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Chapitre 3

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Aussi scabreux soit-il, un petit rituel s'était imposé au cuisinier du Vogue Merry. Chaque soir (ou presque), quand ses nakama étaient occupés, il prétextait avoir oublié quelque chose à la cale.

L'agitation générale et permanente sur ce bateau lui donna plus d'intimité qu'il en espérait, alors de temps en temps, le blond qui s'interrogeait encore et toujours sur le genre de relations que pouvaient entretenir deux hommes, s'était laissé séduire par l'idée de se faire posséder.

Soyons honnêtes, c'est aussi parce qu'au bout d'un moment, la branlette c'est supeeeeer répétitif.

Ce soir-là pourtant, pris par sa routine, Sanji n'avait pas fait les vérifications d'usage. Trop pressé, trop excité aussi par la vue d'un corps à moitié nu toute la sainte journée à se promener devant lui, il claqua la porte de la réserve, posa une énième caisse de bouteilles vides au sol et baissa son pantalon.

Comme à chaque fois, il soupira. Enfin il pouvait s'enfermer à double tour dans son cerveau et se laisser aller... . Toujours debout, il s'adossa à la porte et laissa sa main courir de haut en bas de son sexe douloureux.

Mais les semaines avaient passées, et il ne pouvait plus se contenter de si peu.

Ayant dépassé depuis un moment le stade du « Kami sama, je ne peux pas faire une chose pareille ! », il porta deux des doigts de sa main libre à sa bouche et les humecta avant de passer son bras derrière lui, coincé entre son corps et le bois de la porte.

Sa mèche blonde obscurcit davantage son visage quand il introduisit une première phalange, phalange qu'il poussa encore, écartant sa chair qu'il titilla de l'autre doigt...

La position n'était pas très confortable et l'accès limité à la longueur de son bras, ce pourquoi depuis quelques jours déjà, Sanji avait trouvé une parade.

Il se sentit proche de la jouissance mais savait que ce ne serait pas suffisant pour être apaisé. Il se laissa alors tomber à genou, se pencha en avant et attrapa une des bouteilles sans même regarder de laquelle il s'agissait.

Zoro avait de toute façon, posé ses lèvres sur chacun des goulots.

Justement en parlant de Zoro, ce dernier était venu profiter de la fraicheur de l'étage inférieur pour faire une sieste pas du tout méritée. Caché derrière quelques caisses pour être certain de ne pas se faire réveiller par une mauvaise blague de Luffy et d'Usopp, il avait entendu le cuisinier de l'équipage entrer précipitamment dans la petite pièce, et...

Le bretteur voulut signaler sa présence par un poli « dégage d'ici enfoiré », mais il n'en eu pas le temps, et d'un œil curieux, il observa son nakama se donner du plaisir. Simplement, comme il le faisait parfois lui-même, puisqu'il fallait bien se soulager les balloches de temps à autres. Mais rapidement, les choses s'étaient emballées.

Un « Rhmm rhmm » n'aurait pas été forcément bienvenu quand qu'une bouteille fut saisie par l'encolure. Déjà que le voir se toucher par derrière était quelque peu troublant, alors le verre poli délicatement arrondi entrer dans un sanctuaire qu'il ne savait même pas accessible à ce genre de chose... tourmenta l'homme aux cheveux verts.

Sanji se redressa sur son coude gauche, le dos cambré, et bougea le récipient de la main droite, par petits à-coups, jusqu'à l'enfoncer au fond de lui.

Un petit cri plus aigu que les autres fit lever un sourcil au sabreur toujours en planque, retenant sa respiration, et le spectacle auquel il fut convié l'hypnotisa complètement.

Le second de l'équipage se contenta d'observer un Sanji qui semblait de plus en plus lointain, d'autant que la vue de 3/4 permis à Zoro de ne rien louper quand le cuisinier posa le cul de la bouteille au sol pour mieux s'empaler dessus, la tenant en équilibre pour plus de précision, les genoux au sol. Dans cette position, le dos droit, la tête au zénith, il était libre de se servir de sa main gauche pour se masturber librement.

