The werewolf thing
10 - Protéger.
Je fis demi-tour aussi vite que mes pattes me le permettaient. Le coeur serré, j'emergeais dans la clairière, cherchant Hermione du regard. Elle n'avait pas bougé, elle était resté à l'endroit où je l'avais laissée. Mais elle n'était pas seule.
Je parcouru les dizaines de mètres qui me séparaient d'elle à une vitesse folle, et me jetait sur la sangsue qui s'était accrochée à son épaule, tentant également d'écarter les deux autres. J'étais devenu fou, je n'avais plus qu'une idée en tête : les massacrer.
Je m'acharnais sur le premier que j'avais attrappé. Il ne se débattit que très peu, tentant de me mordre, mais je lui arrachais la tête avant qu'il n'ai put approcher suffisamment ses canines de mon pelage. Je l'étripais, le mettais en pièce, réduisait ses miettes en poussières. Et quand j'eu fini, je me souvint qu'il en restait deux.
Je me retournais, arrachant le second alors que le troisième s'enfuyait. Je lui fit subir le même sort que son camarade. La colère m'aveuglait comme jamais. J'étais devenu fou de rage. Incapable de m'arrêter, me contentant de lui infliger le plus de peine possible, comme si cela pouvait venger Hermione et les morsures dont ils l'avaient gratifié.
Je me souvins d'Hermione. Faisant demi-tour, je la cherchais du regard. Elle avait bougé, se trouvait à quelques mètres de l'endroit où elle était tombée. Elle s'était trainée dans la neige, laissant une grande marque rouge sur le sol. Je me dépêchais de la rejoindre.
Elle avait sortit sa baguette et, maladroitement, avec le peu de forces qui lui restaient, elle avait réussi à immobiliser le dernier et à lui envoyer une grande gerbe de flammes pour l'incinérer. Elle brûla aussi les deux autres, me lança un dernier regard et s'évanouit.
Mon coeur se débattait comme un forcené dans ma poitrine, comme incapable de rester en place. Je me sentais mal, inutile, bon à rien, je n'avais même pas sû la protéger correctement. Je profitais de son inconscience pour laisser les larmes de honte dévaler mes joues.
Avec plus de délicatesse que jamais, je la pris dans mes bras et la ramenait au chalet. Son sang tacha ma peau et ma tête se mit à tourner. Je n'aurai pas été aussi ébranlé si ça avait été le mien. Je me sentais tellement coupable. Tellement.
Je montais lentement les escaliers menant à sa chambre et la couchait sur le lit. Je lui enlevais sa baguette, son manteau et le reste de ses vêtements. J'observais ses morsures. Il y en avait 3. C'était bien trop pour une fille de cette corpulence là.
La morsure sur l'extérieur de sa cuisse était celle qui saignait le plus et continuait à tâcher les draps. Celle sur son avant bras laissait couler quelques goutes d'un sang plus foncé, tandis que celle de son épaule prenait une couleur inquiétante.
Alors que j'étais en train d'observer ses plaies, Hermione sembla emerger. L'oeil vitreu, elle semblait me regarder sans vraiment me voir. Une bouffée de soulagement me saisit en voyant qu'elle reprenait connaissance.
" Hé, comment tu te sens ?"
Elle me regarda curieusement, ouvrit la bouche plusieurs fois sans parvenir à articuler un mot, leva vers moi une main tremblante et des frissons lui parcoururent le corps.
" Je vais m'occuper de toi..."
Je ne savais pas si elle m'entendait. Elle avait l'air loin, dans une autre dimension. Et pendant un moment je m'inquiétais de l'éventuelle présence de venin dans son organisme.
Je me levais, rejoignit la salle de bain et entrepris de remplir la baignoire d'eau chaude. Une fois celle-ci prête, j'y glissais Hermione et m'occupait de nettoyer ses plaies. J'essayais de lui parler mais elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Une indicible tristesse s'était emparée de moi, comme si j'étais sur le point de la perdre, comme si tout ce qui s'était passé jusqu'alors n'avait pas la moindre importance. J'en étais malade.
La morsure sur l'épaule attira mon attention. Sa couleur inquiétante était passée du violet à l'argenté, et je n'avais plus le moindre doute. Il y avait du venin là. Peu, mais il y en avait. La douleur était localisée, Hermione ne supportait pas que je touche cet endroit, et je remerciais le ciel que la sansgue n'ait pas eut le temps de distiller plus de poison.
