The werewolf thing
Note de l'auteur :Bien le bonjour ! Voici enfin la suite de "The Werewolf Thing". Elle a mis longtemps à arriver, et je m'en excuse auprès de ceux qui se sont pliés au jeu de la review. Merci énormément de me faire avancer, progresser dans mes écrits et de m'encourager perpétuellement à poster. Parce que je ne poste pas pour moi, et me rémunérer en mots est la seule façon que vous avez de me faire continuer. Pour ceux qui s'y emploient, merci, merci, merci. Le Smile qui reste collé sur ma figure toute la journée, n'a d'égale que la gentillesse des mots que vous me laissez. Ne vous arrêtez pas, je vous en prie...(:
- Lily.
17 - Blesser.
La lune avait pris Hermione pour ne laisser que la louve furieuse et sauvage. Dans ses rugissements transparaissait toute la douleur animale dont elle avait souffert ces derniers jours, toute la peine mentale qui l'avait assaillie, le désarrois, la frustration et son incapacité d'acceptation. Parce qu'elle n'était qu'une enfant qui, depuis ce moment où elle s'était blottie contre moi dans la neige, n'avait fait que ressentir ce besoin croissant d'avoir sa mère auprès d'elle. C'était de ça dont il s'agissait, une orpheline qui, tous les ans à la même période, se retrouvait désarmée et incapable de faire face à la date fatidique qui devait marquer une année de plus dans la vie de sa mère, une année qui ne serait plus vécue.
Et elle se débattait avec ce fardeau trop lourd. J'avais mis bien trop longtemps à le comprendre, à saisir ce dont elle avait besoin, ce qui lui manquait et que jamais personne, pas même moi, ne pourrait lui apporter. C'était terrible. Une peine sourde et muette que je comprenais enfin, après des journées entières d'aveuglement. Une peine sourde qu'elle ignorait que je partageais personnellement.
Elle s'est élancée, dans la neige, marquant le sol de ses gigantesques empreintes, elle s'est mis à arpenter la plaine à toute allure, à marteler le sol furieusement, se ruant à toute vitesse vers cette forêt qui était sienne et que j'avais mutilé pour ses beaux yeux pleins de larmes.
Je me transformais et m'élançais à sa suite, réalisant lentement avec incrédulité qu'elle me distançait considérablement et que la bête que j'avais dressée n'était plus alors celle qui me faisait face. Elle avait transformé sa souffrance en rage et menaçait d'exploser à tout moment. Elle se mit à chasser et à s'acharner. Rien ne pouvait lui échapper. J'en ressentit même une certaine frayeur. Aurais-je la force et la volonté de l'arrêter si la nécessité se présentait ? Parviendrais-je à la blesser s'il le fallait pour la stopper ?
Je priais pour ne pas avoir à me confronter réellement à ces questions et continuais à la pister. C'était Hermione, elle n'était pas un monstre, c'était la fille dont je m'étais imprégné. Douce, sensible, loyale. Mais aussi forte et dangereuse, c'était indéniable.
La nervosité de la louve était palpable, elle embrumait l'air et transparaissait dans ses gestes fébriles qui la soumettait aux caprices de la frustration. Elle menaçait à tout moment de dépasser les limites, de s'acharner sur un animal de trop. Elle allait finir par dépeupler la forêt à ce rythme là, et les prochaines pleine lunes n'en seraient alors que pires du fait de ce manque de gibier.
Je tentais de la calmer en douceur, mais la louve me montra les canines plusieurs fois, en me faisant bien comprendre qu'elle n'hésiterait pas à attaquer. Ce qu'elle fit à plusieurs reprises. Je détestait en venir à cette extrémité, mais parfois il fallait rétablir la situation, j'étais l'alpha de nous deux, je devais m'imposer.
Et elle ployait. Difficilement, à contrecoeur, et tout en continuant à me montrer sa désapprobation, elle retournait à sa chasse, plus préocuppée par la nourriture que par mes tentatives pour faire preuve d'autorité.
Lentement mais surement elle avait regagné la plaine après avoir fait un long tour dans les bois. Après quelques pas aux ralenti, elle s'était arrêtée pour observer un rayon direct de lune frapper le toit de la serre que je venais juste d'inaugurer. Et une seconde seulement avant qu'elle ne s'élance, j'avais compris ce qui était sur le point de se passer.
La louve s'était relevée, comme une fusée, elle s'était ruée en direction de la serre, et même en courant aussi vite que mes pattes le permettaient, je ne parvins pas à la rattrapper à temps. Elle s'était jetée sur la serre qui, face à l'onde de choc, menaçait de ployer à tout moment.
Je ne comprenais pas ce que cela signifiait, mais je refusais que tout mon acharnement soit détruit de la sorte. Je n'admettait pas qu'elle fasse ce geste qu'elle risquait de regretter. Cet acte qui anéantirait tout, tout ce que je m'était évertué à construire pour la faire à nouveau sourire. Alors je me suis interposé.
La louve n'a pas cillé, insensible à ma présence, elle a continué à s'acharner sur la serre, et sur moi avec. Je sentais ses griffes déchirer mon pelage alors qu'elle tentait de m'écarter pour atteindre l'objet de sa colère. Mais je tenais bon. Je grognais, montrait les crocs, tentait de la repousser, mais mon entêtement à ne pas vouloir la blesser avait raison de moi.
Elle fini par s'acharner autant sur moi que sur la serre déjà en partie détruite. J'étais en feu, déchiqueté de partout, la douleur et la tristesse m'irradiaient en part presques égales. Je voyais le sang perler dans la neige, mes os qu'elle fracturait tentaient de se ressouder comme ils pouvaient, c'est à dire n'importe comment, avant qu'elle ne les brise à nouveau en mille morceaux.
La douleur me faisait délirer. Je ne savais plus ce qui était en train de se passer, je ne cherchais même pas à me protéger. Je sentais ses griffes pénétrer ma chair, la labourer furieusement, laisser des sillons sur mon corps. Et je sentais le sang s'écouler lentement, je me sentais me vider, partir, je me sentais mourir.
Note de l'auteur : Voilà, c'est terminé. Je sais que mes chapitres sont souvent très cours, et on me le reproche parfois, mais quand je les rédige, j'essaie de mettre une idée par chapitre, et de plus ou moins l'étoffer. Dans celui-ci j'avais pour idée la destruction de la serre, et comme c'est quelque chose qui peut vite se narrer, j'ai dû broder pas mal autour, ce qui a été un peu difficile. En effet, il fallait éviter les répétitions et les effets redondants, du coup, j'ai essayé de m'appliquer dans l'abstrait. Généralement je m'en sors plutot bien, mais c'est encore à vous de me dire ce que vous en pensez. ;)
xoxox
Lily.
Ps : je ne sais pas encore quand je posterai la suite, on verra en fonction de mon humeur (:
