The Werewolf Thing
Note de l'auteut : Je voudrais commencer par écrire un énorme merci pour toutes les reviews dont vous m'avez fait cadeaux sur ce dernier chapitre. Il est vrai que si avec le pré-précédent j'ai eu du mal à sentir de l'encouragement, avec le dernier, en revanche, ça a été plus clair. Alors, comme je l'ai promis, je poste ce chapitre ci, juste avant mon départ pour l'aventure (ceux que ça intéresse, Cork - Londres - Galway). Je vous laisse donc le bon soin de me lacher plein de commentaires, histoire d'avoir de quoi lire à mon retour. Plein de bisous doux.
Lily.
18 - Culpabiliser.
J'étais devenu prisonnier de mon propre corps. Il n'y avait pas d'autre mot pour exprimer plus concrètement l'état dans lequel je me trouvais. Les évenements de la veille embrumaient encore mon esprit. Je me revoyait, gisant dans la neige, le corps ensanglanté, la louve me dominant de toute sa hauteur. Et j'avais souffert. J'avais terriblement souffert. A tel point que mon corps était redevenu humain. C'était la première fois que mon loup m'abandonnait dans une telle épreuve.
Et en cet instant, je ne percevais pas grand chose. Je sentais la couverture qui cachait mon torse, les draps du lit qui caressaient mon dos. Je sentais les échardes de mes os dans tout mon corps engourdi. Je sentais le sang qui, lentement, emplissait l'espace qui s'était liberé de par mes hémorragies. J'aurais voulu faire un mouvement, mais j'étais las. Las de tout. J'avais atteint un état où je me foutais du monde dehors, je ne voulais plus l'affronter, je rendais les armes, c'était terminé. Je ne voulais plus. Je n'avais pas signé pour ça.
Je perçu soudain un reniflement dans la pièce. L'effluve de quelqu'un qui pleurait, et cette simple constatation me donna la force d'ouvrir les yeux. C'est vrai, je n'avais pas signé pour la douleur, pour la peine et pour le malheur. Mais j'y avais gagné tellement au change.
" Hermione..."
Je ne reconnaissais même plus ma propre voix. Douloureusement, je tournais la tête pour observer celle que j'avais interpelé. Elle n'avait pas bougé. Assise dans un grand fauteuil, les membres repliés contre elle dans une attitude de profond désespoir, elle me regardait sans vraiment me voir, les yeux innondés de larmes. J'aurais voulu lui dire que ce n'était pas si terrible que ça, mais une de mes cotes vint me rappeler que ça aurait été nier, et je refusais d'être un jour un menteur.
" Viens..."
Je la suppliais mais elle refusa. Elle cacha ses yeux, n'osant pas me regarder, ou juste observer ce qu'elle avait fait de moi. Mais j'avais besoin d'elle. J'avais besoin d'elle...
" Je suis tellement désolée... " Souffla-t-elle avec culpaibilité.
C'est à cet instant que je pris conscience des raisons de son geste de la veille. C'était un refus pur et dur. Elle n'avait jamais voulu de la serre. C'était clair à présent. Elle refusait d'officialiser ce qu'elle avait perdu, et en même temps, elle refusait quelconque paix, aussi bien par culpabilité que par peur d'oublier ce passé qui l'avait tellement meurtrie.
Quel idiot j'avais été de m'immiscer de la sorte, dans cette partie si intime de sa vie. Cela ne me concernait pas. J'étais là pour ramasser les pots cassés, pas pour les réparer. C'était ce qu'elle s'évertuait à m'enseigner sans l'avouer. A moins de pouvoir changer le passé, je n'avais, et n'aurai jamais aucun moyen de l'aider réellement.
Je ne lui en voulais pas. Elle m'avait appris à accepter ce que je ne pouvais modifier, à m'y accomoder. Et je l'aimais assez pour m'y conformer. Hermione était une poupée de porcelaine fissurée et pas même le plus habile collectionneur ne parviendrai jamais à réparer la brèche qui barrait sa pierre. Je devais l'accepter tout entière, comme elle m'avait accepté.
" Viens..." La suppliais-je à nouveau.
