Bonjour les z'amis !
Désolée du retard, mais comme je l'ai dit à certains d'entre vous, ce chapitre était prévu pour être très long ! ^^
Donc, j'espère que vous me pardonnerez et que l'attente en vaudra la peine ;)
Merci aux anonymes (Camboune, luna, lemiaw : trop de compliments ! ^^') pour leurs reviews, et enjoy ! ~
Disclaimer : Alors, tout les gens bordeliques cités dans cette fanfic appartiennent à leurs auteurs respectifs : Plectrum & Ouki sont la création de LinksTheSun ; Richard & Samuel à Antoine Daniel ; les personnalités de Kriss sont la propriété de Kriss (logique xD) ; les personnalités de Mathieu appartiennent à Mathieu (logique aussi xD) ; Et tout les autres qui sont cités s'appartiennent ! (J'ai jamais fait un disclaimer aussi long moi x'D)
Chapitre 10 | Une évasion précipitée
Il y eut un silence après la déclaration de Kriss. Mathieu le regarda, les sourcils froncés, avant d'entendre à nouveau la voix du Patron dans son esprit, et qui semblait avoir entendu la personnalité explosive de l'animateur de Minute Papillon :
— J'crois qu'on est mal, gamin.
Et en effet, quelques secondes plus tard :
— HIHIHI, JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ ! QUI FRACASSE UN COCKTAIL EXPLOSIF !
Un bruit de verre brisé retentit tout près de la cellule de Mathieu, qui recula d'un bond en entendant un son aussi bruyant et bien plus proche qu'il ne l'aurait pensé. Avec une sueur froide, il s'approcha à nouveau de l'ouverture de sa porte, pour constater que quelque chose ressemblant à un mélange d'essence et autres substances inconnues avait effectivement été répandu devant cette dernière ; mais personne n'était en vue, et Kriss semblait avoir mystérieusement déserté l'entrée de sa cellule.
Si au début sa réaction avait été celle d'être complètement étonné, voire dépassé par les évènements, il se ressaisit bien vite en comprenant ce que cela signifiait. Avec horreur, il entendit le Patron, qui semblait lui aussi avoir compris, s'écrier d'un air précipité :
— Putain gamin, barre-toi !
Mathieu écouta immédiatement le criminel et se précipita dans le coin opposé à la porte, avant de mettre ses bras sur sa tête et de tourner celle-ci juste à temps pour apercevoir une tache blanche à travers l'ouverture s'exclamer d'une voix hystérique :
— HIHIHI, JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ ! QUI FRACASSE UN COCKTAIL EXPLOSIF ! ... ET QUI UTILISE SON NOUVEAU BRIQUET !
Il se baissa rapidement, et immédiatement après, le souffle d'une explosion lui perça les tympans. Il sentit le Patron grogner dans son esprit, ainsi que le tremblement caractéristique annonçant la chute d'un objet massif sur le sol.
Il se releva avec maladresse, et vit avec ébahissement l'épaisse porte qui fermait habituellement sa cellule au sol, complètement sortie de ses gonds après la déflagration. Un cratère de plusieurs centimètres la noircissait là où l'impact avait été le plus fort, et un léger filet de fumée s'en échappait sous le coup de la chaleur.
Le schizophrène épousseta son tee-shirt qu'il avait froissé après s'être rué au sol avant l'explosion, et s'approcha précautionneusement vers la porte défoncée en ne la lâchant pas des yeux. Il l'enjamba précautionneusement, avant de passer la tête à travers le cadre pour regarder au dehors. Le youtuber constata que le morceau de couloir passant devant sa cellule était noir comme du charbon, cette couleur se dégradant progressivement avec la distance jusqu'à cinq bon mètres environ. La porte de la chambre de Kriss avait elle aussi été sortie de ses gonds, et ce dernier était toujours hors de vue.
Restant toujours prudent, il sortit dans le couloir en prenant garde à ne pas faire de bruit. L'explosion semblait avoir réveillé quelques pensionnaires qui s'agitaient dans leurs cellules, et des infirmiers ne tarderaient pas à envahir les couloirs. La nuit aidant, Mathieu bougea silencieusement jusqu'à la case de Kriss afin de vérifier que celui-ci allait bien.
