Parc de Hogwarts.

- Michael, ça ne peut plus continuer entre nous. Tu es vraiment un canon, mais t'es lourd. Il vaut mieux qu'on arrête là avant que je ne te casse la gueule. Allez bye !

Je plante Michael Corner là, soulagé de ne plus avoir à supporter ce Je-suis-le-nombril-du-monde.

Bon maintenant, faut que je me trouve un nouveau mec, moi !

Volage, moi ? Mais non voyons !

C'est juste que je n'aime pas être seul trop longtemps. Il me faut un exutoire à mes hormones, vous comprenez ? Vous ne vous rendez pas compte à quel point ces petites choses peuvent vous frustrer un homme. Et puis, il faut bien faire quelque chose pendant les looooongues nuits de notre loooong hiver, non ?

Je savais que vous me comprendriez !

- Harry ! m'appelle Corner.

Qu'est-ce qu'il me veut encore, lui ?

Il me rattrape et me barre le chemin.

- Ecoute, Harry, discutons-en calmement, veux-tu ? dit-il. Je ne comprends pas ! Pourquoi tu veux tout arrêter sur un coup de tête ?

- Ce n'est pas un coup de tête. J'y ai mûrement réfléchi et j'en suis venu à la conclusion que je ne pouvais pas te supporter davantage. Tu assures au pieu, tu es très populaire et tu es un vrai canon. Malheureusement, je ne peux pas sortir avec un mec qui a autant de personnalité que le cul d'un veracrasse. Donc, je te plaque. Bien maintenant, si tu veux bien m'excuser.

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?! s'étrangle Corner, devenu blême au fur et à mesure de mon explication.

Mais, je ne l'écoute déjà plus. Je me barre sans lui prêter le moindre attention, tout mon esprit dirigé vers un seul but : me trouver un nouveau petit ami.

- Potter, ne m'ignore pas ! rage Corner en me retenant par le bras.

Je lui lance un regard glacial. Il me pompe l'air, là ! Pourquoi aucun de mes ex n'acceptent la rupture gracieusement ? Il faut toujours qu'ils essayent de me faire changer d'avis. C'est chiant à la fin !

- Corner, si tu ne me lâches pas tout de suite, ta mère ne pourra même pas t'identifier quand j'en aurais terminé avec toi, dis-je, cassant.

Le Poufsouffle me lâche aussitôt, tremblant. Je peux être particulièrement terrifiant quand je m'en donne la peine. Le fait que j'ai liquidé le plus terrible mage noir de notre siècle joue aussi en ma faveur.

Je reprends tranquillement ma marche vers l'imposante bâtisse sans un regard en arrière. Perdu dans mes pensées, je ne fais pas attention aux filles chuchotant sur mon passage tout en me regardant à la dérobée. Je pousse un soupir las.

Je m'appelle Harry Potter. J'ai 17 ans. Je suis beau, riche, intelligent et célèbre. J'ai tout pour être heureux. Une famille géniale, des amis extra, le monde à mes pieds. Pourtant, je ne le suis pas. Du moins pas entièrement…

Le point noir ?

Ma vie sentimentale. C'est la zone sinistrée de mon existence. Un vrai désastre.

Pourquoi ?

Hé bien, depuis que je sais mes penchants sexuels, je cherche activement mon âme sœur, comme ma mère l'a été pour mon père – leur histoire m'a toujours fait rêver. Dans mon envie de me compliquer la vie, je ne voyais pas moins pour moi.

J'ai si bien cherché que j'ai fini par la trouver, mon âme soeur. Mais si on m'avait dit que ce serait si douloureux, je n'aurais jamais entamé cette quête.

Le mec dont je suis éperdument amoureux depuis maintenant un peu plus d'un an, n'est autre que mon pire ennemi, Draco Malefoy, hétéro de son état.

Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai dit que j'aime me compliquer la vie ?

Je veux dire, je me suis frictionné la baguette avec ce mec depuis mon entrée à Hogwarts, et un jour, paf ! Mon stupide cœur bat plus fort lorsqu'il me parle, mes joues rougissent lorsqu'il me regarde, mes jambes ne me portent plus lorsqu'il me touche, ma tête tourne lorsque je sens son parfum et ma libido s'embrase au son de sa voix.

Il y a de quoi casser son balai, non ?

Au début, je ne comprenais pas pourquoi il me faisait un tel effet. J'ai cru à un mauvais coup de Malefoy. Il m'aurait jeté un sort ou empoisonné pour mieux m'humilier que ça ne m'aurait pas étonné outre mesure. Et puis, entre nous, c'était la conclusion la plus sensée.

