Note : Salut à tous et à toutes ! Voilà donc le 2eme chap des winz. Lui n'ont plus n'est pas corrigé (j'ai oublié de l'envoyer à la bêta et mon frérot n'a pas voulu le corrigé, une fois lui a suffit), je pourrais attendre un peu avant de vous le poster mais voilà, la patience n'a jamais était mon fort, dsl. Donc je vous le poste ainsi, bien que j'ai relu au moins 10 fois (et ne j'exagère pas), je suis certaine que c'est encore bourré de fautes, je m'en excuse et vous promet d'envoyer le chap 3 à ma bêta avant de le poster. Bisou

RAR générale : merci à tous et à toutes pour vos review, je suis vraiment très contente que ça vous plaise pour l'instant. Je ne suis pas si la tournure que va prendre la fic va vous plaire, mais j'ai fait de mon mieux pour rendre ça un tentinet drôle. Sinon, les Winz compte 9 chap, mais elle a une suite, qui s'intitulera les Winz 2 (wow trop recherché, le nom !), je compte ainsi faire 7 fic avec pour thème une semaine de vie de nos héros dans le monde des winz. Vous comprendrez mieux en lisant ce chap. Pour l'instant, je n'ai que les 6 1er chap du tome 1, on va dire.Par contre, il peut se passer un certain temps entre 2 tome, car comme certains(es) d'entre vous me l'ont fait remarquer, il ne faut pas que j'oublie mais autres fics, qui avant à la vitesse d'une limace. Sinon le couple principal est Harry/Draco, bien sûr. Mais il y en aura d'autres dont un Balise/ Neville. Bon je vous en dis pas plus car, il faut tout de même concerver un peu de suspens lol. Voilà ! Merci entre à vous tous(tes) vous vos si gentilles review. Bisou !

RAR spéciale pour Artoung : salut ma belle ! Dis-moi tu as trop mangé du moelleux au choco de Baddy ou quoi ? Que de compliments pour moi, j'en suis toute chose holala ! Je dois dire que ta review m'a un peu laissé sur le cul, surtout le passage où tu écris que je suis ton modèle, là je crois bien que j'ai jamais autant rougi de ma vie (heureusement que sur ma belle peau noire, ça ne se voit pas lol). Enfin, ne crois pas que je me plaigne, au contraire même j'en suis ravi (un peu trop même), donc si tu en as d'autres n'hésites surtout pas à me les dire lol Par contre, ne te sens pas obligé de m'écrire une fic juste, bien que je ne dis pas non héhé, mais je ne veux pas que tu crois que je t'écris une fic juste pour en avoir une en retour, non, non je suis totalement incapable d'une chose aussi calculée voyons. Mais si toutefois tu te demande quand me l'offrir, saches que mon anniv tombe le 23 décembre lol Gros bisou ma belle

BONNE LECTURE !!


Trois Balais, à Hogsmeade,

- Encore une fois, ça n'a pas marché, je me lamente avec une moue boudeuse, sans prêter attention aux autres élèves de Poudlard qui nous écoutent sans vergogne.

C'est toujours comme ça, alors…

- Je me demande comment j'ai pu me tromper à ce point sur Corner. Ce mec est tellement prétentieux que Poudlard s'écroulerait sous le poids de son égo !

- Regardez qui parle, se moque un garçon brun à en face de moi.

Lui, c'est Neville Londubat, dit Nev, mon crétin de meilleur ami, celui qui me prend pour un satyre.

- Hey ! Je te ferais remarquer que mon cœur est en mille morceaux, là ! Et toi, tu es sensé me consoler, pas te foutre de ma gueule, je lui rappelle, scandalisé par la désinvolture de mon soi-disant meilleur ami sur mes déboires sentimentaux.

- Excuse-moi si je me trompe, mais c'est toi qui as rompu, et d'une manière plutôt dégueulasse, en plus, souligne sarcastiquement Nev. Je te trouve tout de même gonflé de venir m'emmerder avec tes conneries de cœurs brisées alors que tu as littéralement piétiné celui de Corner.

- Mais je dois me trouver un mec, maintenant ! je larmoies comme si c'est la pire catastrophe du monde.

Nev me regard un instant, sidéré, puis me lance un regard ulcéré.

- J'y crois pas ! Un mec est au bord du suicide à cause de toi et c'est tout ce qui te préoccupe ? se scandalise-t-il. Egoïste !

- Au bord du suicide, au bord du suicide, tout de suite les grands mots ! je minimise en roulant des yeux. Corner s'est déjà trouvé un autre cul à défoncer, alors que moi, je me morfonds dans la nourriture pour oublier ma solitude, je renifle théâtralement.

- Mais bien sûr, lance Nev, pas du tout convaincu.

- Nev, tu pourrais au moins faire semblant de compatir à ma douleur, je m'irrite en lui donnant un coup de pied dans le tibia.

- Ouch ! s'écrie mon ami en se frottant la jambe. Non mais ça va pas, sale brute ?

- Bien fait ! Ca t'apprendras à négliger ton devoir de meilleur ami.

Avec maturité, je lui tire la langue.

- Tu veux vraiment que je m'occupe de ton cas ? grince Nev, une veine palpitant sur le front, sa baguette pointé vers moi.

- Euh…, je fais semblant de réfléchir un instant. Nan ! Ca ira, merci, je répond avec un petit sourire innocent.

Mon air peu impressionné l'agace souverainement. J'aime beaucoup taquiner Nev, vous l'aurez remarqué.

- Ô monde cruel ! Tu peux déchiqueter mon âme de tes doigts glacials désormais, car en ton sein a péri mon aimé ! je m'exclame soudain en une pose dramatique alors qu'une musique poignante à souhait accompagne chacun de mes mots et des roses rouges sorties de nulle part flottent autour moi.

Je sais parfaitement que ma petite mise en scène va irriter encore plus Nev. J'adore le faire sortir de ses gonds ! Héhé, ça ne rate pas !

Il serre sa baguette d'une main tremblante alors que la veine palpitant sur son front double de volume.

- Harry, arrêtes tes conneries, veux-tu ! Tout le monde nous regarde, cingle-t-il, furieux et gêné. Et puis, je sais bien que tu te fiches de Corner comme de ton premier chapeau !

- Ça, je le sais aussi, je lui fait remarquer nonchalamment en me rasseyant.

- Pauvre de moi ! Qu'est-ce que j'ai fait pour supporter ça ? Je suis un brave garçon, pourtant, renifle Nev en secouant la tête d'accablement, une main sur le front.

J'éclate de rire.

- Voilà ta commande, mon chou, annonce joyeusement une femme aux cheveux frisés. J'ai mis une double ration de chantillys et de caramel, confit-elle avec un clin d'œil.

- Youpi ! Voilà une femme qui sait parler aux cœurs des hommes ! je m'exclame, ravi.

- Au ventre, plutôt, corrige perfidement Neville.

- Merci, mon cœur, je remercie chaleureusement Rosemerta, sans prendre cas de la remarque de Nev. Quand à toi, on reparlera de ton manque de soutien plus tard, j'ajoute pour mon traître d'ami, le menaçant de ma petite cuillère.

- En tout cas, cette rupture ne t'a pas coupé l'appétit, note Nev, caustique.

Il fixe mon assiette avec insistance.

- Il ne manquerait plus que ça, tiens ! je jette entre deux bouchées d'une gigantesque crêpe dégoulinante de chocolat, de caramel et de chantillys.

- J'aimerais vraiment savoir comment tu fais pour manger cette horreur. C'est tellement bourré de sucre que ç'en est écoeurant. En plus, tu ne prends pas un gramme. C'est deg ! lance Nev, avec une petite moue dégoûtée.

Chaque fois que je plaque mon copain du moment, je viens aux Trois Balais, manger cette crêpe faite exprès pour moi. Je connais bien la patronne, alors j'ai toujours droit à des suppléments de garniture gratuits. Neville, lui, se contente toujours d'une bièrabeurre et d'une part de tarte aux myrtilles.

Je ne mets pas deux minutes pour finir mon plat et passer à nouveau commande.

- Une gaufre au chocolat, un beignet au pomme, une tarte à la citrouille, un flan, une tarte à la mélasse et une autre crêpe Spécial Harry, please ! je m'écris.

- Ca arrive tout de suite, mon chou ! s'exclame Rosemerta avec un clin d'oeil.

- Merci, mon cœur ! je lui réponds en lui envoyant un baiser.

- Tu va finir plus large que haut, toi, me prédit moqueusement Nev.

- Tu te la joues Trelawney, maintenant ? C'est une reconversion comme une autre, ma foi.

Nev me tire la langue et fait semblant de bouder.

Les autres clients me regardent d'un air sidéré, blasé ou dédaigneux. Il y a plusieurs élèves de Poudlard, dont quelques filles qui gloussent et font des messes basses en me regardant.

Il est là, bien sûr, avec sa salope et les sangsues qui gravitent sans relâche autour de lui. Il me jette un coup d'œil de froide indifférence, avant de se tourner vers ses amis et de faire un commentaire qui les fait exploser de rire.

