-C'est alors qu'Harry apparu.
-Il était sous sa cape d'invisibilité en fait ? Demanda David, les yeux émerveillés.
-C'est ça, mais à ce moment là, on en avait aucune idée. Je peux te dire que ça a été un sacré choc en le voyant surgir du néant alors qu'on le croyait tous mort. J'ai quasi eu une attaque.
-Et après, et après ? Questionna Colin, tout aussi captivé que son voisin.
Ernie sourit devant l'intérêt des enfants et il continua, exagérant les gestes et gérant à la perfection les pauses dramatiques.
-Après, ils ont échangé quelques mots. Voldemort (Ernie, depuis la victoire, n'avait plus peur de prononcer son nom) semblait abasourdi par son audace.
-« Essayez d'éprouver du remords… » Récita Alma.
-Pourquoi demander à tonton Ernie de vous raconter si vous connaissez déjà l'histoire ? Se moqua Justin qui venait voir ce qu'ils fabriquaient tous au fond du jardin.
-Parce que c'est toujours mieux que de lire les livres ! S'exclama Sophia.
Neville apparu à son tour, un tablier féminin autour de sa taille.
-Tonton Nev' ! S'exclamèrent les enfants.
-Tu peux nous rejouer la scène du serpent ? Supplia le petit Jonathan.
Ernie, comme toujours, était surprit de voir Neville rougir. On aurait pu croire qu'il s'était habitué au succès et à la mise en lumière depuis que son rôle dans la Bataille avait été connu de tous, mais il semblait toujours aussi humble et gêné. C'est ce qu'Hannah appréciait particulièrement chez lui.
-Non, non je venais simplement vous demander qui prend combien de saucisses ? Une chacun ?
Les enfants acquiescèrent et Justin ajouta :
-Trois pour moi et six pour Ern' !
-Est-ce que votre père n'insinuerait-il pas que je mange trop ? Demanda le concerné en se penchant vers Colin et David.
Les jeunes garçons pouffèrent et Alma lança :
-T'inquiète pas Papa, tu as encore de la marge !
Ernie se tourna vers son ainée et lui fit un grand sourire. Elle avait douze ans déjà et avait terminé sa première année à Poudlard chez les Gryffondors. Sophia quant-à-elle avait huit ans et les plus beaux yeux du monde : les mêmes que sa mère. Le petit dernier Macmillan, Jonathan, avait cinq ans.
Neville s'en alla rejoindre Hannah derrière les fourneaux. Sa petite femme était devenue énorme et attendait leur premier enfant. Malgré cela, elle continuait à se comporter comme la parfaite maitresse de maison, recevant ses amis comme s'il s'agissait des plus prestigieux invités. « Elle en fait trop, comme d'habitude » pensait Ernie en regardant son amie avec un petit sourire.
-Alors, où en étais-tu ? Demanda Justin, le tirant de sa contemplation.
-Ha oui, oui ! Alors, Harry, par un simple sortilège de désarmement, réussit à vaincre Voldemort. A ce moment là, j'étais avec Maman mais je n'avais aucune idée de l'endroit où se trouvait vos parents (il s'était tourné vers Colin et David) ni Hannah. Comme vous pouvez l'imaginer, en comprenant la victoire, la foule entière s'est précipitée vers Harry pour l'étreindre. Il y avait des gens partout. J'ai retrouvé papy et mamy (il s'adressait à présent à ses trois enfants) qui étaient venus avec les renforts. Mais toujours aucune trace de Justin, Hannah et Susan. C'était incroyable, tout le monde tombait dans les bras de ses amis et moi, je ne retrouvais pas les miens ! Padma a couru dans les bras de tante Parvati et je me suis retrouvé tout seul.
Justin sourit, à moitié ému et à moitié amusé.
-Bien sur, je n'étais pas vraiment seul, chaque personne que je croisais m'embrassait et m'étreignait. Mais bon. Enfin, j'entendis mon prénom. C'était le Moine Gras, vous savez, le fantôme des Poufsouffles – il est juste brillant !- qui me faisait de grands gestes. Il fila à travers les gens pour arriver à mes côtés et me dit en souriant que Justin, Hannah et Susan me cherchaient partout sans succès. Les sales traites avaient déjà commencé les réjouissances sans moi !
