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Chapitre 6

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Personne à bord du Vogue Merry en dehors de nos deux protagonistes, n'eut vent de l'atroce vérité. Cela-dit, les pirates au chapeau de paille durent faire face à des préoccupations bien plus urgentes, notamment : choisir le cuisinier remplaçant pendant la convalescence de Sanji.

Sujet source de nombreuses disputes.

Usopp avait endossé cette responsabilité. Nommé volontaire d'office, non sans trembler de peur à l'idée de se retrouver entre Luffy et quelques couteaux de cuisine. Zoro lui servit de garde du corps, payé à coup de bouteilles de Sake que Nami n'oublia pas de facturer. Le bretteur s'était alors vengé en dénonçant Chopper pour corruption.

Une rumble-ball bourrée de gaz anesthésiant contre un dessert. ...Triste déchéance induite par un manque sévère de sucre. Le petit avait pleuré. Assit bien droit dans la cuisine, entouré de tous ses nakama, et il avait avoué sa dépendance.

L'équipage réunit rit de bon cœur devant le renne déconcerté. Tous sauf Luffy qui exigea un dessert supplémentaire en dédommagement.

La bonne humeur régna dans la cuisine, puis le regard du blond enfin autorisé à se lever quelques heures par jour, accrocha celui de Roronoa Zoro.

Un bref instant.

Un quart de seconde de trop.

Leurs deux rires cessèrent à l'unisson. Tout autre chose que leur éternelle rivalité les assaillaient chaque fois que ce genre de situation se présentait. Le souvenir d'une soirée aussi douloureuse que perturbante les rattrapait sans cesse, tels les complices d'un meurtre qu'il faut taire.

« Si je tombe, tu tombes aussi ».

_ Usopp, le rôti va finir par cramer si tu ne le sors pas immédiatement du four. Se reprit le cuistot.

Chopper, qui n'était pourtant pas en position d'exiger quoi que ce soit, haussa le ton.

_ Sanji ! Tu dois te reposer et laisser les autres travailler !

_ Il a raison ! Sourit le capitaine de toutes ses dents avant de saisir son cook adoré pour l'assoir de force sur une caisse de bois. Plus vite tu seras guérit, mieux je me porterais !

Le blond mordit l'intérieur de sa joue pour ne pas hurler contre Luffy (qui avait osé réveiller sa douleur), et accessoirement, conserver un minimum de fierté.

_ C'est sympa pour le remplaçant ! Grommela le canonnier avant d'attraper le plat à mains nues.

Après avoir hurlé de douleur trois bonnes secondes durant, Usopp se décida à lâcher le tout qui s'éclata au sol.

_ MES MAINNNNNNS ! Hurla le long pif aux doigts rouge-vifs et pulsatiles.

_ UN MEDECIIIIIIN ! Cria Chopper en s'agitant dans tous les sens.

_ MON ROTIIIIIII ! Enchaina Luffy, catastrophé.

_ ...Ma cuisine... . Souffla Sanji, lassé, dents et poings serrés.

_ ...Ma têêêête ! Brailla la navigatrice, qui n'en pouvait plus du vacarme.

Mais, tapis dans un coin de la pièce, le regard assombrit par son visage baissé et son aura démoniaque-soft, Zoro était resté prisonnier de ses pensées. Il jeta un œil vers son entre-jambe... . Ce katana possédait une force jusque-là insoupçonnée. Une véritable arme de destruction. ...Fallait-il qu'il l'entraine davantage pour mieux en contrôler la puissance ?

_ Pour qui tu te prends espèce de mollusque prétentieux ?!

...Avait-il pensé à voix haute ?

Non, Sanji pestait simplement contre le maladroit qui mettait sa cuisine en pièce tout en prétendant avoir déjà rassasié un équipage de 10 000 hommes avec une simple omelette.

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Une semaine plus tard...

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Face contre le matelas, en appuis sur ses genoux et les fesses en l'air, le cuistot s'habituait tristement à cette position inconfortable.

