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Chapitre 5

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Dieu merci, personne ne fit attention à la mine déconfite de Sanji le lendemain matin.

Pas même Zoro.

Non, Roronoa lui, avait dormi du sommeil du juste après l'effort, soulagé d'un poids dont il n'avait même pas conscience, fier de sa bonne action du jour. Le sabreur s'était laissé kidnapper par Morphée sur une seule et unique pensée : celle du visage de Sanji, crispé par la douleur.

Quoi de plus agréable ?

Ce matin-là, donc, le cuistot aurait pu rivaliser de blancheur avec sa précieuse porcelaine. La nuit fut difficile, entre douleur et questionnements incessants... consternation et fantasmes interdits... honte et plaisir... Les vrais tourments de l'enfer.

La clope au bec, le visage masqué aux trois quarts par sa mèche blonde, il servit les autres avec le plus de discrétion possible. Un regard cerné suffit même à Luffy pour que ce dernier repose dans la corbeille, une brioche dérobée juste sous son nez.

Pour dire à quel point il faisait peur.

Chaque pas le fatiguait, et chaque seconde le tuait à petit feu. Il voulait sauter à la gorge de ce crétin de bretteur pour lui en coller une bien sentie, ou juste le toucher...

Mais il se sentait las, beaucoup trop las...

La casserole toucha le sol en premier. Son contenu se rependit comme une flaque noirâtre, et fut suivie de peu par le cuisinier de bord.

Puisque étant la seule sans nourriture lui débordant de la bouche, Nami cria le prénom de son camarade, alertant par la même occasion, ceux qui étaient plus concentrés sur le petit dej' que sur le monde qui les entourait.

Luffy releva la tête de son assiette de viennoiseries, ça en plus de la nourriture gâchée au sol... La situation était critique. Chopper paniqua donc comme il se doit.

_ Sanjii ! Réponds-moi ! S'inquiéta Usopp en secouant l'épaule de son ami.

_ Baka ! Tu vois bien qu'il est inconscient !

La sorcière lui assena donc quelques gifles (décidément, ses nakama étaient pleins de bonnes intentions envers lui), mais toujours pas de réaction.

_ Il faut l'emmener à l'infirmerie ! Réagit enfin le médecin de bord. Viiiiite !

_ Zoro, rends-toi utiles pour une fois, et lève tes fesses ! Ordonna la rousse, à un homme encore attablé, la tasse de thé entre ses grandes mains, tel un sage en pleine méditation devant une cascade, alors qu'autour de lui, les oiseaux migrateurs faisaient un vacarme de tous les diables.

Le chantage eu raison de sa séance de méditation.

...Faudra qu'il apprenne à marchander un jour.

Le bretteur porta donc le cuistot inanimé en suivant les pas rapides du petit renne dont il ne voyait que le chapeau, puis déposa sa charge sur le lit de l'infirmerie, sans grand ménagement.

Quelque chose l'intrigua tout de même... Snnn Snnnn, cette odeur lui était familière et...

_ Chopper, c'est normal tout ce sang ? Demanda le marimo en montrant son bras droit, taché du liquide foncé.

_ AHHHHHHHHHH !

Apparemment, non.

_ Zoro ! Tu saignes !

_ Baka ! C'est pas moi, c'est lui, là !

_ Sanjiiiiiii, tu saiiiiignes ! Reprit-il, hystérique. ...Tu as mal quelque part ? ...Ne t'inquiète surtout pas, je m'occupe de tout !

Chopper retourna le patient, mais la nouvelle expression collée à son visage poilu n'augura rien de bon.

Le marimo déglutit en attendant le verdict, mais le ton calme et posé dans la voix du spécialiste, lui fit craindre le pire.

_ Tu... Tu veux bien nous laisser, Zoro ?

_ Qu'est-ce qu'il a ?

_ Je vais m'en occuper, sorts et laisse-moi travailler !

Ni une ni deux, le voilà jeté hors de l'infirmerie par la version humaine de son nakama.

Zoro passa la main dans ses cheveux verts, puis quitta les lieux pour ne plus sentir ce drôle de poids dans son ventre. Il alla rassurer les autres membres de l'équipage, qui au passage, se disputaient pour savoir qui ferait la vaisselle pour faire plaisir à Sanji qui se surmenait tant et si bien, qu'il s'écroulait dès le réveil.

Une fois les autres tenus informés du strict minimum requis, le bretteur s'isola dans le dortoir vide, et resta un moment adossé à la porte close.

_ Qu'est-ce que j'ai fait ? Laissa échapper l'homme inquiet.

...

A l'étage du dessus, Chopper sua sang et eau pour débarrasser le blond de son pantalon. Le caleçon suivit immédiatement, et avec toute la minutie requise, il cautérisa l'artériole lésée, responsable de l'hémorragie qu'avait jusque-là contenue son ampoule rectale, petite réserve naturelle (pas toujours fiable, la traitre !) qui avait lâché sitôt le cuistot affaibli.