Il trouva le meneur de Minute Papillon debout, se passant de l'eau sur le visage grâce à un lavabo dans sa cellule. Ce dernier se tourna brusquement en entendant Mathieu, et lâcha cyniquement :
— Dire que je l'ai envoyé lui pour nous aider à sortir…
Mathieu mit un temps à comprendre ces paroles :
— Envoyé ?
— Ouais… La plus grosse connerie que j'ai faite.
— Mais… Comment ? se contenta de balbutier l'autre, se remettant tout juste du choc de l'explosion.
Kriss secoua la tête, avant de lui passer un bras autour des épaules et de brièvement l'emmener hors de sa cellule. Jetant un œil à gauche et à droite du couloir, il s'engagea dans la même direction que Capsule avait pris l'instant auparavant, sans dire un mot. Docilement, Mathieu le suivit, se demandant si un jour quelqu'un prendrait le temps de répondre à ses questions.
Ils empruntèrent quelques escaliers descendants, quand, soudainement, le schizophrène plaqua le petit youtuber contre un renfoncement dans un mur. Surpris, Mathieu s'apprêta à protester, quand soudainement, il vit un infirmier passer devant leur cachette en courant, rapidement suivi par deux ou trois autres.
— Ils doivent se rendre à nos cellules. Vite ! On a pas de temps à perdre ! On doit retrouver les autres !
— … Les autres ? demanda le châtain d'un air complètement dépassé.
— Pas le temps de t'expliquer, le coupa brièvement Kriss.
Mathieu sentit légèrement l'irritation monter en lui. Il venait juste de sortir de sa cellule grâce à un hystérique ayant balancé un cocktail explosif devant sa porte, se faisait embarquer par son collègue de Youtube qu'il venait de retrouver dans l'asile, et maintenant il n'avait pas le droit d'en apprendre plus ? Cela le dépassait étrangement.
Il s'attendit à une remarque de la part du Patron, mais rien ne vint. Depuis l'explosion, le criminel n'avait soufflé mot, inquiétant son Créateur.
Il venait de perdre son unique connexion avec ses personnalités.
Essayant tant bien que mal d'étouffer la panique qui commençait à monter en lui, il accepta non sans mal de suivre encore un peu Kriss afin de découvrir ce qui se passait.
Mais à part se faufiler dans ce maudit asile immaculé qui semblait infini, et se cacher quand des infirmiers passaient à leur portée, l'animateur de Minute Papillon ne pipait mot.
Puis, au bout d'un énième corridor, celui-ci grommela :
— Ils devraient être là… Qu'est-ce qu'ils font ?
Cette phrase confirma à Mathieu que son collègue ne savait pas où aller. Décidé, il lança d'une voix légèrement agacée :
— Je peux savoir ce qui se passe à la fin ?
Kriss se retourna et regarda Mathieu, avant de prendre une grande inspiration, comme pour lui livrer ce qu'il lui cachait. Mais avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit, des voix retentirent derrière lui :
— On vous a enfin trouvé ! On avait peur que l'autre hystérique n'y arrive jamais ! Mathieu, Kriss, ça va ?
— Salut, man !
— Pourquoi il faut toujours que je me tape les attardés mentaux dans les groupes ? J'en ai marre des camés moi !
Se retournant brusquement Mathieu découvrit avec une surprise teintée de soulagement Alexis, alias LinksTheSun entouré de Kriss, ce dernier vêtu d'un chapeau avec de faux dreadlocks dessus. Le youtuber reconnu rapidement le Hippie de Minute Papillon ; tandis que derrière eux…
Plectrum flottait tranquillement, tel un fantôme, au-dessus du sol.
L'esprit à présent complètement libéré, Mathieu se rendit compte à quel point il pensait ne jamais les revoir ; les médicaments lui avaient presque fait croire que toutes ses rencontres sur Youtube n'avaient été que des hallucinations, tout comme ses personnalités.
