Ce qui se passait dans le hall d'entrée semblait irréel. Hagrid était entrainé par ses araignées géantes, fuyant les sortilèges combinés des mangemorts et des élèves du château de Poudlard. Harry apparu soudainement, penché en angle droit pour éviter les maléfices qui éclairaient le hall tout entier. Il hurlait le nom du garde chasse sans vraiment se soucier de ce qui se passait autour de lui. Ron et Hermione, à la grande surprise d'Ernie, apparurent à leur tour, se précipitant sur les talons de leur meilleur ami.

Seamus, Luna et Ernie n'eurent aucunement besoin de se consulter. Tous trois se lancèrent à leur poursuite, persuadés qu'ils auraient besoin d'aide. Mais la vue de géants qui se battaient avec d'horribles cris leur fit perdre leur trace. Le Gryffondor saisit brutalement le bras du Poufsouffle pour le tirer violement vers lui, le faisant éviter par la même occasion de se faire écraser par le pied énorme d'un géant. Luna hurla quelque chose que le tumulte de la Bataille ne permit pas de comprendre. Mais son geste était suffisamment éloquent. Elle leur montrait en effet du doigt un groupe de Détraqueurs qui entouraient progressivement trois étudiants.

Ernie couru alors comme jamais il n'avait couru. Zigzaguant parmi les géants et les sortilèges, c'est comme s'il était entrainé par la vitesse de ses deux camarades qui maintenaient un rythme élevé. Enfin, ils arrivèrent auprès d'Harry, Hermione et Ron. L'atmosphère s'était figée et un froid glacial fit frissonner Ernie.

Ernie ferma les yeux, refusant des se faire happer par une vague de désespoir qui s'insinuait en lui. C'est très important, il faut penser à un souvenir heureux et se laisser entrainer par lui… Oui, ils étaient là, ils allaient réussir à sauver Harry Potter et ses amis. Il pensa aussi à Justin, Hannah et Susan. A leurs nombreux fous rire. A Padma aussi, et ses lèvres douces et son cœur fut dés lors entouré d'une protection envers et contre tout.

Sa baguette trembla un peu et enfin, surgit son sanglier, accompagné d'un lièvre et d'un renard. Mais leurs Patronus ne semblaient pas suffisamment puissants pour faire fuir les Détraqueurs. Luna sembla s'en apercevoir car elle commença à encourager Harry, comme au temps de l'AD. Finalement, leur ancien prof parvint à lancer son cerf au galop et les créatures se dispersèrent pour de bon. Les bruits de la bataille et la tiédeur de la nuit refirent brutalement surface.

-On ne pourra jamais assez vous remercier, dit Ron d'une voix tremblante, vous venez de nous sauver la…

Mais un rugissement atroce venant vers eux les fit déguerpir au plus vite : un géant, sa massue brandie arrivait, le visage mauvais.

Se remettant à courir vers le château, Ernie se relança dans la Bataille, lançant le sortilège de saucisson à un homme masqué qui tenait en joue un vieil homme. Le Poufsouffle n'eut pas vraiment le temps de recevoir un merci de la personne sauvée car il dut bondir en avant pour éviter le maléfice de la mort. Le cœur battant, presque certain qu'il n'arriverait jamais aux portes du château vivant, il se remit à courir. En chemin, il parvint à stupéfixier un ennemi. Lourde erreur de sa part car le comparse de ce dernier se lança à sa poursuite avec un cri de rage.

Le maléfice l'atteint dans le dos. Propulsé au sol, Ernie hurla. Jamais il n'avait connu pareil douleur. Durant toute sa dernière année à Poudlard, il était parvenu à éviter le sortilège Endoloris, le préféré des frères Carrow. Dans un éclair de lucidité, il s'en félicita. Les larmes aux yeux, il se tortilla et ne parvint plus à penser à autre chose qu'à la douleur. Elle s'infiltrait partout dans son corps tandis qu'il hurlait toujours comme un chien blessé. Et pour la première fois de sa vie, il en vint à souhaiter sa propre mort. Que ça s'arrête. Que la douleur s'arrête. Que quelqu'un le tue. Qu'on le laisse étendu sur le sol et que tout soit enfin fini…

Quand tout s'arrêta, il resta pétrifié au sol, sous le choc, le nez dans l'herbe, ne sachant pas s'il était mort ou s'il était toujours dans le monde des vivants.

-Macmillan ! Macmillan ! Vous m'entendez ?

Tremblant comme une feuille, quelqu'un le retourna et l'aida à se redresser en position assise. Le professeur Chourave le regardait d'un air inquiet. Derrière elle, Ernie aperçu le Professeur McGonagall dans une vision floue qui, la baguette levée, les protégeait pour lui permettre ce moment de répits.

-Il va falloir se lever, murmura doucement sa directrice de maison sur un ton d'excuse.