La réaction ne fut pas longue à venir. Sanji éjacula dans une plainte entrecoupée de vagues de plaisir qui saisirent tout son corps, libérant la tension qui l'habitait mais... mais encore une fois, la douleur de sa solitude le rattrapa quand il ouvrit les yeux.

Zoro comprit que ce n'était pas la première fois que ce petit manège se produisait car le love cook savait parfaitement quoi faire ensuite. S'essuyer les mains, se rhabiller, jeter la bouteille incriminée par le hublot (pas biennnnnn ! Pollution !), puis s'arrêter... se retenir de pleurer, chasser une première et unique larme qui aurait pu trahir son état... pour enfin, prendre une grande bouffée d'air, afficher un sourire niait, et sortir, l'air de rien.

Plusieurs heures durant, le bretteur était resté prostré à la cave.

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Roronoa Zoro observa la bouteille qui trônait au centre de la table sans y avoir touché (les autres n'allaient pas tarder à se poser des questions), mais il se souvint que les bouteilles incriminées étaient jetées à la mer et non pas recyclées.

Il la saisit donc par l'encolure, tandis que Chopper et Luffy se battaient pour le dernier morceau de viande. Une fois le repas fini, tous s'en allèrent à leurs occupations. Tous sauf lui, qui poursuivit son analyse silencieuse en observant le cook faire la vaisselle.

C'est en regardant le cul de son nakama bouger doucement au rythme de ses mouvements vifs pour laver les assiettes, qu'il se remémora la scène de la veille.

« Comment peut-on avoir idée de s'enfoncer ce genre de truc là d'dans ? » Une question à laquelle il ne trouva pas de réponse.

Il siffla la bouteille à petites gorgées, laissant de temps en temps son camarade lui jeter des œillades embarrassées. Quand il n'y eu plus une goutte d'alcool à pomper, il se leva, posa sa copine au centre de la table et dit posément :

_ Tiens, pour la consigne. Ca peut t'être utile.

Sanji se retourna avec une marmite encore pleine de mousse entre les mains, et vit le visage légèrement empourpré de Zoro se fermer subitement, avant que, d'un air gêné, il ne se sauve de la cuisine.

1...,2...,3 secondes plus tard, la marmite tomba au sol.

Etait-il possible que ...que Zoro sache quelque chose d'hyper privé qui n'aurait jamais dû sortir de la cale du bateau ?

Il se maudit, se traita s'abrutit et de pervers, puis se retrouva assit à table devant la bouteille vide, les bras sur le bois, le visage enfouis dans ceux-ci.

_ Mais quel idiot ! S'insultât-il tout seul.

Oui Zoro savait, ça ne faisait aucun doute sinon il se serait contenté de partir s'entrainer sans rien dire, comme à son habitude. Moins ils se parlaient mieux ils se portaient en temps normal.

La porte de la cuisine se rouvrit, et le blond n'osa pas relever la tête. S'il venait se moquer ouvertement, soit, il encaisserait. ...Il pleurerait plus tard, surtout pas en face de...

_ Sanji ?

Ah non, c'était Chopper.

Le cuisinier se redressa, l'air de rien, même si son trouble était palpable à des kilomètres à la ronde.

_ Oui ?

_ J'ai quelque chose pour toi.

_ Quoi donc ?

Le petit renne sortit un livre de sous son chapeau.

_ Tiens.

Il s'assit face à son ami.

_ Qu'est-ce que c'est ?

_ Je l'ai trouvé sur la dernière ile ou nous nous sommes arrêtés, je me suis dit que ça pourrait-peut-être répondre à tes questions.

_ ...Sur ?

Ca faisait un bail que les deux compagnons d'équipage n'avaient pas discuté ensemble du petit problème survenu quelques mois maintenant.

_ « Bien vivre son homose... » CHOPPER ! Qu'est-ce qu'y te fait croire que j'ai besoin de ce genre de torchon ?!

_ Je voulais seulement te donner le choix de le lire, ou pas...

Comme il prenait son air adorablement apeuré et intimidé, le cuistot se calma.