Mais maintenant, en voyant le médiator onduler dans l'air, le pacifiste se rouler une clope et Alexis se passant la main dans les cheveux d'un air las, il se rendit compte à quel point il s'était fourvoyé.
Émergeant lentement de ses constations, il entendit Links souffler un « Ta gueule, Plectrum », et vit Kriss se précipiter vers son double pour lui donner l'accolade, tandis qu'il restait planté au milieu de couloir.
— Ça va Mathieu ? demanda brièvement le créateur du médiator.
— Oui, répondit-il par automatisme.
— Si tu savais le souci qu'on s'est fait pour toi…
— Je voudrais pas troubler les charmantes retrouvailles, mais faudrait peut-être qu'on se barre, non ? lança Plectrum en se retournant pour vérifier si personne n'avait assisté à leur échange. Les autres attardés doivent attendre, là…
Cette phrase lancée par le médiator fit immédiatement réagir les autres ; Mathieu vit Alexis prendre un air sérieux, et prendre la tête du groupe en lançant un « Par ici ! ». Il interrogea Kriss du regard à propos de ce que voulait dire Plectrum par "les autres attardés", mais celui-ci secoua la tête pour lui signifier que ce n'était pas le moment. Contenant son impatience, le schizophrène suivit le groupe étrangement constitué.
Dans les ténèbres de la nuit, ils se faufilèrent dans les couloirs, quand soudainement…
« SITUATION D'URGENCE. DEUX PATIENTS À L'ÉTAGE NUMÉRO 2 SE SONT ÉCHAPPÉS DE LEURS CELLULES. JE RÉPÈTE, SITUATION D'URGENCE… »
Le groupe se figea en entendant une sirène retentir dans tous le bâtiment, ainsi qu'une voix féminine réciter à fort volume la même phrase. Les lumières s'allumèrent brusquement dans les couloirs immaculés, et Mathieu sentit une sueur froide se propager dans sa nuque.
— Et merde…
Le juron de Links ne passa pas inaperçu, tandis que Plectrum se contentait d'engueuler Kriss :
— Ah ben bravo ! En même temps, lorsqu'on envoie un hystérique faire péter les cellules, on devrait s'attendre à ce que la discrétion soit un peu foirée… L'intelligence dans toute sa splendeur !
— Ta gueule, répondit son créateur, tentant de garder son sang-froid. C'est vraiment pas le moment.
— C'était le seul à pouvoir sortir sans difficultés, renchérit Kriss comme pour se justifier. Si j'avais pu, évidemment que j'en aurai envoyé un autre…
— Hey, peace man, l'amour avant la guerre, lança le Hippie toujours aussi apaisé.
La petite troupe continua à avancer sous les ordres de Links toujours désigné en tant que leader. Soudainement, ce dernier sortit un talkie-walkie de la poche de son jean, et l'alluma précipitamment.
— Fred, vous êtes où ?
Mathieu tendit l'oreille en entendant le nom du Joueur du Grenier. Il s'approcha de la petite radio, quand une voix grésilla à l'autre bout des ondes :
— On est à l'entrée, mais des infirmiers arrivent pour sortir et garder l'entrée. On est obligés de se planquer sur le bord de la route et de passer pour des hippies !
— Links, ça pue ici ! Ils font brûler du papier ! lança une autre voix chargée d'hélium.
Le petit schizophrène reconnut avec surprise le timbre d'une certaine petite boule de chewing-gum. Il balbutia sans le vouloir :
— Ouki ?
— Oh, bonjour Mathieu ! lui répondit la petite voix d'un air enjoué. Comment tu vas ?
— Espèce d'imbécile, on vient le sortir d'un asile ! répliqua Links d'une voix agacé. Comment tu penses qu'il va ?!
Des pleurnichements aigus se firent entendre, ainsi qu'un « T'es mééééchaaant avec moiiiiii ! ». Des bruits agitèrent le talkie-walkie, comme si on le changeait de main. Puis, la voix de Seb se manifesta :
— Merci, maintenant on a ses magnifiques jérémiades en fond sonore en plus de la musique de drogués qu'on doit passer pour faire genre. Franchement, ça fait toujours plaisir.
