Re-salut mes adorables reviewers, followers, favoriteurs (je viens de massacrer la langue française en un mot) et visiteurs ! :D

Vos reviews étaient supers, comme d'habitude, ça fait toujours plaisir (coucou les anonymes !) ^^

J'ai pas publié ce chapitre hier soir car j'ai oublié, oui moi et ma tête on se perd de temps en temps... Mais on se soigne. Enfin, on essaie.

Donc, cette fois-ci c'est un peu différent, on laisse les personnalités angoisser un peu (remarquez comme je suis sadique) et on part du côté de Mathieu ! Et j'ai beaucoup hésité à l'endroit où je voulais couper le chapitre, mais comme partout où je voulais ça faisait un cliffhanger, j'ai décidé de vous laisser au moins du texte à lire, histoire de rattraper les heures perdues d'hier soir ;)

Enjoy ! ~

Disclaimer : Bah... Mathieu s'appartient à lui-même, Capsule de Bière par contre il est liiiiibre ! Quoi, comment ça, il est à Math' aussi ? Bon bah ok... La couverture de l'histoire, par contre, appartient à AngelMJ !


Chapitre 7 | Une casquette et un chien

Mathieu soupira et se prit la tête entre les mains. Encore ces foutues migraines qui ne le lâchaient pas. Il tenta de faire abstraction de son mal de tête pendant un instant, pour regarder à nouveau l'endroit où il se trouvait.

Les murs étaient blancs, d'un blanc limpide, dans lequel ses yeux parfois écarquillés sous le coup des anesthésiants combinés à la maladie se perdaient pendant des heures.

Ce blanc si pur, ce blanc qui lui rappelait la blouse du Prof.

Mathieu secoua la tête et s'arracha à la contemplation des murs. Non, il ne fallait pas penser à ça. Il ne devait pas rechuter.

Il fixa son regard ailleurs, tentant d'oublier la vue de sa personnalité qui avait réponse à tout, pour se poser sur le sol à ses pieds. Le carrelage était composé de carrés noirs alternés sur du blanc. Il les comptait lorsqu'il voulait faire disparaître sa migraine, et la vue des dalles tachetées lui rafraîchissait l'esprit. Il y en avait 72 au final.

Tacheté de noir et de blanc. Tacheté de noir et de blanc… Comme le kigurumi de Maître Panda.

Mathieu sentit un élancement dans sa tête et étouffa avec peine le grognement de souffrance qu'il avait failli émir. Il ne devait pas penser à eux ! Il allait rechuter, sinon, et les aiguilles reviendraient le tourmenter, reviendraient le piquer…

Il ferma un instant les yeux avant de la rouvrir, déterminé. Si la pièce dans laquelle il se trouvait le faisait rechuter, il regarderait autre chose. Il mit ses mains devant son champ de vision, et contempla les lignes qui les traversaient avec attention, tentant de faire abstraction du monde qui l'entourait.

C'est trop sérieux ton truc, gros, j'vais jouer à regarder mes mains !

La phrase que le Hippie avait lancée pendant l'un des SLG lui revint en pleine face. Il fit la grimace, avant de plonger sa tête dans ses mains, ne supportant plus les allusions incessantes que son esprit tordu s'amusait à lui faire à propos de ses personnalités. Pourquoi ne cessait-il tout simplement pas de penser à eux, eux qui n'étaient pas réels, eux qui étaient en fait lui, eux qui n'avaient jamais existés !

Il releva la tête, ferma les yeux et se laissa aller sur le lit une place qui avait été mis en place dans sa cellule.

Sa cellule.

Rien que ce mot dégoûtait Mathieu. Il avait l'impression d'être un psychopathe que l'on enfermait à double tour pour l'éloigner de la société, qu'il n'était qu'un animal que les autres n'avaient pas le droit de voir.

Il n'était qu'un pauvre fou. Un fou qui s'inventait des amis imaginaires pour vivre.

Toujours les yeux fermés pour ne pas observer la pièce dans laquelle il était, il serra les couvertures sous lui, comme s'il s'agissait de sa bouée de sauvetage dans l'océan de mensonge où il se trouvait. Il ne voyait plus rien, rien que le noir derrière ses paupières, ce noir qu'il avait tellement envie de faire partir, tant il lui rappelait quelqu'un lui aussi. Ce noir aussi sombre que la première de ses personnalités, ce noir charbonneux auquel il refusait de s'abandonner.

Ce noir qui lui rappelait les lunettes du Patron.

Rongé par la douleur, il rouvrit les yeux, et tenta d'échapper par tous les moyens aux visions de ses personnalités que son esprit lui faisait voir malgré lui.