Au moins, il profitait du lit douillet de l'infirmerie (bien plus confortable que le plancher du fond de cale). L'infirmerie en question était d'ailleurs devenue sa nouvelle chambre, puisque dormir dans un hamac était encore proscrit.

_ Tout m'a l'air en ordre. Annonça Chopper en se redressant. Tu peux remettre ton pantalon.

Sanji ne tarda pas pour obéir, et tant pis pour les restes de vaseline entre ses fesses, qui lui donnèrent l'impression d'avoir mouillé son fond de culotte.

Comme quoi, on s'habitue à tout.

De sa hauteur, la clope coincée entre ses lèvres, il jaugea le spéculum qui se remettait lui aussi de ses émotions au fond d'une bassine en métal. L'outil de torture était responsable de bons nombres de ses cauchemars depuis les premiers soins, d'autant plus perturbant que ce genre d'appareil était habituellement destiné à l'intimité féminine.

_ Plus de saignement, et pas la moindre de trace d'infection ! Annonça Chopper, coupant cours aux pensées de son nakama. ...Autre bonne nouvelle : tu peux arrêter les laxatifs !

_ ...Génial.

_ Avec l'onguent que j'ai appliqué pour favoriser la cicatrisation, tu pourras te vanter d'avoir une ampoule rectale en béton armé maintenant !

Le cook finit d'arranger sa tenue.

_ Arrête d'essayer d'avoir l'air cool, Chopper.

Le sujet ne faisait pas particulièrement marrer le principal concerné, alors les traits d'humour pas initialement prévus à cet effet du médecin, lui laissèrent un goût amer dans la bouche.

_ ...Pfff ! ...Moi ? Cool ?

Le voilà à deux doigts de se faire pipi dessus.

_ Hihihihi, j'ai l'air cooooooool !

Les pas lents mais élancés du blond le conduisirent jusqu'à la porte, mais Chopper retrouva son sérieux pour une dernière recommandation.

_ Sanji !

_ ...Hn ?

_ Soit prudent à l'avenir, j'ai épuisé tout mon stock de crème.

_ Promis.

Certain qu'on ne l'y reprendrait pas de sitôt, le patient quitta l'infirmerie et fit un pas vers la droite pour rejoindre la salle de bain, mais se figea.

Le marimo était adossé au mur censé lui conserver un minimum d'intimité. Assis en tailleur, les bras croisés sur le torse et ses trois sabres en équilibres malgré la houle, l'épéiste garda les yeux rivés sur le plancher.

...Nul doute que ce dernier était venu prendre des nouvelles. L'air de rien.

Sanji fit demi-tour et jura quelque chose que Zoro fut incapable d'entendre.

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ENCORE une semaine plus tard...

_ RASSEMBLEMENTTTTT D'URGENCEEEEEE !

Le marimo à moitié endormi ouvrit un œil et toisa son capitaine, debout à un mètre de lui.

_ Oiiii, Luffy, ...qu'est ce qui t'prends de réveiller le gens en hurlant dès l'matin ?

Nami qui passait par là, lui répondit.

_ Il est déjà midi, fainéant !

Le cook sortit de sa cuisine en propulsant la porte d'un coup de pied. Reprendre ses fonctions avait été bénéfique pour tous. Ca l'aidait aussi à penser à autre chose qu'à la présence constante de son tortionnaire, à ses muscles saillants, son caractère de merde, son mutisme devenu pesant, ses cheveux d'un vert intriguant, et... et merde !

_ Y a intérêt à ce que ce soit important ! J'ai failli m'ébouillanter avec l'huile à frire !

Tous étaient maintenant sur le pont.

_ Oh, en fait, je voulais juste vous dire que j'ai trouvé la pose idéale pour ma statue en bronze !

Sans leur laisser l'occasion de protester, Luffy mima l'allure d'un zombi aux yeux exorbités, les bras relevés, la tête en avant, les dents saillantes.

_ Comme fa ve fais eur ou trouez pas ?