— Rho c'est bon, on n'est pas à deux décibels près, relativisa l'animateur des Point Culture.
Un pic de gémissements aigus franchit les petites enceintes de la radio, et Alexis éloigna rapidement le talkie-walkie en étendant au maximum son bras, son autre main sur son oreille droite qui semblait avoir souffert.
— Je dirai un peu plus que deux décibels, fit ironiquement Fred en fond.
— Putain Ouki, tais-toi, tu vas nous faire repérer ! lança Links en chuchotant. Déjà qu'on est dans de beaux draps…
Mais la petite boule de chewing-gum redoubla en geignements, quand soudainement, le Hippie s'approcha de la radio pour lancer de sa voix traînante :
— Hey, pleure pas, man. On te passera un Disney, si tu veux.
Il y eut un silence, qui fut savouré par les oreilles de chacun d'entre eux, quand Ouki répondit finalement d'une voix hésitante :
— C'est vrai ?
— Ouais, man, promis.
— D'ac-cord, renifla-t-il à l'autre bout des ondes.
Tous regardèrent le Hippie avec des yeux ronds, se demandant encore comment celui-ci avait fait pour calmer le petit. Celui-ci haussa les épaules et se contenta de justifier son acte :
— Les Disney c'est le bien, man.
L'attention de Links se détourna du camé pour revenir vers le talkie-walkie :
— Écoutez les gars, restez cachés. On va pas tarder…
Puis, il appuya sur un bouton de son petit poste, et Mathieu devina aisément qu'il changeait de chaîne. Une voix bien connue se fit entendre :
— Mec, ça va ? Putain, tu nous as foutu une de ces trouilles… Nous refait plus jamais ça, Math', plus jamais.
Le schizophrène laissa un sourire envahir son visage en entendant la voix d'Antoine. Il lui avait manqué, ce con.
Mais Alexis détourna rapidement la conversation :
— Qu'est-ce que vous foutez ?
— Désolé, mais Nyo a pas réussi à reprendre le contrôle des caméras… Il faut un mot de passe et nos compétences en informatique sont limitées, j'te signale.
— Bon, tant pis, abandonnez, on trouvera la sortie en forçant le passage. Magnez-vous et rejoignez-nous vite !
— Bien reçu.
Le voyant rouge montrant l'état de l'appareil s'éteignit, mettant fin à la discussion. Tous s'entre-regardèrent, l'angoisse se lisant légèrement sur leurs traits – sauf pour le Hippie qui semblait toujours serein.
— Va falloir se dépêcher, et rejoindre les autres vite fait, conclut Alexis.
— Merci Captain Obvious, ironisa Plectrum.
Mais Links ne releva pas et se contenta d'avancer prudemment à travers les couloirs, bientôt imité par les autres.
Et enfin, au détour d'un coude, ils virent deux silhouettes bien connues, l'un d'entre elles semblant avoir un balai sur la tête au lieu de cheveux. Elles se retournèrent bien vite, et se précipitèrent vers eux.
— Math' !
Antoine suivit de Nyo accourut bien vite, et le plus taré des deux s'avança pour faire l'accolade à son grand ami. Mathieu accepta avec plaisir cet échange, comprenant à quel point ils lui avaient tous manqué.
— Je rêve où c'est un ventilo que t'as dans les mains ? demanda le schizophrène en remarquant l'appareil dans les bras de son ami.
— Merci beaucoup, répondit le dit-appareil, vexé. Je m'appelle Samuel, d'abord.
Mathieu haussa les sourcils ; depuis tout ce qu'il s'était passé depuis son évasion, un ventilateur parlant était devenu un fait banal. Il leva son regard vers Antoine :
— Sérieusement ?
— Désolé mec, mais ça intimide vachement les gens un ventilateur qui peut servir de scie circulaire, alors ça peut toujours servir, se justifia l'autre.
