Chapitre 5 sentiments incontrôlés
Cela faisait plus d'une dizaine de minutes que nos protagonistes se retrouvèrent ensembles autour d'une table. La tension était plus que palpable au niveau de la brunette, qui n'avait franchement pas envie de côtoyer la légiste, elle faisait bonne figure pour les autres. Toutefois quand Isle lui adressa la parole, elle ne l'écoutait pas et se mettait à bailler outrageusement en observant sa montre. C'était puéril comme comportement, mais Maura n'avait-elle pas commencé les hostilités la première ? N'était-ce pas elle qui l'évitait comme la peste, ou lui parlait sans émotion ? Et cela pendant de longues semaines, alors jouer les meilleures amies du monde c'était hors de sa portée, elle ne pouvait jouer la comédie aussi bien que cette personne qui lui faisait malheureusement face. La conversion environnante se portait essentiellement sur les affaires en cours, ou parfois la musique.
« Docteur Isles ? » Interrompit une voix masculine. L'interpellée se retourna et se mit à sourire divinement, la jalousie s'empara en un claquement de doigt la brune, qui se concentra comme elle le pouvait sur ses main. Elle devait mettre de côté cette horrible et rongeuse émotion, cela signifiait une seule chose, elle avait encore et malgré elle des sentiments pour la légiste, qu'importent les souffrances qu'elle avait endurées.
« Tomas ? Que faites-vous là? »
« Vous pouvez me tutoyer et me nommer B.T., tout le monde le fait Mademoiselle Isles. J'ai entendu parlé de ce bar, et je voulais me détendre un peu avant des analyses poussées pour les prochaines affaires. »
« Je vois, comme vous le souhaitez, désolée pour le vouvoiement, c'est plus fort que moi. Mais venez vous asseoir avec nous. On serait ravi de vous avoir. » Elle parlait seulement pour elle, car la brunette n'était pas enthousiaste, elle se mit à grimacer de déplaisir, ça allait durer combien toutes ces politesses, très peu pour aller directement au lit. Et c'était un spécimen de choix pour l'acte de procréation, les bébés des deux surdoués du genre humain, feront certainement des génies et grands prix nobles.
L'homme d'une trentaine d'année, d'au moins un mètre quatre-vingt, blond aux yeux noisette était le nouveau stagiaire/assistant de la légiste en chef. En plus d'être charmant, il était très intelligent. Il serait parfait avec la légiste...une remontée désagréable de bille envahissait sa bouche, cela rendit plus que nauséeuse la détective.
Jane se mit à serrer des poings à en craquer les articulations à cette situation grotesque qu'elle devait endurer malgré elle, elle remarquait que Maura se mit ouvertement à draguer son nouvel assistant de laboratoire. Elle lui souriait à chacune de ces remarques, elle riait à ces blagues nullissime, parfois même, elle osait lui toucher tendrement l'avant bras, comme si il n'y avait aucun spectateurs pour supporter cette affligeante mascarade. Elle avait réellement envie de dire ces quatre vérités, ça l'amusait à ce point de la torturer ainsi ? Même Korsak et Frost s'étaient mis en retrait en sentant une forte pression.
La brunette sentit la main réconfortante de son frère sur son dos, il lui souffla si ils devaient partir autre part. C'était probablement ce que voulait la légiste, elle ne voulait pas fuir. Ne pas lui donner cette chance de l'humilier… de montrer que c'était elle la plus faible. Alors pour se distraire de ces conversations scientifiques qui lui fit piquer du nez, mais surtout envie de se pendre avec les branches de menthe qui se trouvait en face d'elle. La fan de sport observa les autres clients qui sont se saoulés; seuls, avec des amis, ou certains draguaient. La brune attarda aussitôt son attention sur la jeune et jolie serveuse.
Cela la surprit même d'avoir de telle pensée pour une femme, ce n'était pas qu'elle ne pouvait trouver une autre femme belle, toutefois sa gêne se porta sur son attirance. Depuis la châtain, elle n'avait jamais regardé une autre femme de cette façon. Des hommes oui. Sortant de sa contemplation, la brunette entendit vaguement qu'on la nommait. Embarrassée de laisser tergiverser son esprit, elle vit que tous la fixaient.
« Euh...qu'est-ce qu'il se passe ? »
« On pourrait dire de même. Nous disions que tu semblais perdue dans tes pensées, veux-tu les partager avec nous ? » Suggéra Frost qui avait vu l'intérêt peu discret de sa collègue sur la serveuse et s'en délectait avec la participation du frère Rizzoli, qui semblait remettre une couche.
« C'est vrai Janie. Dis nous ce qui te met dans un tel état de béatitude et franchement niais. »
« Quoi ? Comment ça niais ?» S'exclama sur la défensive la détective de Boston alors que toute l'attention se portait sur sa personne. Boudeuse, elle se retourna puis observa de nouveau les clients.
Le garçon manqué laissa de nouveau son esprit dévier sur Katherine, mais cette fois-ci elle semblait énervée. Un client un peu trop amical la scrutait dans les moindres détailles ses formes et sans aucune honte. Certains hommes ne se souciaient pas de leur comportement auprès des femmes. Elle connaissait parfaitement ce sujet. Et ce qui la outra, c'était la main baladeuse qu'elle voyait bouger. L'employée de Dirty Robber tenta de garder un visage serein malgré les circonstances désavantageuses, mais cela ne dura pas longtemps. La serveuse avait été amenée de force sur les jambes de l'importun. Elle tenta de s'échapper de cette prise qu'il avait sur elle, mais elle n'eut pas longtemps à résister car un samaritain de l'identité de Jane Rizzoli lui était venu à son secours en une fraction de seconde. Attrapant le poignet du malotru, elle le retourna derrière lui, l'homme éméché se mit à hurler de douleur et à se débattre pour s'extraire. Mais son adversaire était impitoyable face à ce genre d'individu. La serveuse remarqua qu'il y avait moyen de fuite, se leva d'un bond et s'éloigna. L'ivrogne allait frapper l'italienne, mais la dite lui tordit encore plus fortement le bras. Ses amis arrivèrent à sa rescousse bien qu'elle n'en ait visiblement pas besoin, se chargeant avec brio de cet importun, qui dorénavant était accompagné, et cela en direction de la sortie. L'italienne fut fière, mais surtout heureuse d'avoir eu un peu d'action dans cette soirée qui se profilait comme barbante de sa part.
Jane se mit à rougir quand elle sentit de douces lèvres se déposer délicatement sur sa joue. Se retournant surprise, elle mit à sa main sur sa joue enflammée, et vit à ses côtés une reconnaissante Katherine.
« Merci mon héro. » Korsak riant par ce spectacle vit du coin de l'oeil Maura presque effondrée en train de silencieusement et boire cul sec son verre, pour ensuite se resservir pour la troisième fois du vin.