Mais quelque soit le contre-sort que j'usais, quelque soit l'antidote que je prenais, ça ne passait pas.

J'ai fini pas en parler à mon parrain, perturbé que j'étais. Sa conclusion a été aussi simple que terrifiante : j'aimais Draco Malefoy.

Franchement, ç'en serait risible si ce n'était pas si pathétique. Il y a un mec sur cette terre dont je ne dois pas tomber amoureux, et ben bang ! Je lui courre aussitôt après. Le pire, c'est que je me suis rendu compte de mes sentiments quand Malefoy s'est mis à m'ignorer totalement, au début de notre sixième année.

A ce moment-là, rien n'allait plus pour lui. Son père avait été l'un des instigateurs de l'attaque du Ministère, reconnu comme partisans de Voldy et emprisonné à Azkaban. Malefoy m'avait promis que j'allais payer pour ses malheurs étant donné que j'étais le responsable directe de l'emprisonnement de son père et de la disgrâce en résultant pour sa famille. Bien sûr, le fait que son paternel ait tenté de me tuer n'était pas une circonstance atténuante à ses yeux.

A ce moment-là, je ne savais pas encore que je l'aimais. Bénie soit cette période de grâce !

Durant tout l'été, je m'étais préparé mentalement et physiquement à une guerre sans merci contre Malefoy. Je m'étais fait plein de films se terminant toujours par une bataille titanesque entre le Serpentard et moi, où je finissais toujours vainqueur et la fouine à ma merci. J'aurais du me douter, vu la qualité plutôt douteuse de certaines scènes, que je partais déjà en couille !

Mais à la rentrée, rien, nada, nothing.

Malefoy ne faisait même pas attention à moi. Il semblait avoir d'autres préoccupations. Ca m'a fait un choc. Le fait qu'il m'ignore m'était totalement étranger et dérangeant. Le plus énervant, c'est que je ne comprenais même pas pourquoi. J'aurais du être plutôt content qu'il me foute enfin la paix. Ben au lieu de ça, c'est moi qui me suis mis à le chercher. Je l'espionnais, le suivais, à la recherche du moindre indice prouvant qu'il ne m'avait pas oublié, sous couvert de le surveiller au cas où il préparerait un mauvais coup.

J'ai découvert tellement de choses sur lui. Des choses qui m'ont plu sans même que je m'en rende compte.

Cette attention ne semblait pas faire plaisir à Malefoy qui me fuyait le plus possible. Sa haine pour moi grandissait à vu d'œil avec mon acharnement à le débusquer. Ces sentiments tumultueux ont enflé jusqu'à péter un jour.

Le jour où je l'ai découvert, en larme, dans les toilettes de Mimi Geignard, le fantôme pour seul confident.

L'entendre s'épancher ainsi m'a bouleversé. Je ne m'imaginais pas du tout toutes les épreuves qu'il traversait.

Après l'arrestation de son père, son manoir avait été réquisitionné et les Malefoy expulsés sans autre forme de procès. De leur bien, ils ne leur restaient plus que leur compte à Gringotts qui avait été départi d'une bonne somme vu l'amande faramineuse que le Ministère leur avait donné pour possession d'objets illicites – mais le plus dingue, c'était que les Malefoy semblent toujours aussi riche que Crésus. Narcissia Malefoy n'avait échappé à la prison que grâce à l'intervention de Dumby, mais était tombé dans une vicieuse dépression dont elle ne semblait pas s'en remettre.

J'étais désarmé face à ce Malefoy désillusionné par un père qu'il mystifiait et meurtri devant la folie d'une mère qu'il vénérait. Il paraissait alors si vulnérable. Ce Draco Malefoy-là a causé ma perte. Je crois que c'est à ce moment-là que je suis réellement tombé amoureux de lui.

Figé par le désespoir de Malefoy, j'étais resté là, à le regarder pleurer. Ce qui arriva devant arriver, il finit par me repérer.

Là, tout dégénéra.

Il y avait tellement de haine dans son regard, il était si furieux…

Il m'a jeté un Doloris.

Et moi, mon instinct de survie pleinement aiguisé, j'ai riposté d'un sort que j'avais appris dans l'un des nombreux livres douteux que je lisais.

Je me souviens encore de l'expression surprise et douloureuse de Malefoy… du sang mêlé à l'eau se répandant de partout, sur le sol, sur lui, sur moi… de l'inertie de sa main, la pâleur de sa peau, son souffle si faible… et la peur, la peur effroyable qui m'a poignardé le cœur…

Heureusement que Rogue est arrivé à temps. Sans quoi Malefoy serait mort.