— Content de voir qu'on m'oublie toujours, rétorqua une autre voix plus grave, émergeant du sac en bandoulière de l'animateur de WTC.
Une tête sortit de ce dernier, et Richard lança un sourire malsain à tous les regards fixés sur lui. Plectrum se passa l'un de ses bras sur le visage, en grognant :
— Et allez, le retour des psychopathes en force.
— Tu peux parler le triangle blasé, répliqua la peluche.
Mais avant qu'ils n'aient pu s'avancer un peu plus dans leur dispute, Nyo les coupa :
— Faut vraiment pas traîner. Tous les effectifs médicaux ont été mobilisés, ils suivent votre trace à la loupe, et-
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Des pas retentirent dans les couloirs, et, avec horreur, le groupe vit des infirmiers en blouse blanche se présenter de chaque côté du corridor, et, parmi eux, Mathieu reconnut le psychiatre qui était venu le chercher chez lui.
— Monsieur Sommet, Kriss, je peux savoir ce qu'il se passe ? demanda-t-il d'un ton colérique, apparemment irrité d'avoir été dérangé en pleine nuit pour leur escapade.
Puis, il sembla remarquer les autres, et s'exclama d'une voix furieuse :
— Et vous, que faites-vous ici ? Il s'agit d'un établissement médical, vous ne pouvez pas entrer sans autorisation !
— Va falloir faire exception pour aujourd'hui, grogna Links en croisant les bras.
Mathieu jeta un regard en coin à Kriss ; celui-ci venait soudainement de se prendre la tête entre les mains en fermant douloureusement les yeux. Pour seule réponse, le meneur de Minute Papillon laissa échapper :
— Je vais pas pouvoir les contenir plus longtemps…
— Fais sortir les moins dangereux, man, lui conseilla le Hippie en tirant une taffe, avant de souffler la fumée vers le plafond.
Ce qui fut remarqué par le psychiatre qui pointa un doigt accusateur vers ce dernier :
— Hé, vous ! Il est interdit de fumer ici !
— T'inquiète, man, c'est naturel, répondit l'autre avec un sourire, avant de tendre son joint au docteur. T'en veux ?
Le médecin sembla outré et son visage ressembla pendant un instant à une tomate bien mûre, quand il laissa échapper :
— C-comment osez-vous ! Fumer de la drogue, alors que des gens malades sont hébergés ici !
Son regard balaya le groupe, quand il tomba sur Plectrum, qui s'était tranquillement élevé au plafond en espérant ne pas être remarqué. Ses yeux lancèrent des éclairs, et il se tourna vers Alexis qui se trouvait seulement à quelques mètres de lu :
— Vous ! Cessez tout de suite ce ridicule tour de magie ! Vous risquez de faire rechuter mes patients !
— T'entends ça ? se contenta de répondre Links en jetant un regard narquois à son médiator.
Le susnommé fronça immédiatement les sourcils et rugit d'un air outré :
— J'suis pas un tour de magie, espèce d'imbécile !
Complètement subjugués, les infirmiers qui bloquaient le passage levèrent tous les yeux vers le fantôme au-dessus d'eux, ainsi que la plupart des membres du groupe. Mathieu, lui, ne lâchait pas le docteur du regard.
Et, ce faisant, personne ne put le prévenir lorsqu'un médecin s'élança vers lui, une seringue à la main.
— Math' !
Le cri d'Antoine le fit percuter, et il se tourna juste à temps pour voir un infirmier profiter de la diversion occasionnée par Plectrum, et se précipiter vers lui en brandissant une seringue.
Il aurait pu avoir le temps de réagir, de se défendre, mes ses yeux étaient obnubilés par l'aiguille qui fonçait droit vers lui.
Pas encore.
Pas encore…
Se remémorant toutes les doses qu'on lui avait injectées quand il était entouré de ces murs blancs, son seul réflexe fut de fermer les yeux très fort.
Pas encore…
Il y eut un cri de douleur, qui lui fit immédiatement rouvrir les paupières, pour trouver en face de lui le noir.
