Chapitre 11 Une question de choix.

Jane semblait nerveuse, mais elle laissa entrer Constance et lui prit son manteau par la même occasion. Ne sachant comment réagir, Rizzoli nettoya en vitesse le canapé qui était recouvert de chips, et elle mit rapidement une couverture pour la femme de milieu aisé.

« Asseyez-vous. »

« Merci. » La brunette n'avait pas pensé à tous les cas de figure, son chien avait sauté sur les jambes de Constance qui fut surprise par la soudaine apparition du joyeux animal, qui quémanda de l'attention. La détective sous le choc, allait attraper son chien, mais Constance lui signala que ce n'était pas la peine. Cela ne la dérangeait pas. Elle caressa la boule de poil qui était toujours aussi nerveuse. S'asseyant à son tour, la détective ne perdit pas un instant pour entrer dans le vif du sujet :

« Vous savez pour Maura et moi. Les nouvelles vont vite à ce qu'on dirait. Et je présume que vous souhaitez que j'y mette un terme ? Ne vous inquiétez pas, il n'y a pas de quoi vous tracasser. C'est déjà fait depuis un bon moment. » Souffla fatiguer la détective, pourquoi continuait à l'assaillir de toutes ces remarques ?

« Non, j'aimerai plaider en faveur de ma fille, pour que vous compreniez pourquoi elle a agi de la sorte avec vous. Et si vous acceptez mes explications, peut être que vous verrez d'un autre œil sa demande de pardon. » Rizzoli pensa avoir mal compris ces mots, elle se resservi une gorgée de bière pour se remettre de ses émotions en furie, toujours aussi troublée par cette tirade qui paraissait trop beau pour être vrai.

« Pourquoi vous me dites tout cela Madame- »

« Constance. Vous êtes de la famille Jane. Plus que ne vous ne l'imaginez.» Coupa Isles en insistant avec un sourire bienveillant et qui se voulait maternel. La brune sentit un pincement au coeur, elle aurait aimé avoir de l'affection de la part de sa mère...quelle ironie… la personne la moins maternel, l'était au moment le plus cruciale pour elle…

« Constance, pourquoi me dites-vous tout cela ? Je veux dire, j'aurai pourtant imaginé que vous me demanderez le contraire, soit, de laisser votre fille en paix. Et vous m'encouragez à me rabibocher avec elle. N'est-ce pas un poids difficile pour votre entourage...de savoir que votre fille aime...les femmes ? » Questionna la brunette en se calant plus confortablement contre son canapé.

« J'aurai pu tenir un tout autre discours i peine de trois, quatre ans, mais quelqu'un d'avisé m'a souligné toutes mes erreurs, et tout ce que j'aurai pu perdre si je ne faisais pas attention, je croyais stupidement avoir tout pour acquis, mais en réalité ce fut une de mes désillusions, et c'est pour cette raison que je vous remercie de tout mon cœur Jane. » La dite fut de nouveau soufflée par cette révélation. Intriguée, elle tourna son regard sur son interlocutrice, et ne perçut que de la sincérité.

« Moi ? »

« Oui vous. Vous m'avez fait voir que j'aimais ma fille et cependant je ne me suis pas occupée convenablement d'elle, j'ai été peu présence dans son enfance...je me rends compte que ce temps perdu, je ne pourrais jamais le rattraper, qu'importe tout les efforts inimaginables que je puisse donner. Mais grâce à vous Jane, vous m'avez montré que rien n'est perdu, et je vous répète de même. Maura...bien qu'elle ne le montre pas, est une personne fragile, et peu sûre d'elle malgré qu'elle excelle dans son travail et plusieurs domaines. Cela intimide et rend jaloux des envieux ou prétends sa supériorité intellectuelle et financière. C'était de même dans sa petite enfance. Elle était douée dans les études, elle se livrait entièrement dans les livres. Et sa vie sociale...je pense qu'elle était inexistante. Les peu de fois où j'étais présente au domicile, il n'y avait jamais d'ami, de camarade de classe, seulement nos employés de maison...je voyais ma fille enterrée dans ses livres. Quant à ses petits copains, le peu que j'avais vu ne la rendait pas entièrement heureuse. Elle ne s'ouvrait pas aux autres, je crois même qu'elle se sentait comme un poids, un fardeau pour les autres. Que cela soit pour vous Jane, ainsi que moi. Elle a des difficultés pour s'ouvrir sincèrement, et je pense qu'aujourd'hui elle a encore ce récurrent problème. Bien que sa carrière soit accomplie…Maura ne veut pas vous blesser. Et à ce que j'ai entendu, avec votre mère c'est compliqué... » Rizzoli ne put s'exprimer par des mots et ne fit qu'acquiescer de la tête.