Je secoue la tête pour m'enlever cette vision cauchemardesque de l'esprit.

A partir de ce jour-là, ma relation avec Malefoy est devenue distante. Je ne l'ai plus suivit, au contraire même, je faisais tout pour l'éviter. J'avais si honte de mon comportement. Surtout que je m'étais rendu compte que je ressentais autre chose que de la haine pour lui.

Je m'étais renfermé sur moi-même, inquiétant mes amis, jusqu'à ma conversation avec Sirius. Ce dernier m'a tant et si bien remonté le moral qu'à mon retour à Hogwarts, après les vacances de pâques, j'étais aussi pimpant qu'à l'accoutume, même si une partie de mon être était désespérément triste.

Pourtant, ma relation avec Malefoy ne s'arrangeait pas, que ce soit dans un sens amical ou haineux. On ne se cherchait plus, ne se vannait plus, ne se disputait plus. On s'ignorait tout simplement. Jusqu'à ce qu'au final, on finisse par devenir des étrangers l'un pour l'autre.

Oh bien sûr, on ne se connaissait pas avant, mais il se crée un lien entre deux ennemis aussi fort que les liens fraternels. D'ailleurs, ne dit-on pas que la haine est proche de l'amour ? Car malgré l'indifférence que je feins à son égard en public, je l'aime. C'est une chose que je ne peux malheureusement pas changer. C'est pas faute d'avoir essayé, pourtant !

Une fois mes sentiments durement acceptés, je me suis mis en quête d'un autre prince charmant. Parce que bon, Malefoy peut être mortellement sexy et émouvant, il n'en reste pas moins un petit con prétentieux doublé d'une fouine teigneuse, irréversiblement hétéro par dessus le marché. Et comme je ne suis pas masochiste, j'ai préféré me trouver un autre mec.

Le seul problème, c'est qu'aucun des garçons avec qui je suis sorti ne m'a guéri. Et plus je m'acharne, moins j'ai l'impression d'atteindre mon but.

Cela fait maintenant sept mois que j'ai débuté cette investigation et mon corps est toujours aussi imprégné de lui, mon cerveau enregistre toujours une foule de détailles totalement insignifiantes sur lui, et mon âme se meurt un peu plus chaque jour sans lui…

Peut-être que je suis trop exigeant. Jugez-en par vous même…

1) Mon mec idéal doit avoir un regard magnifique – c'est la première chose que je remarque chez un homme.

2) Il lui faut aussi du charme à en revendre, un style inimitable et la classe quoi qu'il fasse ou porte.

3) Je veux qu'il m'inspire un désir ardent mais respectueux – tous les trucs du genre sadomaso, à la poubelle, et pas de dominant ou dominé, non plus, je veux donner mais prendre aussi. Il doit être sensuel, mais pas nympho – j'aime aussi bien qu'il me soit fidèle et ne se jette pas sur la première baguette venue.

4) Mon homme idéal est sensé et sensible, c'est-à-dire qu'il sait faire maintenir l'équilibre entre son cœur et sa raison. Je ne veux pas de ces types caricaturaux qui viennent à l'esprit dès que le mot « gay » est prononcé. Mais je ne veux pas non plus d'un bloque de glace qui me regarderait de haut.

5) Il doit être drôle car j'aime rire. Sans humour toutes les autres qualités ne sont que des chapeaux sans tête à coiffer. Et puis, je veux qu'il soit capable d'un quart d'heure de folie de temps en temps. Les gens raisonnables tout le temps sont en réalité les pires cinglés de la terre.

6) Il faudrait aussi qu'il sache écouter car je ne dis pas que des conneries contrairement à ce que pensent mes amis ; et qu'il sache me contredire car je ne dis pas que des vérités, contrairement à ce que pensent mes admirateurs les plus fanatiques.

7) Il doit avoir de l'estime pour mes qualités et de l'indulgence pour mes défauts. Indulgence pas complaisance. J'ai déjà suffisamment de fans adorateurs comme ça, merci ! J'ai besoin de quelqu'un qui sache me secouer de temps à autre et me replacer le chapeau pour me remette les idées en place.

Bref, il doit être mon fiancé, mon mari, mon amant, mon bouffon et mon meilleur ami.

Franchement, est-ce difficile de me plaire ?

… … …

C'est bon, je me passerais de vos commentaires sarcastiques, merci ! On dirait Nev, pff !

Est-ce que Malefoy remplit ces critères ?