Il cligna des yeux plusieurs fois, pour se rendre compte que c'était une veste noire qui était devant lui, portée par un homme qui faisait sa taille. L'infirmier qui avait osé l'attaquer, quand à lui, avait lâché la seringue sur le sol, son bras droit tordu par la main de celui qui le défendait. Mathieu ouvrit grand les yeux en se rendant compte de ce que cela signifiait, et entendit l'homme en noir lâcher d'un ton plein de menaces :
— Essaye encore un peu et ce sera pas ton bras que je démonterai.
Il desserra sa poigne de fer et l'infirmier recula immédiatement dans le rang de ses collègues, ses yeux remplis de larmes de douleur et son autre bras soutenant celui qui était tordu dans un drôle d'angle, tout en couinant de souffrance.
Quant à son tortionnaire, il se retourna pour faire face au schizophrène, remontant ses lunettes noires, et il lui lança d'un air agacé :
— Gamin, la prochaine fois, soit plus prudent, pigé ? J'suis pas un garde du corps.
Mathieu regarda longuement le nouveau venu, encore surpris, puis, avec un sourire narquois, il lui répondit :
— T'en as mis du temps, mec.
— Ta gueule. C'est pas moi qui étais incapable de nous faire sortir de sa tête.
Le youtuber laissa son sourire s'agrandir de soulagement, mais le Patron, lui, désigna du doigt le docteur derrière Mathieu, et s'avança rapidement vers lui, son sourire se perdant au fur et à mesure. Puis, il s'arrêta à la hauteur d'Alexis qui était le plus proche du psychiatre de tout le groupe, et lui cracha au visage :
— J'vais te buter, connard. J'vais te buter.
— Hop là, pas si vite, le retint Links en lui prenant le bras, pas de meurtres s'il te plaît, on aimerait sortir sans encombres.
— Lâche-moi, rugit le Patron en le repoussant brutalement. On voit bien que c'est pas toi qui as dû se taper l'éternité dans une pièce noire et qui as fait une chute de plus de trente mètres dans la tête de ce p'tit con, reprit-il en montrant du pouce Mathieu derrière lui. J'vais le buter !
À ce moment-là, Mathieu remarqua les traces de sang sur la figure de sa première personnalité qui s'élança vers le docteur, poings en avant ; mais c'était sans compter sur l'intervention d'Alexis et Nyo, qui se précipitèrent pour l'empêcher d'agresser le psychiatre qui s'était brusquement reculé en voyant le criminel foncer vers lui. Il tendit le doigt vers ce dernier, l'air terrorisé :
— Vous n'avez pas le droit !
Mais au même moment, Kriss poussa un grognement de souffrance, s'attirant ainsi toute l'attention. Puis :
— HÉLICOUPTÈRE HÉLICOUPTÈRE !
— Oh oui, Croc'homo adoooore les gros engins !
— Pourquoiiii ?
— Les femmes ont leur mot à dire dans cette histoire ! Bande de goujats !
— Hé, où est passé mon Pastis ? Si j'ai pas de Pastis, je fais grève ! Oh putain, j'ai un mal de crâne, quelqu'un a une asp-
— ASPIRATEUR !
Tous jetèrent pour certains des regards médusés aux six personnes – si on pouvait compter un crocodile en peluche comme une personne – venant de faire leur apparition à côté de Kriss. Celui-ci souffla de soulagement, comme si leur venue libérait sa migraine. Le Hippie continua de tranquillement rouler ses joints, et lança d'un ton serein à son créateur :
— Et les autres, man ?
— On avait dit les moins dangereux, lui rappela-t-il en secouant la tête. Au moins j'ai réussi à contenir l'autre taré philosophe…
— Ah ouais… Man, acquiesça son double drogué en reprenant son activité comme si de rien n'était.
Si les collègues de Kriss avaient pour certains l'habitude de ses personnalités, tous le personnel médical sembla faire une crise d'épilepsie en voyant autant de monde se matérialiser au milieu du couloir.
— M-mais… C'est impossible… balbutia le psychiatre en rajustant ses lunettes d'un air médusé.
