Semaine 1, Mercredi.
C'est le bruit de cris perçants qui me réveille en sursaut. Passablement énervé, je quitte mon lit d'un bond pour aller signifier à Seamus que s'il ne là ferme pas, je vais lui donner une bonne raison de hurler. Mais toutes mes récriminations restent bloquées dans ma gorge quand je débarque dans la pièce principale.
Un magnifique petit déjeuner est servi à table et tous mes amis sont là avec leurs colocataires. Malefoy, tel un prince, trône au bout de table. Non mais, je rêve ! Expliquez moi une chose : quand a-t-on décidé que mon appart serait le QG de notre joyeuse bande ? Parce que je n'étais sûrement pas là, à cet épisode !
- Dites, vous comptez débarquer tous les jours chez moi pour dévaliser mes placards ? je dis, acide, les bras croisés. Parce que si c'est le cas, je vais de ce pas acheter une caisse enregistreuse et fabriquer une pancarte « La maison ne fait pas crédit » !
- Salut, Ry ! s'époumone Seamus en me tombant dessus.
Je me décale pour l'éviter. Sans me soucier du bruit mat que fait l'irlandais en se fracassant joyeusement la gueule par terre, je vais à pas de charge jusqu'à la table vraiment trop bien garnie. Je constate les ravages fait à mes placards, tout en calculant le montant de l'addition. Ils ne vont pas s'en tirer comme ça, je peux vous le garantir !
- Ne t'inquiète pas, Harry ! Il n'y a que le café et le thé qu'on a kidnappé. Le reste nous a gentiment accompagné de nos propres placards, malgré les suppliques émouvantes de ceux-ci pour les retenir, m'annonce précipitamment Dean.
- Oh ! je suppose donc que le beurre, la confiture, le chocolat, le lait, le cacao, les céréales, les yaourts et le fromage ont eu droit aussi à une déchirante rupture digne des plus grands plateaux hollywoodiens, je rétorque, les yeux plissés.
Un éloquent silence me répond.
- Heu… peut-être pas… peut-être qu'ils font partis du programme de protection des témoins, finit par hasarder Dean avec un sourire hésitant, coulant un regard implorant vers Nev.
- Je vous avez dit que c'était une mauvaise idée, rappelle Nev avec désinvolture, avant d'engloutir sa tartine dégoulinante de confiture.
Dean se tourne alors vers Seamus mais il s'aperçoit vite qu'il ne peut pas compter sur le soutient de l'irlandais, ce dernier étant toujours KO, sur le palier de ma chambre.
- Donc, si je comprends bien, vous êtes venus avec le pain pensant qu'il suffirait à vous donner un droit de visite illimité dans mes placards, je siffle, furieux. Mais vous vous fichez de moi !
- Harry, je t'assure qu'on comptez pas rester, plaide Dean avec ferveur. Mais, ton coloc avait l'air si misérable devant la gazinière, sa bouillard à la main et sa moue désespéré. On ne pouvait tout de même pas le laisser comme ça ! Dieu seul sait ce qu'il aurait pu faire…
- C'est absolument faux ! coupe Malefoy, outré.
Sous son regard glacial, Dean se ratatine un peu plus sur lui-même.
- C'est vous qui avez forcé la porte, se défend le Serpentard, acide. Comment j'étais sensé endigué votre masse à moi tout seul et sans magie ? Et je n'étais absolument pas devant la gazière à me morfondre pour une bouilloire !
- Gazinière, le reprend Nev.
- N'empêche que t'étais bien soulagé quand on s'est proposé pour faire le petit déjeuner, rappelle Dean.
- Si j'avais pu deviner que cela entraînerait un raid de nos placards, j'aurais refusé sur le champ, réplique sèchement le blond.
- Ca t'as pas coupé l'appétit, pourtant, rétorque perfidement Dean.
A ce moment-là, Seamus, qui a enfin retrouvé suffisamment de vigueur pour se relever du sol, entre en action.
- Aïe-euh ! Méchant, Ry, méchant ! pleure-t-il en se jetant dans les bras de Nott pour se faire consoler. Pourquoi tu me rejettes tout le temps ? Je suis donc si repoussant ? Je suis un incompris !
Je ferme les yeux à deux doigts de commettre un meurtre.
- Ca suffit, maintenant ! je hurle à la limite de la rupture d'anévrisme.
- Houlà ! Il est vraiment en pétard, grimace Seamus en s'éloignant le plus possible de moi.
Je lui jette un regard noir qui le fait déglutir péniblement.
- Franchement vous êtes de vrais parasites ! je braille, excédé. Ne croyez pas vous en tirez comme ça ! Moi aussi je vais m'adonner au kidnapping ! Et vous allez voir que je fais pas dans la dentelle, je leur promets, terrifiant.
- Tu es sûr que tu vas gagner au change ? demande Nev, toujours aussi flegmatique. Parce que Seamus n'a que des amuse-gueule et de l'alcool dans ses placards. Et Dean s'est découvert un amour immodéré pour les pâtes.
- Oh, mais ce n'est pas grave, je lui assure sur un ton mielleux. Je te fais confiance pour relever un peu le niveau des deux autres, mon cher Neville.
- Quoi ? Hors de question ! T'es un vrai gouffre sans fond, grimace Nev, plus du tout nonchalant.
- Tu ne sais pas encore à quel point ! Je vais me faire un plaisir de te le montrer, je menace, un sourire sadique aux lèvres.
- Est-ce que cette ridicule discussion a une fin ou va-t-on devoir la subir encore longtemps ? intervient soudain Goyle d'un ton supérieur qui me fait tiquer.
Dean et Nev lui lancent des regards catastrophés, alors que Seamus lui fait signe de se taire.
- Franchement, Potter, je ne te pensais pas si avare, ajoute dédaigneusement le Serpentard, alors qu'il s'enfile une morceaux de pain tartinée de mon chocolat.
Je le fixe un instant, me remettant mal du culot de ce type. Les autres attendent ma réaction, avec anxiété pour mes amis.
- Peut-être que cette ridicule discussion prendra fin quand tu auras fini de t'empiffrer de mes réserves de nourriture, je cingle, glacial. Pour ta gouverne, Goyle, sache que je ne suis pas plus avare qu'un autre. Par contre, j'accepte mal que des personnes qui s'invitent chez moi sans même me consulte, m'insulte sous mon propre toit. Tout comme je trouve déplacer de venir dévaliser mes placards parce que vous n'avez pas eu le bon sens de réfréner un peu votre goût pour la dépense au magasin de meubles et de fringues, ce qui vous a laissé sans sou pour faire des courses correctement. Je n'ai pas à être pénalisé pour votre manque de sens pratique !
- On n'a pas acheté n'importe quoi ! se récrie aussitôt Seamus avant de se recroqueviller sous mon regard noir.
- Sea-chou, tu as peut-être réussi à faire croire à Nott qu'une guitare électrique est absolument indispensable à ta vie, mais tu ne me le feras pas gober, à moi, j'assène fraîchement. Tout comme Dean et sa panoplie de jeux vidéo, j'ajoute en voyant que Dean veut intervenir.
- Tu parles de ces espèces de boîte métallique qui mangent ces petits disques brillants ? s'enquit Goyle en fronçant abondamment des sourcils. Thomas m'a assuré que tous les foyers moldus en ont.