_ T'as surtout pas l'air crédible ! Brailla le cuisinier. ...Au lieu de faire les idiots, venez bouffer, c'est prêt ! ...Rhm... Nami chériiiiiiie, le repas est serviiiiiiit !

_ A TAAAAABLE ! Hurla la tornade brune au ventre plus gros que les yeux, sitôt après avoir repris forme humaine.

Zoro arriva bon dernier et s'arrêta dans l'embrassure de la porte pour contempler une pièce jouée quotidiennement à guichet fermé : Le diner.

Dans le premier rôle dramatique, un cuisinier qui le snobait depuis maintenant deux semaines. ...Ce qu'il pouvait l'agacer ce crétin avec son sourire niait sur le visage, à lui servir son assiette comme les autres (Nami mise à part), toujours à la bonne température, et avec les quantités suffisantes, alors que 15 jours plus tôt, il avait manqué de le tuer.

Il s'assit et mangea en silence, ne prenant part à aucune conversation, et ne vota donc pas pour l'adoption du nouvel hymne inventé sur le tas par un canonnier moyennement inspiré.

Zoro avait fait un certain cheminement depuis ses récentes découvertes. A tel point qu'il admettait avoir pris du plaisir avec Sanji ce soir-là. Enfin, il se l'admettait à lui-même (ce qui est déjà pas mal), mais de là à l'avouer au blondinet qui se trémoussait d'amour devant sa rouquine adorée, fallait pas pousser !

Il avait aimé la pression dans sa poitrine et dans son ventre, autant que cette sensation incroyable autour de son sexe, chaud et serré à la fois. Jamais il n'avait ressenti ça, ce truc qu'on appelle communément : le désir sexuel.

C'était bien mieux que tout seul. Mieux que les desserts tant adorés par Chopper, et encore mieux qu'avec les fantasmes nés dans son esprit depuis la découverte de certaines pages illustrées.

Les dessins l'avaient d'abord surpris, puis intrigué, pour ensuite revenir le hanter, et... apprécier, en revouloir, y repenser sans cesse...

Chaque fois qu'il rhabillait un de ses sabres de son fourreau, il se voyait entrer en Sanji.

A chacun de ses bains, de drôles de pensées lubriques et sportives, prenaient vie dans son esprit.

Et durant les repas... . Durant ces rares moments qu'ils passaient encore dans la même pièce, Roronoa cherchait un signe ou quelque chose qui pourrait faire penser que ses nouveaux besoins étaient réciproques.

De son côté, le blond s'était fait une promesse qu'il comptait bien tenir... « Plus jamais ca ! ». Entre la douleur, la peur, et l'humiliation, il regrettait sérieusement son manque de prudence et la perte brutale de sa virginité.

_ Oi, Ero cook...

Le cuistot n'avait pas vu les autres s'en aller. Il ne restait en son antre, que le bretteur échoué sur une chaise, tel une algue attendant la marée montante.

_ ...Oi, tu m'entends ?

_ Qu'est-ce qu'il me veut, le brocoli défraichit ? Marmonna le blond, de manière à être tout de même compris.

Le paquet de muscle se leva doucement, et avança d'un pas lourd sur le plancher abimé. Une fois près de la console qui servait de bar autant que de 'cache misère', là où s'entassaient les bouteilles vides en attendant d'être descendues à la cale, ces petites vicieuses qui le narguaient sans cesse, celles que vidait un certain épéiste plus vite qu'une bouteille d'eau... fichues complices ! ...Une fois là donc, il regarda le cook laver les assiettes plus nerveusement que d'habitude.

_ ...T'es guéri ?

Sanji sentit son cœur battre plus fort, déstabilisé par l'attitude directe de Zoro. Cela dit, celui-ci n'avait jamais fait de détours pour s'exprimer.

_ En quoi ça t'intéresse ?

_ Ben... on n'avait pas dit que... ?