Se moque-t-il de moi ? Avant, j'aurais dit oui sans hésitation. Mais maintenant, je ne sais plus que penser…

Vous avez remarqué que mon cas est désespéré ? Franchement, faut vraiment être dérangé pour regretter les sarcasmes de Malefoy, tout de même !

- Je commence à me demander si tu ne fais pas exprès de plaquer tes mecs juste pour venir te goinfrer ici, après, raille Nev.

- Tss ! Comme si j'étais ce genre de mec.

Nev me lance un regard franchement sceptique qui me blesse infiniment. C'est mon meilleur ami, on est comme des frères. Comment peut-il avoir une si mauvaise opinion de moi ?

- Putain de bâtard ! Comment tu peux penser une chose pareille ? je siffle soudain en l'attrapant par le col.

Le silence règne dans la salle mais je suis trop furieux pour m'en apercevoir.

- C'est bon, Harry. Je plaisantais. Je sais parfaitement que tu ne ferais jamais ça, m'assure doucement Nev, une main apaisante sur ma joue.

Il me regard d'un air contrit qui trouve la corde sensible de mon cœur. Il me connaît suffisamment pour savoir comment tempérer ma colère. Ne voulant pas céder si facilement, je plisse des yeux et siffle :

- Tu as plutôt intérêt, Londubat ! Je suis peut-être un connard fini mais je ne joue jamais avec les sentiments des autres !

Je le lâche brusquement et me lève. Nev me retient par la main.

- Où tu vas ? s'inquiète-t-il.

- Aux toilettes. Pourquoi ? Tu veux venir avec moi, histoire de voir si je ne dévergonde pas un innocent que pour mieux me goinfrer ensuite ? je réponds avec hargne en me dégageant.

Je m'éloigne vers les toilettes sans attendre la réponse.

- Putain de susceptibilité de merde, soupire Nev, en me regardant.

J'ai sans doute oublié de le préciser, mais je suis un animagus. Une panthère noir, plus précisément. De part ce fait, mes sens sont beaucoup plus aiguisés que la moyenne. Donc j'entends parfaitement le murmure de Nev, surtout avec le silence de mort qui règne autour de nous.

Ah ouais, je suis susceptible, en plus ? Grr, ça va se payer ! Je me retourne d'un coup, le foudroie du regard.

- Tu aggraves ton cas, là ! j'aboie.

Il en sursaute et renverse sa chope de bièraubeurre sur la table et sa robe. Il jure tout en endiguant les dégâts. Moi, j'ai un sourire narquois, très satisfait de ma petite vengeance.

- Bien fait ! je chantonne en lui tirant la langue, avant de disparaître dans les toilettes.

Quand je reviens, la taverne qui était redevenue bruyante, se tut d'une manière fort peu subtile. J'hausse les épaules, snobe tout le monde et me dirige vers Nev d'un pas impérieux. J'ai la classe, je sais !

La modestie ? Jamais rencontré, pourquoi ? C'est une amie à vous ?

Au passage, je surprends le regard de Sexy Fouine Teigneuse sur ma personne qui me laisse perplexe et m'excite légèrement. Si je ne le savais pas si incurablement hétéro, je dirais qu'il me reluque…

Pitié, stupide cœur, ne bat pas si vite ! T'as déjà oublié le passage « incurablement hétéro » ou quoi ?

Je pousse un soupir las et me laisse tomber sur la chaise en face de Nev. Mon ami jette un sort pour nous mettre à l'abri des oreilles indiscrètes, puis me lance un regard incertain. Moi, je ne fais rien pour l'aider et le fixe avec férocité.

Après un moment de ce petit jeu, Nev pousse un soupir et prend la parole.

- Ecoute, Harry, j'ai pas dis ça pour te blesser…

- C'est pourtant ce que tu as fait, je le coupe durement.

- Si tu ne veux pas qu'on pense que tu joues avec tes mecs, alors arrêtes de les considérer comme des objets ! s'énerve Nev.

Bordel, mais il veut vraiment que je lui fende le chaudron, lui !

- Tu es sûr que tu veux arranger les choses entre nous ? Parce que là, c'est mal barré, je souligne avec un calme que je suis trèèès loin de ressentir.

- Ne présentes pas les choses comme ça ! J'ai l'impression d'être en pleine scène de ménage, grimace-t-il.

- Ce que nous n'aurons jamais, je te rassure, je me moque.

- Je me demande comment je dois prendre ça ?

- Comme tu veux.

- On tourne autour du vif d'or, là, soupire Nev. Ecoute, Harry, je suis désolé d'avoir cru que tu jouais avec tes ex. Mais comprends moi aussi. Vu l'attitude que tu as eu avec eux, on ne peut que penser ça.

- Quelle attitude exactement ? je plisse les yeux, pas sûr que la suite va me plaire.

- Putain ! Tu ne t'en rends vraiment pas compte ?

Devant mon air interrogateur, Nev soupire à nouveau, se passant une main nerveuse dans les cheveux.

- Tu traites tes petits amis comme des objets que l'on peut piétiner. Tu les tournes en bourrique, jusqu'à ce qu'ils ne sachent plus où ils en sont. Un coup affectueux, un coup froid. Tu rembarres, puis tu cajoles. Tu blesses puis tu fais l'amour. Tu prends puis tu jettes. Je ne sais pas si c'est consciemment, mais…

- Mais ? je chuchote, blême.

Nev se pince les lèvres, me jette un regard hésitant.

- Mais ? j'insiste plus fermement.

- Quand je te vois avec eux, j'ai l'impression que tu cherches quelqu'un en eux… Mais comme ils ne sont pas cette personne, tu le leur fais payer.

Je suis sans voix. Je dévisage Nev, incapable de me défendre.

Mais n'im-por-te quoi !

C'est quoi cette analyse psychologique à la Lockheart ? Putain je vais l'exploser, meilleur ami ou pas ! C'est tout de même pas de ma faute si tous mes ex ne sont pas comme Mal…

Je me fige soudain. Mon cerveau n'arrive plus à aligner deux pensées cohérentes.

Je tremble car je viens de réaliser que mes seuls critères de sélection en matière de mecs tournent autour de Malefoy.

Depuis combien de temps mon mec idéal est devenu Draco Malefoy ?

Je veux dire, il est celui qui s'en rapproche le plus, mais il lui manque tout de même certaines choses pour être parfaitement à mon goût. Or, je réalise que ce n'est pas mon homme idéal tel que je le conçois que je cherche désespérément depuis sept mois, mais bien un double de Malefoy.

C'est lui qui m'attire en eux. C'est lui que je recherche en eux. C'est lui qui me sépare d'eux.

Je m'affale sur ma chaise, sonné. Je ferme un instant les yeux pour chasser ces stupides larmes qui me prennent en traître.

Putain, je suis trop con !

Comment j'ai pu me mentir à moi-même ainsi ? Je n'ai jamais cherché à oublier Malefoy. Au contraire même, je cherche un clone de lui ! Faut-il vraiment que je sois cinglé pour faire ça ?

- Harry ? Harry ? Est-ce que tu vas bien ? s'inquiète Nev, penché vers moi.

Je me secoue.

- Je crois que j'ai besoin d'un verre, je murmure tout en me rasseyant comme il faut. Je ne savais pas… je me m'en rendais pas compte… p-pourquoi ne me l'as-tu pas dis plus tôt ?

Nev soupire. Il plante son regard dans le mien et je sais qu'il va m'apprendre quelque chose qui va me bouleverser.

- Harry, je sais de qui tu es amoureux et je sais que c'est à sens unique. Tout comme je vois l'acharnement que tu mets à te guérir de cet amour. Je sais à quel point c'est douloureux, étant dans le même cas que toi. Je n'avais tout simplement pas le cœur à te faire des reproches… surtout que j'aurais été très mal placé pour le faire, vu que j'ai fait la même chose à une certaine époque.

Je suis sidéré. Nev sait tout. Nev comprend. Nev me soutient. J'ai vraiment été trop con de le lui avoir caché. Peut-être que j'aurais mieux supporté ma situation s'il avait été là. Ca m'aurait évité de m'embarquer dans certaines relations conflictuelles.

- P-pourquoi tu ne me l'as jamais dis ?

- Que je connais ton amoureux secret ?

J'hoche la tête.

- La question ne serait pas plutôt : pourquoi toi, tu ne m'as rien dis ? souligne-t-il, sans me regarder.

Je ne sais pas quoi dire. Je n'ose plus croiser son regard. Il a raison, bien sûr.

- Je crois que je ne suis pas encore prêt à l'avouer à voix haute, je tente d'expliquer piteusement.

Je l'ai fait une fois avec Sirius. Ca était suffisamment choquant pour me traumatiser à vie. Vous imaginez dire « J'aime Draco Malefoy » à haute voix ? Je peux vous garantir que ça a de quoi perturber un homme. Déjà que quand je le dis en pensée j'ai un frisson d'effroi à chaque fois alors imaginer de vive voix. Non, définitivement, je ne peux pas faire ça.

