Chapitre 6 Nature des émotions humaines

« Pourquoi ce baiser ? » Bégaya la représentante de l'ordre toujours sous le choc. Certes ce n'était pas un bisou sur la bouche, mais cela l'avait tout de même prise au dépourvu. Plus qu'elle ne le croyait.

« Peu de femme prendrait de cette façon la défense d'une autre et cela de manière si téméraire. C'est pour te remercier, c'est tout. »

« Ah…d'accord, ce n'est rien, c'était normale de vous aider. » Ria nerveusement la brune toujours embarrasser.

« Tout comme vous remercier. Et puis je dois l'avouer que c'était très sexy. Mon coeur était tout chamboulé. » Rizzoli sentit encore des rougissements par ces paroles directes, et qui pourtant semblaient d'une grande sincérité. Déglutissant péniblement, elle ne savait comment répondre. Des remerciements ? Perdue dans ses réflexions, elle n'eut besoin de réfléchir plus longtemps, son interlocutrice s'excusa poliment pour prendre une nouvelle commande. Jane se dirigea à sa table, et vit Maura la fusiller du regard.

« Quoi ? » Croassa celle-ci pas particulière avide de connaître les pensées de la légiste. Elle se demandait même, pourquoi elle avait de sa propre initiative ouverte la discussion.

« Depuis quand tu flirtes avec les femmes ? J'ai cru que tu n'étais pas sexuellement attirée par le sexe féminin. À envoyer de mauvais messages, cette personne pourrait se méprendre. »

« Peut être c'est que je souhaite, non qu'elle se méprenne…mais que je suis vraiment intéressée par elle. Et puis je ne te juge pas quand tu t'accroches en chaleur à B.T. (celui-ci était parti entre temps) Moi aussi j'aimerai avoir de la compagnie ce soir. » Whooouh mince… pensèrent les autres protagonistes présent autour de la table, ils ne souhaitaient pas être au milieu de ces tigresses. Et ils se sentaient de trop, mais surtout pas partant à avoir plus de détail.

« Je m'accroche pas en chaleur à B.T., c'est seulement un ami. Et puis cela ne te concerne en rien. » Riposta d'une octave plus aiguë Isles qui n'aimait pas ces insinuations discréditant.

« Alors arrête de te mêler de mes affaires, et je ferai de même avec les tiens ! Je te signal que c'est toi qui m'as repoussé ! Alors laisse-moi tranquille ! Addition s'il vous plaît ! » Cracha en colère la détective. En quelques secondes, la serveuse qui était intéressée par l'italienne était venue et lui donna un ticket.

« Je préfère que ce soit Jane qui garde le ticket. » Déclara souriante l'employée du bar, alors que la concernée fut surprise.

« Je dois alors payer pour tout le monde ? Je ne crois pas que mon salaire puisse me permettre cette folie; bien que cela plaise déjà la majorité. Si c'était un billet gagnant de loterie, ce serait différent. » Plaisanta la concernée.

« Non j'ai mis mon numéro de téléphone sur le papier au cas où tu voudrais m'appeler pour qu'on se voit après le travail. Tu pourrais me faire visiter la ville ou d'autres choses. Mais si tu veux les utiliser pour le loto, c'est comme tu le souhaites Mademoiselle la sexy et téméraire détective. » Écarlate, Jane vit effectivement qu'il y avait un numéro de téléphone au rouge à lèvre, elle entendit des sifflements de la part de ses collègues. Ce qui l'embarrassa encore plus qu'elle ne pouvait le supporter, mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir flattée. D'habitude cela l'ennuyait d'être abordé par les femmes, elle se disait hétérosexuel, maintenant c'était différent.

« Est-ce vraiment professionnel de séduire les clients ? » Commenta sèchement la légiste, sous l'air incrédule des autres protagonistes qui se turent lorsque la serveuse et Isles se défièrent du regard. Quand à la brunette, elle fut outrée par le comportement de sa collègue de travail, pourquoi se prenait-elle de faire de tel jugement ? Elle n'avait aucun droit de faire la morale ! Surtout pas elle !