Voyez plutôt…

1) Malefoy a un regard à tomber par terre. Quand il est en colère, on dirait un ciel orageux ; quand il est amusé, ses yeux prennent une teinte bleu azur inimitable ; dédaigneux, ils sont d'un gris métallique scintillant ; froid, ils deviennent presque bleu transparent… Je me demande quelle couleur ils prennent quand ils sont baignés de désir... je ne le saurais jamais, snif… 2/2

2) Une fois de plus, Malefoy remplit tous ces critères. Ce mec a une allure incroyable. Tout en lui n'est qu'élégance et grâce. Il est beau comme un dieu et sexy en diable. Un cocktail explosif ! 2/2

3) Là encore, Malefoy est au top ! Parfois je bande rien qu'en le regardant sourire ! C'est grave, non ? Il a aussi la réputation d'être un super coup… mais je ne pourrais jamais vérifier cette rumeur, snif… 2/2

4) Ce coup si, Malefoy pêche un peu. Bien qu'il soit sensé, il est aussi sensible d'un bloque de glace. Il serait plutôt à mettre dans la seconde catégorie… mais bon, ça c'est qu'avec moi, parce qu'avec sa greluche, il est plutôt tendre… enfin, dans la définition qu'un Malefoy a de la tendresse… et puis, il aime ses parents, malgré leurs tares, donc… 1,5/2

5) Drôle, Malefoy l'est. Il a un humour caustique que j'apprécierais à sa juste valeur, si je n'en faisais pas si régulièrement les frais… enfin ça c'était avant, quand il me voyait encore… 2/2

6) Ben disons que son mode « Ecoute » est panne en ce qui me concerne et que son mode « Casser du Potter » est toujours actif… quoique maintenant, ce serait plus du « Négliger le Potter » qui soit à plein régime… 1/2

7) Bon, vous avez tous compris que Malefoy est loin de me porter des nus et de m'estimer. Mais il remplit parfaitement la seconde exigence. Faite confiance à Malefoy pour me rabattre mon caquet à la premier occasion ! 1/2

Voilà ! Donc ça nous fait une note de 11,5/14. Le plus haut score pour l'instant. Le seul qui s'en approche, c'est Cédirc Diggory, mon premier amant, avec 8/14. Alors imaginez le niveau des autres… Vous comprenez pourquoi je suis désespéré, maintenant ?

A part Sirius, personne n'est au courrant pour mon petit penchant. Pas même mon meilleur ami qui ne me croit absolument pas quand j'affirme être à la recherche de l'homme de ma vie... bon, il a peut-être raison. Si je veux être honnête avec moi-même, je devrais dire que je suis à la recherche du type qui me fera oublier l'homme de ma vie. Mais comme mon honnête est en vacances en ce moment…

Nev prétend que j'aime juste m'envoyer en l'air avec tout ce qui à une baguette entre les jambes. Ce qui est absolument faux puisque je n'ai pas envie de coucher avec lui. Rien que l'idée de l'embrasser me fait changer de couleur. Pas qu'il soit laid, au contraire même, il est plutôt mignon. Mais je le considère comme mon frère. L'inceste, c'est puni, même chez les sorciers !

Comme il ne sait pas pour Malefoy, je lui pardonne ses sarcasmes. Et puis, ce n'est pas comme si j'avais des leçons à recevoir d'un mec qui est amoureux transis d'un gay pur et dur, mais qui n'ose pas lui avouer ses sentiments à cause d'une stupide guéguerre entre Maisons qui n'a d'utilité que de donner un surplus de travail aux profs. Si Malefoy était gay, je lui sauterais dessus à la première occasion sans me soucier de la couleur de sa cravate !

Enfin passons…

Mon problème est donc que j'ai essayé tous les gays potables de mon école – y en a pas tellement, vous savez, je ne m'adonne pas à une vie de débauche comme vos esprits tordus semblent le croire, non mais ! Y a pas marqué « vide bourse » sur mon front ! – et qu'aucun ne m'a laissé de souvenirs impérissables susceptibles d'enlever une certaine fouine de ma tête. Je commence sérieusement à me décourager, là.

Quand je pense qu'il n'y a peut-être pas d'homme capable de remplacer Malefoy dans mon cœur ou que je vais devoir m'exiler sur Mars pour m'en trouver un, je déprime dangereusement.

Quoi, Mars n'est pas habité ? Qu'est-ce que vous en savez, vous ? Les sorciers sont bien sensés ne pas exister, non ? Et toc ! Je vous ai cloué le bec, là ! Nyark, je suis le plus fort ! Héhé…

Enfin passons, ceci n'est pas le sujet de cette fic…

Quel en est le sujet, alors ?

Me dénicher un mec, option « Fouine Teigneuse » de préférence.