Le cuistot rinça la dernière assiette, n'osant toujours pas tourner la tête vers son interlocuteur. Les quelques regards échangés furtivement avec lui ces derniers jours, le transpercait de part en part rien qu'en y repensant, alors, seuls dans la cuisine en cette chaude journée d'été...

_ Oubli ça. Chopper va me tuer s'il m'arrive autre chose.

_ ...

_ Et puis, c'est pas comme si j'en avait envie, ...ou une connerie de ce genre ! ...Héhé.

Qui cherchait-il à convaincre avec sa voix étranglée ?

Sanji lava quelques couverts comme si la bactérie était devenue son nouvel ennemi numéro un.

_ J'm'étais juste dis qu'on aurait pu essayer l'autre truc.

_ Quel 'autre truc' ? Demanda-t-il machinalement, alors qu'il n'avait paaaaas du tout envie de poursuivre cette conversation.

_ Tu sais, ...l'autre truc, dans l'bouquin.

Sanji se retourna vivement en brandissant un épluche légume plein de mousse.

_ Nan je sais pas 'quel autre truc' ! Y a plein 'd'autres trucs' dans ce fichu bouquin de malheur, alors si tu n'es pas un minimum plus précis, je ne vois pas comment je...

_ HEYYY ! Se mit à crier subitement Zoro, pour le faire taire.

Méthode qui fonctionna à la perfection.

_ ...J'ai oublié comment ça s'appelle. Avoua le bretteur, quand le silence devint trop gênant.

Déconcerté, le blond baissa les bras, essuya ses mains sur son tablier et se dirigea vers un des éléments bas de sa cuisine, dégagea quelques casseroles, trouva enfin ce qu'il cherchait, puis brandit à hauteur d'yeux, le fameux livre.

_ Très bien, montre-moi !

Ils se provoquèrent un instant, et puisque le naturel revient toujours au galop, L'épéiste saisit le bouquin pour tourner les pages dans un sens, ...puis dans l'autre. ...Puis de nouveau dans les deux sens.

« Serait-il nerveux ? » Pensa Sanji en souriant malgré-lui. Zoro était apparemment aussi doué pour s'orienter dans un bouquin, que dans un village de campagne.

_ ...Ce truc là. Dit-il en tendant le livre ouvert, les joues légèrement teintées de rouge, le regard fuyant.

Ce qui titilla la curiosité du blond qui se pencha vers l'ouvrage, et resta figé sur la double page de croquis présentant diverses variantes du thème.

_ Tu... Tu veux vraiment faire ça ?

_ Ben quoi ?

_ Non rien, c'est juste que... j'aurais jamais cru...

Que Chopper ne vienne pas lui dire que le sexe n'était que de la science pure et dure dans un moment comme celui-là !

La surprise passée, il se reprit et se fâcha de nouveau.

_ Et comment tu fais pour ne pas te rappeler d'un mot aussi simple que « fellation » ?! C'est pourtant la base !

_ ...Ah, c'est ça, j'l'avais sur le bout de la langue.

« ...Et puis, qui ? Quand ? Quoi ? ...S-sur la langue ? La langue de qui ? » Tiqua le cook, plus ou moins prisonnier de ses fantasmes. En gros : Qui suce qui ? Une question légitime pour un novice en la matière.

_ Laisse tomber, t'as pas l'air emballé.

Mais avant que Zoro ne fasse un pas en direction de la porte, Sanji agrippa son bras d'une main, le bouquin toujours ouvert entre eux.

_ Ok, je veux bien faire ça.

_ Te sens pas obligé surtout.

Le cuistot prit le temps et la peine de réfléchir une seconde.

_ Si on se met d'accord sur deux-trois choses avant, je pense que c'est envisageable.

_ T'inkiet, j'me suis déjà lavé aujourd'hui.

« Oh ...Alors il veut que MOI je le... ? »

_ Et j't'e dois bien ça... . Murmura Zoro, conscient de la dette qu'il lui reste à honorer, désireux d'expier sa culpabilité. Après tout, c'est toi qui aimes ce genre de trucs... avec des mecs.