« Parfois ça vaut le coup de le faire. Et puis si ça ne marche pas, j'aurai au moins tenté ma chance, je ne regretterai pas. » Répondit poliment la serveuse en faisant un clin d'œil à sa potentielle conquête qui souriait ravie de la réponse, elle n'avait peur de rien cette femme, et cela lui plaisait. Et l'aînée des Rizzoli avait copié le numéro de téléphone de Katherine sur son répertoire téléphonique, ce qui ne passa pas inaperçus de ceux qui étaient autour. Ne s'attendant pas à ce que leur collègue accepte les avances d'une femme, bien qu'elle soit très charmante.

« Et puis la personne qui parle de moralité n'est pas un exemple à prendre, flirter avec des collègues et même avoir eux avec des relations et les repousser. » Remarqua aigrement Frankie qui mangea des pistaches; puis il fixa la châtain qui semblait coupé dans son élan, mais surtout honteuse. Un malaise s'installa soudainement, l'italienne décida de payer la part de son addition, et les autres firent de même. Puis elle s'en alla en souriant à Katherine qui rendit son geste, Jane en compagnie de son frère qui souriait de toutes ses dents en attrapant par l'épaule celle de sa sœur.

« Quoi ? » Grommela la brunette qui avait une forte idée du sujet de conversation.

« Un vrai Casanova, tu ferais presque pâlir Tommy si vous sortiez draguer ensembles. Je suis contente de retrouver ma petite soeur. La battante, l'ironique et amusante Rizzoli. Maura ne sait pas quoi elle perd en te laissant. Et puis cette serveuse est vraiment charmante. »

« Frankie…je ne cherche pas à avoir une relation amoureuse. »

« Oh…si tu t'amuses c'est bien aussi. » Suggéra le brun sous l'air choqué de Jane qui lui claqua l'arrière de sa tête. Toutefois son air narquois resta gravé sur ses traits.

« Non, je ne parlais pas de ce genre d'amusement ! C'est juste que c'est bien d'avoir une personne avec qui parler, ou d'autres connaissances que celle du travail. »

« Hum…mais c'est la première fois que tu te laisses draguer par une femme. Ou même qui tu laisses une possibilité de t'ouvrir à quelqu'un d'autre. C'est déjà beaucoup…»

« …je ne peux promettre rien… »

« Je le sais. Et puis si tu n'es pas intéressée, tu pourras toujours me donner le numéro de Katherine. »

« Quoi ? Non ! »

Pendant ce temps, du côté d'Isles.

La légiste dans un état bien visible d'ébriété était en train de tituber en levant les bras en l'air...pour prendre de l'air… Elle allait presque tomber, mais Frost la retient à temps à sa chute. La châtain s'accrocha contre lui. Inquiet, Korsak avait décidé de l'amener chez elle en personne, mais Barry lui dit qu'il allait s'en charger. Tout les deux en tête à tête, Maura se mit à rire amèrement.

« Vous avez vu à quel point Jane et cette garce était en train de se dévorer du regard, bien que ce ne soit pas le cas…car on ne peut dévorer une autre personne avec ses globes oculaires… bien que dans certains pays, la consommations animale des yeux n'est pas étrangère contrairement à notre idéologie de l'alimentation…»

« Que cherchez-vous Docteur Isles ? » Questionna le noir américain qui fut d'une grande écoute, il savait que sa partenaire ainsi que la légiste étaient en froid pour des raisons qui lui était inconnu, il ne voulait pas s'immiscer dans une autre qui ne le concernait pas. Mais quand il voyait ces deux amies être autant meurtries, il ne pouvait pas fermer les yeux.

« Rien… »

« Maura. » Insista l'homme en lui touchant l'épaule pour la réconforter quand il entendit des tremblements dans sa voix.

« Je veux…je l'ai toujours voulu…mais les circonstances ont pris une tournure que je n'ai pu contrôler…j'ai essayé d'en avoir le strict contrôle…cependant cela s'est retourné contre moi… »

« Que voulez-vous dire ? »

« Je suis en train de perdre Jane… »

« Mais non, elle est toujours votre amie. Qu'importe ce que vous avez endurées. Tout finira bien comme d'habitude. Et vous rirez de la situation dans le futur. »

« Et je ne le veux pas…je veux qu'on soit de nouveau un couple comme avant…avant qu'Angela intervienne… que je lui accorde cette demande qui me tue…j'aime tellement Jane…»

« … Maura…»