- C'est vrai, tu auras du mal à trouver une maison moldue qui n'en est pas doté, approuve Nev.
- Mais je suppose que Dean a oublié de te préciser qu'ils ont la même utilité que les cartes explosives, c'est-à-dire, divertir, je clarifie sarcastiquement. Pas vraiment ce qu'on pourrait qualifier d'essentielle, en l'occurrence.
- Quoi ? aboie aussitôt le Serpentard en se levant d'un bond. C'est vrai, Thomas ?
Il a l'air furieux et prêt à mordre Dean si jamais la réponse ne lui convient pas. Franchement, je ne compatis pas du tout !
- Seamus, as-tu une explication salutaire pour ta défense ? demande Nott très calmement.
- Euh, sourit maladroitement l'irlandais.
- Quand je pense qu'hier vous me faisiez la morale sur ma manière de traiter Malefoy. Moi au moins, je ne prends pas mon colocataire pour un con, je lance sans remord, conscient de jeter de l'huile sur le feu.
Je m'assoie à table pour mieux contempler mon œuvre : Dean et Seamus se faisant étriper par leurs colocs.
- Est-ce que Londubat a fait des folies, lui aussi ? demande Zabini.
Je lui lance un bref coup d'œil.
- Il n'en a pas eu l'occasion vu que tu le faisais chier pour tout et n'importe quoi, je réponds suavement.
- Harry, c'est bon, intervient Neville, un brin excédé. Je pense que tu t'es suffisamment défoulé comme ça.
- Oh, tu crois ? je demande, sarcastique.
- Ecoutes Harry, je sais que j'aurais du les empêcher de venir te faire chier dès le saut du lit, surtout qu'on sait que tu es toujours d'une humeur massacrante tant que tu n'as pas bu ton chocolat chaud, mais sois un peu indulgent. Ils sont vraiment dans la merde !
- J'aurais été un peu plus impressionné par ton sens de la camaraderie, Nev, si tu les avais invité chez toi au lieu de les inciter à vider mes placards, je contre sèchement.
- Gregory a raison, renifle dédaigneusement Zabini. Tu es vrai radin, Potter. Je m'étonne que tu ais encore des amis, avec un tel caractère.
- C'est étrange, je me posais la même question à ton sujet, je persifle, le regard noir.
- Bon Harry, arrête maintenant ! intervient sévèrement Nev. Je ne sais pas pourquoi t'es en colère, mais ce n'est pas une raison pour te défouler sur nous !
- Tu veux savoir pourquoi je suis en rogne ? C'est parce que je viens de me rendre compte que mes soi-disant amis me prennent pour un pigeon en plus d'un con ! je hurle avant de me lever brusquement et de me réfugier dans ma chambre dont je claque violement la porte.
Là, je m'effondre dans mon lit, plus en colère contre Malefoy et moi-même que contre les autres comme je l'ai prétendu. Voir le blond discuter tranquillement avec ses amis alors que moi je suis encore chamboulé par notre sieste improvisée de la veille m'a donné envie de tout casser autour de moi.
Je sais bien que je ne dois pas me faire d'illusion, mais c'est plus fort que moi. Dès qu'il y a un semblant de rapprochement entre nous, je ne peux empêcher mon cœur de battre plus fort et mon côté Poufsouffle de nous voir déjà en couple. Alors quand je constate que lui se fout royalement de ces petits moments volés à notre animosité commune, ben je vois rouge, bien sûr.
Mais là, je reconnais que je suis allé trop loin. Au lieu de me défouler sur les meubles, que je ne peux pas réparer d'un coup de baguette, j'ai préféré m'en prendre à mes amis parce que je sais qu'ils me pardonnent tous mes excès d'humeur. Je suis vraiment un salaud !
Avec un soupir, je me lève et vais à mon armoire. J'en sors quelques fringues et quitte la chambre, pas vraiment sûr de vouloir affronter les autres après ma petite crise.
Un calme étrange règne dans le séjour. J'hausse des sourcils, mais je ne leur demande rien. Je file dans la salle de bain sans un mot, le courage de Gryffondor au abonné absent.
Quelques minutes plus tard, j'en sors lavé, coiffé – enfin autant que faire se peut – et habillé d'un de ces jean serrés et délavés qu'adore Seamus. Sans regarder personne, je m'installe à table et me fais une tartine, parfaitement conscient que tous suivent mes moindres gestes.
- Vous pouvez respirer, vous savez, je finis par marmonner, agacé.
- Ca y est, t'es calmé ? interroge Nev, sarcastique.
- On est pardonné ? reniflent comiquement Dean et Seamus avec des moues de chiens battus.
- Mais oui ! je dis en levant les yeux au ciel. Je m'excuse moi aussi de vous avoir crié dessus. Je me suis levé du pied gauche et j'ai passé ma mauvaise humeur sur vous. Pardon.
- Ooooh nooon ! Arrête Harryyy ! Tu vas me faire pleureeeeeer ! se mouche abondamment Seamus, larmes et morves envahissant son visage.
- Beurk ! Mais t'es dégoûtant ! s'écoeure Dean en s'éloignant le plus possible de lui alors que Zabini laisse retomber son toast devant ce spectacle répugnant.
- N'en fais pas trop, Sea-chou, je grimace. Bon passons à des choses plus sérieuses. Programme de la journée : aller chercher du travail, rapporter toutes les choses inutiles de Dean et Seamus, et remplir leurs placards d'aliments salutaires pour la santé.
- Quoi ? Mais…
- Seamus, tu ne crois tout de même pas que je vais vous entretenir jusqu'à ce que vous ayez suffisamment d'argent pour vous assumer ? Je n'ai pas les moyens de mourir quatre bouches en plus, j'assène sévèrement. Et Nev non plus ! j'ajoute quand je le vois faire les yeux doux à Neville.
- Sea-chou, vaux mieux pas contrarié le Big Boss, conseille Nev, en secouant la tête avec compassion.
- Mais… mais…, pleurniche Seamus.
Dean ne dit rien, mais il a l'air aussi malheureux que l'irlandais de devoir se séparer de ce qui pour lui semble absolument indispensable à sa vie. Non mais vraiment !
Je finis vite fais mon petit déj, débarrasse la table et fait la vaisselle aidé des autres, puis on s'en va.
L'agence pour l'emploi se trouve dans un bâtiment blanc rattaché à la mairie. C'est blindé de monde, notamment quelques uns de nos camarades comme Terry Boot et son colocataire, Ernie MacMillan.
Je les salue de la main et fait la queue devant le poste d'accueil. Quand c'est enfin notre tour, je remercie Merlin et tous ses disciples. Non d'un cognard ! Quel besoin les jumeaux ont eu de créer les files d'attente dans leur jeu ? Faire la queue est déjà bien assez éprouvant dans la réalité, sans en plus se l'infliger dans un monde fictif !
- Bonjour, ce serait pour une recherche d'emploi, je souris à l'espèce de caniche constipé dans son tailleur vert derrière le comptoir.
- Vous êtes inscris ? demande-t-elle d'une voix désagréable, sans même me saluer.
- Euh, non, je réponds avec un mauvais pressentiment.