Elle refusa à nouveau, de prime abord, avant de céder à mon regard insistant. Comme soulagée, elle vint se blottir contre moi, en tentant de ne pas me faire plus de mal que ce qu'elle avait déjà fait, mais même avec toute la bonne volonté du monde, c'était difficile. Aussi me mordais-je les lèvres pour qu'elle ne décèle rien et qu'elle reste à mes cotés. J'avais besoin de sa présence comme d'une cure. Je me sentais déjà aller mieux.
Hermione ne me gratifiait pas de la moindre marque d'affection tant elle avait peur de me faire encore plus de mal. Aussi, avec une force que sa seule proximité rendait surhumaine, je saisit sa main, et, avec une lenteur qui me frustrait, la posait sur mon coeur, entrainant dans son sillage son bras pour me réchauffer. Elle fini par obtempérer et glissa sa tête dans mon cou en réajustant ma couverture. Chose dont je n'avais pas dans l'immédiat besoin vu les 40° auxquels j'étais perpétuellement abonné. Puis, elle se mit à parler, tout contre mon oreille, lentement, à mots mesurés.
" Je suis désolée Jake. Je m'en veux terriblement...
- C'est pas grave. Je n'aurai pas dû construire cette serre sans t'en parler, sans te dire ce qu'elle contiendrait.
- Tu as essayé de bien faire. Je ne peux pas prétendre de même. J'ai été un monstre. Je me sens tellement honteuse."
Je sentis ses larmes mouiller mon épaule, alors qu'un frisson la parcourait tout entière. Lentement et avec énormément de difficultés, je fis pivoter mon corps sur le coté pour que mon bras puisse couvrir ses épaules, et la ramenait un peu plus contre moi.
" Je t'aime. Murmurais-je. - Et tu aurais pu me tuer que ça n'aurait rien changé."
Elle se mit à sangloter. Bon, j'admet, pour le tact, je repasserai. Mais je voulais lui faire comprendre que j'étais incapable d'avoir de la rancoeur à son encontre. Elle était la femme de ma vie, et rien, absolument rien de ce qu'elle aurait pu faire n'aurait réussi à me faire changer d'avis.
Alors en désespoir de cause je me mit à lui rappeler et à lui répéter à quel point je l'aimais. Je ne me suis tû que lorsque ses sanglots ont cessé. Et encore, c'était pour embrasser ses paupières qui avaient le gout de l'eau salée. A cet instant, la douleur connaissait un répit dans mon corps, signe que mon état s'améliorait. Mais ce n'était pas encore assez vite.
" Hermione, il serait peut-être temps que tu fasses un petit tour d'abracadabra pour moi."
Elle me regarda sceptique. Je précisais.
" Histoire que je puisse au moins t'accompagner cette nuit."
Ce fut comme un éléctrochoc, elle s'écarta de moi rapidement, et, tremblante de tout ses membres, lâcha avec détermination.
" Il est hors de question que tu viennes."
Je la regardais sans vouloir la croire. Je devais être là. Je ne pouvais pas permettre que la louve trouve quelqu'un d'autre sur qui s'acharner comme elle l'avait fait sur moi. Je tentais de me redresser, c'était peine perdue. Hermione elle, s'était mise à faire les cents pas, pensive, en mordillant ses paumes. Elle faisait toujours ça quand elle était énervée. Pour ma part, je me foutais bien d'une nouvelle crise de colère, elle ne pourrait pas faire pire que la veille au soir de toute façon.
" Hermione, il faut que je sois là. Tu le sais, tu as besoin de moi, tu risques de perdre le controle à nouveau.
- Tu ne viendras pas. Martela-t-elle avec insistance. - Je t'ai pratiquement dépeucé hier, alors n'envisage même pas de m'accompagner. Même dans l'avenir. Les escapades, c'est terminé."
Sonné, je refusais d'admettre ce que mes oreilles me faisaient entendre. Je savais qu'au dehors le soleil était en train de se coucher. Je voulais protester à nouveau, mais avant que je n'ai pû envisager la moindre réponse, la bouche d'Hermione s'était plaquée sur la mienne avec rudesse, pour me faire taire. Et elle m'a embrassé comme jamais. Elle s'est décollé, m'a regardé un long moment, et a quitté la pièce sans que je n'ai pu la retenir. J'avais une sensation bizarre au creu du coeur. Comme un mauvais pressentiment. L'impression que je n'allais plus jamais la revoir. Car son baiser avait en quelque sorte un gout d'adieu.
