Quand enfin Ernie eut le courage d'arracher son regard de Gabriel Truman, il vit Padma et Anthony au prise avec deux hommes masqués. Se précipitant à leur rescousse, il monta quatre à quatre les marches pour les rejoindre mais une violente explosion fit trembler le château entier et, par la même occasion, précipita le Poufsouffle en bas des marches. Il tomba brutalement sur son dos, tandis que des araignées géantes se rapprochaient de lui.

Sonné, une douleur suraigüe lui transperça le bras. Il avait le souffle coupé. Il tourna la tête vers la droite et vit qu'un morceau de verre lui avait profondément lacéré l'avant bras. Du sang coulait en abondance mais il fut soulagé de constater que ses doigts obéissaient toujours à son cerveau. Il se releva péniblement tandis qu'un jet de lumière argentée jaillit à sa gauche, si proche de lui qu'il sentit l'onde de choc.

Une jeune femme aux cheveux roses flash l'aida à se remettre complètement debout. Elle l'entraina dans un couloir en courant, échappant de justesse aux créatures. Rapidement, elle lui enleva le morceau de verre provenant du sablier géant des Serpentards et lui enroula son mouchoir jaune criard autour de sa blessure.

-Merci !

-Entre Poufsouffles… Murmura-t-elle en souriant, en lui desserrant sa cravate jaune et noir. Faudrait pas non plus qu'elle t'étrangle !

Ils relevèrent tous deux la tête en entendant des bruits de pas précipités venir vers eux. D'un même geste, ils levèrent leur baguette et ils se retrouvèrent dans un combat acharné avec trois assaillants. Le cœur d'Ernie battit encore plus vite quand il reconnu Bellatrix Lestrange. Il connaissait sa réputation et ne put s'empêcher d'être encore plus terrifié. Mais cette dernière ne paraissait s'occuper que de la jeune femme qui venait de le soigner, tandis que les deux autres le faisaient danser. Il ne pourrait plus continuer d'éviter les sorts longtemps et il se dit que si sa dernière image du monde des vivants était celle de deux Mangemorts riant aux éclats, ça serait bien triste. Tout sembla définitivement perdu lorsque, dans un cri triomphant, Lestrange finit par remporter le duel. La jeune femme s'écroula et ne bougea plus.

Soudain, derrière eux, quatre étudiants arrivèrent et stupéfixièrent les deux homes. A la vue de cinq baguettes dressées contre elle, Lestrange battit en retraite et fila le long du couloir. Luna Lovegood, Seamus Finnigan , George Weasley et, à son grand bonheur, Justin arrivèrent vers lui.

-Ca va vieux ? Lui demanda son meilleur ami.

-Content de vous voir !

Ils s'étreignirent brièvement tandis que George se penchait vers le cadavre de la jeune femme. Il s'agenouilla à ses côtés et lui ferma doucement les yeux.

-Elle m'a sauvé la vie dans le hall…

George, qui semblait ému, murmura

-Ne la laissons pas au milieu du couloir…

Justin l'aida en prenant les pieds de l'ancienne Poufsouffle et tout deux disparurent derrière une tapisserie. Mais les trois autres ne purent les suivre car de nouveaux cris terribles se firent entendre dans le hall. Avec un léger pincement au cœur, Ernie se précipita avec les deux autres vers la source du bruit…

Tout en courant, il ne put s'empêcher d'être surpris de la véracité de cette maxime : « Les Poufsouffles seront toujours là l'un pour l'autre… ». Il ajouta dans sa tête en arrivant dans le chaos de l'entrée : « Même si c'est stupide. ».

Décembre 1992 : 2ème année

Ernie n'avait jamais été aussi potelé qu'au cours de sa deuxième année à l'école de sorcellerie. Il commença vraiment à réduire l'écart poids/taille à partir de la quatrième année quand il prit, avec joie, une dizaine de centimètres. Néanmoins, il ne parvint jamais à rattraper Justin qui garda toujours une tête de plus que lui.

En repensant à cette période, il ne pouvait s'empêcher de rougir. C'était l'époque des ouvertures de la Chambre des Secrets et Ernie était persuadé que Potter était l'héritier de Serpentard.

-Il m'a vraiment fait peur… Marmonnait Justin, un peu honteux, dans un fauteuil de la salle commune.

-Et tu as eu raison d'avoir peur ! S'exclama Ernie, debout au milieu des canapés. Avec des grands gestes théâtraux, le jeune garçon continua son explication.

-Il parle le Fourchelang ! La langue des Serpents ! On sait tous que l'héritier de Serpentard veut s'en prendre aux nés moldus… Je te conseille vivement de ne plus trop sortir. Il a poussé le serpent vers toi. Et devant témoins en plus ! Ce type est dangereux.

-Oui mais c'est un Gryffondor. Comment aurait-il pu atterrir là s'il était l'héritier de Serpentard ? Ca n'a aucun sens…

Ernie haussa les épaules.

-Fais attention, c'est tout ce que je te demande.


Quelques jours plus tard, ses pires craintes furent confirmées. Justin fut pétrifié à son tour avec Nick-Quasi-Sans-Tête, le fantôme des Gryffondors. Et Harry Potter avait été retrouvé prit sur le fait. Ernie se souvenait comme si c'était hier de son sentiment cuisant de culpabilité.

Auprès d'Hannah, il se tenait la tête dans les mains, à l'endroit précis où il avait eut sa conversation avec son meilleur ami.

-Je n'ai pas pu le protéger… Et s'il ne se réveillait jamais ?