- Eh bien, vous devez d'abord appeler ce numéro pour faire une demande d'inscription, explique-t-elle en surlignant sur un petit prospectus le numéro en question. Vous pouvez utiliser le téléphone qui est là-bas, dit-elle en désignant un coin où un impressionnant attroupement obstrue toute vue. On vous enverra un dossier que vous devrez remplir et un rendez-vous avec un conseiller où vous devrez vous présentez avec le dossier complet et votre journal de bord.
- Merci, au revoir, je marmonne en prenant le papier.
Elle ne me répond même pas, déjà occupé à satisfaire les demandes d'un autre chômeur. Découragé par le monde qui attend leur tour pour téléphoner, je fais signe aux autres pour s'en aller. Je n'ai vraiment pas envie de me taper une nouvelle queue d'une heure. Autant appeler de la maison, histoire que ce ne soit pas pour rien que j'ai fais installer le téléphone.
- Quels enfoirés ! se dégoûte Dean. Terry et Ernie auraient quand même pu nous dire qu'il fallait juste appeler ce numéro, ça nous aurait évité de faire la queue, râle-t-il. Quand je pense qu'ils sont restés un quart heure à nous pomper l'air avec l'histoire passionnante de la décoration de leur salle de bain !
- On se vengera ! promets Seamus, tout aussi scandalisé. En plus, j'ai du supporter cet espèce de clébard puant !
- Tu parles de ce sale type mal fagoté qui était juste derrière nous ? grimace Goyle.
Semaus confirme d'un air dégoûté.
- Moi, je n'ai rien senti, déclare Nev avec un hochement d'épaule.
- Il serait temps que tu ailles te faire ramoner le nez, Londubat ! Si j'avais eu ma baguette, je n'aurais pas supporté ce déchet une seconde de plus, siffle Zabini.
Ils continuent à invectiver le pauvre homme jusqu'à notre retour à l'immeuble. Sitôt à la maison, je décroche le téléphone et compose le numéro du prospectus. En même pas cinq minutes, j'obtiens un rendez-vous pour Malefoy et moi, ainsi que tous les renseignements nécessaires. L'opératrice, très sympathique, m'a conseillé d'aller tout de même voir le site Internet de l'agence. D'après elle, il y a un espace où on n'a pas besoin d'être inscrit pour y accéder. Sur cette page, pas mal d'offres d'emploi y sont répertoriés, avec les coordonnés des employeurs.
Je m'y rends donc, dès que j'ai raccroché en la remerciant chaleureusement. En effet, il y a pas mal d'offres, mais je m'aperçois que la plus part y sont depuis quelques semaines, voir des mois. Alors je me demande s'ils sont toujours d'actualité. Je note tout de même soigneusement toutes les offres qui me paraissent intéressantes.
Je me renseigne aussi sur les bases salariales et la législation du travail. Je me rends compte alors avec une certaine satisfaction que c'est exactement la même que dans la version normale des winz. Ce qui signifie que les jumeaux n'ont pas eu le temps ou la capacité pour remédier ce détail. Héhé ! Je ne vous l'ai pas dis mais devinez qui est le co-créateur des winz. Eh oui, chers lecteurs et chères lectrices, c'est moi !
Quand j'ai gagné le tournoi des Trois Sorciers en quatrième année, j'ai donné les mille galions de récompense aux jumeaux. A ce moment-là, je n'en voulais pas, vu que je venais de passé les pires moments de ma vie dans un cimetière sinistre en compagnie de Voldy-chou, que j'ai définitivement dégommé. Et puis, j'ai un coffre bien garni, dont je dois souvent me trifouiller la tête pour savoir comment le vider, alors, j'ai préféré donner cette somme à des personnes qui en avaient vraiment besoin et que j'estime énormément.
Les jumeaux sont loin d'être les cancres que tout le monde se complait à croire. Ils sont très intelligents et ont un sens des affaires que les magnats de l'économie leur envieraient sûrement. Grâce à ces mille galions, ils ont pu ouvrir leur magasin de farces et attrapes qui a connu un tel succès qu'ils ont vite ouvert une succursale à Hogsmeade, causant encore plus de tourments à Rusard et sa maudite chatte. Bien fait !
Bien plus honnêtes qu'on pourrait le croire, Fred et George ont tenu à faire de moi leur associé. Au départ, ils voulaient me rembourser les mille galions, mais j'ai catégoriquement refusé. C'était un cadeau. Alors ils m'ont nommé d'office associé à part égal de Farces pour sorcier facétieux. Moi, bien sûr je ne voulais pas, mais ils ne m'ont pas écouté. Finalement, on est arrivé à un accord : je reste leur associé mais je participe plus activement au développement de l'entreprise. Je donne mon avis sur certaines décisions et les aides à mettre au point certains produits, comme les winz.
C'est de loin le projet où je me suis le plus impliqué. C'est moi qui ai réalisé le système de vie des winz, c'est-à-dire que j'ai programmé les différents niveaux de vie, les interactions, les relations, les aspirations, les caractères, etc. J'ai aussi crée le monde même des winz, c'est-à-dire l'espace dans lequel le jeu se déroule. Bien sûr, avoir une énorme réserve magique m'a permis de faire des merveilles. Mais je ne vous raconte pas la fatigue ! A des moments, j'étais si vidé que je croyais ne plus jamais pouvoir utiliser une baguette magique de ma vie. Les jumeaux se sont occupés des décors, des vêtements et des objets, ce qui est aussi un énorme travail, je peux vous le garantir.
Il nous a fallu deux ans en tout pour que le projet s'achève. Je peux vous dire qu'à la fin, on était sur les rotules. Surtout que les jumeaux avaient leurs autres produits à mettre au point et moi, mes études à concilier. Mais on est tellement fier de notre bébé qu'on ne regrette pas toutes les nuits blanches qu'on a passé dessus.
Enfin bref, tout ça pour dire que je connais ce jeu par cœur et que je sais comment resquiller sur certaines choses. Je ne vais pas utiliser les codes triches parce que je suis sûr que les jumeaux les ont piégés pour éviter toutes duperies. Par contre, je peux pirater le système et m'octroyer quelques petits privilèges. Je ne pense pas que les jumeaux ont eu suffisamment de temps pour améliorer le jeu en profondeur. Le tout, c'est de ne pas se faire repérer par les profs.
Je jette un coup d'œil à l'heure et pousse un soupir satisfait. Il me reste une demi-heure avant d'aller déjeuner chez Nev. Parfait ! C'est largement suffisamment pour pirater le système. Comment je vais m'y prendre ? C'est simple, la pierre de vie qui soutient ce monde est en grande partie constituée de ma magie. Elle me reconnaîtra et ne me fera aucun mal. Il me suffira juste de m'y relier et de changer ce que je veux.
Pour berner les profs, il faut que je passe par la voix interne, c'est-à-dire que je dois atteindre la pierre à travers le rêve et non la réalité. Trop fastoche ! Je manipule le monde onirique depuis tout petit. On se rejoignait toujours dans nos rêves, Nev et moi, quand on était petit, pour pouvoir jouer encore ensemble. Comme on a pas besoin de magie pour traverser les divers rêves – faut juste trouver les portes d'accès –, ils ne pourront pas me repérer. Le plus dure en fait, ça va être de dormir. Je ne peux même pas utiliser la magie. Fait chier !