C'est d'ailleurs en tentant de fuir du regard le blanc des murs et le sol bicolore qu'il se rendit compte qu'il pleurait. Une larme roula, bientôt suivie par d'autres toujours plus nombreuses. Il se replia ses genoux pour s'enfermer en position fœtale, quand un sanglot brisa sa voix.

Il pleura, pleura, sans jamais que sa peine ne s'assouvisse. Il n'en pouvait plus, il ne pouvait plus.

Il essayait tant bien que mal de se fixer sur une pensée, sur une couleur ou un objet quelconque, mais rien à faire : il retombait toujours sur un souvenir concernant ses personnalités.

Le bleu ? Ça lui rappelait toujours le tee-shirt de la Fille et ses manies incessantes de féministe extrême.

La chaise roulante située dans un coin, sur laquelle le psychiatre venait s'asseoir pour lui parler, et où on le piquait à coup d'anesthésiants et de médicaments ? Il y voyait le Geek, en train de farmer sur l'ordinateur, ses yeux se perdant sur son activité virtuelle.

Même la porte, sur laquelle une petite fenêtre fermée par un rectangle de métal coulissant se trouvait, lui évoquait les isoloirs en bois dans les églises, là où se rendait le Moine pour se confesser lorsque la compagnie des autres (surtout celle du Patron) lui devenait insupportable.

Comment pouvait-il s'en sortir, si même la pièce dans laquelle on voulait le soigner lui rappelait sans cesse ces personnalités multiples qu'il s'efforçait d'oublier ?! Comment pouvait-il supporter de voir au moindre regard les visages de ces gens qu'il avait aimés plus que tout ?!

Il laissa échapper un cri de rage, et se prit les cheveux tout en continuant de pleurer. Putain, qu'est-ce que ça faisait mal. Ça lui rongeait les tripes, ça lui bouffait le cœur. Il n'arrivait pas à se détacher de ses personnalités.

Il les aimait trop.


Mathieu resta longtemps dans cet état, jusqu'à ce que l'infirmière lui ouvre la porte avec un sourire, et lui murmure d'un ton doucereux :

— C'est l'heure de vos cachets, monsieur Sommet.

Il avait cessé de pleurer depuis quelques minutes. Ses yeux étaient encore gonflés et rougis, mais il n'y avait plus de traces de larmes depuis longtemps. Les yeux dans le vague, l'air un peu ahuri, il se redressa lentement sur son lit, et s'assis en tailleur. Il remarqua la lumière qui venait envahir sa cellule, et comprit soudainement qu'il était tard. Il scruta un instant la femme en face de lui, qui lui adressait un sourire. Le sourire. Celui qu'on réservait aux fous, celui qui laissait des traces d'hypocrisie et de pitié à peine dissimulées.

Le seul auquel il avait eu droit depuis qu'il était ici.

Il ravala le goût amer qui lui venait dans la bouche, en voyant dans les mains de l'infirmière un plateau sur lequel était placé une petite bouteille d'eau et deux cachets blancs. Il vit la femme s'approcher et s'asseoir à côté de lui sur le lit, et lui passer le premier cachet avec toujours ce même sourire que Mathieu avait envie d'arracher.

Mais au lieu de ça, il prit le comprimé dans sa main, et saisit la bouteille d'eau. Il la déboucha, porta le médicament à sa bouche et l'avala d'un coup sec.

Le produit avait un goût acide, et horrible dans la bouche du petit youtuber qui fit la grimace. Mais il se reprit, et d'un geste machinal, avala aussi le deuxième comprimé, sous le regard impartial de l'infirmière, qui après s'être assuré qu'il avait bien tout pris, repartit avec le plateau et la bouteille d'eau à moitié vide dans les bras.

Il vit la porte massive se refermer bruyamment et le rectangle de métal coulisser sur la petite ouverture, le privant ainsi de lumière. Celle-ci s'éteignit bien vite, car la ligne lumineuse qui s'était manifestée dans l'espace entre la porte et le sol disparut brusquement. Il entendit les pas de la brancardière s'éloigner et résonner dans le couloir silencieux de l'asile. À cet instant, tous les autres fous dormaient sûrement.

Mathieu se leva maladroitement sur son lit et s'approcha du soupirail situé en face de la porte, au-dessus de sa couchette ; c'était la seule autre ouverture qu'il avait avec le monde extérieur.

Malgré la taille ridiculement petite pour qu'un humain puisse s'y glisser, les constructeurs y avaient quand même laissé des barreaux pour prévenir toute tentative de fuite. Les mains du schizophrène s'accrochèrent à ces derniers pour qu'il puisse se hisser à la hauteur de la lucarne, et en s'appuyant sur le montant de son lit, il put voir l'ensemble de l'asile et au-delà sous la clarté de la lune.

