Chapitre 9 Affrontement du coeur
Pourquoi Jane avait l'impression de tromper Maura ? Elle ne faisait rien de mal, de plus elles étaient séparées, et cela par la décision irrévocable de la légiste. Oui elle avait toujours des sentiments profonds pour sa meilleure amie, malgré leur houleuse séparation. Bien qu'elle ne le montra pas ouvertement, elle essaya de se comporter comme le faisait sa comparse, distante. C'était simplement...plus facile. Elle ne voulait pas perdre son amie, qui contrairement à elle avait tiré un trait à une quelconque relation. Mettant de côté sa culpabilité qui n'avait pas lieu d'être. La brunette observa l'heure de son téléphone portable. Elle se prépara pour cette matinée qui allait être intéressante. Prenant rapidement une douche, elle entendit quelqu'un frapper à sa porte. Elle se dépêcha de s'habiller puis elle mit à sourire divinement, son invitée était plus qu'en avance, cela ne la dérangeait guère. Elle avait hâte de la voir si tôt le matin.
« Hé ! Je ne m'attendais pas à ce qu- » Ouvrant la porte, le sourire de la détective se fana aussitôt lorsqu'elle rencontra un visage familier.
« Est-ce que tu t'attendais à voir quelqu'un d'autre ? » Rizzoli se mit à grimacer quand elle perçut dans le ton d'Isles de la jalousie. Comme osait-elle alors qu'il y a peu elle était en train de flirter il y avait à peine quelques jours, et cela juste devant son nez avec un de ses nouveaux assistants ? Et n'avaient-elle pas décidées de ne pas s'immiscer dans les affaires sentimentales de l'une et l'autre ? Et de rester simple de neutre amie ? Était-ce si compliqué de ne pas le faire ? Oui l'inquiétude pour l'une et l'autre était toujours là. Rizzoli ne pouvait le nier, elle avait ce besoin irrépressible de protéger sa meilleure amie, qu'importent les circonstances dont elles se trouvaient.
« Oui. » Prise de cours par cette honnête révélation, la châtain se mâchouilla nerveusement sa lèvre inférieure, signe qu'elle était vraiment stressée.
« Je peux entrer ? » Questionna hésitante la légiste en détournant son regard mal à l'aise par l'indifférence complète de l'italienne.
« Non. J'attends quelqu'un…»
« Cela ne durera pas longtemps. Promis. Je veux juste te parler...»
« Pourquoi devrais-je te laisser entrer ? Surtout maintenant ? Ne m'as-tu pas interdit l'accès de ton domicile, de notre amitié ? Parler ? N'est-ce pas ce que j'ai souhaité pendant plusieurs semaines, et tu n'as jamais voulu m'écouter…alors pourquoi devrais-je accepter ta requête ? Le travail est bien suffisant pour nous, après on pourrait voir si on arrive à redevenir un peu comme avant. »
« Jane je ne pense pas que l'on puisse retourner comme avant. Aussi je m'excuse de tout ce que je t'ai fait subir. »
« Ok. Tu as fini ? Je ne te retiens pas. Si tu veux qu'on discute, alors un peu plus tard. Je serai toute ouïe. » Claqua la brunette qui ne supportait pas déjà le début de leur conversation.