Je me déconnecte, éteint le PC, enlève mes basket et m'allonge sur le lit. Le sommeil me plombe vite fait, à ma grande surprise. Enfin, je me pose pas plus de question et me dépêche de trouver la porte d'accès à la pierre de vie de ce jeu. C'est la phase la plus longue, parce que je dois réviser les divers rêves pour la trouver. On ne sait jamais sur quoi la porte va donner. J'espère qu'une demi-heure suffira.
Quand je découvre enfin la porte, j'ai déjà eu le temps de me rendre compte que je devrais vraiment faire attention à mes fesses, vu le nombre de personnes qui semble vouloir se les approprier. En plus, savoir que Crabbe a envie de me dévorer comme un gros gâteau au chocolat m'a quelque peu donné la nausée. Faut que je pense à autre chose, sinon je vais faire un coma onirique, moi !
Donc, je suis devant la porte. Normalement, faut un mot de passe pour l'ouvrir. Mais moi, j'en ai pas besoin – n'oubliez pas que c'est ma magie qui constitue en grande partie ce monde.
Ouvre-toi.
La porte obéit de bonne grâce. Je pénètre dans la pierre. Là, il y a une espèce de tableau de bord, avec un système de cristaux directement pris dans les films Superman – un délire des jumeaux qui sont de grands fans du comics. Je trouve rapidement ce que je cherche et manipule les donnés à ma guise.
Je procède d'abord à une analyse du système pour voir ce qu'ils ont changé. Cela prend du temps, ce qui m'énerve un peu. Mais je prend mon mal en patience, vu que ce n'est pas du temps perdu. Ça me permet de glaner de précieuses informations, notamment sur la surveillance des profs et leurs champs d'action.
En fait, ils ne peuvent pas nous voir à proprement parler. Ils ont juste accès aux icônes de souvenir. Normalement, ces symboles sont juste là pour marquer les événement importants de la vie d'un winz, mais dans cette version, ils sont beaucoup plus diversifiés que dans le jeu initial. Ce qui veut dire que si par exemple, je réussis à embrasser ma petite Fouine Teigneuse, tout ce qu'ils verront, c'est une icône en forme de lèvre rouge avec pour légende « baiser avec Draco Malefoy », ils verront pas le baiser en lui-même. C'est comme un rapport qui raconte tout ce qu'on fait, mais ne montre rien.
Et vous savez le plus beau dans tout ça ? C'est qu'ils ne peuvent consulter nos souvenirs qu'une fois qu'on dort. Ce qui signifie que je peux changer mes souvenirs en plongeant dans une simple transe. Merci Remus pour les cours de yoga ! Nyark, trop belle la vie !
Par contre, je déchante vite quand je constate que l'accès aux journaux de bord est protégé par un mot de passe piégé qui avertira aussitôt les profs, même en passant par la pierre de vie. Fait chier !
Ben, tant pis ! Allez, y a pas de temps à perdre, mettons-nous au taf !
Je ne change que les choses que personne ne remarque ou n'irait vérifier. C'est-à-dire pour l'instant, le nombre de planche en bois que j'ai acheté, rajouter des pots de peintures, les gâteaux que mes goinfres d'amis et leurs colocs ont dévastés, etc.
Vous vous dites sûrement que je pourrais changer des trucs plus conséquents, comme me rajouter de l'argent. Vous croyez vraiment que si mon budget augmente d'un coup de plusieurs winzflouz, ça ne se remarquera pas. C'est pile poil le genre d'arnaque que les jumeaux ont prévu, donc truffé de pièges. Même en passant par la pierre de vie, je me ferais coincé. Donc pas de risques inutiles.
Ce que je fais n'est pas superflu, loin de là. Même si les profs ont la liste de nos achats, ils n'ont pas la quantité, donc je peux frauder sur les nombres. Ca va me permettre de meubler et retaper mon appart sans rien dépenser. Comme en plus, je fais tous ces changements durant mon sommeil, ils ne le sauront même pas car les icônes ne rapportent pas les rêves. Héhé ! Malin le Potter !
Au moment où je sors du système du jeu, je me sens brusquement ramener à moi.
- Bordel, Potter ! me hurle Malefoy en le secouant comme un prunier. Tu vas te réveiller, oui !
Un haut le cœur me prend. Je pousse violement le blond et bondit vers la salle de bain. J'arrive pile poil à temps.
Le problème avec les voyages oniriques, c'est que si un connard décide de vous réveiller avant que vous ayez pu rejoindre votre corps, c'est très douloureux et finit toujours dans la cuvette des toilettes.
Quand je sors de la salle de bain, après m'être rafraîchi, j'empoigne durement Malefoy par le col et le plaque contre le mur.
- Ne refais plus jamais ça ! je crache, furieux.
- Lâche-moi, ordonne-t-il sèchement. Tu m'étrangles.
Comment ce mec peut-il rester aussi calme alors que je suis à deux doigts de le découper en rondelle ?
Le téléphone se met soudain à sonner ce qui tempère un peu l'atmosphère. Je lâche Malefoy avec une petite moue contrariée, me dirige vers l'appareil. Je décroche d'un mouvement brusque.
- Allo !
- Toujours d'aussi bonne humeur à ce que je vois, constate Nev, sarcastique.
- Si t'appelles pour m'inonder de remarques de ce genre, abstiens-toi ! je cingle, passablement énervé.
- En fait, je voulais simplement savoir quand est-ce que vous comptez venir, Malefoy et toi ? dit Nev sans se démonter par mon ton brusque. Parce que Sea-chou est au bord de l'anémie.
Merde, le déjeuner ! Je jette un coup d'œil à la montre et je constate qu'on est en retard que d'un quart.
- Me fais pas croire que vous nous attendez pour passer à table, je soupire, agacé. Je suis sûr que vous en êtes encore qu'à l'apéro.
Les chants folkloriques de Seamus en fond sonore me donnent raison.
- Ce n'est pas une raison pour arriver en retard, Harry, me gronde Nev. En plus, ça fait dix minutes que Sea-chou pleure après son partenaire de Boys Band.
- Cet argument est sensé me faire rappliquer plus vite ou me faire fuir ? je demande avec un sourire sarcastique.
Nev éclate de rire, avant de lancer un « Magnez-vous ! » grondant et de raccrocher.
- Bon, faut y aller ! Les autres nous attendent, je soupire.
N'obtenant aucune réponse – j'étais sûr que Malefoy allait me lancer un « je t'avais prévenu ! » caustique –, je me tourne vers lui. Là, je constate que le blond fixe le téléphone d'un air abasourdi, comme si des pattes étaient poussé à l'appareil et qu'il s'était mis à danse de french cancan.
- You-hou… Malefoy…, je tente d'attirer son attention.
Il cligne vivement des yeux, me regarde comme s'il avait complètement occulté ma présence – ben merci, ça fait plaisir ! Supplanter par un téléphone, quelle déchéance ! –, une adorable moue d'enfant perdu. Trop mignoooonnnn !
Hum, hum… reprenons-nous…
- Je peux savoir ce qui t'arrive ?
Le blond a l'air de se rendre compte qu'il fixait bêtement le téléphone. Il rougit violement, visiblement très gêné. Il est tellement adorable avec son air de petit garçon pris en flagrant délit de curiosité pour le monde moldu, que je me sens fondre.
Il finit par se reprendre en s'éclaircissant la gorge. Mais je remarque qu'il regarde n'importe où sauf vers moi.