_ Je l'ai lu ! Précisa de suite le toubib. Je voulais comprendre ce phénomène et j'en ai tiré quelques notions très utiles. Ce livre est écrit par un de mes confrères spécialisé dans les troubles du comportement, et il ne porte aucun jugement sur... sur les gens qui sont attirée par les personnes du même sexe qu'eux. ...C'est très instructif.

Sanji ne sut quoi dire, et ne quitta pas des yeux le petit bouquin posé entre eux sur la table.

_ Tu sais, je t'envie, je n'ai jamais eu d'attirance de ce genre, pour qui que ce soit. Ça aurait même été une notion complètement étrangère pour moi si Doctorine n'avait pas autant insisté sur les cours de sexologie.

_ ...Il y a des études sur le sexe ?

Chopper sembla dépité rien qu'à l'évocation de ce souvenir.

_ Des tonnes et des tonnes de livres existent sur le sujet, mais bien peu parlent de ton problème.

_ Mais le sexe est un art, pas une science !

_ Figure-toi que c'est aussi un organe du corps humain.

_ Nous ne serons jamais d'accord sur ce sujet, Chopper.

_ ...Le jour où tu attraperas une maladie vénérienne, on en reparlera.

Son nakama avait fait de sacrés efforts pour dénicher cet ouvrage, pensa le blond. C'était gentil et attentionné, comment pouvait-il lui en vouloir ?

_ Garde-le, tu le liras si tu en ressens le besoin. Conclut le médecin en se levant. Sur-ce, je dois aller mettre sa pâtée à Luffy. Il a mangé le dernier morceau de viande de MOoooN assiette !

Alors que le court-sur patte s'apprêtait à sortir...

_ Chopper !

_ Hein ?

_ Attends une seconde...

Sanji se leva et ouvrit le frigidaire pour en sortir une pâtisserie à la crème.

_ Tiens, mange ça, mais ne dis rien aux autres.

Connaissant le penchant démesuré de son ami pour le sucre, ce ne fut pas une surprise de voir son visage s'illuminer en criant un « Sukeeeee » reconnaissant.

Le renne avala son dessert comme si le capitaine était derrière son épaule à le lorgner en bavant, ce qui fit sourire le cuisinier. ...Enfin... avant que ses yeux ne retombent sur la bouteille laissée là par le marimo d'eau douce.

_ Chopper ?

_ Hn ? Demanda celui-ci, le visage à moitié couvert de sucre glace.

_ Merci.

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Zoro savait.

...Et ce denier savait que l'autre savait qu'il savait...

« MERDE ! », pensa le cuisinier.

Jamais il ne se coupait en épluchant les légumes mais aujourd'hui, il était à cran. Il porta son doigt à sa bouche, repensa au bouquin et plus particulièrement, au passage sur « l'acceptation de soi », mais des mots bien écrits étaient peu de choses face au regard plein de jugement de son épéiste préféré.

Et s'il savait pour la bouteille, c'est qu'il l'avait vu faire...

« OH MON DIEU ! »

Rouge de honte, il s'accroupit et s'adossa à l'élément bas de sa cuisine pour la millième fois de la semaine, les mains devant la bouche comme si un homme armé était entré dans l'épicerie pour la braquer, sauf que Sanji était seul avec ses démons.

Peut-être était-ce une simple remarque au hasard, peut-être qu'il se faisait des idées ?

Non, pas possible... pas avec un sous-entendu aussi grossier.

_ Merde merde merde et re-merde !

_ ...J'espère que t'as prévu autre chose pour le repas de ce soir.

Sanji releva la tête et tomba sur son capitaine tout sourire, perché sur le comptoir. Ni une ni deux, il l'envoya danser collé-serré avec le mat.

Une fois sur le pont à se masser la bosse de plus en plus volumineuse, Luffy se tourna vers son second occupé à faire une pseudo sieste.

_ Qu'est ce qu'il lui prend à Sanji ?

_ Hn?

_ J'ai même pas essayé de lui piquer de la bouffe pour une fois, et il avait l'air en pétard avant même que j'arrive.

_ ...Hn, j'crois qu'il a le cul qui gratte... des vers, ou un truc du genre.

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