Chapitre 7 Difficiles changements
Cela fit plusieurs jours que Maura et Jane avaient repris des relations amicales, comme cela était avant leur déboire amoureux. Ce n'était pas la châtain qui avait fait le premier pas, mais c'était à son grand étonnement Rizzoli. Celle-ci se montrait plus entreprenante, plus joviale au travail, et nombreux de leur entourage avait remarqué ce changement d'humeur. Disant que c'était à cause de l'amour ? Bien que cela soit mal de le penser, Isles ne voulait pas voir son ex dans un tel état de bonheur. Car elle en avait parfaitement conscience de la cause de ce revirement. C'était probablement par l'intermédiaire de cette personne, dont elle ne voulait pas évoquer le nom tant que cela la blessée. Il semblerait que Jane soit devenue de plus en plus proche de cette serveuse. En parlant de la détective, celle-ci venait de débouler dans la morgue avec un immense sourire aux lèvres.
Le médecin rendit son geste, bien qu'elle sache au fond d'elle qu'elle n'était pas l'instigatrice de cette joie.
« Alors Maura, est-ce qu'il y a quelque chose de particulier sur ce corps ? » Questionna la policière en observant attentivement le cadavre posé sur la table d'autopsie, ne rencontrant que silence, la brunette fixa son interlocutrice qui la dévisageait. Prise à l'acte, l'accroc en achat de chaussure de marque baissa rougissante sa tête sur son travail. Elle ne pouvait s'empêcher de l'admirer de loin, bien que Jane n'en avait pas conscience. Probablement à cause de ses propres préoccupations dont elle ne faisait malheureusement plus parties.
« Ou devrais-je dire y a-t-il quelque chose de particulier sur mon visage ? Quelques conseilles pour que j'ai une peau plus lisse ou sans défaut. Il doit y avoir du boulot. » Taquina l'italienne de manière joviale, se remémorant des discussions privilégiées avec son amie lors de ses rendez-vous amoureux, qui finissait en fiasco parce qu'elle sortait son jargon médical à ses prétendants.
« Non il est vraiment parfait et sans aucun défaut. Tu as toujours été magnifique…parfaite...»
« …ah…merci…était-ce de l'ironie ? Tu t'améliores de jour en jour. Mais fais attention de ne pas me battre sur mon terrain, je suis très hargneuse. » Ria Rizzoli avec un clin d'œil malgré qu'elle sentit son cœur battre à rythme effréné par un tel compliment venu un peu de nulle part. Maura allait avouer que non, elle était incapable de lui mentir…enfin…ouvertement… mais elle fut interrompue par le téléphone de Rizzoli. Son visage s'illumina aussitôt, et le cœur de Isles s'engouffra encore plus dans les profondeurs du chagrin.
« Il n'y a rien à dire sur le corps ? Tu n'as rien trouvé d'autre qui pourrait nous donner un indice sur l'assassin ? A part ce sable qui ne provient que dans les terrains de construction de la côte ? » Continua professionnellement Jane.
« …Non…toujours les mêmes éléments. Je vais faire d'autres tests plus approfondis. Je te préviens quand j'aurai de nouveau résultat. »
« D'accord. Je vais y aller alors ! »
« Jane ? »
« Oui » Répondit la concernée présentant toute son attention sur son interlocutrice qui se perdit dans une marrée chocolaté qu'elle souhaitait s'en couvrir à s'en noyer entièrement.
« Je…suis désolée… »
« Ce n'est pas ta faute si tu n'as rien trouvée pour le moment. Je sais que tu fais tout ton possible pour nous aider. Allez, je te laisse tranquille. À plus tard. »
« Non…je ne parlais pas pour cela mais d'autre chose…ce n'est pas grave…oublie… »
« D'ac…cord… ? »
« Est-ce que tu vas manger à midi ? » La brune se mit à froncer des sourcils ne comprenant plus rien à la situation ou la direction de la discussion, cependant elle fit extraction pour ce concentrer sur la demande.
« Ah oui. Pas longtemps à cause de notre affaire. »
« Tu voudrais venir avec moi. Nous…je veux dire…Frost, Korsak et moi ? » Questionna la légiste avec espoir. Mais il se désintégra littéralement quand elle vit l'air désolée de son interlocutrice.
« Je suis désolée…mais ce n'est pas possible aujourd'hui, j'ai déjà quelque chose de prévu avec Katherine…peut être une prochaine fois ? »
« Katherine…la serveuse du Dirty Robber ? »
« Oui, elle est aussi assistante sociale. »
« Oh. Il semblerait que vous êtes très proches toutes les deux…à quel point ? Est-ce que vous êtes amies…ou plus ? » Interrogea Isles sans qu'elle ne puisse s'en arrêter. Cela lui fit souffrir de sortir ses mots, mais elle avait ce besoin irrépressible d'en savoir plus, ça la rongeait de l'intérieur de ne pas connaître la réalité.
« Maura…je ne pense pas que cela soit une bonne chose que nous en parlions…certes nous avons retrouvées une relation cordiale, mais c'est resté très fragile…tout peut bousculer en pire. Je ne demanderais pas non plus tes relations. Et je ne le souhaite pas le savoir…pas pour le moment. Tu comprends mes craintes ? Peut être plus tard ces discussions ? »
« Oui…je m'excuse…j'aurai dû y penser plus tôt… »
« Non ce n'est rien. Je dois vraiment y aller où je serai réellement en retard. » La fan des Red Sox s'en alla. Et Maura réalisa qu'elle sentait un picotement irrégulier à l'intérieure de sa main. Sa main était ensanglantée, elle s'était coupée la paume de sa main avec son propre scalpel. Elle ressentit comme un soulagement, et enfonça encore plus profondément cette lame qui servait à découper des tissus humains. La douleur ne semblait pas la toucher, ce fut même le contraire. Celle de son cœur était plus forte.
« Maura chérie, mais qu'est-ce que tu fais ? » La dite dans un grand trouble émotionnel n'avait pas réalisé la présence d'une personne tierce personne à sa morgue. Elle vit la personne et semblait dépérir encore plus.
« Mère ? Que faites-vous là ? » Bégaya la châtain dont un écho de métal percuta l'air. La légiste était sortie de sa stupeur en faisant tomber sur le sol la lame couverte de son liquide carmin. Constance se rua aux côtés de sa fille, et vit le résultat infligé à sa main qui ne cessait de convulsionner. Par instinct maternel, Madame Isles chercha un bandage de fortune dans l'environnement. Mais n'en trouva pas. Alors cherchant dans ses poches, elle prit un mouchoir blanc et couvrit la plaie béante.
« Maura, pourquoi t'aies-tu infligé cela ? Qu'est-ce qui se passe, dis le moi par pitié. » Implora Constance angoisser de voir sa fille qui ne régissait plus à ce qui l'entourait. Le regard vide, Maura déclara sombrement :
« Si je vous le disais, vous ne voudriez plus me parler…vous me détesterez...j'ai déjà tellement perdue…je ne sais pas si je le supporterai encore… »
