Bonjour les petits pandas ! :D
Je reviens d'une journée d'acrobranche et autant vous dire que je suis courbaturée au possible (le parcours "grandes tyroliennes" à plus de trente mètres de hauteur n'était pas une bonne idée du tout). C'est donc avec un mal aux bras et aux abdos que je vous livre ce chapitre qui comme je vous l'avais dit, contiendra des explications très précises sur le pourquoi du comment ^^
Merci encore pour toutes les reviews (merci à l'anonyme luna-la-lune ;D), ça me fait énormément plaisir et ça m'encourage à écrire ; au moment où je vous parle, l'histoire comptabilise 600 vues pile et on va bientôt atteindre les 300 visiteurs... Vous êtes des oufs les gens O.o'
Disclaimer : Le Patron, le Geek, le Hippie, Maître Panda, le Prof, la Fille et le Moine appartiennent dans leur intégralité à Mathieu Sommet qui doit se les farcir dans sa tête tous les jours (ça doit pas être simple) ; et l'image de couverture appartient à AngelMJ.
[Oh, et petit warning avant de commencer : je tiens à préciser que je ne prétends pas connaître le trouble de la schizophrénie avec personnalités multiples, tout ceci n'est qu'une fanfiction et n'est pas à prendre au sérieux bien évidemment ^^]
Chapitre 4 | De chair et de sang par force d'esprit
Maître Panda se retourna brusquement. Avait-il bien entendu ?
Il vit le scientifique les observer tous avec un regard étrange, comme un mélange de culpabilité mais aussi de peur – en même temps, quand le Patron vous prenait à la gorge, on faisait moins le malin après – avec un soupçon de peine.
Un autre de ces silences écrasants qui faisaient souvent leurs apparitions depuis qu'ils étaient bloqués dans la tête de Mathieu se manifesta, avant que le Patron ne le brise avec du triomphe et de la moquerie dans la voix :
— Qu'est-ce que je disais ? Il t'en faut du temps pour admettre. T'es pareil au pieu où… ?
Il reçut un regard assassin de la part de la Fille et du Panda. Ce n'était vraiment, vraiment pas le moment.
— Donc tu sais ce qui nous arrive depuis le début ? Pourquoi tu nous as rien dit ? demanda le Geek avec un regard innocent et une voix hésitante en observant le Professeur.
— Ouais gros, pourquoi t'as rien dit ? renchérit le Hippie toujours avec cet air sérieux qui ne lui allait décidément pas.
Le concerné eut un soupir et enleva ses lunettes pour les essuyer nerveusement avec sa blouse, avant de les remettre sur son nez. Il planta son regard sur un point imaginaire dans les ténèbres de l'esprit de Mathieu, comme s'il cherchait ses mots.
Soudainement, le Patron amorça un geste comme pour rejoindre le savant, mais d'après son allure, ce n'était certainement pas pour lui donner une tape amicale. Maître Panda lui attrapa l'épaule brusquement pour l'arrêter avant qu'il ne puisse sortir du cercle opalin :
— Hep, tu comptes aller où comme ça ?
— Le faire parler la peluche, d'après toi ?
— Hors de question. Toi, tu restes ici.
— J'ai pas envie qu'il nous raconte à nouveau des salades. Chez moi, quand un chien fait une bêtise, on le corrige un fois pour le punir, et une deuxième fois pour lui faire comprendre qu'il doit pas refaire sa connerie.
— Laisse les chiens tranquilles, gros, répliqua le Hippie sans se départir de son calme.
— Ravi d'entendre que je suis aussi haut dans ton estime qu'un canidé, répondit le Prof d'une voix glaciale.
Un ange passa. Puis, l'homme de science revint vers l'endroit où se situaient les autres. Il s'assit par terre, le plus naturellement du monde, sous certains regards interloqués. Avec un soupir en voyant la réaction de ses collègues, il lança d'une voix morne :
— Je vous conseille de vous asseoir. Ça va durer longtemps.
Aussitôt, les autres se rapprochèrent, et la Fille, le Geek, le Hippie, le Moine et Maître Panda s'assirent en face de lui en ligne droite. Seul le Patron resta debout, toujours sous la Lumière de sortie, avec cet éternel sourire malsain aux lèvres.
— On sait jamais, il faut toujours quelqu'un pour protéger et surveiller ses arrières… lança-t-il comme pour se justifier d'un air plein de sous-entendus.
— Dieu nous protège, soupira le Moine en levant les yeux au ciel, d'un ton plus proche de l'exaspération qu'avait le Patron à faire des blagues salaces que de celui qu'il employait généralement pour prêcher la bonne parole.
— Et je ne sais pas si par "protéger", tu entends "violer" ou "tuer", renchérit la Fille avec sarcasme.