Il y avait l'entrée de l'hôpital éclairée par des lampadaires, cernée de jardins luxueux et de fontaines magnifiques, comme pour cacher l'enfer que les pensionnaires vivaient à l'intérieur à cause de leur maladie. Et puis, un peu plus loin, il y avait la route, la route qui menait à Paris, qui se situait un peu plus loin. En plissant les yeux, Mathieu pouvait même voir la tour Eiffel illuminée de couleurs festives.

Il s'estimait heureux d'avoir une chambre possédant une vue sur l'extérieur de l'asile. Il pouvait toujours rêver qu'après avoir été soigné, il pourrait revenir dans la capitale, et reprendre sa vie.

Cette pensée lui fit un coup au cœur sans prévenir. Il pensa un instant à sa vie, là-bas. Sans ses personnalités, il ne pourrait plus faire SLG. Il ne pourrait plus payer son loyer. D'ailleurs, il lui semblait que le psychiatre lui avait dit que cet appartement, il ne lui appartenait même pas.

Déboussolé, Mathieu se rassit sur son lit, les yeux écarquillés. Cette pensée lui faisait peur. Après l'asile, qu'allait-il devenir ? Il ne pourrait plus faire des vidéos sur internet, ce qui était devenu sa passion entre temps, et s'il revenait sur Youtube, il allait sûrement se faire traiter de fou.

Ce qu'il était, après tout, non ?

Soudain pris de nausées, Mathieu se pencha au-dessus de son lit en fermant les yeux. L'idée qu'il ne puisse jamais quitter l'asile et ses aiguilles l'horrifia au plus haut point, et acheva de le dégoûter. Avec un soubresaut, il chercha des yeux les toilettes à l'autre bout de la pièce, et s'y précipita en s'y penchant, la tête la première.

Après la fin de son haut-le-cœur, il s'essuya pitoyablement la bouche, se sentant plus que misérable. Il laissa ses yeux errer sur sa cellule, encore tout retourné, puis il remarqua un détail.

Au milieu de la pièce qui était bien vide l'instant auparavant, se tenait une silhouette familière.

Mathieu n'osa pas bouger.

Devenait-il vraiment fou au point d'imaginer une présence dans sa cellule ?

Il fut tenté pendant un instant d'appeler les assistants qui se baladaient de nuit dans l'asile pour contrôler si tout allait bien, mais se retint à temps.

Comme si un déclic s'était mis en route dans son esprit, il venait de reconnaître l'ombre au milieu de la pièce.

Il se mit debout, ses mains agitées par des tremblements non plus causés par la peur mais par l'excitation avant de s'accroupir pour se mettre à la hauteur de la silhouette.

Silhouette qui en fait était un chien, un berger belge à poil court pour être exact.

Fébrile, Mathieu se frotta les yeux, avant de les rouvrir précipitamment. Il laissa échapper quelques balbutiements ahuris, avant de bafouiller dans un mélange d'excitation et de doute :

— Capsule de Bière ?

Le chien s'ébroua, comme pour signifier au youtuber que oui, c'était bien lui. Puis, il le regarda un instant et aboya sans prévenir.

Le cri de l'animal se répercuta dans les couloirs sombres de l'asile, et s'échappa par le soupirail dans le silence de la nuit.

Un frisson de peur s'empara de Mathieu. Les infirmiers ne devaient surtout pas entendre le chien. Comment allait-il expliquer sa présence ? Lui-même ne savait pas comment était-il arrivé là !

Il s'empressa de caresser le canidé et de mettre un doigt sur sa bouche, espérant qu'il comprendrait.

— Shhhh, il faut pas que les autres t'entendent ! lui murmura-t-il, encore tout retourné de ce qui venait de lui arriver.

Il lui flatta le cou, et il sentit sous ses doigts le cordon en cuir usé et le médaillon accroché à ce dernier qui servait de collier au chien. Nerveusement, il manipula l'insigne en bronze accrochée à la ficelle brune et la contempla en fronçant les sourcils. Elle représentait le symbole du Peace & Love, le Hippie l'avait spécialement donné au chien car « Ça a un bon karma, gros, ça te portera chance ».

Mathieu secoua la tête. Il réalisa que ce n'était pas le Hippie qui lui avait donné le médaillon, mais lui-même, pendant l'une de ses nombreuses crises de schizophrénie. Il devait arrêter de considérer ses personnalités comme réelles ; elles n'existaient pas.

Mais il n'hallucinait pas, Capsule était bien réel ; alors comment était-il arrivé là ?!

Soudain, il remarqua que le chien portait quelque chose sur la tête. Rapidement, l'ancien youtuber s'en saisit, et écarquilla les yeux en reconnaissant une casquette.