« *o* »

_ ...Rappelle-moi qui a violé l'autre ?

Agacé, Sanji fit quelques pas dans la pièce, le livre rangé sous le bras, puis s'alluma une clope bien méritée. La vaisselle pouvait attendre, ses bonnes résolutions étaient parties en fumée, mais en recrachant celle qui lui brulait les poumons, il sembla plus posé.

_ Suis-moi tête d'algue. Je ne voudrais pas louper une proposition pareille.

Zoro sembla surpris. Il ne s'était pas attendu à ce que le cook accepte, mais certaines connections n'étaient pas encore établies dans son cerveau, notamment celles qui unissent le sexe aux sentiments.

Le blond sortit nonchalamment de sa cuisine, et depuis la passerelle, s'adressa aux autres hommes de l'équipage :

_ ...J'ai envie de vous lancer un défi les gars ! Tout ce que vous pêcherez, vous l'aurez pour le souper de ce soir. Sans restriction et sans réserve !

Les trois mousquetaires des mers se ruèrent sur leurs cannes à pêches en hurlant de joie. Et, cas de force majeure oblige, Chopper servit d'appât.

Les deux complices profitèrent de l'agitation pour descendre dans la réserve, mais afin de paraîtres crédibles, le cuistot colla trois caisses de bouteilles vides dans les bras de son acolyte.

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L'ambiance était étrange.

La même pièce, le même éclairage pourri, les mêmes hommes, ...mais tout sonnait plus faux que le pire des pianos.

Une fois coupés du monde extérieur, l'ambiance s'était refroidie, et c'est bien maladroitement que l'épéiste s'assit sur la toile à peine dépliée de la voile de secours. Sanji suivit, le dos vouté, le visage baissé, les mains jointes et les bras tendus entre ses jambes.

_ On va pas y passer la journée. Tu sais bien qu'au premier poisson, Luffy va te crier après pour le cuisiner.

_ ...C'est que... je n'ai jamais fait ça.

_ ...Moi non plus.

Les voilà bien embêtés.

_ Faut qu'on se dessape ? Demanda Zoro.

_ Hein ?

_ Sur le dessin, ils sont à poil non ?

_ ...Je ne suis pas sûr que ce soit nécessaire. Et puis tu sais, ce n'est pas une si bonne idée, je...

Sanji essaya de se relever, mais une main saisit son épaule et sa perte d'équilibre profita au bretteur qui l'allongea sans difficulté, le surplombant un instant.

_ ...Est-ce qu'on doit dire 'itadakimasu' ?

La question sembla sincère.

_ ...Je-J'aimerais autant que tu évites.

Le bretteur se gratta la tête, puis disparu de la vue du blondinet, étendu là à regarder le plafond, anxieux au possible à l'idée de recevoir une petite gâterie.

Depuis le temps qu'il en avait entendu parler !

Des mains sur son pantalon, le bouton qu'on ouvre, le tissu tiré de part et d'autre avec une étonnante douceur, mais un savoir-faire on ne peut plus maladroit.

Le poids d'un regard insistant sur son intimité le perturba. C'était un regard qui comptait, pas celui d'un spécialiste à la recherche d'une éventuelle maladie mortelle.

Le manque d'action sous sa ceinture lui fit craindre le pire. Et si Zoro s'était seulement amusé à le mettre dans cette position pour avoir de quoi se moquer ces dix prochaines années ?

Sanji releva sa tête et vit Zoro se redresser à son tour.

_ T'es rentré en dedans ?

_ ...Pardon ?

Zoro pointa du doigt le sexe encore inerte de son complice.

_ ...Heu... non... il est juste un peu timide...

Certes, Sanji n'avait jamais été une pointure, mais quand il se donnait la peine il pouvait atteindre une taille très respectable, et l'autre le savait puisqu'il l'avait déjà surpris en plein délit masturbatoire.

Le bretteur prit cette excuse pour argent comptant, puis se pencha sur les quelques centimètres de chair qui cherchaient à se cacher.