C'est pathétique, j'en conviens.

- Je suis désolé, je murmure, la tête baissée.

- Ce n'est pas grave. Je peux comprendre ça. On se sent tellement con d'aimer quelqu'un qui ne pourra jamais nous rendre l'appareil. Pas la peine d'ajouter la pitié des autres en plus, n'est-ce pas ?

Ces mots me font mal car trop véridiques, mais ils m'apaisent aussi car je me rends compte que je suis parfaitement compris. J'aurais seulement aimé que cette compréhension ne soit pas due à nos expériences mutuelles. Je n'aime pas voir la tristesse dans les yeux de Nev.

Je lui prend la main et la serre très fort. Il me regard, puis me rend mon étreinte. Nous avons déjà oublié notre dispute et tous les mots blessants qu'on a pu se dire. Un long silence s'installe entre nous, mais il n'est pas pesant.

- Harry, si on allait noyer notre chagrin dans l'alcool ? me propose Nev, au bout d'un moment.

- Voilà une excellente idée, mec ! je m'exclama d'un ton se voulant joyeux.

Nev annule le sort d'intimité et on se lève. Je règle l'addition au comptoir et rejoins Nev à la porte d'entrée de la taverne.

- Harry ! Et ta commande ? hèle Rosemerta, qui vient de sortir des cuisines, les bras chargés de plats.

- Ce sera pour une autre fois, ma belle ! Désolé ! je m'excuse avec un petit sourire contrit, avant de sortir.

Nos pas nous mènent directement à la Tête de Sanglier, où le patron n'est jamais trop regardant à la clientèle. Avant d'y rentrer, on prend tout de même la peine de boire du polynectar. On a toujours une fiole sur nous au cas où. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Prudence est mère de sûreté.

Quand on en ressort, nous sommes chargés de whisky pur feu et autres poisons des neurones. On va à la cabane hurlante et on se défonce comme jamais.

Ou plutôt, je me saoule comme jamais, parce que Nev tient rudement bien l'alcool, le salaud ! Je vous jure, c'est flippant même !

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Je me lève avec une gueule de bois monstre et retourne le dortoir de fond en comble à la recherche d'une potion apaisante, tentant de ne pas m'évanouir à chaque mouvement. Je réveille les autres par la même occasion, mais je m'en fous.

Les souvenirs de la nuit dernière sont assez flous, mais je ne me torture pas trop la tête, vu l'épouvantable migraine qui me harcèle la caboche. Heureusement que c'est un dimanche, parce que je me voie mal assister aux cours dans cet état.

Finalement, c'est Nev qui me tend une potion anti-gueule de bois. Je lui saute presque dans les bras de gratitude et m'empresse de boire goulûment la fiole. Je m'affale sur le lit avec un soupir accablé et attend que la migraine passe.

Nev vient s'asseoir à côté de moi. Il me regarde, amusé. Ce scroutt n'a pas l'air d'avoir souffert du trop plein d'alcool. Enfoiré !

- Hé, les deux alcoolos ! La prochaine fois que vous faites une sauterie, invitez-nous ! râle Seamus qui est toujours partant pour se saouler la gueule.

- C'est promis, Sea-chou, lance Neville en papillonnant des cils.

L'irlandais lui balance son cousin à la figure, grimaçant au surnom horrible. Mais comme il vise comme un cyclope aveugle, c'est moi qui me le prends, évidemment. Je n'apprécie pas vraiment et je contre-attaque. Aussitôt, une bataille de polochon est déclenchée.

Quand nous sortons enfin du dortoir, c'est l'heure du déjeuner. Dès que je mets les pieds dans la grande salle, je comprends que ma petite dispute avec Nev aux Trois Balais a déjà fait le tour de l'école. Avec un haussement d'épaule, je m'installe à la table des Gryffondor, ignorant superbement les messes basses et les regards appuyés lancés dans notre direction.

- Vraiment, ces crétins n'ont rien d'autre à faire que de foutre leur nez dans les affaires des autres ? grogne Seamus.

- Ca leur passera, affirma Dean philosophiquement.

C'est pour ça que je les adore, ces deux-là. De tout Poudlard, ils sont les seuls à ne pas me considérer comme une espèce d'entité divine descendue du ciel pour illuminer la vie morne des simples mortels – outre les Serpentard, bien sûr.

Nev est un cas à part. Vu qu'il est le complice de tous mes délits depuis notre enfance, il ne se fait plus d'illusion sur ma soi-disant sainteté.

- Bon, moi j'y vais, j'ai un devoir de DCFM a faire, j'annonce quand j'ai fini de manger.

- Celui sur les Patronus ? s'intéresse aussitôt Dean.

J'hoche la tête.

- Harry, mon amiiiiie ! s'exclama-t-il en me prenant par l'épaule.

Je lève les yeux au ciel.

- C'est bon ! Pas la peine de me faire ton numéro. Je vais t'aider.

- Je savais que je pouvais compter sur toi, mon pote, renifle faussement Dean, les yeux larmoyant de gratitude.

Nev et Seamus se lèvent aussi, le premier ayant un essai de botanique à travailler et le second voulant profiter de mon illustre savoir en Défense.

Au moment où on va sortir, devinez sûr qui on tombe ? Je vous le donne dans le mil ! Malefoy et sa bande, bien évidemment. Sincèrement, je me serais bien passé de cette rencontre. Surtout quand je vois sa main emprisonnée dans celle de cette connasse de Greengrass.

Il lance un coup d'œil givrant sur notre groupe. Nos regards se croisent, ils s'accrochent. Et là, je la vois.

Cette petite lueur argentée. Celle-là même qui brûlait dans les yeux de Malefoy à chacune de nos altercations passées. Une lueur qui m'était entièrement destinée. Une lueur que je croyais perdue à jamais.

Pendant une fraction de second, j'ai l'impression d'être revenu en arrière, à l'époque où rien n'avait n'importance à part faire plier l'autre. A cet instant, il n'y a que lui et moi. Tout autour de nous a disparu. C'est une sensation enivrant car elle me donne l'impression d'emplir tout son espace, d'être le centre de son univers. Mon cœur se gonfle d'euphorie.

- Draco ? Draco ? appelle Greengrass.

Malefoy cille. Le charme est rompu. La lueur s'éteint.

Il paraît dérouté un instant, puis reprend le contrôle de lui-même. Malefoy ne me voit déjà plus. Cela me saigne le cœur.

Je vais tuer Greengrass ! De quel droit brise-t-elle un si merveilleux moment ? De quel droit l'appelle-t-elle par son prénom ? De quel droit se permet-elle d'être si familière avec lui ? De quel droit vit-elle, cette nympho ? Je vais la tuer !

Malefoy poursuit son chemin, sans un mot, suivit de ses sbires. Greengrass me jette un regard polaire, au passage, que je lui rends avec les intérêts. Non mais elle croit quoi, elle ? Qu'elle m'impressionne ? Pétasse !

Je le regarde s'en aller et je ne peux m'empêcher de reluquer sa chute de rein, magnifiquement mise en valeur par la robe ajustée qu'il porte.

- Ravale ta salive, Ryry, si tu ne veux pas que tout le monde sache tes penchants, me souffle Nev à l'oreille.

Je sursaute et lui lance un regard noir. Il me fait un sourire innocent, le con ! Je vais le tuer, lui aussi !

- Ben alors, on y va ? On attend quoi là ? s'impatiente Seamus.

Je pousse un petit soupir et suis mes amis, me disant que je ferais vraiment mieux de me trouver un mec avant de perdre le contrôle et de sauter sur le Serpentard.

- Ben, il est malade, le Malefoy ? s'interroge soudain Seamus. Je le trouvé bien en reste, en ce moment.

- C'est vrai que depuis le début de l'année, il est royalement discret, remarque Dean, songeur. Non en fait, c'est depuis l'année dernière.

- Maintenant que tu le dis, c'est vrai. Il ne cherche même plus Harry. C'est triste, non ? Quand penses-tu, beau gosse ? me demande Seamus.

Mais trop perdu dans mes pensées, je ne le capte pas.

- Avec tout ce qui lui est tombé sur la gueule depuis l'arrestation de son père, ce n'est pas étonnant, dit Nev, en me jetant un coup d'œil de biais.

Je comprends que je dois dire quelque chose pour ne pas éveiller les soupçons de Dean et Seamus.

- Bah, il a sûrement enfin compris que jamais il ne pourra m'arriver à la cheville ! je me vante, avec une pose théâtrale.

Wow, je suis un putain de bon acteur !

Les autres me fixent un instant, blasés. Ca veut dire quoi, ces regards ?

- Bon, parlons bien, parlons sérieusement : de quoi souffre la fouine, exactement ?

Vexé, je vois mes scélérats d'amis grimper les escaliers menant à notre tour, sans faire cas de moi.

Ah c'est comme ça ? Ben, ils peuvent toujours venir me demander de l'aide pour leur devoir de Def après, na !

Quoi, je suis puéril ? Mais je vous em… bip

Boudeur, je les suis, ne participant pas à la recherche des causes du comportement réservé de Malefoy.

