Note de l'auteur : Tout d'abord, merci à tous pour vos reviews, vos "follows" et "favoris" qui me font tous très plaisir. Je sais que je n'écris que très rarement des notes, mais il m'a semblé important d'en écrire une sur ce chapitre. J'ai constaté une grande augmentation des "follows" voir même des "favoris" au détriment des reviews. Je sais qu'il est bien plus simple de cliquer sur un lien que de taper trois mots avec quelques lettres et de l'envoyer, mais sachez que rien n'équivaut un commentaire, aussi léger soit-il. Je me considère comme quelqu'un de patient, mais toute patience a ses limites. Une de mes lectrices, qui se reconnaitra facilement, m'a fait remarquer que le temps était éventuellement venu de faire un compromis. Elle n'appelle pas ça du chantage, alors je considère que c'en est pas non plus. J'écris sans rémunération et j'aime ça, vous lisez gratuitement, et apparemment vous être nombreux à apprécier ce que vous lisez, alors nous allons cesser de jouer aux autruches. Vous connaissez (merci S), le concept des jeux vidéos ? C'est tout bête, il vous faut assez de points pour passer au niveau supérieur. Alors on va considérer que mes fictions sont des jeux vidéos qui se monnaient en mots. ça ne coute pas grand chose d'écrire 3 mots (surtout pour dire pourquoi on a aimé au point de cliquer sur "favoris" ou ce qu'on espère en cliquant sur "follow"), la preuve, j'en écris des milliers pour vos beaux yeux. Pour résumer, c'est chacun de vos commentaires qui me fait avancer, qui me donne envie d'écrire et de poster, parce que sachez le, un chapitre ne s'écrit pas comme on arrose une plante, ça ne pousse pas tout seul avec un peu de soleil. Enfin bref, vous aurez compris, voici venu le temps de passer à vos claviers si vous voulez que j'en fasse de même. Mon prix ne sera pas élevé, comptez 7 reviews.
Merci d'avoir pris la peine de lire, j'espère que cette note sera prise en compte. Merci également à ceux qui ont déjà commenté, et à Mademoiselle S, à qui ce chapitre et les autres sont dédiés.
Lily.
The Werewolf Thing.
16 - Eriger.
Construire une serre et réparer une moto sont deux choses complètement différentes, croyez moi. Si j'ai toujours sû me montrer habile en mécanique, le bricolage, lui, n'était pas vraiment à compter dans mes talents cachés. Mais comme disait mon père, avec patience, application et détermination, construire un chateau est à la portée de n'importe quel con. J'entend déjà d'ici Hermione me sermoner sur la vulgarité de mon langage.
Je lève les yeux de mon ouvrage pour observer la baie vitré à une dizaine de mètres plus loin. Quand elle ne dort pas d'un semi comas devant la cheminée, Hermione me regarde travailler depuis la fenêtre. Elle ne s'aventure pas dehors. J'ignore si c'est le froid qui la réfrenne ou si elle essaie de mettre une distance quelconque entre nous. J'évite d'y penser, je sens mon coeur se froisser comme une feuille de papier à chaque fois que mon esprit se remémore des jours passés et des mots prononcés.
Alors je m'acharne encore plus. Je scie, je cloue, je fracasse des pans entiers de la forêt que je chéris à coups de hache pour apaiser la femme de ma vie. J'ai revu mes priorités, j'ai grandi, je me suis imprégné, j'ai beau essayer d'oublier, je ne cesse d'y penser. Parce qu'il n'y a pas que de la joie dans l'imprégnation, même si celle-ci domine. Il y aussi de la peine. De la douleur. Une souffrance qu'on partage pas toujours de bon coeur. Hermione est une mercenaire. Tout son être est un gouffre de lamentations et douleur fondées, que je subis sans vraiment avoir appris à m'y préparer. Alors je m'acharne. Sur le bois, les clous, tout ce sur quoi on peut taper pour se défouler.
