadet cogné contre sa cage thoracique, et sa respiration accélérer.

-T'es tout froid...

D'un geste lent, Sungyeol enlève son écharpe, et entoure le cou de Myungsoo avec précaution. À peine l'écharpe est-elle enroulée autour de lui, qu'il enfouit sa tête dans la laine chaude, et reporte son attention par-delà la vitre, le cœur battant toujours la chamade.

Sungyeol n'y prête pas vraiment attention, et le détaille encore quelques instants, avant de déposer sa tête sur ses genoux. Ses grandes jambes dépassent dans le couloir, il a mal au dos.

Hier soir, il n'a finalement dormi que trois heures. Vers six heures du matin, il a pris deux places, et préparé un sac. Il a attendu qu'il soit huit heures, pour réveiller Myungsoo. Ils sont en suite partis, en laissant un mot à la concierge.

La lettre a été envoyée de chez les parents de Woohyun. Une famille plutôt bourgeoise, aux manières agaçantes, et aux sourires hypocrites. Sungyeol n'a jamais pu les voir en peinture.

Ils rendaient Woohyun si triste, si colérique, que ça le désespérait. Des tas de mauvais souvenirs remontent.

Il ne faut pas qu'il y pense. Et surtout, il faut que Myungsoo soit là. Sinon, il ne repartira pas. Sinon, il restera à vie, pour payer sa dette.

Grâce à l'aide des mains joueuses de Myungsoo dans ses cheveux, il sombre vite dans le sommeil.

[…]

Arrivés au quai, Myungsoo a pris tellement de temps à réveiller Sungyeol, que le peu de passagers du train avait déjà désertés les lieux. Un simple sac à dos pèse sur ses épaules. Désorienté par ce nouvel environnement, il se cache derrière son aîné d'un air craintif.

Il hésite même à se réfugier dans ses bras. Il ne connaît pas cette ville, il ne connaît pas ces gens, il ne connaît pas cette verdure, il ne connaît pas cet air frais, il ne connaît pas, et il se sent en danger. Ici , la routine est brisée.

Sa respiration se fait difficile, ses jambes ont du mal à le porter. Il agrippe désespérément Sungyeol, qui d'un geste laconique l'attrape par le bout de l'écharpe, et le tire vers lui. Sèchement, il colle son front contre son torse, et commence à le bercer doucement de gauche à droite.

Il caresse ses cheveux, et son autre main se réfugie sur sa taille. Myungsoo disparaît presque dans son manteau, tant il se colle à lui. Il cherche à se cacher de cette ville étrangère. Là, contre le torse chaud de Sungyeol, il est en sécurité.

Il se calme peu à peu, pendant que Sungyeol ne cesse de soupirer de mécontentement.

Ils devaient avoir l'air fins, lui, du haut de son mètre 80, serrant dans ses bras un gamin au bord des larmes.

-C'est bon, t'as fini ?

L'agacement monte doucement, mais sûrement. Myungsoo ne bouge toujours pas. Il relève la tête vers les grands yeux de Sungyeol.

-Je n'aime pas cet endroit ….

-Moi non plus. Mais tu vas voir, à force, on s'y habitue.

Qu'est-ce que ne lui ferait pas faire ce gosse ?