Le reste de la journée passe doucement, ainsi que la soirée. La seule chose qui retient mon attention, est le regard de Malefoy que je surpris régulièrement posé sur moi, tout au long du dîner. Nev l'a aussi remarqué, si bien qu'il a manqué les coups d'œil de Zabini sur sa délicieuse personne. Vraiment très étrange.

Ils nous font quoi là, les Serpentard ? Préparent-ils un mauvais coup ? Dans le doute, restons sur nos gardes. Finalement, peut-être que toute cette mascarade d'indifférence était juste pour nous faire baisser notre garde pour mieux nous entuber. On reconnaît bien là l'esprit tordu des Serpentard.

Donc, vigilance constante, comme dirait Maugrey.

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Classe de DFCM, Hogwarts

- Bravo, Mr Potter. Cinquante points pour Gryffondor, déclare Mr Riddle, le prof de DCFM alors que mon Patronus, un magnifique cerf argenté, se dissolve.

Normal, je suis le meilleur dans cette matière. Et puis, je sais faire des Patronus depuis l'âge de treize ans, alors.

J'échange un large sourire avec mes camarades, satisfait de ce gain de point. Seuls Ron Weasley et Hermione Granger restent renfrognés. Tous deux ont toujours été jaloux de moi.

Weasley me déteste parce que je suis le mec le plus populaire de l'école et que je suis un as au Quidditch. Ben oui, dégommer un terrible mage noir et être sélectionné dans l'équipe de Quidditch à onze ans – une première depuis un siècle – rapportent quelques lauriers. Surtout qu'en tant qu'attrapeur, je n'ai perdu qu'une seule fois ; et encore, c'est parce que d'horribles Détraqueurs ont envahi le terrain – je suis très sensible à ces petites bestioles, voilà pourquoi Remus a tenu à m'apprendre le sort du Patronus si tôt. Weasley sait qu'il ne m'arrivera jamais à la cheville, alors il ne rate jamais une occasion pour me pourrir la vie.

Granger, elle, m'en veut de la battre en DFCM et en Méta, deux des quatre matières où elle n'est pas la première – l'autre étant botanique, le domaine incontesté de Nev et la dernière, les Potions que Sexy Fouine Malefoy maîtrise avec un art consommé. Je ne vois vraiment pas de quoi elle se plaint, vu qu'elle est quand même la première de notre année, malgré ses secondes places dans ces matières principales. Cette fille est une aliénée des études, raison pour laquelle tout Poudlard se demande ce qu'elle fout à Gryffondor. Je pense que Serdaigle l'aurait bien mieux convenu, mais bon, les voix du Choixpeau sont impénétrables.

Les Serpentard aussi ne sont pas très contents, rivalité entre Maison oblige. Ils me lancent de méchants regards, auxquels je réponds par un clin d'œil moqueur. Ils se rembrunissent et montrent des dents. Je me retiens in extremis de ricaner.

- Hey, vous ne savez pas la nouvelle ? chuchote soudain Parvati Patil, d'un air de conspiratrice, en se penchant sans façon vers moi.

Son amie, Lavande Brown, glousse comme un gnome. Elles sont assises juste devant Nev et moi. Je m'éloigne un peu d'elle, supportant mal son parfum. Un truc entêtant et sûrement très coûteux, qui a le don de me donner mal au crâne.

Je jette un coup d'œil au prof, pour m'assurer qu'il ne regarde pas vers nous. Il est en train de s'occuper de Weasley qui a des problèmes avec sa baguette. Celle-ci dégage une fumée noire tout à fait inquiétante. Granger, par contre, nous surveille du coin de l'œil, la bouche pincée. En voilà une qui ferait définitivement mieux de s'occuper de ses fesses !

- Quoi ? demande distraitement Nev, perplexe devant la minuscule boule informe que sa baguette vient de pondre.

- Malefoy et Greengrass ont rompu.

Bien que mon cœur fasse un triple salto dans ma poitrine, j'hausse calmement des sourcils, sceptique.

Ces deux-là sortent ensemble depuis sept mois maintenant – depuis notre altercation dans les toilettes de Mimi Geignarde, en faite. Du jour au lendemain, ils sont devenus inséparables. Hier encore, ils se dévoraient la bouche dans le parc comme les veracrasses avalent leur casse-croûte. Alors, j'ai un peu de mal à croire qu'ils aient soudain cassé.

- Ah ouais ? Qui t'a dis ça ? je demande, faisant bien attention de ne pas paraître plus intéressé que nécessaire.

- On a entendu Parkinson et Bulstrode en parler dans les toilettes, répondit-elle.

- Pfff ! C'est de l'intox, ton histoire. Parkinson n'accepte pas que Greengrass lui ait soufflé Malefoy sous le nez. C'est sa jalousie qui parle, j'énonce dédaigneusement.

- Mais il y aurait déjà eu des frictions entre eux. Ils se seraient violemment disputés dans la salle commune des Serpentard, contre Parvati avec véhémence.

- C'est là qu'on voit que c'est n'importe quoi. Franchement, tu vois Malefoy laver son linge sale en public, toi ? je réplique paresseusement.

Ma propre logique me démoralise. C'est elle, en grande partie, qui m'empêche de me leurrer sur une quelconque relation avec Malefoy, autre que haineuse bien sûr.

Parvati ne sait plus quoi dire. Faut avouer que mon argument est imparable. Malefoy n'est définitivement pas le genre à faire un scandale en public et je vois mal cette statue de Greengrass faire un esclandre.

Cette fille était aussi vivante qu'une porte de prison. Depuis six ans que je suis ici, je ne l'ai jamais vu ne serait-ce que soupirer. Enfin, pas que je m'intéresse à elle, non plus. En fait, je l'ai remarqué que depuis qu'elle sort avec Malefoy. Poufiasse !

- Je ne crois pas que ce soit de l'intox, Harry, intervint Dean.

Lui et Seamus sont juste derrière nous.

- Padma m'a rapporté un fait similaire. Apparemment, les deux tourtereaux auraient continué à la réunion des préfets d'hier soir, ce qu'ils avaient démarré dans leur salle commune. Greengrass l'aurait accusé de la tromper avec un mec et Malefoy l'a traité de timbrée bonne à enfermer à St Mangouste.

- Ah, tu vois ! triomphe aussitôt Parvati. Comment ça se fait que Padma ne m'a rien dit, à moi ? Je suis sa sœur, tout de même ! s'indigna-t-elle, perdant son sourire.

Cette confirmation me donne le vertige. Ce pourrait-il que… Pep, pep, pep ! On ne s'emballe pas ! On se calme et on réfléchi posément. Il y a quelque chose qui me dérange dans tout ça… ah ben oui, c'est vrai !

- Comment ça se fait que je ne sois pas au courrant, alors ? je fais remarquer.

Je suis le préfet des Septièmes Années de Gryffondor. Si une telle chose s'était déroulée lors d'une réunion, je ne l'aurais pas oublié, je peux vous l'assurer !

- Peut-être parce que tu as zappé la réunion en question, me rappelle sarcastiquement Nev.

- Ah oui, c'est vrai, j'ai séché.

Trop crevé après mon cours privé de DFCM, alors je suis allé directement me coucher. Je ne me sens pas plus repenti que ça d'avoir manqué la réunion des préfets. Par contre, je me mords les doigts d'avoir raté la potentielle rupture de Malefoy et Greengrass.

- Mais franchement, avec toutes les personnes responsables à sa portée, pourquoi Dumbledore a choisi un je-m'en-foutiste comme toi pour préfet ? se concerne Seamus en secouant la tête.

- Plaints-toi ! T'es bien content quand c'est moi qui te surprends à forniquer dans les coins sombres du château, après le couvre-feu, je rétorque sèchement.

Non mais oh !

- Ca va, j'ai rien dis !

- Moi, ce qui m'étonne, c'est que McGo ne te sois pas tombée dessus à la première heure, ce matin, dit Dean.

- Que veux-tu, mec, c'est ça d'être irrésistible ! je ricane, très satisfait de moi.

- A ta place, je m'en venterais pas parce que si McGo te trouve irrésistible, t'as vraiment de la bile à te faire, se moque Nev, à travers un espèce de cafard géant blanchâtre – si c'est la forme finale de son Patronus, je compatis sincèrement.

Je m'étrangle de dégoût à la seule pensée que cette vieille chouette de McGonagall puisse avoir des vues sur moi, alors que Dean et Seamus ricanent comme des orcs.

- Messieurs, je ne crois pas que les choses informes sortant de vos baguettes puissent être qualifiés de Patronus. Alors vous me ferez le plaisir de vous appliquer un peu plus à la tâche au lieu de discuter. Mr Potter, cessez de perturber vos camarades. Tout le monde n'est pas aussi doué que vous, alors laissez-les travailler.

On prend des airs coupables de circonstance et on se remet au travail, sous les sourires narquois des Serpentard. Tss ! Bande de basilics !

