Coucou tout le monde, voilà un petit chapitre (oh mon dieu, ils deviennent de plus en plus court ^^') parce que:
1. Amarilla part demain (c'est samedi, n'est-ce pas ?) et qu'un petit chapitre avant son départ pourrait lui faire vraiment plaisir.
2. Je ne trouvais pas comment finir ce chapitre autrement ^^' (vous verrez en bas)

Encore une fois, personne ne m'appartient et je peux supprimer.

Au fait, le titre (Forget to Remember) est le titre d'une chanson (comme tous les titres dans chapitres en fait ^^') de Mudvayne. Tout ça pour vous proposer un jeu: de qui proviennent les trois chansons précédentes ? (C'est juste pour gagner quelques mots de plus que je dis ça XD comme ça, j'ai bonne conscience. )


Il arrêta de renifler, ces mêmes sens en alertes, quand la porte se rouvrit. Il ne sut quoi faire. Le Patron était-il revenu pour un second round ? Après tout, ils étaient les deux seuls encore éveillés dans cette maison. Il détourna le regard, ne voulait pas voir le sourire dérangé de son bourreau. Une main douce lui saisit l'épaule.
"Du calme petit, je suis là," tonna une voix si grave qu'elle ne pouvait pas être humaine.
Il se retourna alors, découvrant une main gantée contre sa peau. Deux yeux vides ornant un visage plus pâle que la mort le regardaient avec toute l'empathie qu'ils pouvaient dégagés. Le Démon approcha doucement sa paume contre le front du Geek. Une force froide mais rassurante semblait lui être insufflée, il ferma les yeux et se laissa faire. Cette puissance mystique parcourut tout son corps, le régénérant peu à peu. Il était soigné physiquement, oui, mais son cœur le faisait toujours autant souffrir.

"Ça va un peu mieux ?" lui demanda l'être paranormal toujours avec cette même douceur dans les gestes et le regard.
Il hocha maladroitement de la tête, les larmes au coin des yeux. Sans réfléchir, il se jeta contre sa poitrine, quémandant un câlin bien mérité.
"Chut, doucement, c'est ça. Ne pleure pas, tout va bien s'arranger."
Le gamin se contrôla du mieux qu'il put. Reniflant bruyamment pour ne pas voir son seul ami et soutien disparaître. Il enfouit son nez dans son cou, humant son odeur sulfureuse. Le Démon lui caressa doucement le dos pour le rassurer encore plus. Il le berça même.
"Pourquoi il fait ça ?" demanda-t-il finalement quand sa peine fut un peu consolée.
"Tu sais petit, ce n'est pas un mauvais gars. Il a appris à combattre ce qu'il ne comprenait pas, voilà tout."
Sa voix d'outre-tombe résonnait dans la pièce.
"Qu'est-ce qu'il ne comprend pas ?"
"Les sentiments, cette fonction si humaine. Il n'a jamais connu que la colère, l'envie et la luxure. L'amour, par contre, lui est tout bonnement inconnu."
"Pourquoi ?"
"Parce que certains naissent dans un foyer aimant, avec une belle petite famille et des amis. Il mène une vie simple et, malgré les épreuves difficiles, reçoivent toujours l'amour d'autrui. D'autres naissent seuls et abandonnés. Le seul amour qu'ils peuvent recevoir vient d'eux-mêmes et jamais ils ne peuvent s' imaginer que quiconque accepterait de tenir dans leur cœur une épave comme eux."
"Pourquoi être si cruel avec certaines personnes ?"
"Je n'en sais rien, demande à Dieu."
Sur ces mots, le Geek se tut. Dieu, hein ? Il lui demanderait un jour. Pour l'instant, il cherchait juste à comprendre. La cruauté, pour lui, c'était sa vie. Les brimades, les coups, les couteaux enfoncés dans le cœur par derrière. Ne jamais s'être senti aimer, ça n'en faisait pas partie. Ce n'était pas de la cruauté, c'était simplement inhumain. Malgré ça, ce n'était pas une raison pour le violer !
"Pourquoi il me fait souffrir s'il ne veut qu'être aimé ?"
"Parce qu'il a peur d'être aimé. Il serait alors dans une relation inconnue, incapable de savoir s'il agit en bien ou en mal, incapable de mettre de mots derrière ses pensées, de gestes derrière ses sentiments."