« Ma fille ne l'avouera jamais, mais elle pense que l'aimer vous mènera qu'à des malheurs, et que vous allez regretter par la suite d'être en couple. Et sa crainte d'abandon que nous avons créée avec son père ne fait que s'amplifier car elle vous aime éperdument, et plus que ne la jamais fait auparavant. Je l'ai vu quand elle était à vos côtés. Elle sourit librement, elle rit d'entrain, elle est épanouie. Et jamais je ne l'ai vu ainsi, même avec sa propre famille. »

« Pourtant j'ai essayé de me rapprocher d'elle, bien que cela soit seulement en amitié...et elle n'a fait que fuir...alors je suis fatiguée... » Contesta la brune défaitiste en passant sa main devant son visage attristé.

« Je peux comprendre votre frustration...mais vous n'avez pas la même vie que Maura, elle a toujours enviée votre famille...je ne peux nier que votre famille est chaleureuse, unie et je la jalouse aussi. Alors avec Angela dans le tableau et sa demande, »

« Sa demande ? » Interrompit la fan de Baseball.

« …je ne sais pas si cela est mon droit de divulguer l'information…mais ma fille avant votre dispute, avait rencontrée Angela. Elle lui a imploré de rompre avec vous à cause de la condition de santé de votre père. » Jane retient ses larmes, comment sa mère pouvait lui infliger cela ? Déjà apprendre que son père avait un cancer était un calvaire, mais en plus elle lui avait prise sa bouée de secours, son soutien dans les moments les plus difficiles. Pourquoi ? Parce qu'elle était intolérante ? Pour la famille ? Retenant ses tremblements de frustration, la détective écouta attentivement le reste de ce qu'avait à dire son interlocutrice, qui prit son silence un signal pour continuer.

« Il était difficile pour ma fille de se battre ou de s'opposer à cette mère qu'elle idolâtrait. Surtout qu'elle ne veut blesser personne. Et cela eut un effet opposé. Vous êtes toutes les deux anéanties…» La brunette se passant délicatement les mains devant son visage tenta de rompre ses larmes. Pourquoi était-ce si difficile d'aimer quelqu'un ? Mais surtout sa meilleure amie, elle n'avait pas envisagé toutes les répercussions extérieures. Mais pas cela...

Constance, à la plus grande surprise de Jane la prit dans ses bras, elle n'imaginait pas cette femme si rigide être câline. Le geste était maladroit un peu brusque mais pas brutal ou forcé.

« La balle est dans votre camp Jane, c'est à vous de décider si vous allez ou non donner une chance à Maura. Je n'influencerai nullement votre décision. Je voulais seulement partager les points d'ombres que vous n'avez pas conscience. Et je porterai soutien à vous deux, qu'importent vos choix. » La brune fut prise de sanglot de reconnaissance quand elle entendit ses paroles pleines de réconfort.

« Merci… Constance…» Hoqueta Rizzoli qui souffla pour se calmer un minimum.

« Ce n'est rien, tu fais partie de la famille Isles. Si tu veux tu peux m'appeler maman, ou mère comme Maura. »

« On verra cela. Alors je dois vraiment boire du thé fais à base avec d'excrément de Panda ? »

« Oui c'est une coutume. » Ria Constance.

« Quelle chance, » Répondit sarcastiquement Jane qui se sentit finalement libérée de ses entraves.