Au bout de cinq minutes, je m'ennuie déjà. C'est vraiment trop facile ! D'habitude, le professeur Riddle a toujours un travail plus poussé à me donner durant les cours classiques. Mais là, il n'a pas eu le temps de me faire un programme spécifique.

De toute façon, j'ai d'autres choses en tête pour l'heure. Je détaille discrètement Malefoy, mon regard acéré notant tout ce qui pourrait trahir une dispute avec sa bien-aimée. Mais je ne trouve rien. Il est impeccable, pas de cerne sous les yeux, pas d'air triste, pas de coup d'œil vers Greengrass. Rien.

Je l'analyse alors, elle. Et là, c'est beaucoup plus parlant.

Elle semble avoir pleuré toute la nuit. Elle a même la mine de papier mâché des personnes se réveillant avec une gueule de bois monstrueuse. Son regard ne quitte pas le dos de Malefoy, de ce fait, elle se fait souvent reprendre par le prof.

J'en reste sur le cul ! C'est bien la première fois que je vois la Serpentard si transparente. J'en viens même à me demander comment je n'ai pas remarqué son désarroi plutôt.

Quelque chose dans ma poitrine s'enflamme. Se pourrait-il que le couple le plus glamour de Hogwarts batte de l'aile ? Je me réprimande aussitôt car même si cette rumeur est vraie, Malefoy ne sera de toute façon jamais à moi.

Je pousse un soupir las et tente de penser à autre chose, pour ne pas déprimer complètement. Mais n'ayant rien à faire, je m'ennuie ferme et mon esprit vagabonde souvent du côté des verts et argents.

De tout le cours, la seule chose qui est venu détourner mon attention de l'affaire Malefoy/Greengrass, est Weasley qui a astucieusement… euh, je veux dire, malencontreusement cramé la paillasse de Granger, en s'acharnant un peu trop sur sa baguette.

A la fin du cours, le prof me retient pour m'avertir qu'à partir de semaine prochaine, les horaires de mes cours avancés de DCFM changeront. De tout Hogwarts, je suis le seul à avoir le niveau pour ces cours particuliers et j'en suis plutôt fier.

Tom Riddle est le prof le plus jeune de Hogwarts. Il est très sévère dans ses cours, mais en dehors de la salle de classe, il est plutôt cool. Il a eu le poste durant ma 6ème année et a aidé à enfermé bon nombre de Mangemorts s'étant évadé d'Azkaban à la fin de ma 5ème année. Il m'a même sauvé la vie.

C'est le meilleur prof de DFCM qu'on est eu, avec Remus. Quand il a vu mon niveau, il a aussitôt demandé la permission au directeur pour me donner des cours particuliers. Il m'a appris tellement de chose en seulement une année que je n'arrive toujours pas à y croire.

Il prend son métier très à cœur et est passionné par ce qu'il fait. Parfois, c'est même un peu effrayant de l'entendre parler des forces du mal. On a l'impression qu'elles le fascinent. Pour quelqu'un sensé nous apprendre à nous en défendre, c'est tout de même un peu flippant. Mais bon, il est super beau, alors on lui pardonne ce travers.

Comment ça, mes critères de jugement sont totalement futiles ? Non mais oh, je vous permets pas !

- Draco, il faut que je te parle !

Je vois avec un sentiment assez difficile à décrire, Greengrass courir derrière le Serpentard. Elle l'attrape par le bras pour le retenir.

- On a plus rien à se dire, jette le blond, glacial, en se dégageant.

Alors c'est vrai ! Ils ont vraiment rompu ! YOUPI !

Comme quoi le malheur des uns fait vraiment le bonheur des autres…

- Draco, s'il te plait…, supplie presque la Serpentard.

- Ne te rends pas plus ridicule que te ne l'es, Greengrass. Tu fais honte à tes couleurs, cingle Malefoy, méprisant.

Très pâle, elle fait un pas en arrière comme s'il l'a giflé. Je la plaindrais presque si je n'étais pas si content de la voir se faire rembarrer ainsi.

- Comment oses-tu me jeter ça à la figure ? Comme si toi, tu te comportes en digne Serpentard ! Tu t'es amouraché de ce sang…

- Greengrass, réfléchis bien à ce que tu vas dire, la coupe durement Malefoy.

Moi, bien sûr, je ne suis pas intimidé, mais je comprends que la Serpentard hésite à finir sa phrase, bien que j'en meurs d'envie. Parce qu'elle vient de lâcher une bombe, la Greengrass. Elle a dit « ce » et non « cette ». Au masculin donc.

Cela laisse entrevoir des perspectives follement alléchantes que même mon côté raisonnable ne peut effacer. Mon cœur, lui, en est déjà à la couleur de la tapisserie de la chambre des enfants. Il va peut-être un peu vite en besogne, vous ne trouvez pas ?

- Potter, je te déteste ! Tu aurais du mourir avec ta sang-de-bourde de mère et ton crétin de père ! me hurle soudain Greengrass en me fixant avec haine.

Je suis si sonné que je ne réplique même pas. De toute façon, elle ne m'en laisse pas le temps, la garce. Elle s'enfuit déjà en pleurant.

Quelqu'un peut m'expliquer ce que je viens faire dans l'histoire, moi ? Parce que j'aimerais bien savoir les raisons de tant de haine avant de trucider cette pétasse.

- Harry ne fais rien d'inconsidéré ! me retient Nev alors que je vais m'élancer à la suite de la Serpentard. Elle ne mérite vraiment pas que tu finisses à Azkaban.

Je me dégage furieusement, mais je ne la suis pas.

- Malefoy, la prochaine fois que tu jettes ta pétasse du moment, fait en sort de ne pas me mêler à vos histoires ! je crache avant de partir d'un pas furieux.

Craignant que je chope Greengrass dans un coin sombre et lui règle son compte, Nev ne me quitte pas de la journée. Ce qu'il peut m'énerver !

- Putain, Nev ! Tu veux venir me la tenir pendant que tu y es ? j'explose, quand il me suit aux toilettes.

- Je passe mon tour, merci. Mais peut-être que Malefoy est intéressé. Quand dis-tu, la fouine ?

Il regarde par dessus mon épaule. Je me retourne d'un coup et voit le Serpentard juste derrière moi. Il est accompagné de Zabini. Ils nous regardent étrangement. Quoi ? On a des verrues sur le nez ?

- Londubat, à l'avenir, tu me feras le plaisir de t'étrangler avec ces genres de fadaises avant qu'elles ne franchissent le seuil de ta grande gueule, rétorque Malefoy, polaire.

Il sort des toilettes en me bousculant, suivit de son acolyte.

- PUTAIN MAIS QU'EST-CE QU'ILS ONT TOUS AUJOURD'HUI ?! ET TOI, QU'EST-CE QUI T'AS PRIS DE DIRE CA ?!

- T'avais pas une envie pressante ? me rappelle flegmatiquement Nev.

Y a pas un mage noir dans le coin à dégommer ? Non, parce que là, je crois que je vais sérieusement tuer mon meilleur ami !

Au final, la nouvelle que Greengrass s'étant fait brûler la moitié du visage par du pus jaunâtre, malodorant et acide, durant son cours de botanique, m'a tellement réjouis que j'ai abandonné toutes idées d'assassinat sur la personne de Nev. D'après lui, elle en a pour deux semaines de souffrance avant que ça ne guérisse. Bien fait !

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Classe de métamorphose.

C'est le dernier cours de la journée. Ouf ! J'aurais préféré que ce soit Histoire de la Magie, comme ça j'aurais pu discuter en tout impunité avec Dean ou finir ma nuit. Mais, j'ai abandonné cette matière soporifique.

Binns, le prof d'Histoire de la Magie, est un fantôme ayant une méthode pédagogique aussi efficace que la Goûte de la Mort. Si on a la chance de ne pas dormir au bout des trois premières minutes de cours, on peut faire ce qu'on veut sans qu'il s'en rende compte.

Avec la McGo, impossible d'échanger un mot sans qu'elle nous saute dessus. Argh ! En plus, le cours d'aujourd'hui n'est pas franchement passionnant. Cours rhétorique sur la transmutation. C'est d'un ennuyeux !

Moi, je sais tout sur le sujet, vu que mon parrain m'a aidé à devenir animagus. Surtout, ne pas le dire à Mumus ou il nous trucide. Il est effroyable, Remus, quand il est en mode « mage noir », surtout avec ses gènes lycans.

En plus, Nev étant une véritable nullité en Métamorphose, il s'est vu contraint d'abandonner cette matière après ses BUSE. C'est le seul cours où on n'est pas ensemble. Tss, il ne pouvait pas bosser un peu plus sa Méta, ce pauvre con ?

- Mr Potter, un peu d'attention, je vous prie, me réprimande sèchement McGo, qui n'apprécie pas de voir son meilleur élève dandiner de la tête sur son bureau.

- Excusez-moi, professeur, je dis, faussement contrit.

Est-il besoin de préciser que je n'écoute absolument pas la prof. Je regarde pensivement par la fenêtre, songeant aux événements de la semaine. Je n'arrive toujours pas à réaliser que Malefoy et Greengrass aient rompu.