-Ernie… Mme Chourave fait tout ce qu'elle peut. Bientôt, il sera de retour ici et se vantera probablement d'avoir survécu à une terrible attaque…

Ernie sourit à l'évocation de la vantardise légère de son ami tandis que son amie continuait.

-Et puis, qu'est ce que tu aurais pu faire de plus ?

Ernie releva la tête.

-Et si Potter décidait de finir son travail à l'infirmerie… ?

-Qu'est ce que tu racontes encore ?

-Et s'il allait achever Justin ? Expliqua-t-il en se relevant, un sentiment d'urgence lui brulant les entrailles.

-C'est n'importe quoi…

-Tu penses encore qu'il « a l'air si gentil » ? Se moqua-t-il en haussant les sourcils.

Hannah se mordit la lèvre.

-Je pense en tout cas qu'on n'a pas de preuves réelles.

Ernie haussa les épaules et s'éloigna.

-Tu vas où ?

-A l'infirmerie.

-Quoi ? Mais il est dix heures du soir. Les visites sont terminées.

-Je ne veux pas rendre visite à Justin. Je veux le protéger.

Hannah secoua la tête.

-C'est ridicule… Tu vas sortir la nuit alors que le château n'est pas sécurisé ? C'est ridicule… Marmonna-t-elle en se levant néanmoins.

-Vous allez où ? Demanda Susan qui venait de surgir de l'escalier menant aux dortoirs des filles.

Tous deux purent voir des traces de larmes sur ses joues.

-On va à l'infirmerie, répliqua Ernie.

-Je viens avec vous, dit-elle en reniflant et sans même demander une explication.

En marchant silencieusement dans les couloirs suivit des deux filles, Ernie se fit une note à lui-même : « Se rappeler de raconter ça à Justin. Est-ce-que Susan n'aurait pas plus que de l'amitié pour lui ? ».

C'était la première fois qu'Ernie quittait le dortoir en pleine nuit. Et tout ce qu'il pouvait dire, c'était que Poudlard pouvait vraiment paraitre effrayant sans la lumière du jour. Des bruits lointains les faisaient sursauter tandis que des ombres se dessinaient par moment sur un mur, sans pour autant qu'il n'y ait quelqu'un derrière eux.

Le cœur battant, Ernie cru avoir une crise cardiaque lorsqu'au troisième étage, ils tombèrent nez-à-nez avec le professeur McGonagall. Elle patrouillait dans les couloirs, la baguette levée.

-Qu'est ce que vous faites là ? S'exclama-t-elle, d'un ton mi surpris, mi menaçant.

-Heu… on allait… On allait à l'infirmerie.

-Et vous pensez que vous pouvez vous baladez librement à la nuit tombée ?!

-Non, non… On voulait juste s'assurer que Justin soit sauf, déclara solennellement Ernie.

La sous-directrice leva les yeux en l'air, et une vague de colère se répandit dans tout le corps du Poufsouffle. Evidemment, elle ne le prenait pas au sérieux. Elle ne réalisait pas le danger que Potter représentait vu que ce dernier avait été réparti dans sa maison…

-L'infirmerie est bien gardé Macmillan, rassurez-vous. Trente points en moins pour Poufsouffle ! Je vais vous raccompagner jusqu'à votre salle commune… Et que je ne vous reprenne plus à vadrouiller le soir dans l'enceinte du château !

Ernie ouvrit la bouche, outré, mais Hannah l'interrompit

-Oui, oui Professeur. Excusez nous, nous étions si inquiets…

-Cela ne vous épargnera pas à chacun une retenue.

Ernie serra les poings, furieux d'avoir été prit, furieux d'être considéré comme un petit garçon qui ne savait pas penser correctement. Heureusement, il faisait nuit et McGonagall ne vit pas son geste.

Une fois de retour dans la salle commune, il attendit que les deux filles montent se coucher pour repartir de nouveau.

Plus silencieux, plus rapide et plus discret, il couru jusqu'à l'infirmerie en moins de dix minutes. Devant la porte, il fut soulagé de voir le Professeur Sinistra assise sur une chaise, la baguette sur les genoux. McGonagall ne lui avait donc pas mentit. Rassuré, il repartit en direction de sa salle commune quand soudain…

-Non mais je rêve ! Macmillan ! Qu'est ce que vous faites encore debout ?

Déglutissant avec difficulté, Ernie se retourna vers le Professeur McGonagall. Elle semblait être partagée entre l'agacement profond et la fureur.

-Je…je voulais m'assurer que l'infirmerie était effectivement bien gardée.

-Et donc en plus vous avez le culot de me dire en face que vous pensiez que j'étais une menteuse ?!

-On n'est jamais trop prudent…Marmonna Ernie, penaud.

-Macmillan, se promener la nuit alors que les élèves ne sont pas en sécurité ne relève pas de la prudence mais de la stupidité !

Elle le saisit par le bras et l'entraina de force jusqu'au dortoir.

-J'enlève encore vingt points en plus à Poufsouffle !

-Ho Professeur… !

-Ce n'est pas tout ! Vous aurez une retenue, chaque vendredi soir jusqu'à la fin de l'année !

-Quoi ?!

-Vous m'avez très bien compris Macmillan.

Honteux, Ernie se laissa guider par le professeur qui vérifia que ce dernier rentrait effectivement dans sa salle commune.


Alors que pensez-vous de la réaction d'Ernie ? Stupide pas vrai… ? ^^

Avez-vous bien reconnu notre chère et pauvre Tonks ? Partagez vos avis !