J'aime Hermione. Il n'y a aucune méprise la dessus. Je l'aime de tout mon être dans ses excès comme dans ses légèretées, dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme la douleur. Nous sommes déjà scellés. Mais je voudrais juste pouvoir faire quelque chose pour elle de plus utile que cette simple serre. J'aimerai prendre toute sa douleur sur moi. Lui faire oublier, quitte à être, moi, tourmenté. Je voudrais juste qu'elle n'ait plus à vivre dans cette peine constante et épuisante. Mais je suis l'inutilité même.
Et je tape, je fracasse, je cloue, je scie, je hache, je batis, je m'occupe les mains pour occuper son esprit à elle. Et je sens son regard posé sur mon dos au fur et à mesure que mon ouvrage avance. Pendant ces 3 longues journées, je sens sa présence qui entrecoupe ses absences. Et elle me manque. Parce qu'il y a cette distance entre nous, que je n'essaie même pas de réduire pour l'instant, tant je sais que c'est vain.
Après 3 jours de dur labeur, ma serre est terminée. J'ai une petit apréhension à laisser Hermione pour aller en ville chercher de quoi l'agrémenter. Mais elle m'assure que tout va bien. Je lui propose de m'accompagner mais elle refuse, prétextant préférer un bon roman à la foule de l'agglomération. Je la laisse en lui faisant promettre de ne pas approcher la serre. Elle n'a étrangement aucune difficultés à me le confirmer.
Il me faudra près de 5 heures pour rejoindre la ville, faire mes achats et revenir. Pendant tout ce temps mes pensées n'ont pas quitté le chalet, et l'inquiétude s'est bien logée au creu de mes poumons, difficultant ma respiration. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en Hermione. Mais disons que ces temps-ci, la méfiance a pris le dessus.
Je me dépêche de rentrer. C'est une soirée de pleine lune qui est annoncée et j'ai bien l'intention de terminer la serre avant que la nuit tombe. L'horloge du tableau de bord du pick-up annonce 17h quand je l'arrête devant mon projet, qui, comme il fallait s'y attendre n'a pas bougé. Je me hâte.
A 18h30 j'ai terminé tout ce que j'avais à faire. J'ai mis la touche finale, et je dois avouer que je suis assez fier du résultat. Et ce petit instant d'orgueil personnel vient éclairer l'océan d'obscurité dans lequel mes journées avaient plongé depuis quelques temps. J'en ressent même une certaine émotion. Si j'avais pû, j'aurais offert la même à ma mère avant qu'elle ne nous quitte. Mais je n'en ai pas eu l'occasion. Alors je me rattrappe avec Hermione. Parce que maintenant, il n'y a plus qu'elle qui compte.
Je sais que le temps est venu d'aller la chercher. Avec apréhension et impatience en même temps, je quitte la serre pour rejoindre le chalet. Hermione est dans la cuisine, assise indécise sur le plan de travail. Sans un mot, j'attrappe doucement sa main et l'entraîne à ma suite. Je la guide en silence et avec un calme empreint de tendresse et de malice en direction de la surprise que je lui ai faite. Elle me jette un regard curieux ne sachant pas trop à quoi s'attendre. J'esquisse un sourire, elle m'observe avec plus d'indécision encore.
Arrivés devant la serre, j'ouvre la porte et la guide à l'interieur où l'obscurité est presque opaque. J'allume la lumière sans la quitter des yeux, je refuse de manquer sa réaction.
Sa bouche s'entre-ouvre alors que ses yeux scrutent chaque détails. Ils s'arrêtent sur les tournesols étonnament ensoleillés, sur les orchidées fragiles, sur les roses colorées et les primevères graciles. Ses yeux contemplent les plaques où j'ai gravé des noms. Des noms qu'elle connait très bien et qui font surgir à nouveau les larmes dans ses grands yeux marrons.
Un sanglot lui bloque la gorge et la plie en deux. Je ne m'attendais pas à cette réaction. Alors que je m'approche d'elle, une plainte sourde et douloureuse émane de tout son être. Et c'est sans un regard dans ma direction qu'elle se rue hors de la serre pour laisser la lune l'envelopper de son aura.