- Rien du tout, assure-t-il d'un ton un peu trop vif pour être honnête.
Je reste sceptique et contemple le téléphone d'un air songeur.
- Bon, on y va ? On est déjà très en retard par ta faute, me signale le blond, déjà à la porte.
- Si tu veux, je pourrais t'apprendre à te servir du téléphone ce soir, je lui propose.
- On verra, dit-il d'un ton neutre, après un moment.
Mais, j'ai pu voir la lueur d'intérêt dans ses yeux si gris. Cela me fait sourire. Sourire que je perds en constant que ma petite Fouine Vénéneuse me fixe bizarrement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? je demande, perplexe.
Il détourne les yeux, ne me répondant même pas. Il reprend cette attitude distante qui me blesse tant. Je pousse un soupir las.
En silence, nous traversons le couloir. J'appelle l'ascenseur, essayant de me persuader que la froideur du Serpentard m'indiffère totalement. Ce n'est qu'en montant dans l'ascenseur après lui que je remarque la raide de son dos. Je me souviens alors de sa peur pour cet engin. Je me demande s'il a la phobie des ascenseurs en générale, ou juste ceux moldus.
- Tu ne veux pas plutôt qu'on prenne les escaliers ? je propose. J'ai envie de me dégourdir les jambes.
Malefoy me jauge un instant de son regard froid.
- Je ne suis pas un Poufsouffle, Potter. Monte dans cet ascenseur, m'ordonne-t-il sèchement.
Visiblement, il a deviné mon intention. J'obéis donc, renfrogné qu'il est découvert mon plan. Bon, on repassera pour la subtilité ! Quand même, il n'avait pas besoin d'être aussi cassant. Pff, ça m'apprendra à vouloir lui venir en aide !
Le trajet est très cours pour monter à l'étage de Nev, mais cela semble être déjà trop long pour Malefoy qui serre tant des poings qu'il va finir par se blesser… et l'ascenseur n'a même pas encore démarré ! Tss, voilà où mène la fierté !
Quand je le vois trembler à la fermeture des portes, j'obéis à une impulsion aussi soudaine qu'incontrôlable. Je le pousse contre la paroi et lui prend les mains. Il se contracte davantage, me fusillant des yeux. Mais je ne lui laisse pas vraiment le choix.
Je me penche légèrement vers lui. Aussitôt, le parfum de son corps m'envahit. Des petits frissons me courent le dos et mon cœur bat si vite qu'il va exploser. Je me penche encore, jusqu'à ce que je sois tout contre lui.
- Qu'est-ce que tu crois faire, Potter ? glapit-il d'un ton tremblant que je ne lui connais pas.
Pour toute réponse, je dépose un baiser aérien sur sa tempe. Je frisson de plaisir. J'ai toujours rêvé de faire ça. Je m'enhardis et embrasse ses paupières. Les mains de Malefoy sont si crispées dans les miennes qu'il faudrait un marteau-piqueur pour les séparer. Il me fait mal, mais je n'en ai cure. Tout ce qui compte, c'est son corps contre le mien, sa respiration mêlée à la mienne, son cœur battant avec le mien.
Je le veux tellement…
Alors que je vais l'embrasser sur la bouche, l'ascenseur s'arrête en une petite secousse caractéristique. C'est tout ce qu'il faut à Malefoy pour qu'il remette les pieds sur terre. Il me pousse soudain, haltant, me dévisageant d'un air si consterné que je sens mon cœur s'alourdir.
Bien sûr, c'était trop beau pour être vrai…
Je ne sais pas combien de temps on reste à se fixer ainsi, moi, attendant qu'il me frappe en déversant tout sa haine sur moi et lui… hé bien, je ne sais pas exactement ce qu'il prévoit, peut-être qu'il est trop choqué pour songer à me frapper… ou alors, il se turlupine la citrouille pour choisir la torture qui me fera le plus souffrir.
Les minutes passent et les coups ne viennent pas, les insultent non plus, la haine encore moins.
Il a juste l'air incrédule.
Son silence me met très mal à l'aise. Je finis par détourner les yeux, me sentant légèrement rougir. Pour me donner contenance, j'appuie sur le bouton pour rouvrir les portes qui se sont refermées entre temps. Ne sachant quelle attitude adopter, je sors de l'ascenseur sans un mot, souhaitant à chaque pas disparaître dans le sol.
Je sonne à la porte 12, sans vérifier si Malefoy m'a suivit, mais je sais qu'il est juste derrière moi. Je sens sa présence, son regard sur ma nuque. Je sonne à nouveau car ces crétins ne se décident pas à nous ouvrir. Connaissant Nev, je suis sûr qu'il le fait exprès pour me punir de mon retard. Qu'à cela ne tiens ! J'appuie sans discontinue sur la sonnette, jusqu'à ce que la porte s'ouvre à la volée sur un Zabini passablement en colère.
- Potter, t'es un vrai gamin, tu sais ! siffle-t-il, excédé.
- Je t'emmerde, je rétorque en passant devant lui sans façon.
- Harry ! aboie Nev, les sourcils froncés. Faut vraiment que tu perdes tes mauvaises habitudes d'enfant gâtée ! A 17 ans, il serait temps que tu t'exerces à la maturité, tu ne penses pas ? me gronde-t-il en s'avançant vers moi.
Je ne sais pas pourquoi, mais au fur et à mesure de son sermon, sa voix s'est faite plus faible, jusqu'à devenir quasi inaudible, ce qui fait que j'ai du tendre l'oreille pour comprendre les dernier mots. Je remarque aussi que les autres me regardent bizarrement.
Non. En faite, ce n'est pas moi qu'ils fixent, mais ma… main ?
Fronçant des sourcils, je lève la main concernée pour comprendre la cause de ce mutisme générale. Je me rends compte alors que je n'entraîne pas que ma main. Là, stupéfait, je contemple les doigts long et fins de Malefoy entrelacés aux miens. Je comprends seulement alors que dans mon désarroi, je n'ai pas lâché toutes les mains de Malefoy.
Je jette un coup d'œil de biais au blond et cligne plusieurs des yeux pour être sûr de bien voir. Il a les yeux baissés de gêne et il est rouge. Pire que le blason des Gryffondors !
Trop craquaaaaaaaaaant !
Hum, hum… reprenons-nous…
- Dites, pourquoi vous vous tenez par la main ? J'ai raté un épisode ou quoi ? demande Seamus, la tête légèrement penché sur le côté.
Je sursaute, affolé, et lâche prestement la main du blond. Je me doute que je suis rouge d'embarras. Je n'ose pas affronter le regard de Malefoy, attendant à tout moment une réaction violente de sa part.
- C'est la seule solution que ce crétin de Potty a trouve pour combattre ma phobie des ascenseur, finit par dire calmement Malefoy après un lourd silence. Je ne voulais pas, mais allez faire entendre raison à un Gryffondor. Qu'est-ce que c'est que ça, Blaise ? désigne-t-il une grande table basse dressée et entourée de cousins.
- Vu que je me doutais qu'on allait souvent vous avoir à manger, j'ai vu économe, répond Nev. On n'a pas vraiment les sous pour acheter une grande table avec huit chaises, ni le talent de Harry en menuiserie. Donc on a du être inventif. Ca te plait pas ? Moi, j'aime beaucoup, ça fait style japonais, comme dans les mangas de Ry.