— Je peux te montrer si tu veux, répliqua l'homme en noir d'un ton grivois.
— Sale macho.
— Je peux vous expliquer, ou pas ? s'énerva le savant qui en avait marre de voir les autres se disputer.
— Oh, désolée.
Il se racla la gorge avant de prendre une grande inspiration, puis se lança :
— Vous savez tous qu'on est apparu à différents moments de la vie de Mathieu ?
Les autres acquiescèrent.
— Eh bien, lorsque vous vous êtes matérialisés pour la première fois, et que vous avez commencé à vous installer, vous aviez tous des souvenirs de votre vie "avant" Mathieu ; de votre enfance, de votre parcours professionnel… Et c'est de cet endroit que tout a commencé pour chacun d'entre nous.
À l'évocation de ce passage, tous hochèrent la tête, et on pouvait voir dans les yeux de chacun la même lueur légèrement nostalgique. Même le Patron laissa échapper un sourire pervers.
— Mais il y a quelque chose qui différencie Mathieu de tous les autres schizophrènes à personnalités multiple. Le fait que nous ayons tous des souvenirs, des habitudes propres à chacun, et surtout le fait que Mathieu n'ait pas d'emprise sur ce que nous allons dire ou faire, est une preuve cruciale. Nous ne sommes pas de simples dédoublements de sa personnalité ; on agit, on pense de nous-même, on se déplace dans la maison avec notre liberté de mouvement. On a une façon de penser, de procéder, et des centres d'intérêts différents pour chacun d'entre nous. Quand on se fait mal, qu'on se blesse ou qu'on ait un simple mal de tête, ces symptômes ne se répercutent pas sur Mathieu.
— J'vois pas où tu veux en v'nir, gros. On sait déjà tout ça, pourquoi tu nous dis des trucs qu'on connaît depuis longtemps ? demanda le Hippie qui pour une fois écoutait avec attention ce que disait le Prof.
— J'y viens. La schizophrénie avec le trouble de personnalités multiples marque un changement dans la personnalité du patient, et c'est lui, et uniquement lui qui se prend pour ses personnages inventés, avec parfois des hallucinations.
Il y eut un silence après sa déclaration. Maître Panda passa en revue le visage des autres. La Fille avait les sourcils froncés, comme si on venait de lui dire que Justin Bieber était gay et qu'elle se refusait à l'accepter ; le Moine faisait des yeux ronds et pour lui le Prof avait apparemment parlé dans un dialecte étranger. Le Hippie ne réagissait pas, mais sa tête légèrement contrite, comme s'il faisait un effort pour réfléchir, indiqua au chanteur qu'il était dans le même état que les deux autres. Le Geek avait une mine concentré, mais ne semblait pas surpris par ce que lui disait son collègue. Le Patron, lui, avait ôté le sourire narquois qu'il arborait tout le temps, prenant un air sérieux qui fit prendre conscience au Panda que le Professeur avait livré quelque chose d'intéressant.
Lui avait suivi l'explication de l'homme en face de lui avec attention, mais ne comprenait pas en quoi cela était-il important ; cela devait se lire sur son visage, car quand le Prof les observa tour à tour pour voir s'ils avaient compris ce qu'il venait de dire, il sembla irrité que le chanteur ne comprenne pas lui aussi. Apparemment, seul le Patron avait saisi un semblant de cette explication.
Ceci sembla contrarier le savant qui laissa échapper un soupir exaspéré en se passant la main dans les cheveux. Maître Panda se rendit compte que ça devait être irritant d'avoir la Science Infuse quand personne n'était capable de comprendre ce que vous disiez à part un criminel sexuel qui avait déjà tenté de vous tuer. Il pensa avoir vu juste concernant l'état d'esprit du scientifique quand il vit le regard ennuyé qu'il lança au Patron. Puis, il prit une grande inspiration, décidé à décrypter pour les autres ce qu'il venait de dire.
— Quand je disais que Mathieu nous avait créés, il n'a pas fait que cela il nous a donné une conscience et des états d'âmes. Vous voyez où je veux en venir ?
Soudainement, une illumination survint dans le cerveau du garçon au kigurumi il laissa échapper un "Oh !" de surprise sous la découverte, s'attirant ainsi l'attention de tous ses camarades qui n'avaient pas compris. Le Prof fut soulagé, apparemment content que quelqu'un d'autre puisse voir ce qu'il voulait dire à part l'homme en noir.
— J'ai toujours pas compris, moi, répondit le Geek de sa voix nasillarde, un peu penaud.
— Ce que l'autre binoclard veut dire, c'est que Mathieu nous a créés, mais il est allé trop loin dans le processus de création, se résigna le Patron qui s'était décidé à apporter son analyse aux autres.
— Et comme nous avons une conscience et des états d'âmes, ça veut dire que nous ne dépendons de Mathieu que de par le fait qu'il nous ait créés ! s'exclama Maître Panda, heureux d'avoir compris.