Il fallait que je l'extraie. ça ne pouvait pas rester. Tôt ou tard ça se dilurait dans le sang, et je n'étais pas prêt à prendre le risque juste par curiosité d'en observer les conséquences. Je fouillais la salle de bain à toute allure, essayant de chercher quelque chose pour aspirer le poison avec l'espoir de ne pas avoir à le faire selon la méthode la plus désagréable. Je fini par mettre la main sur une seringue emballée et préférais ne pas m'interroger sur sa présence.
J'arrachais le plastique avec empressement. Un tremblement parcouru ma main. J'inspirais un grand coup, je devais le faire, je n'en avais pas envie, mais je ne voulais pas perdre Hermione, j'avais déjà assez perdu auparavant, il ne me restait qu'elle, et je refusais que les sangsues ne fassent d'elle un monstre ou un cadavre.
Je m'approchais d'elle, m'excusais d'avance, serrait les dents, et, sans me laisser le temps de réfléchir, plantais l'aiguille dans son épaule. La douleur sembla la réveiller. Elle se mit à hurler, et je me sentais fléchir. Je devais faire vite, elle commençait à se débattre.
Je lui retirais une quantité considérable de sang, auquel se mélait le venin. Je mesurais ma progression aux décibels qui s'échappaient de la bouche d'Hermione. Je sû que j'avais tout extrait quand elle se tû et que je vis la blessure reprendre une couleur acceptable.
" Je suis tellement désolé...Murmurais-je."
Elle dodelinait de la tête, sans vraiment m'écouter. Ses yeux étaient grands ouverts et vitreux. Je vidais l'eau et entourait son corps d'une serviette. Elle frissonna. Je la soulevais et l'assis sur le bord de la baignoire pour la sécher. Avec douceur, je pris des compresses et pansais ses blessures.
Je ne savais pas d'où me venait cet instint de protection, ces réflexes. Je n'avais jamais eu besoin de prodiguer ce genre de soins à qui que ce soit, et je m'étonnais moi même d'y parvenir aussi bien et d'être capable de garder mon sang froid. Car la colère et l'angoisse faisaient battre mon coeur à un rythme infernal. Et pourtant, je savais que le pire était passé, qu'elle ne craignait rien. Mais au fond de moi, je savais que l'avoir vu à terre et blessée avait changé ma vision des choses. Jamais je ne l'avais imaginée aussi vulnérable. Et l'idée qu'un évenement de la sorte puisse se reproduire, me rendait malade de peur.
Avec plus de douceur que celle à laquelle nous étions tous les deux habitués, je posais le dernier pansement sur la morsure de son épaule et ramassais un goute d'eau qui en dévalait la courbe. Fatigué, je laissais échapper un soupir. C'était trop, elle avait déjà assez souffert dans sa vie. Elle méritait un répit.
Relevant les yeux, j'observais son visage. Elle me regardait, mais elle semblait ailleurs, comme occupée à formater ses souvenirs pour oublier. Il émanait d'elle tellement de douleur que je la sentis me pénétrer et venir se loger dans mon coeur déjà surchagé de souffrance.
Avant que je ne m'en sois rendu compte, j'avais posé mes mains de chaque côté de son visage, à la limite de son menton. Je voulais qu'elle me regarde et qu'elle éprouve quelque chose. Et peu m'importait que ce ne soit pas que ce que j'éprouvais moi. Je voulais qu'elle ressente quelque chose, qu'une lumière apparaisse dans son regard, qu'elle se réveille, qu'elle sorte de sa torpeur. Je voulais la ramener à la vie.
Alors j'ai posé mes lèvres sur les siennes. Tendrement, je l'ai embrassée, je lui ai donné tout ce que je possédait, je lui vendait mon âme pour qu'elle revienne d'entre les morts. Je voulais qu'elle réagisse, qu'elle s'aperçoive que la vie continuait, que j'étais là, et que j'avais envie d'essayer de l'aimer, de lui donner tout le bonheur et l'amour qu'elle méritait.
Je me suis reculé pour voir si j'avais réussi à lui rendre la vie. Elle me regardait toujours, ses yeux brillants de larmes. Elle paraissait tellement désolée que je sentit mon coeur se fissurer de toutes parts. Laborieusement, elle me mumura cette supplique :
" Ne fais pas ça..."