- Le style japonais ? répète Malefoy en coulant un regard vers Zabini.
Celui-ci hausse des épaules, impassible.
- Je vois, soupire Malefoy, visiblement résigné.
- Ne change pas de sujet, dit Dean avec un sourire sournois. Dis-nous plutôt si ça a marché.
- Quoi donc ? s'enquit le blond en s'installant souplement sur le cousin près de Nott.
- La méthode anti-phobie de Ry, précise le noir d'un ton d'évidence.
- Eh bien… disons que j'étais tellement occupé à récupérer mes mains, que je n'ai pas vraiment fait attention à l'ascenseur, répond Malefoy, avec un haussement d'épaules.
- Ben ça a marché alors ! Bravo Harry ! me félicite Seamus en me tombant dessus.
Je suis bien trop bluffé par le sang-froid de Malefoy pour penser à l'éviter et je ploie sous son poids.
- Sea-chou, si tu ne vires pas tout de suite de là, je peux te garantir que tu le regretteras amèrement, je menace, une veine gonflant d'irritation sur mon front.
Comprenant le danger imminent, l'irlandais se réfugie auprès de Dean avec un ricanement penaud. Je vais moi aussi me mettre à table, essayant de ne pas trop fixer Malefoy.
- Je comprends bien qu'il t'ai tenu la main dans l'ascenseur, mais qu'est-ce qu'elle faisait toujours dans la sienne en dehors de l'ascenseur ? souligne Théo avec un sourire narquois.
- Pourquoi tu me demandes ça à moi ? dit Malefoy d'un ton glacial. Comment veut-tu que je comprenne l'esprit tordu des Gryffondors ?
- Oh ! Calme ta joie, Malefoy ! s'écrie Seamus, mécontent qu'on insulte sa maison. Tu devrais plutôt remercie Harry à plat ventre qu'il t'es éviter de te pisser dessus, espèce d'ingrat !
- Le remercier à plat ventre ? Mais je ne lui ai rien demandé, moi, crache Malefoy, polaire.
- Ry, la prochaine fois, tu laisseras cette sale fouine mourir de trouille ! m'ordonne Seamus, furieux contre l'ingratitude du blond.
- Si tu veux, je réponds distraitement.
- Alors, Potter ? me lance Nott en me jetant un regard perçant.
- Quoi ?
- Pourquoi tu tenais toujours la main de Draco en dehors de l'ascenseur ? pose-t-il.
- J'en sais rien, je réponds avec un haussement d'épaule agacé. J'ai pas vraiment fait attention.
Zabini haussement des sourcils sceptiques.
- Nev, tu veux que je te fasse une table et des bancs comme les miens ? je propose pour couper cours à la conversation.
Le sujet est légèrement sensible et gênant, vous comprenez.
- Ce serait sympa, approuve mon ami, souriant jusqu'aux oreilles de gratitude.
- Bien, ça te fera 75 wi, je précise tout aussi souriant.
- Espèce de faux frère ! Tu me ferais payer ? s'écrie Nev, estomaqué.
Il ne s'y attendait pas à celle-là et fait une tête si comique que les autres le raillent allègrement.
- Ben quoi ? Tu croyais tout de même pas que j'allais te le faire gratos ? je jette avec flegme. Et franchement, je trouve que c'est donné ! Où tu trouveras une table et les bancs qui vont avec pour 75 wi, hein ? Bien sûr, si tu achètes les planches, je te facturerai juste le temps de travail.
- Saleté ! Garde tes propositions démoniaques pour toi et étouffes-toi avec !
- Eh ! C'est pas gentil ça, Nev, le gronde Seamus secouant un doigt accusateur sous son nez.
Neville lui lance un coup d'œil franchement mauvais et sans crier garde, lui mord le doigt. L'irlandais pousse un cri de douleur et récupère son doigt tremblant de souffrance.
- Théoooooooo ! Il m'a fait maaaaaaaal ! pleurniche-t-il.
Mais Nott est trop occupé à éviter de s'étouffer de rire pour le consoler.
- Non mais vraiment, s'agace Zabini avec un soupir exaspéré. Londubat, tu devrais éviter de mettre n'importe quoi dans ta bouche ou tu finiras empoisonner, un de ces jours.
Nev reste interdit un moment, le fixant bêtement. Wow ! C'est la première fois que je le vois avec une expression aussi ahurie. Chapeau Zabini !
- C'est gentil de t'inquiéter pour moi, Blaise, susurre Nev avec un sourire franchement charmeur.
Non, mais qu'est-ce qu'il nous fait là, le Neville ? Pour le coup, c'est nous qui restons cons ! Zabini, lui, est tout simplement sous le choc. Il fixe Nev avec des yeux démesurés.
- Je vous ai eu ! se bidonne ce crétin de Nev devant nos mines incrédules.
- Putain, t'es trop con, Nev ! Nous ne fais pas des frayeurs pareils ! J'ai bien cru que t'avais viré homo, halte Seamus comme s'il vient de courir le 100 m.
- Tu as quelque chose contre les gays, Finnigan ? siffle Goyle, les yeux plissés.
- N'importe quoi, lance dédaigneusement Seamus. C'est juste que l'idée de Nev et Zabini ensemble a failli me provoquer une commotion cérébrale.
- Ca, c'est impossible parce qu'il faudrait déjà que tu ais un cerveau, rétorque tranquillement Nev en dépeçant un crevette.
- Salaud ! pleure Seamus, vexé.
- Je t'en prie, dit aimablement Nev avec un sourire.
Voyant que son désarroi ne perturbe absolument pas son soi-disant ami, Seamus va pleurer sur l'épaule de Dean, qui le vire vite fais d'un « Dégage ! » exaspéré. Il a plus de chance avec Nott qui lui tapote gentiment la tête pour le consoler. Des fois, je me dis que Seamus en fait un peu trop et c'est d'un fatiguant.
- Bon, trêve de plaisanteries, je dis en sortant de ma poche les offres d'emploi pris sur le net. Je vous ai apporté quelques petites choses qui pourraient vous intéresser.
- Qu'est-ce que c'est ? demande aussitôt Seamus apparemment remis de l'affront de Nev.
- Des offres d'emplois ? constate Dean. Où tu as eu ça ?
- Sur le net, je réponds.
- Tu ne te reposes donc jamais, Potter ? s'étonne Nott.
- Pourquoi tu demandes ça ? interroge Nev.
- Depuis qu'on est ici, tu es toujours sur le sentier de guerre, organisant shopping, rendez-vous à la banque ou avec des techniciens, visite à l'agence pour l'emploi… et quand tu ne planifies rien, tu fabriques des meubles, cherches des renseignements sur le… comment tu appelles ça déjà ?
- Internet, précise Nev.
- C'est ça, Internet… tu n'arrêtes donc jamais ?
- Tu te rendras vite compte que Harry est un hyperactif, ricane bêtement Seamus. Il ne peut pas supporter de rester sans rien faire.
- Tss ! N'importe quoi, je dédaigne. Je ne suis pas hyperactif, c'est simplement qu'il y a plein de choses à faire. Qui pourrait les faire à ma place ? Seamus ? Dean ? On en a vu les résultats, merci bien. Je n'ai pas envie de me retrouver à la rue à la fin de la semaine !
- Hey ! protestent les deux concernés.
