The werewolf thing
12 - Abdiquer.
Je m'étais perdu. Dans ses courbes, dans ses cheveux, sur le coin de ses lèvres, dans le brun de ses yeux. C'était comme si je la redécouvrais, comme si je ne l'avais jamais vue nue. Elle était tellement parfaite, tellement belle, tellement pleine. De vie, d'amour, d'espoir. Elle était une lumière qui chassait la nuit noire. Je n'étais plus rien sinon une partie d'elle. Et en même temps, j'avais l'impression de n'avoir jamais été aussi complet de ma vie. J'étais entier, entier parce qu'elle venait me compléter, définir celui que j'étais. Il n'y avait pas de limites, je n'avais pas la moindre idée d'où mon corps finissait et où le sien commençait. Et cette ignorance avait le goût de la passion et celui de la liberté.
Mes mains caressaient sa peau comme pour la découvrir à nouveau. Tout souvenir était effacé, seul l'instant présent comptait. Je glissais mes paumes tremblantes sous son t-shirt, l'arrachant presque. Je voulais fermer les yeux et laisser à mes mains fébriles le soin de la redessiner dans mon esprit, mais je ne pouvais la quitter des yeux. Elle était bien trop belle pour que je songe à regarder ailleurs.
Mes lèvres remontaient le long de son ventre, traçaient leur chemin sur sa peau, faisaient un crochet par son coeur avant de se perdre dans son cou. Elles vinrent embrasser son épaule frissonnante, la morsure de sa clavicule, sa griffure. Et il me semblait que ces petites imperfections ne servaient qu'à l'embellir, la rendre encore plus merveilleuse.
Ses gémissements me rendaient fou, ses dents marquant mon cou appelèrent le loup en moi. Je devenais sauvage, animal. Elle enfonçait ses ongles dans mon dos, traçant des sillons sur ma peau. Je ne savais plus comment l'aimer, comment lui témoigner à quel point elle était unique, magnifique.
Je voulais être partout, l'aimer, lui donner tout. Je laissais mon empreinte sur chaque centimètre carré de son corps si parfait. Je sentais les goutes de sa sueur perler dans ma bouche, et m'ennivrer. Je l'entendais murmurer mon prénom, le soupirer, parfois le hurler. Mes oreilles devenaient sourdes de l'entendre m'appeler. Mon coeur battait si fort qu'il résonnait dans la pièce entière. Je n'était que flammes, le feu me consummait, me dévorait. J'en devenais dingue, fou à lier.
Ma respiration se faisait saccadée, je ne savais plus dans quel ordre inspirer et expirer. L'air me manquait, je me sentais étouffer. Peu m'importait, mourir en plein orgasme semblait être une façon parfaite de trépasser.
Puis, j'eu véritablement la sensation que j'étais en train de crever. Les étoiles se mirent à danser devant mes yeux, je ne voyais rien, rien à part que je partais loin. Je chûtais, je quittais Hermione et le monde qui m'entourait. J'était catapulté dans un autre univers.
Passé la première panique, je me sentis bien, étrangement calme. Autour de moi, énormément de lumière, et une sensation de bien être incomparable. C'était comme si j'étais arrivé vide, et que lentement mais sûrement, je me remplissais, de vie, d'amour, de tout ce dont j'avais besoin pour être heureux pour toujours. Et quand la vue me fut rendue, je vis, et je compris.
Il n'y avait pas vraiment de mots pour décrire ce que je ressentais, c'était unique, et magnifique. Je ne voyais qu'une seule chose importante, une seule personne, ma dernière richesse, ma source de vie et de bonheur. Hermione. Elle était là, plus belle que jamais. Merveilleuse, resplendissante de lumière, comme un phare dans une nuit noire, comme une étoile dans un ciel obscur, ma luciole dans les ténèbres. Jamais de ma vie je n'avais eut de sensation comparable. C'était comme si j'avais passé ma vie à suffoquer et qu'elle était une bouffée d'air fraiche, comme si pendant des siècles j'avais été sourd et aveugle et qu'enfin je m'éveillais au monde. C'était comme si, enfin, je vivais, comme si je n'existais que pour elle. Elle était partout, emplissant l'espace de sa présence appaisante. Et cette seule existence semblait me rendre invicible. Je me sentais alors prêt à massacrer pour une de ses larmes, et à conquérir le monde pour un de ses rires. J'étais prêt à tout, à tout pourvu qu'elle veuille bien me nommer l'architecte de son bonheur. Car c'était tout ce qui importait, lui rendre toute la joie qu'à chaque seconde, elle me procurais. C'était inconcevablement beau, et profond. C'était la révélation d'un amour pour lequel j'étais prêt à tout. L'amour de toute une vie, Hermione, ma femme, ma meilleure amie. La seule, à jamais. C'était aussi bien une certitude qu'une promesse que je nous faisait. Elle et moi étions destinés...
Je revint à la réalité et happait l'air comme si j'étais resté en apné pendant toute une année. Elle avait placé ses mains de chaque côté de mon menton et me regardait avec tendresse. Je l'observais comme si c'était la première fois que je la voyais, comme si je la redécouvrais après des siècles. Elle avait deviné.
J'enroulais mes bras autour de son corps et la collais à moi. Je sentais son coeur battre contre ma poitrine. Glissant ma tête dans son cou, j'humais son parfum et ma tête se mit à tourner. J'étais perdu, complètement désorienté. Eperdu d'amour face à tant de beauté. J'avais du mal à respirer, je tremblais. Mon coeur battait tellement fort qu'il en devenait douloureux. Je voulais pouvoir me fondre en elle, que le feu nous consumme tous les deux.
" Est-ce que tu...? Commença-t-elle."
J'acquiesçait frénétiquement, obnubilé par sa peau que je ne cessais d'embrasser.
" Je suis fou Hermione, complètement dingue de toi."
Elle rit et m'enferma entre ses bras. Je fini par me calmer, par me rendre compte que l'éternité nous appartenait, que dans ce chalet canadien, rien ne viendrait nous déranger. Elle était mienne à présent, ma plus grande richesse, mon plus merveilleux trésor. La femme de ma vie, mon amour jusqu'à la mort.