Cette nouvelle a déclanché une véritable émeute chez les filles, toutes heureuses du retour sur le marché des célibataires d'un des plus beaux mâles de l'école. Toutes ont rivalisés ingéniosité pour capter son attention, en vain. Elles se sont heurtées à un mur de glace. Il a décliné toutes les propositions, se montrant plus ou moins coupant selon le degré d'insistance.

Quelques garçons ont eu aussi la témérité de lui déclarer leur flamme, tous galvanisés qu'ils furent par le pouvoir du « ce ». Seul un regard écrasant de mépris les a accueillies. Cela en a refroidi plus d'un, dont moi, je dois bien l'avouer. Le courage de Gryffondor ? En vacances. Je ne suis pas stupide au point de tendre le cou pour me faire mordre !

Il y a aussi le comportement étrange de Malefoy à mon égard. J'ai l'impression qu'il m'espionne. Je sens parfois son regard sur moi, mais dès que je lève les yeux vers lui, je constate qu'il ne me prête absolument aucune attention. Pourtant, je suis sûr que c'est lui. J'ai ce frisson étrange et familier qui me parcourt le corps à chaque fois que je me sens observer. Un frisson qui, au même titre que la lueur argentée dans les yeux de Malefoy, appartient à notre rivalité passée.

Qu'est-ce que ça signifie ?

J'en sais strictement rien.

Nev a une théorie assez pertinente qui demande à être étudiée et qui emballe mon cœur comme c'est pas permis. Le fait que j'y sois pour quelque chose dans la rupture des deux Serpentard, ne serait pas étranger au curieux comportement de Malefoy.

Hum, hum… je ne sais pas trop si je dois embrasser ou taper Nev pour me donner tant d'espoir. Parce que franchement, rien ne prouve que j'y sois pour quelque chose dans leur rupture. Greengrass s'est sans doute montée la tête toute seule.

Il faudrait que j'en aie le cœur net. Mais comment ? Je ne peux pas aller voir Malefoy et lui dire : « Hey, c'est vrai que c'est à cause de moi si t'as cassé avec ta pouf ? T'as pas résisté à mon petit cul sexy, avoue ! ». Je ne peux pas demander à Greengrass étant donné que Pompom l'a plongé dans un sommeil long duré pour qu'elle ne sente pas la douleur causée par ses brûlures. Que faire, alors ?

Je soupire à fondre l'âme. Je pose ma tête sur mes bras rempliés sur la table et me permets, pour une fois, de rêve à un avenir où je serais le centre de la vie d'une petite fouine vénéneuse….

- MR POTTER !

Je sursaute alors qu'un truc dur heurte rudement mon crâne. Je me frotte la tête en grimaçant de douleur, avale une quantité suspecte de particules blanches – pourquoi il y a de la poussière de craie sur ma tête ? – et tousse comme ce n'est pas permis, sous les ricanements de la classe.

- Kof, kof… Vous m'avez… kof, kof… fait mal… kof, kof… professeur ! je m'indigne entre deux quintes de toux tout en enlevant la craie de mes cheveux.

McGo a l'air sur le point de manger son chapeau. Elle ne se remet apparemment pas de mon insolence.

- Voilà qui va vous coûter une retenue et 20 points en moins, Potter ! beugle-t-elle, à la limite de me balancer un Impardonnable à la figure. Maintenant, suivez le cours ou je vous expulse !

Putain, elle fait chier, cette méduse ! Encore un peu et je m'étouffais ! En plus, elle me colle ! Les points, je m'en fous, je peux facilement les rattraper, mais la retenue, merci bien ! Encore une soirée gâchée, fait chier ! Vieille peau de dragon ! Pfff !

Je rumine tout en me jetant un sort discrètement pour me nettoyer les cheveux. Je passe le reste du cours à bouder, sans même prendre une note de ce que piaffe la vieille ogresse.

Ce qui me déride un peu, c'est le sourire narquois qui fleurit sur les lèvres de Malefoy alors qu'il me regarde. Ca fait si longtemps que je ne l'ai pas vu, ce sourire. J'en suis tout retourné.

Putain, c'est grave ! J'en viens à adorer que Malefoy se foute de moi. Je suis atteint, c'est confirmé maintenant. Pauvre de moi ! Je me retiens limite de me prendre la tête dans les mains, en signe d'accablement.

Quand la sonnerie annonce enfin la fin du cours, je n'ai toujours pas décoléré contre McGo. Je range rapidement mes affaires et suis le premier à sortir de la salle.

- J'le crois pas ! Une vraie harpie, la McGo ! Pas étonnant qu'elle finisse vieille fille ! je grince.

Dean se fout joyeusement de ma gueule.

- Moi, ce que je n'arrive pas à croire, c'est que tu te sois endormi en plein cours de Méta. Avec McGo comme gardien de prison, faut le faire, tout de même, glousse Dean. Si au moins, tu étais discret. Mais non ! Tu marmonnais si fort que même la prof t'a entendu.

Comme par hasard, on rencontre Seamus et Nev au détour d'un couloir. Curieux, ils interrogent Dean sur son hilarité. En moins de deux, toute l'histoire est divulguée. Ils se pissent dessus de rire, bien entendu. Argh, je les hais !

- Trop fort, Harry ! me félicite Seamus.

Celui-là, il va se prendre un Avada dans les dents, il va rien comprendre !

- C'est pas ma faute si j'ai pratiquement pas dormi la nuit dernière, je marmonne pour le regretter aussitôt.

- Ah ? Tu as fait quoi ? s'enquit aussitôt Seamus, en me prenant par l'épaule.

- Et avec qui surtout ? renchérit Dean tout aussi curieux, m'empoignant de l'autre côté.

- Ca ne vous regarde pas, je décrète, en me dégageant.

Je me vois mal leur dire que l'attitude de Malefoy m'a tenu éveillé jusqu'au petit matin. Sûr que là, je leur couperais l'envie de rire, à ces scroutts !

- Oh ! Allez Ryry, fait pas ta timide, insiste Seamus.

Nev me jette un coup d'œil de biais. Je suis sûr qu'il a tout deviné.

A ce moment-là, Malefoy, Zabini, Goyle et Nott nous dépassent. Ils nous ignorent, mais quelque chose dans le maintient de Malefoy me dit qu'il a tout entendu. Je me raidit, pas sûr de savoir comment interpréter cette information. Car quelque soit cette explication, elle n'est pas saine pour mon esprit.

- Dites, les gars, si on se faisait un karaoké, ce soir ? propose Nev. On pourrait réunir l'AD ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

L'AD, Armée de Dumbledore, est un groupe d'élèves que j'ai réuni pour combattre la répression du professeur Ombrage, une saloperie de crapaud envoyé par Fudge, quand il tentait de destituer Dumbledore de son poste durant ma 5ème année. Résultat, c'est lui qui a perdu le sien.

On voit à quel point Dumby est influent, quand même. Fudge a beau être un crétin, il était comme même le Ministre de la magie – on comprend mieux maintenant pourquoi tout allait si mal dans ce pays !

Pour la petite histoire, Ombrage utilisait des méthodes plus qu'abusives pour maintenir l'ordre, et bradait sur les cours de Def qu'elle jugeait totalement inutile – pour le prof enseignant cette matière, c'était tout de même un peu gonflé ! Comme mes amis se plaignaient tout le temps qu'ils allaient rater leur BUSE à cause des méthodes de cet horrible crapaud, j'ais proposé de leur donner des cours privées.

Ce qui ne devait être qu'un petit groupe de Gryffondor désireux de réussir leurs examens, c'est transformé en un clan incluant des élèves de toutes les maisons, sauf ceux de Serpentard, qui s'étaient mis au service d'Ombrage dans la Brigade Inquisitrice. Après le renvoie de cette dernière, on est devenu une bande d'amis qui aime faire la fête ensemble.

- Excellente idée ! approuvent les deux comparses. On se charge de prévenir tout le monde. Vous, vous vous occupez des boissons et de la bouffe.

Sur ce, ils nous fourrent leurs affaires dans les bras et dévalent les escaliers. Dès qu'il s'agit de fiesta, c'est deux-là oublieraient même leurs mères ! Tss !

Je remercie silencieusement Nev pour avoir détourné l'attention de Dean et Seamus. Mais je me renfrogne bien vite. Je n'ai vraiment pas la tête à faire la fête, en ce moment. Je pousse un soupir tragique.

- Il faut savoir faire des concessions dans la vie, cher ami, me lance Nev en me tombant dessus.

Comme d'habitude, il a parfaitement deviné mes pensées. C'est inquiétant cette faculté qu'il a à lire en moi, non ?

- Putain, vire de là ! Tu pèses une tonne ! je grogne.

- C'est comme ça que tu me remercies ? Ingrat ! bougonne Nev, faussement vexé.

J'hausse les épaules et reprends mon chemin. Nev me suit en rouspétant contre les héros capricieux et égoïstes. On dépose vite fait nos sacs de cours et quittons la tour des Gryffondor, la carte du Maraudeur dans ma poche et la cape d'invisibilité de mon père sous ma robe.