Ce n'était pas n'importe quelle casquette ; Mathieu l'aurait reconnu entre mille. Grise, légèrement usée et généralement portée à l'envers, c'était la casquette du Geek.

Comment était-ce possible ?! Quelqu'un était-il en train de lui faire une farce de très mauvais goût ?!

Il releva une dernière fois la tête vers le soupirail, comme pour vérifier si les barreaux de l'ouverture étaient toujours en place, ce qui était le cas. Il regarda Capsule, encore plus perdu qu'avant, et lui montra la casquette qu'il avait en main.

— Qui est-ce qui t'as donné ça ? demanda-t-il, dans l'espoir complètement fou que le canidé lui réponde.

Le chien secoua la tête et s'approcha de Mathieu pour lui toucher le haut du crâne du bout de la truffe. Le schizophrène se laissa faire ; au point où il en était, l'animal aurait pu parler que ça ne lui aurait plus rien fait. Puis, Capsule recula, émit comme une espèce de jappement pitoyable, avant de se rasseoir comme si de rien n'était.

Mathieu repassa le manège du chien dans sa tête, les sourcils froncés. Le gémissement de celui-ci lui rappelait… Lui rappelait…

Il ouvrit grand les yeux sous le coup de la révélation. Fébrile, il pointa la casquette dans ses mains, et hésita avant de demander :

— Le Geek ?

Le chien remua la queue, comme si l'évocation du prénom de l'une de ses personnalités lui semblait familière. Ainsi, pour confirmer ses soupçons, Mathieu enfonça la casquette à l'envers sur son crâne, prit une mine misérable et lança d'une voix enfantine :

— Tu parles de lui ?

Capsule de Bière bondit immédiatement sur ses pattes ; il s'élança vers Mathieu avec tant de fougue qu'il le fit tomber à la renverse, et lécha le visage de celui qu'il croyait être avec affection. Le youtuber eut beau se débattre, le chien ne voulait pas s'en aller, fou de joie. Puis, il réussit à enlever la casquette qui alla glisser sous sa couchette, et reprit d'une voix autoritaire :

— Capsule, ça suffit !

Aussitôt, le chien s'arrêta, et contempla le visage du créateur de son maître avec des yeux interrogatifs, comme pour se demander où était passé le gamer qui était sur son visage l'instant d'avant.

Puis, sans prévenir, il commença à aboyer, sans s'arrêter, provoquant l'inquiétude de Mathieu qui se releva rapidement, et essaya de faire taire le berger belge avec toutes les peines du monde :

— Tais-toi ! lança-t-il, aux aguets. On va t'entendre !

Mais le chien ne l'écouta pas, et continua ses aboiements infernaux qui réveillèrent bientôt les autres patients qui s'agitèrent dans leurs cellules. Très vite, Mathieu vit que les lumières s'allumaient grâce au trait lumineux qui se manifesta sous sa porte. Il entendit avec horreur des pas se rapprocher de la source des bruits de l'animal, et donc de sa cellule. Il tenta désespérément de faire taire Capsule de Bière une dernière fois, mais l'animal, têtu, continua son tapage, comme s'il voulait volontairement attirer l'attention.

Ce qu'il réussit avec brio, car l'instant d'après, la porte de la cellule de Mathieu s'ouvrit en grand pour laisser apparaître le psychiatre qui était venu le chercher chez lui.

— Monsieur Sommet, que se passe-t-il ?!

Mathieu cligna des yeux ; la lumière provoquée par l'ouverture de la porte l'ayant aveuglé. Il se reprit cependant assez vite quand il vit que Capsule montrait les crocs, comme si l'homme en face de lui était un ennemi. Il gronda sourdement, ce qui attira l'attention du docteur qui venait de remarquer la présence du canidé :

— Mais qu'est-ce que…

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase : Capsule de Bière s'élança droit devant, et profita de la stupéfaction du psychiatre qui était resté sur le pas de la porte pour s'enfuir au-dehors.


— Capitaine, on a un problème !

— Oui, commandant ?

— On nous attaque !

— Comment ça ?!

— Des lecteurs balancent des pierres et des peluches sur les fortifications !

— Des peluches. Ils ont des peluches ! Enclenchez la procédure d'urgence. On se replie !

— Mais, capitaine...

— Quoi ?!

— Et les reviews ?

— Pas le temps, ils veulent ma peau ! *enclenche les défenses maximales*

— *regarde les lecteurs* Bon, après avoir évacué votre haine sur notre pauvre bunker, n'oubliez pas de laisser une review ! Ça fera plaisir au cap'...

— Commandant ! Qu'est-ce que vous foutez ?! Ils se ramènent avec des canons, maintenant !

— C'est pas un tank, là-bas ?

— Euh...

— ...

On se tire, ET EN VITESSE !