— Comment ça, impossible ?! s'écria la Féministe en rajustant ses cheveux d'un air outrée. Tout ça parce que je suis une femme, hein ? Espèce de macho dégénéré !
— Oh, calme-toi pauvre grognasse, et va me chercher un Pastis, ça fera passer mon mal de tête tiens, répliqua le Syndicaliste en reniflant.
L'autre répondit par un hurlement hystérique, entrecoupé de « Les femmes ne sont pas des objets ! », et autres.
Même encadrés par les infirmiers et autres médecins, ils arrivaient à s'engueuler, et d'ailleurs les docteurs n'avaient pas l'air pressé de les en empêcher.
Mathieu laissa un léger sourire envahir ses lèvres, quand une main tapota son épaule.
— Mathieu, t'as pas vu ma casquette ?
Il se retourna brusquement, et vit avec surprise le Geek l'observer d'un air perdu et triste. Il ouvrit la bouche pendant un instant, avant de laisser échapper quelques balbutiements étouffés.
Il se reprit bien vite, et se remémora qu'il avait dû oublier la casquette dans le couloir passant par sa cellule, trop absorbé par sa fuite avec Kriss. Mais avant qu'il n'ait pu répondre, un aboiement se fit entendre, et Capsule de Bière déboula d'entre les jambes des infirmiers qui s'écartèrent brusquement, la dite-casquette dans la mâchoire.
Mais à cause du bazar causé par tous les gens apparu d'un seul coup, personne ne fit attention au chien qui déposa sa trouvaille dans les mains du gamin au tee-shirt rouge qui se pencha pour le caresser en riant.
— Merci, Capsule, t'es le meilleur ! lança-t-il en replaçant sa casquette sur son crâne.
— Comme son maître…
Quelques regards se posèrent sur le Hippie, qui sembla se rendre compte de ce qu'il venait de dire, et qui reporta son attention sur son joint en rougissant légèrement.
— Ouah, c'est d'la bonne came ça… Man, lança-t-il en voulant faire croire qu'il en avait trop pris.
— J'peux goûter, gros ?
Le Hippie de SLG venait subitement d'apparaître à côté de son homologue, et pointait du doigt le joint de son ami.
Mathieu cligna des yeux en voyant Capsule s'élancer vers son maître en lui faisant la fête, celui-ci lui lança d'un air satisfait « Bien joué, mon chien ».
Il ne réagit plus en voyant le Prof apparaître lui aussi, et rajuster ses lunettes en regardant d'un peu trop près Plectrum tout en murmurant « Intéressant… Il peut brûler ? », et celui-ci lui lançant un vague « Connard » en guise de réponse.
Peu après, la Fille se matérialisa, et vint aussitôt aider son homologue de Minute Papillon contre « ce goujat de Syndicaliste » ; le Moine apparut, essayant de raisonner tout le monde – en vain, évidemment – puis, ce fut au tour de Maître Panda, qui se manifesta à côté de Mathieu avec un sourire rassurant, en lui posant une main sur l'épaule.
Délaissant du regard son acolyte en kigurumi, le schizophrène jeta un coup d'œil circulaire dans le couloir. Il était au milieu de tout le monde, voyait les personnalités n'en faire qu'à leurs têtes, les youtubers essayer de les calmer sans résultat ; il voyait aussi les infirmiers les observer, pour certains avec un air médusé, et pour d'autres avec des expressions perplexes. Il croisa même le regard du psychiatre qui se demandait s'il n'aurait pas dû démissionner.
Mathieu ne dit rien pendant un instant, se contentant de sourire légèrement.
Il savait qu'il sortirait de ce maudit asile, il n'y avait plus aucun doute ; son esprit s'y était fait.
Alors, en échangeant un regard complice avec Maître Panda qui n'avait toujours pas enlevé sa main de son épaule, il entendit ce dernier lancer aux autres :
— Les gars, on s'éternise ici ou… ?
Tous se turent immédiatement, quand Kriss acquiesça en hochant la tête :
— J'en ai marre de voir du blanc.
