Chapitre 10 L'amour est un combat

Cela fit plusieurs jours qu'il y eut des changements significatifs au comportement de Maura, des attentions qui se firent remarquer de la part de Rizzoli qui en obtenait toutes les faveurs, bien que celle-ci ne semblait pas apprécier, ce n'était pas dans son caractère. De plus, elle avait l'impression d'être acheté. Cependant au fond d'elle, elle se sentait réellement aimé. Toutefois, c'était un revirement beaucoup trop brusque, passer ainsi de l'indifférence à l'adulation totale. Oui Jane Rizzoli avait l'impression qu'on la courtisait par de nombreuses petites attentions qui étaient plus ou moins visible. Elle en avait fait réflexion auprès de sa collègue qui se montra sourde oreille à ses exigences d'arrêt. Elle lui avait simplement dit qu'elle voulait lui prouver son amour. Et des gestes n'étaient pas de trop, de plus cela lui faisait plaisir de lui procurer du bonheur. Cela montrait seulement que ses actes n'étaient pas illusoire, qu'elle était sincère à la reconquérir. Peu importe ce que pensait les regards extérieurs.

Alors chaque matin, la détective vouait sur son bureau un café chaud, ainsi que diverses petites douceurs. Des viennoiseries, des confiseries des plus divins au palais, des fruits. Parfois des fleures. Nombreux de ses collègues pensèrent que c'était un admirateur secret. Mais ses véritables amis savaient la provenance de ces présents, et ils ne faisaient que sourire face aux nombreux visages qu'exprimait la représentante de Boston. Surprise, embarras, flatterie, ennuie. Bien qu'elle tente de le dissimuler péniblement, l'italienne était une vraie femme qui aimait qu'on la dorlote plus qu'elle ne le montrait avec sa façade de policière dure et sérieuse. Elle était toujours l'homme de la situation, mais il y avait une autre facette qu'elle montrait que rarement aux autres. Sa féminité, son côté vulnérable et fragile.

De l'autre côté il y avait Katherine, sa relation avec elle se définissait doucement en une profonde et loyale amitié. Bien que cela ne soit en rien avec son précédent rapport amical. Ici c'était plus léger, facile à vivre. Cela aussi loin de tous les mélodrames. C'était simple et sans déconvenue notable. Un nouveau souffle bienfaiteur. Mais cela ne pouvait se comparer avec sa meilleure amie. Si elle n'avait pas encore ces sentiments profonds, sans aucun doute elle aurait laissé libre court à d'autres possibilités. Les comparaisons étaient nombreuses, Katherine aimait les sensations fortes, faire du saut en élastique, pratiquer du VTT dans les montagnes, se baigner nue dans un lac. Jane avait été traînée de droite à gauche n'ayant aucun instant de répit. Et cela la satisfaisait. Elle n'avait plus de pensée négative, elle faisait que s'amuser. Aller dans des boite de nuits à la mode, prendre des cafés à minuit. Aller à la patinoire. Et Rizzoli avait des difficultés à alterner avec sa nouvelle vie et l'ancienne. C'était pour cette raison qu'elle voulait que tout soit clair.

Jane se dirigea vers le bureau du médecin légiste avec les cadeaux que lui avait offerts celle-ci. Elle percuta tout ceux qui osaient se mettre en travers de son chemin. Par politesse et bien que ce n'était pas facile à cause de ses bras occupés, elle tenta de toquer à l'aide de son pied.

« Oui ? » Voilà une nouvelle tâche demandant de la dextérité. Avec ce même pied, la brune ouvrit la porte.

« Maura, c'est toi qui m'a laissé ces fleures, ce café ainsi que ces macarons sur mon bureau ? »

« Tu n'as pas aimé ? » Questionna hésitante la châtain.

« Hum, non c'est tout le contraire. Je n'ai jamais goûté des choses aussi délicieuses. Tout comme les autres collègues qui ont volé dans la boite…J'ai eu l'impression d'avoir un orgasme gustatif. Mais ce n'est pas le problème Maura…tu ne peux pas continuer à m'offrir tout ces cadeaux…j'ai l'impression que tu cherches à m'acheter…»

« J'ai fait les macarons ainsi que le café. » Clignant des paupières d'étonnement, Jane posa tout ce qui l'encombrait sur la table d'Isles.

« Vraiment ? Tu es une vraie cuisinière….je veux dire. Je sais que tu veux te racheter, et je t'ai finalement pardonné. Alors tu n'as pas à perdre ainsi ton temps pour me satisfaire autant. »

« Je ne perds pas mon temps Jane…j'aime faire ces choses, c'est loin d'être un fardeau pour moi. Tu t'aies toujours montré attentionner envers moi. J'ai juste voulu faire de même. Et c'est plus agréable que je l'imaginais…» Sourit Maura qui regardait avec un profond amour son interlocutrice qui déglutit difficilement. Son cœur faisant presque des bonds désordonnés et dans tout les sens dans sa cage thoracique. Alors qu'elle allait émettre une remarque son téléphone vibra tout comme celui de sa collègue. Elle avait conscience qu'elle ne pouvait l'éviter, c'était pour leur affaire de meurtre. Il fallait donc de nouveau remettre à plus tard cette conversation.

Plus tard dans la soirée, à l'appartement de Jane Rizzoli.

La propriétaire du loft se mit à soupirer de fatigue lorsqu'elle regarda le hockey, puis elle entendit sa porte se cogner. Qui cela pouvait être à cette heure aussi avancé de la nuit ? S'extrayant de sa distraction éphémère, elle mit son chien Jo Friday confortablement sur son canapé. Puis elle rejoint l'entrée et ouvrit avec peu d'enthousiasme son domicile.

« Bonsoir Jane, j'espère ne pas vous déranger. » Bouche-bée mais surtout prise de cours par l'invité qui se tenait devant son perron, la détective ne savait comment réagir et ne put que prononcer :

« Madame Isles... » Salua poliment la brunette qui fit tout son possible pour ne pas refermer la porte par peur.

« Je connais votre relation avec ma fille. Et j'aimerai que nous en discussion. Puis-je entrer ? » Déclama sans prendre aucune pincette la bourgeoise, à la plus grande stupéfaction de Rizzoli. Maintenant elle savait de qui tenait ce trait vif et sans détour du comportement qu'avait habituellement Maura.