Chapitre 3 Se battre pour ce que l'on veut…

S'étant de nouveau faite surprendre par des témoins, Jane et Maura ne pouvaient s'empêcher de se sentir comme des adolescentes, dont on découvrait une relation secrète ou même interdite. Tout le monde allait le savoir si elles ne faisaient pas preuve de plus de subtilité mais surtout de discrétion. La brunette ne peut s'empêcher de rire. Ressentant une claque à son bras, l'italienne observa froisser son amie.

« AIE ! Pourquoi tant de haine ? »

« Ce n'était pas amusant, maintenant on va savoir pour nous deux ! »

« Et alors, un jour ou l'autre tout le monde le saura pour nous deux. »

« Ça ne te dérange pas qu'on sache pour nous ? » Questionna surprise Isles qui s'attendait à ce que sa moitié soit plus réservée sur leur sexualité. Elle avait entendu que Jane avait été victimiser par le passé par certains de ces collègues, car elle avait l'image de la lesbienne garçon manqué. Et sa famille était catholique. Donc l'homosexualité était un sujet difficile pour elle de s'exprimer.

« Non, je t'aime pourquoi devrais-je le cacher ? Après je ne vais pas le crier au commissariat, mais je n'ai pas honte d'être avec toi. Je suis simplement chanceuse. Et puis ce ne sont pas n'importe qui, ces personnes je les fais entièrement confiances. Ils ne vont pas ébruiter ce qu'ils ont vu. Enfin...je me chargerai personnellement de ce petit détail. » Sourit Rizzoli en serrant de nouveau dans ses bras son amante qui se contenta de se caler confortablement, sa tête était collée contre la clavicule de la détective qui inspirait la chevelure parfumée de sa bien aimé.

« Je pense qu'il serait préférable…qu'on reprenne notre initiale relation amicale… c'est ce qu'il y a de mieux…pour le moment ce n'est pas sérieux et-»

« Quoi ! Tu plaisantes n'est-ce pas ?» Coupa peiner mais surtout furieuse l'italienne qui repoussa au loin son amie. Celle-ci semblait aussi accablée par ses mots, cependant la détective vit de la sincérité dans son regard…est-ce que leur relation la tourmentée ? Pourquoi ne lui avait-elle pas évoqué auparavant ces doutes ?

« Non, j'y ai pensé cette nuit… »

« C'est pour cette raison que tu filtrais mes appels, ou que tu ne répondais pas quand je frappais à ta porte ? »

« Jane...je suis désolée...mais je devais réfléchir... c'est une erreur d'être en couple…selon les statistiques bien que 30 % des couples se rencontrent au travail mais plus de d'un tiers se séparent de façon houleuses. »

« Pas toi aussi ! Aussi je n'ai pas envie d'entendre ces statistiques à la noix sur notre relation amoureuse ! » Hurla désemparer la détective qui tapa furieusement du pied le sol. Elle n'aurait jamais imaginé que sa moitié veuille rompre ainsi leur relation. Elle savait que cela pourrait devenir compliqué, mais a eux deux, elles avaient vécu les pires situations possibles les rendant encore plus fortes et proches. Oui il pouvait naître des doutes, mais pas sur leur amour.

« Jane… »

« NON pas de Jane ! Est-ce que tu m'aimes ? » Questionna sérieusement la brunette qui prit la discussion sur le ton d'un interrogatoire, il était aussi à son avantage, car elle connaissait bien les faiblesses de son adversaire, le plus important était qu'elle était incapable de mentir...mais l'expérience lui avait prouvé que sa suspecte pouvait omettre certaines données pour faire un mensonge par omission.

« Oui. » Avoua sans hésiter Isles avec la plus grande des tristesses défiler sur ses traits. Son interlocutrice aurait espérée une autre réponse...non une autre manière d'être exprimée cet amour qu'elles partageaient ensemble, qui semblait être aujourd'hui le pire des calvaires. Comment en étaient-elles arrivées là ? Tout avait été parfait par le passé, alors qu'a t-il pu changer en cours de route ?

« Alors il n'y a rien d'autre de plus important que nous ! »

« Je veux qu'on fasse une pause...qu'on prenne chacune de notre côté le temps d'y réfléchir plus longuement sur nous. » Cette proposition n'était pas du tout au goût de la brunette, le mot 'pause' signifiait simplement une rupture retardée. C'était bien joli d'employer ces termes pour ne pas blesser l'autre, mais elle préférait la vérité directe et souvent dure, et non une ébauche gentillette qui mènerait au final à la simple souffrance pour les deux parties concernée.

« Tu sais ce que veux dire une pause Maur ? » Raisonna froidement l'italienne en s'approchant de sa collègue de travail, qui reculait de quelques pas. Oh, elle n'aimait pas cette distance, cela commençait déjà à sentir le roussi.

« Qu'on prenne notre temps pour bien réfléchir sur nous, sur la relation que nous voulons avoir, sur le faite- »

« Le faite qu'on puisse voir ailleurs sans que cela semble à de la tromperie ? » Coupa la détective à la plus grande stupéfaction de la légiste qui n'avait visiblement pas pensé à ce point de vue.

« Le faite que c'est simplement un moyen de rompre et que cela traîne à la longueur ? Tu penses que c'est ce que je souhaite ? J'en ai marre d'être compatissante, attentive ! Nous ne pouvons pas revenir à notre relation d'avant c'est beaucoup trop tard, mais aussi je ne sais pas si je serai capable de te voir seulement comme une amie…quand je te vois, j'ai envie de t'embrasser, de te dire continuellement que je t'aime, j'ai envie que tu sois nue contre moi...de te faire l'amour...que tu cries mon nom et celui de personne d'autre. »

« Alors…c'est bien ce que je pensais...il serait mieux qu'on ne se voit que comme des collègues à partir d'aujourd'hui. » Termina la châtain avec une grande résolution. Jane l'attrapa brutalement par l'avant bras, elle ne se préoccupa de la souffrance qu'elle causait à son interlocutrice, qui se laissait faire sans émettre une quelconque opposition. Acceptant son sort. Puis Maura se fit pousser violemment contre le mur, et Jane s'empara violemment de ses lèvres, la légiste se mit aussitôt à grimacer de douleur. Rizzoli se recula le regard humide, puis ajouta avec détachement qui ne la caractériser pas et qui effraya d'une certaine façon son amie :

« Comme vous voulez Docteur Isles ! Je t'ai laissé un dernier cadeau, ne voulant pas avoir des mots horribles ou même briser notre longue et importante amitié, je te marque de ma souffrance, je souhaite que tu gardes le plus longuement possible cette coupure qui est comme notre relation. » La brunette sortit de la morgue laissant s'exprimer son chagrin pour un court moment, avant de reprendre sa façade brute de policière. Quand à la châtain, toujours tétanisée pouvait ressentir un flot d'hémoglobine rouge rouler progressivement de sa lèvre fendue à son menton.

« Je n'ai pas le choix Jane, pardonne-moi... » Hoqueta en sanglotant le médecin qui s'écroula sur le sol, qu'importe si cela froissait ou salissait sa robe, c'était le cadet de ses soucis.