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Le lendemain, je me réveille avec la bouche pâteuse et la gorge irritée d'avoir trop chanté. Les dards de scroutts trouant ma tête de part en part, me rappellent que je me suis encore bourré la gueule. Promis, c'est la dernière fois que je me saoule !

Cette fois, je n'ai pas besoin de retourner le dortoir pour une potion anti-gueule de bois, celle-ci se trouve sagement posée sur ma table de chevet. Merci Nev !

J'avale la potion d'un trait et me rallonge précautionneusement en attendant que les effets se fassent sentir. Je laisse mon regard airé dans le dortoir et remarque que Dean et Seamus sont tous les deux endormis sur le lit de l'irlandais en une position vraiment louche. J'esquisse un sourire, m'imaginant déjà la scène plus qu'embarrassée qui va en résulter quand ils se réveilleront.

Nev, lui, a tiré les rideaux de son lit, ce qui fait que je ne peux rien voir. Mais mon petit doigt me dit, qu'une fois de plus, la Sainte Patronne des Gueule de bois l'a épargné. Grr !

Au cas où vous voudriez le savoir – et même si vous ne voulez pas savoir, en fait… non mais oh, c'est encore moi le narrateur de cette fic, je raconte ce que je veux, na ! –, la soirée karaoké a été une réussite.

La bouffe et les boisons – résultat de notre petite virée à Hogsmeade, à Nev et moi – étaient en abondance, la musique géniale, et tout le monde s'est égosillé allègrement à tour de rôle sans se prendre au sérieux. On s'est amusé comme des petits fous et l'ambiance était super. Seamus et moi avons même formé un duo de choc sous les encouragements endiablés de la foule en hilare.

Je me suis vraiment éclaté et Malefoy m'est complètement sorti de la tête durant cette soirée. Ca m'a fait du bien, je dois le reconnaître.

- Aaargh !!

- Putain de bordel de merde !!

Ca, c'est Dean et Seamus qui viennent de se rendre compte qu'ils ont dormi dans les bras l'un de l'autre, en une posture plus que compromettante. J'éclate de rire parce que franchement, ils font une tête impayable.

- Bordel ! Mettez-là en sourdine ! grogne Nev de son lit.

Voyant que son ordre nous est complètement passé au travers – Dean et Seamus se dévisagent toujours avec une expression choquée et moi, je me bidonne tellement que je vais finir par tomber du lit –, il s'extirpe du lit avec rage et s'enferme dans la salle de bain, non sans nous avoir foudroyé du regard.

Au passage, il a ôté d'un sort les quelques vêtements couvrants encore nos amis, ce qui fait que ces derniers ont littéralement fait un bond de trois mètres accompagné de cris très peu viriles et se sont lamentablement cassés la gueule par terre. Quelle basse vengeance ! C'est à Serpentard que Nev aurait du atterrir !

Moi, je ne peux que pouffer davantage, en me tenant le ventre de douleur. Je vous jure, je ris tellement que je suis en train de me faire les abdos pour trois semaines !

Quand Nev reviens dans la chambre, la situation a un peu évolué. Dean et Seamus s'affairent chacun de leur côté sans oser se regarder. Bien qu'ils fassent tout pour l'éviter, ils se frôlent de temps à autre par inadvertance et alors, ils sursautent gauchement, avant de baragouiner moult excuses entremêlées et de rougir lamentablement.

Et moi, je suis sujet à des tremblements convulsifs, me meurtrissant la lèvre inférieure pour me retenir de rire.

Nev lève les yeux au ciel et nous presse de finir de nous préparer. Mine de rien l'heure tourne. Déjà qu'on a sauté le petit déjeuner, il ne manquerait plus qu'on manque le déjeuner. Il ne faut pas oublier la réunion avec la prof d'Etude des Moldu, qui aura lieu juste après manger.

Mme Sinistra, la prof en question, est une moldue dont le mari enseigne l'Astronomie. A la fin de la guerre contre Voldy, cette matière est devenu obligatoire jusqu'en 5ème année. C'est Dumby qui y a tenu, arguant que mieux connaître les moldus éviterait la naissance d'un autre Voldy. Si l'idée a été adoptée avec réticence, elle a tant amélioré les relations sorcier/moldu qu'au final, Dumby a encore récolté plein de lauriers. Wow quel homme !

Attention, j'aime beaucoup Dumby, mais sa perspicacité et sa sale manie de foutre son nez partout m'horripilent parfois… souvent, en faite… j'irais même jusqu'à dire, à chaque fois que je vois son petit sourire amusé et ses yeux pétillants… c'est-à-dire tout le temps… mais j'adore son phénix…

Pour en revenir aux moldus, bien entendu, il y a toujours des cas irrécupérables qui ne veulent absolument rien avoir à faire avec eux et se croient supérieurs juste parce qu'ils tiennent une baguette à la main. Généralement, ces extrémistes portent les étiquettes « Sang pur » et « Serpentard ». Rien de nouveau, quoi !

Etude des moldus est la seule matière où les Serpentard, Malefoy en tête, sont fiers d'avoir de sales notes. Ahlala, tant de mauvaise volonté ! C'est à soutenir Rusard dans sa campagne pour réinstaurer les châtiments corporels à la place des retenus !

- A ton avis, pourquoi elle a convoqué tous les Septièmes Années ? demande Seamus en louchant sur les seins d'Eloise Midwidgeon, dont le décolleté révèle plus qu'il ne couvre. J'espère qu'elle ne va pas nous faire bosser. On est samedi, tout de même !

Si l'irlandais adore la teufe, il déteste faire des heures sup pour le travail scolaire. On le comprend ! Qui voudrait passé son samedi après-midi enfermé dans la bibliothèque avec de gros pavés poussiéreux ?... Bon, à part Granger, évidemment.

Là, on attend la prof dans la grande salle. Toutes les autres années sont parties sauf la Septième. Même les professeurs sont sortis. Mais Rusard nous surveille, une moue dégoûtée sur son visage hideux. Il règne un brouhaha pas possible et ma courte nuit me rappelle bien vite à elle.

- Je ne crois pas. Sinon, il n'y aurait pas les élèves qui ne suivent pas ses cours, dit Nev.

Au moment où je vais piquer du nez, Mme Sinistra entre enfin. Elle travers la salle de son pas énergique et nous fait face avec un grand sourire.

- Bonjour à tous ! Je vais d'abord faire l'appel pour voir si tout le monde est là.

- Ca sens pas bon, cette histoire. J'avais prévu d'aller faire un tour dans la Forêt Interdite, moi, soupire Nev.

- Pourquoi faire ? je demande, sortant de mon état comateux.

- Des herbes à cueillir.

Nev va souvent dans la forêt chercher des plantes pour Mme Chourave. Moi, je l'accompagne à chaque fois. Mais pour tout vous dire, ce n'est vraiment pas pour la flore.

- Excellent, je vois que tout le monde est là, sauf Melle Greengrass, bien entendu, toujours en convalescence, constate la prof avec satisfaction. Je vais donc sans tarder vous expliquer la raison de votre présence. Comme vous le savez, les élèves de 7ème années qui n'ont pas pris l'Etude des moldus après les BUSE, doivent passer un examen dans cette matière en début de 7ème année pour vérifier leur niveau. Si jamais on constate de sérieuses lacunes, ils doivent suivrent des cours de rattrapage. Cette année, plutôt que de vous faire passer un examen classique, je vous propose une idée plus originale qui vous confrontera à de véritables situations de vie moldu. Melle Granger baisser votre main, je vais vous donner toutes les explications, ce n'est donc pas la peine de crever l'œil de votre voisin.

Granger baisse aussitôt le bras, rouge de honte, sous les rires de l'assemblée. Vraiment, cette fille est la honte de Gryffondor ! Quoi que non, ça c'est le titre officiel de Weasley. Elle, elle se serait plutôt le fléau, en fait. Méchant moi ? Mais non enfin, juste réaliste !

- Tout le monde connaît les winz, je suppose ?

Presque tous les élèves hochèrent la tête à l'affirmative.

Les winz est un jeu de simulation de vie mélangeant monde moldu et sorcier, inventé par les jumeaux Weasley faisant fureur depuis sa sortie, en juin. Tous les sorciers de douze ans et plus, se doivent de l'avoir et de martyriser leurs winz du berceau au cercueil. La particularité de ce jeu est que les personnages peuvent aussi bien être sorciers que moldus.

- J'en étais sûre ! Hé bien, nous avons demandé aux créateurs du jeu de faire une version spéciale pour l'école. Elle est quelque peu différente de la version officielle. Ici, vous entrez dans un quartier entièrement moldu où vous devrez vivre, tout simplement. Vous êtes libres de mener votre vie fictive comme bon vous semble. Les seules règles à respecter sont l'interdiction de tuer les autres habitants du quartier, vos camarades compris. Ne riez pas, vous pourriez avoir des envies de meurtre plus vite que vous ne le pensez !