Derrière eux, le Professeur McGonagall venait d'engager un duel avec deux hommes masqués. Clignant plusieurs fois des yeux, la vision d'Ernie redevint normale. Il se releva d'un bond, reprenant conscience de ce qui se passait autour de lui, mais vacilla une fois debout. Le Professeur Chourave lui fit un petit sourire et, ensemble, ils levèrent leur baguette pour aider la directrice de la maison Gryffondor.

Ils étaient à vingt mètres à peine du château, mais Ernie ne su plus très bien pourquoi il lui avait semblé nécessaire de se rendre à l'intérieur alors que les combats faisaient autant rage dans le Parc. Sa poitrine lui faisait mal et ses jambes semblaient être du coton. Néanmoins, il réussit à terrasser un nouvel assaillant.

Quelqu'un le bouscula alors violement et il tomba à la renverse, énervé contre lui-même et sa faiblesse.

-Ernie !

-Susan !

Les deux Poufsouffles se relevèrent et se mirent à courir vers les marches de pierres. Ernie se souvint brutalement pourquoi le château lui avait semblé une meilleure option : dans le Parc, se trouvait encore les géants. Sans la main de Susan, qui avait comprit son état en un simple coup d'œil, il n'aurait certainement pas atteint le hall.

-Merci ! Hurla-t-il à son amie.

-On n'est pas encore sorti d'affaire ! Répliqua-t-elle-en visant un mangemort.

Honteux, Ernie réalisa que le flou était revenu avec une féroce migraine. Mais avec un timing parfait, la voix de Voldemort, toujours aussi glaciale retentit avec force. Il ordonna à ses troupes de se retirer et accorda une heure pour soigner les blessés. Avec horreur, Ernie écouta ensuite le Mage Noir s'adresser à Harry, lui ordonnant de le retrouver dans le Forêt Interdite. Et le Poufsouffle connaissait à présent suffisamment Harry pour savoir qu'il allait falloir le retenir pour ne pas qu'il aille se livrer, refusant l'idée d'autres morts tombés pour lui.

Les mangemorts se retirèrent immédiatement, sans un seul mot, laissant enfin voir à Ernie le hall comme il était : un lieu de désolation. Des corps remuaient faiblement tandis que d'autres ne bougeaient plus. De nombreux débris jonchaient le sol et beaucoup de combattants encore debout se laissèrent tomber sur les marches, s'asseyant brusquement, la tête entre les mains, réalisant à leur tour pleinement l'étendue des pertes.

-T'as pas vu Justin ? Demanda son amie en baissant sa baguette.

Ernie hocha affirmativement la tête.

-Oui, la dernière fois il partait avec George Weasley mettre un corps à l'abri.

Son amie déglutit et regarda autour d'elle. Elle semblait perdue maintenant que les combats avaient cessé. Maintenant qu'elle pouvait pleinement penser à Justin.

1996- 5ème année

L'évasion des neuf Mangemorts d'Azkaban en janvier avait fait le tour des journaux. Bien que Poudlard était l'endroit le plus sur au monde, Ernie ne put s'empêcher de frissonner en lisant la liste des évadés : Dolohov, les trois Lestrange : le couple et le frère du mari, Rokwood, Mulcibert, Travers… Et deux autres dont les noms ne lui disaient rien (Rod Jugson et Ugo Jilhson) mais dont les méfaits (actes de tortures et de barbaries sur de nombreux moldus) parlaient pour eux.

Ernie savait que Susan en souffrait, étant malgré elle, la source d'une curiosité malsaine des étudiants. En effet, la plupart de sa famille avait été tuée par quelques uns de ces Mangemorts lorsqu'elle était encore un bébé. Mais elle ne le montra pas, si ce n'est la fois en cours de botanique où elle dit à Harry qu'elle comprenait à présent ce qu'il pouvait ressentir.

Hannah lui raconta néanmoins en confidence que leur amie avait sorti une photo de famille qu'elle avait accrochée auprès de son lit. La Poufsouffle avait été horrifiée d'apprendre de la bouche même de Susan que sur la quinzaine de personnes présentes sur ce portrait familial, seuls cinq étaient encore en vie.

Ce n'est ni Hannah, ni Ernie qui réussirent à remonter le moral de Susan. Ce fut Justin. Faisant preuve de grands efforts de créativité pour la faire rire, ils se rapprochèrent sans même donner le temps à Ernie et Hannah de prévoir la chose : officiellement ensemble depuis fin du premier mois de l'année, ils n'avouèrent leur relation naissante que fin février.

Pour être plus exact, ils n'avouèrent rien du tout vu que ce fut Zacharias Smith qui découvrit le pot aux roses et qui s'empressa aussitôt de transmettre l'information…

27 février 1996- 5ème année

-Je vais le tuer dans son sommeil… lança Justin d'un air menaçant.

Ernie éclata de rire et lui donna une claque dans le dos.