« Non je n'ai pas fini Jane…Je t'aime…je t'ai toujours aimé…j'ai fait une erreur de te repousser…j'avais simplement peur…du regard des autres…mais surtout de ta famille…je ne voulais pas que tu vives la même situation douloureuse que la mienne avec ma famille. J'ai conscience ce que c'est d'être rejeté…c'est difficile à vivre même aujourd'hui. Perdre ta mère serait lourde en conséquence, et je ne veux pas que cela se produise par ma faute. Je tiens beaucoup trop à toi…»
« Alors c'est pour cette raison que tu n'as fait que m'éviter ? Que tu ne me parles plus comme avant, que je me suis soudainement retrouvée toute seule ? Que tu n'as pas partagé tes craintes alors que tu te plaignais constamment que c'était moi qui ne me confiait jamais ? Si mes frères n'étaient pas là pour me soutenir, je ne saurai pas ce qu'il advenu de moi. Tu m'as simplement abandonnée…jamais je n'aurai fait une telle erreur avec toi…et j'ai toujours imaginé que ce serait par ma faute si on aurait des difficultés de couples. Que d'une manière ou d'une autre je ferai le premier mauvais pas…»
« …Jane…j'ai fait une erreur regrettable…je ne suis pas parfaite…bien que tu penses continuellement du contraire. J'ai pas mal de doute en moi…j'ai besoin que tout soit clair…précis...et je m'en rends finalement compte que c'est moi le problème…redonne moi une nouvelle chance…je sais que je ne la mérite pas…mais-»
« Non Maura, je t'ai déjà donné plusieurs occasions en or de venir vers moi. J'ai essayé d'être patiente, de te comprendre, d'attendre que tu me parles…mais c'était moi qui avait besoin cela de ta part… » S'exclama lassa la brune en se passant sa main dans sa longue chevelure. Ne sachant comment cacher sa nervosité, elle détourna le regard vers la fenêtre de son appartement. Puis elle se mit à soupirer.
« Je…j'ai eu peur…si je te laissais entrer de nouveau dans ma vie et que tu partes de nouveau alors je n'aurai pas pu le supporter. » Avoua Isles les larmes aux yeux.
« Donc il était plus facile d'abandonner que de te battre ? Je n'en valais pas la peine de tous ces sacrifices ? C'est ce que tu me dis ? » Constatât meurtrit Rizzoli, elle ne s'attendait pas à ce que cette conversation soit établit en ce jour, mais bien avant. Était-ce trop tard ? Elle avait l'impression que c'était le cas ? Peut être que la légiste allait finalement réaliser la peine qu'elle lui avait infligée tout ce temps. Une douce vengeance à son infinie douleur. C'était mesquin de penser de la sorte, mais lorsqu'on était blessé dans son amour propre par la personne en qui on faisait le plus confiance, il n'y avait plus aucun état d'âme. Que c'était cruel d'haïr et d'aimer à la fois une même personne.
« Non ! Je dis simplement que tu ne sais pas ce que cela fait d'être rejeté par tes proches…depuis mon enfance je n'ai connu que cela…mes parents...bien qu'ils m'offraient tout le nécessaire pour avoir une vie confortable…j'étais délaissée et seule. Je me débrouillais pour qu'ils soient fiers de moi, pour qu'ils remarquent ma présence, je cumulais les meilleures notes possibles, je cherchais à faire ce qu'ils voulaient de moi, était-ce de l'égoïsme de ressentir cela de vouloir qu'ils s'occupent de moi ? Tu sais que ma scolarité était aussi solitaire, je n'ai jamais pu me faire d'ami, des connaissances, mais sans plus. On me nommait de Maure aux rats, j'ai réalisé que c'était parce que j'étais ennuyante, bizarre. J'étais rejetée…je n'avais aucun amis…je pouvais entendre les insultes derrière mon dos…c'était une période difficile à vivre…je ne le souhaite à personne. Certes, cela m'a endurci, mais aussi rendu vulnérable avec les interactions sociales. J'ai peur qu'on se moque de moi, même aujourd'hui d'être prise au ridicule. Tu as entendu que mon surnom actuel est la reine de la mort, et ce n'est pas amical la manière dont on me nomme. Et…tu fus la seule…à m'apprécier…la véritable et étrange...moi…je n'ai jamais aussi heureuse de toute ma vie…et j'ai de nouveau tout gâcher par mes doutes…je sais que je ne te mérite pas…»
« Maura…ne te dévalorise pas autant…on fait tous des erreurs, et je parle en connaissance de cause. J'ai réalisé quelque chose d'important lorsque nous n'étions plus amies…auparavant on se raccrochait trop l'une à l'autre…et je ne sais pas si c'était une bonne chose de dépendre autant de quelqu'un. Qu'arrive t-il si on se dispute de nouveau ? On va comme à notre habitude projeter notre colère autour de nous, se montrer non professionnel ? On va s'éviter, ou l'une de nous deux va demander une mutation ? Alors on se retrouvera une nouvelle fois seules ?»