- Vous, les Serpentard ? je poursuis comme si je n'ai pas été interrompu. Sans vouloir vous vexer, vous n'en savez pas assez pour que je remette ma vie, même fictive, entre vos mains. Quant à Nev, il est déjà surchargé de travail par le paquet de caprice qui lui sert de colocataire…
- Tu me cherches, Potter ? crache Zabini en se redressant.
- Et puis, je n'apprécie pas que d'autres fassent les choses à ma place, j'ajoute sans faire cas du Serpentard.
- Ca, c'est bien vrai, dit Nev avec un sourire triste.
- Qu'est-il y a ? je m'inquiète en me penchant vers lui.
- Rien, absolument rien, me répond-t-il d'un ton qui se veut rassurant mais qui ne m'abuse pas. Quelqu'un veut encore des crevettes ?
Comme on répond tous par la négative, il se lève et débarrasse le plat. Pourquoi j'ai l'impression qu'il fuit ? Je continue à le contempler, les sourcils froncés. Pourquoi Nev est-il triste ? La seule chose qui peut le mettre dans cet état c'est Zabini et son attitude détestable. Mais là, je suis certain que le Serpentard n'a rien avoir avec ça. En fait, je suis sûr que j'en suis la cause. Mais pourquoi ?
- Tu t'es même renseigné sur les bases salariales et la législation du travail, siffle Goyle, appréciateur.
Je détourne mon regard de mon meilleur ami vers lui.
- Ouais, je réponds avec un hochement de tête. La bonne nouvelle c'est qu'on est payé par jour et non par mois, ce qui veut dire une rentrée de liquidités rapide. La mauvaise, c'est qu'il n'y a pas d'assurance chômage si jamais on est viré et il faut aussi se démerder pour l'assurance santé.
- Que veux-tu dire ? fronce des sourcils Nott.
- Les moldus ont crée ce qu'ils appellent la sécurité sociale, un organisme qui te rembourses tes frais médicaux en cas de maladie t'empêchant d'aller travailler, j'explique. Comme c'est typiquement moldu, je suppose que les jumeaux n'y ont pas pensé. Par contre, si on a un accident au travail, on est couvert, mais en dehors, si jamais on tombe malade, ben tant pis pour nous.
- Je vois, dit Nott pensif. C'est pas bête ce système d'assurance.
- Oui, mais il faut trouver le juste équilibre ou sinon ça fait des trous pas possible dans le budget de l'Etat, précise Dean.
- Qu'est-ce qu'un conditionneur ? s'enquit Zabini.
- Une personne qui range les produits et/ou les empaquettent. Ca dépend des entreprises, répond Dean.
- Et une station service ? demande Goyle.
- C'est là qu'il vende l'essence qu'on met dans les voitures pour qu'elles roulent, explique Seamus.
- Le W.E.B ? interroge Malefoy.
- Ca se dit WEB, je précise. Un autre nom pour désigner l'Internet.
- Et un Drive-in ? fait Nott.
On se regarde avec les potes et poussons des soupirs résignés. Il va falloir tout expliquer aux Serpentard. Ca ne va pas être de la tarte ! Mais quels boulets ! Ils ne pouvaient pas écouter en cours, comme tout le monde ? Grr…
On passe le reste du déjeuner à expliquer aux Serpentard certes termes et métiers – je reste encore sur le cul que Zabini ne sache pas ce qu'est un éboueur – dans une ambiance sans heurte, même si quelques piques fusent ci de-là.
Au final, tout le monde à une idée plus ou moins précise de ce qu'ils veulent faire. Mais je me demande si certains ne visent pas trop haut, notamment Nott qui voudrait le poste de maire. Je pense qu'il va vite déchanter !
Après le déjeuner, on va trier les affaires de Seamus et de Dean entre ce qui est indispensable ou non, sans prêter attention à leurs cris de protestation visant à me persuader qu'ils ne pourraient pas vivre sans consoles de jeux, guitare, distributeur de bonbon et d'autres choses tout aussi superflues.
Arrivé à Habitaconfort, c'est un autre bras de fer avec le Service après vente qui ne veut absolument pas reprendre les articles pour des prétextes tous plus fallacieux l'un que les autres.
- Peut-être qu'on devrait laisser les Serpentard s'en charger. Après tout, la ruse, c'est leur domaine, non ? suggère Nev en me voyant sur le point de faire bouffer le service à cacahouète que je tiens dans la main comme une arme à la pouffiasse qui me fait face – inutile de demander qui a acheté un truc pareil !
Nev m'entraîne résolument loin de l'employée du Service après vente alors que Malefoy prend le relais. Dean et Seamus se font tout petit, sachant que s'ils l'ouvrent, je leur tomberais dessus aussitôt.
Les Serpentard nous rejoignent bientôt avec des sourires triomphants, des liasses de winzflouz en main. Ils n'ont même pas mis un quart d'heure pour obtenir ce que je m'échine à avoir depuis une heure. Dégoûté, je me refreine pour ne pas dire un truc dégueulasse qui effacerait aussitôt leurs mines narquoises. Après tout, ils l'ont bien mérité, cette victoire.
S'en suit les courses, où Nev et moi bataillons ferme contre Seamus qui veut absolument faire un détour par le rayon des alcools, argumentant que je lui ai vidé sa bouteille de whisky. Goyle règle le problème en hissant l'irlandais sur son épaule comme un sac de patate pour l'entraîner dehors. Trop apeuré de subir le même sort, Dean se tiens à carreau.
Les courses se finissent donc dans un calme relatif, vu qu'on doit tout de même empêcher les Serpentard de faire tout et surtout n'importe quoi. Pour les récompenser de leur succès face à Service après vente du magasin de meuble, Nev leur a pris un caddie chacun, à leur demande. Depuis, ils s'amusent à se courser dans le supermarché, risquant à tout moment de faire basculer une pile d'article des rayons. De vrais gamins, je vous jure !
En plus, je dois lutter contre mon envie irrépressible de me jeter sur Malefoy. Avec sa joie toute infantile et ses joues rosies de plaisir, il est tout simplement irrésistible ! Kyaaah… hum, hum, reprenons-nous, c'est pas le moment de fantasmer…
Quand on sort enfin du supermarché, je suis plus fatigué que si j'avais joué un match de Quidditch particulièrement hargneux. On retrouve un Seamus boudeur et un Goyle tout sourire près des caddies.
- Pourquoi ce sourire ? demande Nott.
Pour toute réponse, Goyle exhibe des feuilles de papier sous son nez.
- Qu'est-ce que c'est ? dit Zabini en s'emparant des documents.
- Ca, mon cher, c'est mon contrat de travail, réponds Goyle d'une moue supérieur qui lui donne l'air parfaitement stupide.
- Un contrat de travail ? on s'étonne.
- Le chef de la sécurité du magasin a été impressionné par ma force et m'a proposé de travailler comme agence de sécurité ici, explique Goyle.
On le fixe un instant, stupéfait. Franchement, si on m'avait dit que le premier de nous tous à trouver un poste serait Goyle, je ne l'aurais pas cru !
- Tu l'as pas signé, j'espère ? s'inquiète Nev.
- Pour qui tu me prends, Londubat ? Bien sûr que non. J'attends d'avoir votre avis sur les closes avant.