Les enfants éclatèrent de rire. Ernie se tu et ferma les yeux, amusé de leur faire croire qu'il était toujours vexé alors qu'il se remémorait l'instant où, enfin, le quatuor des Poufsouffles s'était retrouvé. Susan avait été la première à l'atteindre, abandonnant Justin qui courait en boitant de manière grotesque, l'urgence de ces pas donnant une note comique à la situation. Ensuite, un deuxième choc l'atteignit et il su qu'Hannah était près de lui. Quand son meilleur ami arriva vers eux, il ouvrit les bras pour les serrer tous en même temps. Ernie étouffait un peu dans les cheveux de Susan mais c'était mieux que personne ne voie son visage baigné de larmes. C'était fini et ils étaient tous vivants. Un mélange de joie intense mais aussi, de grande tristesse voyageait à toute vitesse dans son cœur. David Moon, son ami était mort. Son rire résonnait encore si vivement dans ses oreilles. Colin Crivey aussi, le courageux. Justin avait nommé ses fils après eux. Remus Lupin, il l'apprendrait plus tard, qui avait laissé un fils derrière lui. La jeune femme qui l'avait aidé. Fred Weasley. Et tant d'autres…
Aujourd'hui, il était difficile de ne pas mélanger les peines qu'il avait apprit plus tard et les douleurs qu'il ressentait dans l'étreinte de ses amis. La paix pouvait paraitre plus compliquée que la guerre. Dennis, le frère de Colin avait terminé à Azkaban après s'être vengé de celui qui avait tué son ainé. Waynes refusait de parler à Zacharias qui, petit-à-petit avait sombré dans une grave dépression. Ernie, lui, ne pouvait plus repenser aux années scolaires sans avoir une boule au ventre : les souvenirs dans son dortoir avaient été gâchés par la disparition de l'un des leurs. Teddy Lupin était orphelin et Ernie s'était longtemps sentit coupable. Michael Corner avait dû être hospitalisé suite à la folie qui le menaçait lorsqu'il revivait les tortures que les Carrow lui avaient infligées. George Weasley ne vivait plus, il ne faisait que survivre…
Ernie rouvrit les yeux, les enfants s'étaient dispersés en riant. La paix n'empêchait pas d'autres malheurs. Mais elle permettait à la nouvelle génération de vivre sans craintes. A trente six ans, Ernie ne regrettait aucun de ses choix dans cette terrible bataille. La culpabilité du survivant avait pourtant presque tué le Poufsouffle. N'était-ce pas lui qui avait proposé aux autres de combattre ?... C'était sans compter la présence rassurante de ses meilleurs amis à ses côtés. C'est uniquement grâce à eux qu'il avait réussit à vivre après tout ça.
Et voilà ! J'espère que vous avez prit autant de plaisir à lire cette fiction que moi à l'avoir écrite. N'hésitez pas de me dire ce que vous pensez de cet épilogue ! J'en ai écrit des dizaines de différent, sans jamais être complètement satisfaite. Trop de guimauve, trop de bonheur, ca ne me semblait pas très crédible. Ressort-on vraiment intact d'une guerre comme celle-ci ? Je ne pense pas. Et je suis persuadée qu'un Ernie sans ses potes autour de lui aurait sombré. Mais est ce que cela est crédible à vos yeux ? Pas trop "moralisateur"? (Si c'est le cas, j'avais l'intention contraire)
Que pensez-vous du choix de Justin de nommer ses fils comme il l'a fait ? J'avais voulu montrer la complicité liant les deux pétrifiés mais je n'en ai pas eu l'occasion. Mais bon, il est clair que "Et si on veut participer aux combats" m'a rapproché des persos et je pense que je les reprendrai un jour...
Merci à tous ceux qui m'ont lu !
Ho et, une dernière chose… LONGUE VIE AUX POUFSOUFFLES !