Le mortel pensa un moment. Chaque mot pesait plus lourd dans sa poitrine. Ainsi, il n'était pas le seul à s'effrayer pour rien.
"Tu veux que je lui pardonne, c'est ça ?" demanda-t-il en se rendant compte que l'être des profondeurs avait vraiment pris le parti du Patron.
"Je sais que ce sera dur, voire impossible, mais oui. Il t'aime tu sais, plus que ce que tu pourrais le penser.
"Mais comment faire pour lui pardonner ?"
Le Démon ne répondit pas. Il ne savait pas lui-même.
"Dors un peu, tu es épuisé."
Le petit n'eut pas le temps de le contredire que son index et son majeur tendus posés contre son font le fit partir dans les bras de Morphée.

"Alors, il va mieux ?" demanda fébrilement l'homme en noir en voyant son collège sortir de la chambre.

C'était lui qui l'avait invoqué, le suppliant d'aider le petit. Dès qu'il mit le premier pas en dehors de la chambre, la culpabilité s'était abattue sur lui. Ses épaules en étaient encore affaissées. Il s'était assis dans le couloir, s'adossant au mur et attendant le retour de l'être pâle.

"Son corps est soigné," répondit-il en offrant sa main comme levier, " son cœur souffre toujours mais me parler l'a un peu aidé."
Il hocha la tête, semblant ailleurs. Ce qu'il venait de commettre lui donnait le tournis. La situation lui avait simplement glissée des mains. Son contenu était maintenant répandu à terre, impossible à récupérer et la moindre tentative aurait été vouée à l'échec, la peau parsemée de bouts de verres. Voyant son ami toujours sans réaction, le Démon soupira.
"Toi aussi, tu devrais alléger ton cœur."
En temps normal, il lui aurait rit au nez, serait parti avec une réplique très raffinée. Il releva seulement la tête, remarquant enfin la main gantée.
"Va me chercher à boire plutôt," railla-t-il.
"Typiquement humain," soupira une nouvelle fois l'immortel en s'exécutant.

À son retour, le Patron n'avait pas bougé d'un pouce. Malgré ses lunettes teintées, il était facile de comprendre qu'il avait le regard perdu dans le vide. Ses sentiments se balançaient entre culpabilité, amertume et rage, contre lui-même surtout. Il saisit la bouteille de vodka sans la voir, la débouchant avec des mains tremblantes, comme un alcoolique en manque, et tenta le plus grand à fond qu'il put. L'alcool atténuerait la douleur, il en était certain.
"Il ne t'en veux pas autant que tu pourrais le croire," fit l'être des ténèbres en s'asseyant à des côtés, "il a comprit pourquoi tu as agi ainsi."
"Sympa de prendre ma défense mais il n'y a pas de raison qui peut expliquer ça."
"Tu as peur, voilà la raison. Tu es face à une situation inconnue et tu as réagi par instinct. Quand tu commences à aimer, tu te forces à les faire partir."
"Je ne l'aime pas," assura le pervers, ravalant une boule amère qui montait doucement dans sa gorge.
"Arrête de mentir. Je le sens quand tu mens."
Il n'ajouta rien, son masque était tombé. Il devait se rendre à l'évidence: il l'aimait ce gamin. Du moins, plus que tout autre être avant lui. Un amour qui aurait pu être partagé... mais ça, c'était le passé.
"Il peut encore te pardonner, tu sais ?" le rassura le Démon en lisant dans ses pensées.
"Pas moi."

Les derniers mots qui l'achevèrent. De petites perles transparentes se mirent à arpenter ses joues pour mourir contre sa veste. L'être à ses côtés disparu alors. Maintenant seul, totalement seul, il médita encore ses gestes, les larmes tentant vainement de le laver de sa honte et ses erreurs.


Alors, verdict ?