Elle eut un petit sourire qui ne me dit rien qui vaille. Sûr qu'il y a une entourloupe quelque part. On se jette un coup d'œil avec Nev.

- Pour les autres règles : pas de sexe non consentit, obligation d'avoir un travail et partage d'un appartement avec un colocataire. Je vous arrête tout de suite, les colocataires seront choisis d'une manière totalement aléatoire.

Ah ben tiens, la voilà l'entourloupe ! Quand on connaît Dumby comme moi je le connais – oui parce que je suis sûr que cette merveilleuse idée vient de lui, utiliser un jeu pour faire passer des examens, non mais franchement, qui d'autre pourrait avoir une telle idée ? –, on sais qu'aléatoire signifie qu'il a encore fourré son nez là où on ne veut pas le voir.

Avec son désir de créer une entente parfaite entre les Maisons, je suis sûr qu'il nous a concocté une superbe surprise. Merlin, j'ai hâaate... vous remarquerez le ton ironique…

On s'échange un autre regard avec Nev et on fait une grimace qui fait ricaner Seamus.

- Je tiens tout de même à vous prévenir, même si ce qui vous arrivera dans le jeu n'est pas réel, évitez de faire n'importe quoi. L'esprit n'oublie pas aisément et peut facilement confondre illusion et réalité. Les moments heureux seront gravés dans votre mémoire, tout comme les instants pénibles. Dans ce jeu, vous pouvez tomber enceinte, être blessé, agressé et même mourir.

- Mourir !! s'étrangle Seamus, horrifié.

Il n'est pas le seul, la plupart de nos camarades ont soudain bien pâli. Le professeur soupire en levant les yeux au ciel.

- Je vous rassure, si jamais vous venez à mourir dans le jeu, vous reviendrez simplement à la réalité. Vous n'allez pas devenir un fantôme, aller dans l'Haut de-là ou que sais-je encore. Ce que je veux vous faire comprendre, c'est de pas faire tout à tord et à travers juste parce que vous serez dans un monde fictif. Même si votre corps n'en gardera aucune trace, votre esprit si. Alors faites attention, compris ?

Elle accompagne son petit discours d'un regard d'avertissement assez intimidant, je dois le reconnaître. Tout le monde hoche vigoureusement la tête. Puis elle reprend.

- Je tiens aussi à préciser pour les petits malins qui trouveraient intelligent de mourir avant la date de retour prévue, juste pour échapper à l'expérience, que toute mort prémédité ou accidentelle conduira directement aux cours de rattrapage.

A ces mots, plusieurs Septièmes Années, Serpentard pour la plupart, tirent une tronche de 36 pieds de long.

- Vous n'avez pas d'objectif particulier à part ceux que vous vous serez vous-même fixés. Le but de ce programme n'est pas de vous faire accomplir une quelconque tâche mais bien d'évaluer ce que vous avez retenu de vos cinq années d'enseignement dans cette matière et vos capacités d'adaptation dans un milieu totalement moldu, sans la moindre magie.

Il y eut quelques exclamations de stupeur et/ou de colère. Comment ça sans la moindre magie ?

- Ah ! J'ai oublié de vous préciser ça, constata le professeur avec un petit sourire amusé. Vous n'aurez pas droit à la magie. Pour nous assurer que vous ne le ferez par inadvertance, vous porterez un bracelet Avalemagie.

- Mais c'est tout simplement scandaleux !

Sexy Fouine Teigneuse a parlé !

- Ce qui est scandaleux, Mr Malefoy, c'est le prix de votre garde-robe, rétorque du tac au tac la prof.

Wow ! Il est soufflet là, le Malefoy ! Je vous ai dis que Mme Sinistra a une verve décapante ? Non ? Ben voilà qui est chose faite ! Franchement vaut mieux pas croiser la baguette avec elle. Elle a toujours le dernier mot. C'est aussi terrifiant que la fascination du professeur Riddle pour la Def.

- Vous resterez dans ce monde une heure en temps réel mais un an dans le jeu. Oui, oui, je sais, c'est long. Mais c'est pour nous permettre de mieux vous évaluer. Les notes – et oui, vous serez notés, dommage hein ? – compteront bien entendu pour votre moyenne générale de fin d'année. Voilà, j'ai fini. Pour plus d'information sur le système des Winz version Hogwarts, vous pouvez vous référer au fascicule présent dans votre journal de bord. Le journal de bord est une espèce de livre retraçant votre vie dans le jeu. Vous pouvez le consulter pour savoir les compétences acquis ou celles que vous devrez posséder pour faire correctement votre travail et bien d'autres choses que je vous laisse découvrir. Bien maintenant, si nous allions jouer ?

Le sourire qu'elle a en prononçant « jouer » fait peur. Cette femme est un vrai démon !

- Allez, suivez-moi, petits chanceux !

Tout le monde se lève avec un enthousiasme mitigé, chacun exprimant le fond de sa pensée sur cette brillante idée. On doit accélérer le pas pour pouvoir suivre Mme Sinistra qui marche très vite.

- A votre avis, comment ils vont choisir les colos ? interroge Dean.

- Va savoir, je marmonne.

Avec Dumby, je m'attends à tout, au pire plus qu'au meilleur.

- Peut-être qu'ils vont utiliser le Choixpeau, suggère Seamus.

- On va vite le savoir. On est arrivé.

En effet, le professeur d'Etude des moldu vient de stopper devant une salle de classe dont personne, à part les profs, n'a eu le droit d'entrer depuis le début de l'année. Quand on y pénètre, des « oh ! » et des « ah ! » s'élèvent de notre groupe. C'est donc ça qu'ils fabriquaient durant tout ce temps ?

Devant nous, une quarantaine de lits en forme de cocon relié par deux sont suspendus à une grosse pierre mauve qui brille de mille feux. La salle est entièrement blanche, si bien qu'on se croirait dans ces infirmeries futuristes des vaisseaux spatiaux, dans les films moldus.

- Un peu d'attention, s'il vous plait. Chaque paire de lit correspond à un appartement dans le jeu. Bien que vous habiterez tous dans le même immeuble, on a préféré distribuer les logements ainsi, pour éviter toutes récriassions. Quand j'appellerais votre nom, vous prendrez un cristal dans le Choixpeau.

- J'avais raison ! souffle victorieusement Seamus.

- Un chiffre est gravé sur le cristal, vous aurez juste à vous mettre à côté du lit correspondant à ce numéro. Abbot Hannah.

La Poufsouffle prit le numéro 3. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que tout le monde ait pris un cristal.

Quand je vous disais que c'est truqué. Voyez plutôt…

Comme par hasard, tous les Serdaigle sont avec les Poufsouffle et les Gryffondor avec les Serpentard. C'était tellement prévisible ! D'ailleurs, je suis sûr que vous avez tous deviné qui est mon colocataire. Je vous le donne dans le mil ! Sexy Fouine Teigneuse en personne, j'ai nommé Draco Malefoy !

Mes impressions sur cette cohabitation ?

Eh bien, un côté de moi sautille de joie en hurlant des « youpi ! » enthousiastes. Autant vous dire que cette partie aura beaucoup de mal à respecter la règle : pas de sexe non consentit. L'autre partie maudit Dumby jusqu'à ses ancêtres en passant par sa descendance. Franchement comment je vais faire pour supporter Malefoy durant un an ?

Je sens qu'il va y avoir de l'ambiance dans cet immeuble. Surtout quand on voit Parkinson et Granger, heureuses colocataires, se foudroyer du regard ; ou Weasley faire une moue dégoûtée devant le visage bovin de Crabbe. Nev est avec Zabini, Seamus avec Nott, et Dean avec Goyle.

Wow, quelle belle brochette de couples homogènes ! Vraiment, j'espère que le bâtiment est solide, parce que même si c'est dans une vie fictive, je veux pas mourir sous ses décombres, moi !

Les Serdaigle et les Poufsouffle ne semblent pas plus heureux de leur association forcée.

Vraiment, Dumby va de plus en plus loin dans la folie. C'est inquiétant tout de même, à ce stade-là ! Mais bien entendu, personne ne dit rien, car c'est inutile. Même les Serpentard savent qu'il n'y a rien à faire contre la démence avancée de notre bien aimé directeur.

En tout cas, Mme Sinistra semble déçue que personne ne proteste. Je suis sûr qu'elle a préparé tout un discours bien caustique pour nous faire ravaler nos récriminations. Dommage pour elle, nyark !

- Introduisez le cristal dans la petite fende, sur le côté de la capsule, pour ouvrir le couvercle.

On suit ses instructions et bientôt, toutes les capsules sont ouvertes.

- Avant de vous mettre au lit, je vais vous distribuer les Avalemagie, poursuit-elle avec ce petit sourire flippant.

Après avoir donné des bracelets à tout le monde et avoir vérifié qu'ils sont bien mis et fonctionnés, elle nous autorise à monter dans les capsules. Je saute lestement dans la mienne et m'y étends de tout mon long. C'est confortable, dis donc ! Le couvercle de la capsule se referme et une espèce de casque est déposé sur mon front. Aussitôt je m'endors.


A suivre...