...

Zoro fit les cent pas. S'il se fichait pas mal d'avoir trempé son biscuit dans Sanji (puisque pour la bonne cause), il se préoccupait cependant de l'avoir sérieusement blessé.

Leurs disputes habituelles ne se terminaient jamais en bain de sang, fallait pas pousser !

Il avait forcé, un peu (beaucoup), sous le coup du ...des trucs bizarres ressentis. Il avait été féroce, parce que c'était Sanji, parce qu'il était solide, et parce que ça avait été impossible de faire autrement pour mener à bien sa mission.

A moins que le vers-parasite-bouffeur-d'intestins ne soit pas mort, et que ce bâtard ait opté pour le côté obscur de la force ?

« La vengeance de l'amibe » prochainement dans les salles ^^.

Il donna un coup dans ce qu'il avait à portée, à savoir : le hamac vide du cuisinier. L'oreiller et la couverture tombèrent au sol, puis Zoro prit la décision de sortir s'entrainer pour se vider la tête, quand...

« Drôle de bruit pour un oreiller ».

Ledit oreiller fut saisi et ramené à hauteur d'homme, mais un livre s'en échappa pour retomber lourdement à ses pieds.

« ...Qu'est-ce que ? »

_ '...Bien vivre son hooomoooo-sexu-a-liiité' ? Lut-il à voix haute. Qu'est c'que ça fiche ici ?

A cet instant très précis, le neurone droit communiqua avec le gauche.

_ ... ... ...Oh.

...

La corbeille de linge débordait de draps tachés de sang.

Chopper lava ses mains avec rigueur, tandis que Sanji reprenait doucement des couleurs en profitant des bienfaits d'une transfusion aromatisée aux antibiotiques.

...

Allongé sur son lit, le bouquin entre les mains, (mais n'allez pas croire que le bretteur était parti pour quelques heures de lecture. ...Noooon ! Il survolait juste les grandes lignes, et quelques trucs écrits en gras) Zoro était dubitatif.

A en croire l'auteur, la masturbation n'était pas le prolongement logique de tout entrainement.

L'aurait-on arnaqué étant enfant ? Il jurerait pourtant avoir entendu ses camarades chuchoter, que ce genre d'exercice faisait travailler efficacement les muscles des bras et de la main. Depuis lors, ses érections étaient devenues rituelles et purement mécaniques.

Le cours de ses pensées fut interrompu par l'arrivé de quelques explications en image.

« ...C'est quoi, CA ? »

Il tourna la page, et compris. Dans la section 'préliminaires' à la lettre A, on trouve généralement 'anulingus'.

Juste après le petit déjeuner, ça laisse une drôle d'impression.

Une dizaine de pages plus loin, une image lui rappela vaguement la soirée de la veille.

« J'y crois pas. ...J'ai baisé ce putain de cuisinier ! »

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Sanji se réveilla tout doucement. A son chevet, se tenait un ami bienveillant, mais terriblement inquiet.

_ S-Sanjiiiiii ! Tu... tu... tu m'as fait tellement peuuuuuuur !

_ ...Pas si fort Chopper.

_ Mais-mais-mais... !

_ Arrête de pleurer, ...je vais bien.

_ Non tu ne vas pas bien du tout ! Reprit le toubib d'un ton autoritaire, comme le voulait sa fonction. Ton rectum s'est déchiré ! Tu as fait une hémorragie massive ! ...C'est très grave ! Finit-il en insistant lourdement.

Sanji préféra regarder le plafond et méditer tranquillement sur son diagnostic plutôt que de surenchérir, ou même repenser à la perte peu banale de sa virginité.

_ Est-ce que tu as mal ?

_ Non, tes drogues sont efficaces. Mentit le blond, regrettant de ne pas avoir été installé à plat ventre pour soulager son arrière-train qui semblait avoir servi de champ de bataille durant son sommeil.

_ ...Je...je peux te demander comment c'est arrivé ?

_ Je ne préfère pas.

_ Ok, mais alors comment je peux t'aider ?

Sanji tourna la tête vers son ami.

_ N'essaye plus Chopper, ce serait gentil.

Notons qu'à chaque fois que ce dernier était intervenu, le problème s'était aggravé.

_ Tu accepterais quand même que je reste veiller sur toi aujourd'hui ?

_ Si ça peut te faire plaisir. Murmura celui qui ne tarderait pas à se rendormir.

Le renne s'assit sur sa chaise, fatigué. Il avait tout donné durant la chirurgie, et sans le moindre assistant pour terminer le travail ! Ses réflexes étaient revenus naturellement, Doctorine aurait été fière de lui.

Sanji tapota la place près de lui.

_ Allez, viens là.

Chopper sembla hésiter, puis céda à la tentation, monta sur le lit et se blottit près de son ami.

_ N'essaye pas d'en profiter, hein !? ...T'es pas mon genre. Dit le renne en fermant les yeux pour se reposer enfin.