-Mais c'est vrai alors ? Vous… vous êtes ensembles maintenant ?

Ernie et Hannah regardèrent successivement leurs deux amis rougirent. Puis d'un même mouvement, ils se prirent la main et le hurlement d'Hannah fit redresser la tête de plusieurs élèves dans le couloir menant à la Grande Salle.

-Oui, se contenta de répondre Justin.

Hannah se mit à faire des bonds en l'air ce qui mit Ernie sur la piste que la jeune fille savait depuis longtemps que Susan avait effectivement un faible pour lui.

Ernie pour sa part ne put que sourire bêtement pour cacher ses appréhensions. Un couple dans leur quatuor ? Et s'ils commençaient à se bécoter en public ? Et s'ils préféraient maintenant passer du temps juste eux deux, sans lui et Hannah ?

Ses craintes furent néanmoins rapidement écartées. Le mois passé ensemble à essayer de se cacher avait eut pour effet de faire aimer la discrétion aux deux tourtereaux. D'autant plus que Susan était assez pudique à la base.

Leur couple fonctionnait à merveille : elle timide et lui le pitre la faisant rire. Cependant, leur jolie histoire prit fin lorsque l'humour de Justin alla un peu trop loin.

1997- 6ème année

-Mec, t'as vraiment été trop loin là…

Furieux, Justin s'assit sur son lit. Ernie, debout, lui faisait face dans le dortoir vide.

-Elle n'a juste aucun humour !

-Oui mais plaisanter sur son désartibulement, c'était un peu de mauvais goût…

-Tu as rigolé !

Ernie sourit malgré lui. La blague avait été effectivement très drôle, comparant Susan à une unijambiste. En plus, cela faisait une semaine que l'accident lors des leçons de transplanage avait eut lieu.

-Oui mais je suis un garçon ! Et tu sais bien qu'elle en est restée terrifiée ! C'était à prévoir qu'elle allait le prendre mal !

Justin soupira.

-De toute façon, je crois que c'est fini.

Ernie ouvrit la bouche, surpris.

-Qu…quoi ?

-Ca faisait un bout de temps qu'on se tapait plus sur les nerfs qu'autre chose.

-T'es sur ?...

Justin hausa les épaules et fit une moue. Ne sachant pas trop quoi dire, Ernie se contenta de s'assoir à ses côtés et de lui tapoter maladroitement le dos.

Eté 1997

« Cher Ernie,

BREAKING NEWS !

Susan vient de m'envoyer un hibou où elle m'avouait qu'elle et Justin c'était reparti ! Maintenant que Poudlard est aux mains de Tu-Sais-Qui, Justin ne retournera probablement pas à l'école (je pense qu'il t'a aussi prévenu) et il a voulu aller lui dire de vive voix…

Tu penses que c'est une bonne chose ? Moi, je crois que oui. Surtout avec la guerre en cours, il est plus que temps de pardonner aux gens qu'on aime. D'ailleurs, je te pardonne pour m'avoir tendu cette dragée surprise de Bertie Crochue en m'affirmant que c'était à la menthe, alors qu'elle était au vomi. (Ernie éclata de rire en lisant cette phrase, et réalisant à quel point sa meilleure amie lui manquait, il s'empressa de continuer sa lecture)

Sinon comment tu vas toi ? Je ne sais pas si je vais retourner à Poudlard moi aussi et Susan se pose les mêmes questions. Surtout que mon père n'arrive pas à surmonter la perte de ma mère. J'ai du mal moi aussi, mais lui c'est… c'est pire. C'est seulement maintenant qu'elle n'est plus là que je réalise combien il l'aimait. Qu'est ce que tu en penses ? Je sais que toi, tu y retourneras et je t'envie un peu pour ça, même si l'école risque de subir de tristes changements. Est-ce que tu sais si Padma Patil y retournera ? (Ernie rougit face à ce sous entendu mesquin. Hannah était la seule au courant de son faible pour la jeune indienne)

Tu me manques ! J'espère qu'on se reverra avant la rentrée. J'espère aussi que tu arriveras à me convaincre de monter à bord du Poudlard Express le premier septembre.

Prends soin de toi,

Hannah. »


Alors voilà un nouveau chapitre ! Ernie continue de me porter et j'écris à son sujet de manière frénétique. J'espère qu'un jour, quelqu'un lira ces lignes et me le fera savoir. ^^

Peut-être que cette personne me dira ce qu'elle pensera de ce chapitre. De la relation Justin/Susan. De la bataille où Ernie est sauvé par Chourave et McGonagall. Ou de toutes autres choses qu'elle a aimé ou pas aimé ici ! Personnellement, je pensais que les passages de la Bataille seraient beaucoup plus courts que ça, mais il se trouve que le personnage d'Ernie vit certaines choses méritant à mes yeux d'être écrit durant le combat…