« Ça n'arrivera pas cela. » Promis la scientifique.
« Pourtant cela aurait pu arriver quand j'ai tiré sur ton père biologique. »
« Et j'ai pris conscience que j'avais tord. Jane…je sais que je t'ai fait beaucoup souffrir…par ma faute il y a une fissure indélébile…mais j'ai besoin de le savoir…est-ce que tu es avec cette serveuse ? Est-ce que j'ai perdu toute chance de te retrouver ? Est-ce que tu m'aimes toujours ? »
« Je ne peux répondre à tes questions Maura, je ne vois pas pourquoi je le ferai, cela ne te concerne plus. » Sans que la brunette ne s'attende, sa meilleure amie s'appropria ardemment de ses lèvres, c'était une approche désespérée, mais la légiste l'était totalement, elle n'avait plus rien à perdre. Malgré qu'il y ait eu de la résistance au début, la brune ne repoussa et céda à la facilité. Elle rendit le baiser avec une grande ferveur. De son pied, elle claqua la porte et poussa Isles contre celle-ci. La légiste passa ses mains sous le t-shirt de Jane et caressa cette peau qu'elle avait rêvé à de nombreuses reprises pouvoir de nouveau posséder. Pouvoir la proclamer sienne encore et toujours.
« Maura je préfère te prévenir, si on continue, cela ne veut pas dire que nous nous remettons ensemble, je ne veux pas que tu te fasses des idées sur la situation. C'est seulement du sexe et rien d'autre. En ce moment mon corps a peut être envie d'être auprès de toi mais pas mon coeur, il n'est pas prêt d'être brisé de nouveau. Est-ce que c'est ce que tu souhaites ? » La légiste dont le sexe était un acte qu'elle appréciait particulièrement, surtout avec la brunette, mais elle ne pouvait le nier qu'elle n'appréciait pas cette condition. Lorsqu'elle entendit ces mots presque étouffés de peine de la part de sa meilleure amie, son envie primaire s'évapora...
« Non…je ne le veux…pas...» Non elle ne souhaitait pas en arriver là. Un coup d'un soir, une simple passade d'adieu. Elle voulait plus qu'un partage charnel. Elle espérait les sentiments qu'elle éprouvait aller rejoindre son amante, et ne formerait plus qu'un avec les siens. Oui la châtain s'était informée sur le romantisme. Malgré la mièvrerie, elle ne pouvait douter que c'était ce qu'elle voulait auprès de sa brune. Une communion des émotions, ainsi que du physique. Elle était prête à se donner entièrement. Nos deux amies qui se fixèrent avec une lueur immense de désir, tentèrent de reprendre leur souffle et esprit. Bien que cela fût une tâche ardue tant que l'excitation flottait aux fibres de nos héroïnes qui s'éloignèrent inévitablement de l'une et l'autre. Et elles sursautèrent quand un coup distinct à la porte les ramena sur terre.
« Je suis désolée…je vous dérange ? » Questionna embarrasser Katherine sentant avait interrompu quelque chose d'important lorsque Jane ouvrit la porte. Son invitée ne savait plus où se mettre. Katherine avait mis un survêtement de sport, un pantalon melotenné gris ainsi qu'un débardeur rose et une veste grise. Et avait les cheveux en queue de cheval. La brunette sourit soulager d'avoir une échappatoire à cette discussion qui ne menait nulle part.
« Non ne t'inquiète, nous avons fini. On y va ? » Questionna Rizzoli qui eu une réponse affirmative, elle prit les clés de son appartement, elle ferma la porte puis passa devant une Isles silencieuse pour s'en aller. Cependant elle put entendre distinctement malgré le chuchotement bas :
« Je me battrai pour toi Jane…je n'abandonnerai comme la dernière fois…qu'importe le temps que cela prendra…je te prouverai ma bonne fois…mon amour...je t'aime… tu es mon âme sœur, celle que j'ai toujours attendue toute ma vie de solitude...»