_ Si j'ai bien compris, faut que j'la mette dans ma bouche ? Marmonna-t-il pour lui-même. ...Au moins avec ça, je risque pas de m'étouffer.

_ He...yyyyyy ! Tenta de riposter Sanji pour rappeler que la taille n'avait pas d'importance !

Mais il fut pris de court par une bouche qui le prit en entier et sans détour.

_ ...J'-je te jure que si tu te sers de tes dents..., tu mangeras de la soupe et de la purée pour le reste de ta vie !

Etait-ce vraiment nécessaire de proférer des menaces alors que son sexe se trouvait en terrain ennemi ? Ennemi qui comprit rapidement le fonctionnement du truc et joignit deux de ses doigts à la base du pénis, comme pour mieux le faire ressortir, tandis que sa langue s'enroulait autour comme une gouttière dans laquelle se déverser, faute de savoir quoi faire avec.

Après quelques vains efforts de la part d'un marimo fâché de ne pouvoir racheter ses actes violents, les deux hommes optèrent pour une alternative plus familière : passer de la pipe à la simple branlette.

Quelque chose de vite-fait/bien-fait avant que Luffy et les autres n'attrapent leur première sardine. Une pratique dont les deux pourraient profiter.

Assis face à face, leurs jambes vaguement mêlées sans pour autant trop se toucher, chacun avait en main le sexe de l'autre.

Pas une si brillante idée en soit, puisque les complexes de Sanji allèrent en empirant. Son acolyte, lui, n'en avait aucun. Il bandait librement et avait rangé ses bonnes intentions au placard quand la main fine et mal assurée de l'autre l'avait saisi.

Ah, et si, parfois la taille ça a un peu d'importance.

_ ...On doit avoir autant de grâce qu'une otarie dans le désert. Constata celui qui était incapable de se laisser aller.

La situation était osée, mais dénuée de toute sensualité.

_ N'oublie pas que ce n'est pas la tienne ! ...Va doucement espèce de primate !

_ ...Faut bien que j'arrive à l'attraper ! Grogna le primate aux doigts larges.

Encore une remarque qui n'aida pas le blond à s'extérioriser.

_ ...Toi par contre, tu peux y aller.

Zoro posa sa main libre sur celle de Sanji, celle qui parcourait son sexe comme s'il risquait de le casser, puis accentua la pression autant que la vitesse.

_ ...Et si chacun prenait la sienne pour faire comme il veut ?

_ ...T'es peut-être moins con que t'en as l'air, Ero-cook.

_ Dixit celui qui à lui seul, contredit la théorie sur l'évolution de l'espèce.

Au bout du compte, les deux pirates se masturbèrent en se lançant quelques regards nerveux.

Zoro ne tarda pas pour laisser s'exprimer son côté primitif. Sa main allant à une allure folle sur sa longueur. Des mouvements à peine perceptibles pour l'œil humain. Le gland pressé, la verge luisante, gonflée et raide... . Sanji apprécia le caractère érotique de cet abandon, puis se détendit enfin. Ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour s'écrier « hey regarde, ça vient ! » mais il sut profiter de la confusion de l'épéiste pour...

Pour rien.

Une houle violente l'avait projeté face la première contre la coque de bois de la caravelle.

Ils apprendront quelques secondes plus tard, que la pêche fut productive.

Le cuistot frustré au possible passa donc l'après-midi à cuisiner un Espéradon Pourfendeur géant, réputé indigeste.

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La nuit était tombée rapidement sur Grand Line.

Debout devant le bastingage, Sanji réfléchissait au sens que prenait sa vie en regardant la couverture du fameux petit guide du joyeux homosexuel.

...Lui ? Gay ?

Peut-être pas tant que ça finalement.

Il prit l'élan nécessaire, et jeta l'ouvrage aussi loin que possible, et s'il n'avait pas eu à répondre de son crime, il aurait balancé Chopper et ses idées à la con avec !

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