— Oui, c'est ça, acquiesça le savant en hocha la tête.
— Donc, si j'ai bien compris, se lança la Fille toujours en fronçant les sourcils, ça veut dire que nous ne dépendons que de nous-mêmes ? Je veux dire, Mathieu n'a pas d'emprise sur nous ? Il ne peut décider que de nous faire rentrer dans sa tête quand il veut, mais c'est tout ?
— Non, Mathieu n'a plus d'emprise sur nous, précisa le Prof, mais en clair, c'est ça. Il est allé beaucoup trop loin dans la présence de ses personnalités, à cause de sa force d'esprit, et nous a rendus réels.
— Je vois pas où est le problème alors. Qu'est-ce qui est si grave ? demanda le Moine.
— J'suis d'accord, gros. C'est quoi le problème ?
Ils eurent à nouveau droit à un soupir avec un roulement des yeux, quand le scientifique se lança à nouveau dans ses explications :
— Vu que nous sommes réels, et que nous avons notre conscience, on peut décider de s'opposer à telle ou telle chose. Mathieu ne nous a jamais enfermés dans sa tête comme cela, du moins pas consciemment, et encore moins tous ensemble. Qu'il le fasse volontairement lui donnerait des migraines insoutenables comme en ce moment, et de plus certains risqueraient de ne pas l'entendre de cette oreille, et s'opposeraient à leur emprisonnement, ce qui empirerait son mal de crâne.
Il y eut une pause qui fit se diriger tous les regards vers la Patron qui sembla s'en ficher royalement, puis tous reportèrent leur attention vers l'homme de science qui continua sa thèse :
— Comme l'a dit le Patron, Mathieu est allé trop loin dans le processus de création, et ne peux plus avoir d'emprise sur nous et nous faire disparaître à sa guise. Pour que nous n'existions plus, il faudrait qu'il nous tues lui-même, ou alors qu'il se suicide. Il ne peut pas revenir en arrière et nous supprimer. Donc…
— Donc pour que nous soyons enfermés dans sa tête sans son consentement, ça veut dire qu'il a pris des médicaments très puissants, compléta Maître Panda qui commençait à saisir la gravité de la situation.
— Exactement. Et les migraines que lui provoquent ces dits-traitements sont douloureuses à un point qu'on ne peut même pas imaginer.
Un silence pesant et angoissant s'abattit sur la petite communauté. Le Geek avait frissonné à l'évocation de la mort de Mathieu, et à présent semblait très inquiet pour leur avenir.
— Les… produits qu'ils lui donnent sont loin d'être agréables à prendre, dit le Prof avec un air dégoûté de devoir appeler les "produits" des "médicaments". Et à trop vouloir le soigner, ils pourraient le plonger dans une démence irréversible.
— Mais pourquoi il ne croit pas tout simplement en nous ? demanda le Geek d'un air innocent. Je veux dire, ils ne peuvent tout de même pas lui faire croire que nous n'existions pas pendant trois ans de sa vie comme ça !
— Si seulement c'était aussi simple, répondit sombrement le savant. Ces… Ces hommes sont malins, ils ont bien compris que Mathieu ne cesserait pas de croire en nous comme ça. Ils lui ont donné des anesthésiants, et des… Cachets qui le rendent faible, faible d'esprit.
— J'ai une autre question, intervint le Moine encore indécis. Supposons qu'ils arrivent à nous tuer, est-ce que…
— Je le répète, ils ne pourront pas nous tuer. Tant qu'on est dans sa tête, ils ne peuvent rien faire, sinon gaver Mathieu de produits.
— Mais alors si comme tu l'as dit on est bloqué, ça veut dire que Mathieu ne peut pas nous entendre, et donc cessera de croire en nous, et donc va devenir fou ? s'écria la Fille, horrifiée.
Seul un silence lui répondit, comme pour confirmer ses dires.
Oui oui, tout ça c'est pas très joyeux, je vous l'accorde. Mais voyez le bon côté des choses : je ne vous ai pas fait de cliffhanger, mesdames et messieurs ! (ce qui m'aura permis d'épargner mon pauvre bunker qui a reçu moult munitions sur la face)
J'espère que cette "explication" de mon point de vue (bon enfin, technicalement c'est celui du Prof, mais bon on va pas chipoter /SBAM/) vous aura satisfait et aura éclairé vos lanternes. C'est un chapitre mine de rien très important, et il sera mentionné tout au long de la fic, donc retenez-le bien ^^
Merci de laisser un commentaire, ça fait pas de mal et ça me ferait énormément plaisir avec les courbatures que je me tape (oui j'arrive à vous faire culpabiliser niark niark).
Donc n'oubliez pas : reviews ! :D