- On vérifiera ça à la maison, je promets. En attendant, puisque tu es si fort…
Je lui refile les sacs de courses les plus lourds, n'oubliant pas Seamus au passage.
- Tu perd pas le Nord, toi, pouffe Dean devant la mine atterré des deux autres.
- Il est surtout pas gêner, grince Goyle.
- Greg, je te ferais remarquer que c'est tes courses qu'on se trimballe, alors évite de rouspéter ou tu te débrouilles pour tout porter, rétorque sèchement Malefoy.
Il n'a toujours pas digéré de devoir jouer au elfe de maison, une fois de plus. Pour des choses qui ne sont même pas pour lui, en plus. Quel ignominie, vraiment !
Avec cette petite moue boudeuse, Malefoy est absolument craquant. Je dois me faire violence pour ne pas l'effacer d'un baiser. Penser à autre chose, penser à autre chose…
Une fois rentrés chez nous, après un détour chez Dean et Seamus pour poser les courses et vérifier le contrat de Goyle, je me change et me mets aussitôt à le menuiserie, ayant besoin de dépenser mon trop plein… d'énergie, on va dire.
Je me réfugie donc dans le petit cagibi à côté de ma chambre et me mets au travail. J'ai décidé de faire une table basse et si j'ai le temps, une armoire. Si Malefoy a des étagères pour ranger ses affaires dans sa chambre, dans la mienne, il n'y en a pas.
Il ne me faut pas plus d'une heure pour faire une ravissante table basse d'un bois sombre pour aller avec le colorie de notre canapé. Alors que je dispose mon œuvre dans le coin salon, Malefoy sort de sa chambre. Il regarde le meuble un instant avant de reporter les yeux sur moi.
- C'est vraiment toi qui as fait ça ? s'étonne-t-il presque.
Ben qu'est-ce qu'il croit ? Que la table basse est tombée du ciel ? Devant mon air perplexe, il doit se rendre compte que sa question est stupide car il contracte la mâchoire. Il tourne les talons, visiblement irrité.
- Attend ! je le retiens.
A mon grand étonnement, il obéit. Il me lance un regard interrogateur.
- Tu veux quoi pour dîner ? je demande, un peu mal à l'aise sans savoir pourquoi.
Il me fixe un instant sans mot dire, comme s'il attend que je lui dise une autre chose.
- Du potiron, répond-t-il finalement.
- Du potiron ? je répète, légèrement dérouté.
- Si ça te poses un problème, alors ne me demande pas ce que je veux manger, réplique-t-il cinglant.
Uh-uh ! Il va baisser d'un ton, le Malefoy ! Qu'est-ce qui lui prend de s'emporter comme ça ?
- T'as pas besoin d'être si agressif, je rétorque sèchement. C'est juste que ça m'a surpris, c'est tout. Maintenant si tu veux bien m'excuser, j'ai encore du travail.
Enervé, je tourne les talons pour me diriger dans le cagibi quand il prend la parole :
- Théo a raison, tu ne tiens pas en place.
Je lui jette un coup d'œil noir.
- Peut-être que si tu étais un peu plus utile, je pourrais souffler un peu !
Il blêmit sous le reproche.
- Comment ose-tu ? rage-t-il. C'est toi qui veut toujours tout faire tout seul ! Tu l'as dis toi-même, tu n'accepte pas que les autres t'aident.
- Oh, je t'en prie, Malefoy ! je jette, tout aussi en colère. Quand m'as-tu offert ton aide, exactement ? Jamais. Alors, ne viens pas me casse les couilles avec tes conneries !
- Si tu savais comme je te hais, Potter ! siffle-t-il, tremblant de rage.
- C'est parfait, parce que j'en ai tout autant pour toi ! je hurle avant d'entrer à pas de charge dans le cagibi dont je claque violemment la porte.
Putain d'enfoiré de fouine ! Qu'est-ce qu'il a à venir me prendre la tête comme ça ? Tout ça pour une histoire de potiron ! Il fait chier ! Je peux vous garantir que c'est la dernière fois que je commets l'erreur de lui demander son avis.
Hargneusement, je scie une planche au risque de me couper la main à tout instant tant je suis énervé. Au final, je ne me coupe pas mais m'éclate le pouce à coup de marteau. Heureusement, c'est pas trop grave. Ça a au moins eu le mérite de me calmer.
Après ça, je finis mon armoire – quoique armoire est un bien grand mot, étagères serait plus appropriées – et va la placer dans ma chambre. Après avoir ranger mes vêtements, je file sous la douche car je pue la transpiration.
Ensuite, je m'attaque au dîner. Je fais une soupe de potiron en entrée, deux côtes de porc avec du potiron en légume et une tarte au potiron. Si avec ça, Monsieur La Fouine n'est pas satisfait, qu'il aille se faire foutre... Par moi de préférence… mouais, je crois que cette précision n'était pas nécessaire, enfin passons…
- Malefoy, le dîner est près ! j'annonce en m'installant à table.
Au bout de cinq minutes, constatant qu'il n'est toujours pas là, je le rappelle. Seul le silence me répond. Oh, je vois ! Monsieur fait la tête ! Grand bien lui en fasse !
Je mange avec rage, ne savourant même pas mon dîner. Quand je finis, j'empaquette tous dans des tupperwares et les mets au frigo. Je laisse la vaisselle dans l'évier, puisque c'est son travail. Je noue le sac poubelle rempli et le dépose près de la porte pour que Sa Seigneurie Super Fouine Teigneuse ne l'oublie pas.
Puis, je me rends dans le cagibi, histoire de me défouler un peu de ma frustration. Je voudrais décorer les portes des placards de la cuisine que je trouve bien terne. Une fois toutes mes baguettes de bois découper et peintes, je me rends dans la cuisine où je fixe le tout à l'aide de colle et de vises aux portes des placards blanc. J'accroche aussi les étagères murales. Je termine par coller sur les carreaux blancs les petits vifs d'or et les balais en papier adhésif pour donner plus de vie à cette cuisine.
Après, je range les épices sur l'une des étagères prévus à cet effet. Sur les autres, je mets les verres que j'ai décorés de scoubidous artistiquement entrelacés et les assiettes. Dans les pots de chocolat et de confiture qu'ils ont vidé ce matin, je mets les fleurs en papier bleu et mauve que j'ai fabriqué et les dispose sur la table de travail. Je mets d'autres fleurs dans les bouteilles de lait que je place sur la table.
Je continue à agrémenter mon intérieur, jusqu'à ce que j'en sois épuisé. Quand enfin je me décide à stopper, je tiens à peine debout. Le résultat final me plait tellement que je sens ma mauvaise humeur s'envoler.
Malefoy n'est toujours pas sorti de sa chambre. Cependant, la vaisselle est faite et le sac poubelle n'est plus près de la porte. Il a du profité que je sois dans le cagibi pour faire sa part de travail.
Je pousse un soupir las, en fixant la porte de son refuge avec irritation. Finalement, je me décide à aller me coucher, exténué – il est minuit passée, tout de même. Je n'ai même pas la force d'aller prendre une douche avant. Je m'effondre sur mon lit, bougeant simplement pour me couvrir de ma couette.
Morphée me chope alors que je me demande si je vais réussir un jour à avoir une conversation normale avec Malefoy sans qu'on s'envoie des horreurs à la tête ou sans mourir d'embarras.