_ Ne me fais pas rire maintenant, baka. Ponctua le cook avec attachement.

C'est que, ça faisait mal dans le bas du dos ce genre de soubresauts.

_ Rassure-toi, t'es pas mon genre non plus. ...Allez, faisons une petite sieste pendant qu'Usopp, Luffy et Zoro se tapent les corvées.

_ Hai !

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Le soir venu, la porte de l'infirmerie s'entrouvrit pour laisser entrer une visite indésirable.

_ ...Qu'est-ce que tu fiches ici ? Demanda le patient passablement agressif, toujours alité.

Dans l'encadrement, se tenait un marimo d'eau douce aux trais bien sombres, même pour une heure si avancée.

Dans le prolongement de son bras : le livre de Chopper.

...Et dans son regard : un mépris certain.

Sanji déglutit avec peine.

_ Tu savais.

_ ...P-pardon ?

_ Tu savais que ce genre de truc pouvait arriver, mais t'as préféré rien dire pour chier du sang dans mes bras ! Accusa de nouveau le bretteur, avant de jeter le bouquin au sol, entre eux. ...Ils en parlent là-dedans, donc tu savais.

Sanji pris partit de répondre sur le même ton.

_ C'est pas comme si tu m'avais laissé le temps de t'expliquer quoi que ce soit, tronche de gazon.

_ ...T'as profité de la situation !

_ Qué ? ...MOI ? Tu te fiches de ma gueule kuso'Marimo ? Qui a baisé l'autre sans lui demander son avis ?

Question encore trop complexe pour le cerveau de Zoro.

_ ...J'croyais rendre service.

_ Et tu crois sincèrement que je vais gober ça ?

Rapport à leurs antécédents d'ennemis jurés, il y avait peu de chance.

L'épéiste ne savait plus très bien ce qu'il était venu faire ici. Remettre le cuistot à sa place semblait être peine perdue, c'était finalement lui qui s'en prenait plein la face.

_ J'avais jamais fait un truc comme ça... . Avoua le chasseur de pirate, en détournant le regard et en rougissant subtilement, ce qui alerta l'œil de son vis-à-vis.

« Kawaiiiiii... »

_ M-moi non plus... . Avoua Sanji à son tour, pour rester dans l'ambiance.

Il passa une main sur son ventre pour calmer ses drôles de sensations, mais la douleur se rappela à son bon souvenir, l'obligeant à froncer son sourcil en vrille.

_ Ils disent que, …il faut utiliser de l'huile, ou un truc du genre.

Sanji releva la tête vers le futur meilleur bretteur du monde, qui sous son air fier et invincible, récitait des paroles un peu bancales.

_ ...Ch... Chopper m'a donné un pot de vaseline médicinale. Répondit bêtement l'homme alité, sans croire que ces mots puissent sortir si calmement de sa bouche.

_ Je suppose que c'est une bonne chose.

_ Je suppose aussi.

La conversation se ferma d'elle-même, mais Zoro resta là, bras croisés sur sa poitrine gonflée, à quelques pas d'un cuisinier hébété, en appuis sur un de ses coudes, la couverture en vrac sur son corps nu.

Quelque chose d'irréel flottait dans l'air.

_ Laisse-moi me reposer maintenant.

_ ...Mouais.

Pris à défaut, l'épéiste se retourna vers la porte et l'entrouvrit, mais avant de quitter la pièce, il ressentit le besoin d'apporter une petite précision.

_ Pour que les choses soient claires entre nous, je... j'suis pas attiré par toi.

_ Moi non plus.

Ils étaient d'accord. Enfin, plus ou moins.

_ De ce que j'en ai compris, le sexe, c'est un peu comme pratiquer un art martial ?

_ Je ne dirais pas ça comme ça.

_ Ca ressemble à un combat au corps à corps. Précisa le bretteur en se rappelant avoir vu les croquis de certaines postures dignes des plus belles luttes Grékoromènes. (une petite bourgade sur Ouest blue)

D'ailleurs, il avait fallu un long moment à Zoro pour voir autre chose qu'un combat, malgré le fait que les hommes aient été dessinés nus, leurs attributs fièrement dressés.

Toujours tourné vers la porte, il reprit.

_ Quand tu seras remis, peut-être que... peut-être qu'on pourrait se battre, ...plus doucement ?

Aussi mignon et attendrissant fût-il, Sanji repensa à son tendre et regretté anus, ...anus dans lequel une paire de sabots était entrée pour mieux le soigner

_ Bonne nuit, Zoro.

La mâchoire du marimo se crispa. Il tourna la poignée et partit sans se retourner.

Resté seul, le blond tira une cigarette de la poche de sa veste pendue à la chaise qui servait de chevet, et passa la nuit à regarder la fumée s'élever vers le plafond de la petite pièce sombre.

_ Avec un crétin pareil, quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes peines.

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