Aussitôt, tous s'élancèrent des deux côtés sans se consulter ; Mathieu se précipita du côté opposé à celui du psychiatre, entouré de Maître Panda et du Patron. Il aperçut brièvement du coin de l'œil Alexis et Kriss prendre la direction opposé avec une partie des personnalités de ce dernier, suivis par Nyo qui fermait leur marche ; Antoine, lui, avait préféré suivre son "bro" de Youtube, comme il l'appelait.
Il entendit derrière lui le psychiatre hurler :
— Mais qu'est-ce que vous attendez ?! Arrêtez-les !
C'est ainsi qu'en voulant se frayer un passage à travers les infirmiers, tous se jetèrent sur eux en leur criant de s'arrêter.
Mathieu fila tout droit, et lorsqu'un des médecins se jeta sur lui pour l'arrêter, ce fut la Fille qui l'arrêta net en lui balançant un magnifique crochet du droit, tout en hurlant un harmonieux « GIRL POWER ! », très vite approuvé par la Féministe qui semblait avoir suivi sa collègue.
Il vit à sa droite le Patron dégommer tous ceux qui voulaient l'empêcher de passer, et à terme, plus personne ne voulut l'arrêter ; avec le sang qui maculait sa figure, il était effectivement très impressionnant à voir.
À sa gauche, les deux Hippies ne se battaient pas et se contentaient de courir, en bons pacifistes, mais Capsule de Bière qui galopait devant eux en aboyant dissuadait tous ceux qui auraient eu l'idée de les approcher.
Antoine s'approcha à hauteur de Mathieu, enclencha Samuel qui se mit à tourner, et pour donner plus de crédibilité à son compagnon, il se mit à hurler :
— Scie circulaire DROIT DEVANT !
Tous s'écartèrent des deux amis, et tandis qu'ils ne s'arrêtaient pas de courir, le schizophrène entendit deux voix provenir du sac de son collègue :
— Oh ouiii, Croc'homo adore les bagarres, et encore plus les orgies !
— Toi j't'aime bien, le croco', répondit la voix de Richard.
Quant à Maître Panda, il fermait la marche en lançant à voix haute qu'il connaissait les secrets des anciens arts martiaux chinois et qu'il ne valait mieux pas l'approcher – ce qui, étonnamment, marchait.
Ils sortirent bien vite de la mêlée de blouses blanches, et s'élancèrent dans les couloirs. Antoine laissa échapper un « YOLOOOO ! » de joie, et redoubla de vitesse.
Des fois, quelques infirmiers se présentaient devant eux, mais ils abandonnaient bien vite la tâche d'arrêter qui que ce soit en voyant un criminel couvert de sang, un psychopathe armé d'un ventilateur, deux femmes à barbes enragées, un Panda mimant des technique de combat au corps à corps, ainsi qu'un chien leur fonçant droit dessus en montrant les crocs.
Mathieu sourit encore une fois, et suivit les autres en ne cessant pas de courir.
Courir pour sa liberté.
Kriss et Alexis s'étaient élancés dans la direction opposée qu'avait pris Mathieu ; mais vu qu'Antoine l'avait accompagné, il ne risquait rien.
Pour l'instant, les pensées de ceux-ci étaient d'éviter les médecins qui se ruaient sur eux.
Plectrum flottait au plafond, et ne semblait nullement intéressé par la bagarre, préférant sûrement éviter les coups ; Mr Dada semblait ravi que, pour une fois, on le laisse utiliser ses gants de boxe, mettant K.O tous ceux en travers de son chemin.
Le Syndicaliste frappait tous ceux qu'il pouvait avec son panneau de grève, criant que c'était la meilleure qu'il n'avait jamais connue. Le Geek courait de concert avec le Gamin, qui hurlait sans cesse ses "Pourquoiiii" aux infirmiers d'une voix suraigüe, déstabilisant tous ceux qui voulaient les approcher.
Le Moine se contentait de filer sous sa capuche, clamant haut et fort « qu'on ne devait pas se battre, nous sommes tous des enfants de Dieu », avant d'être coupé par un infirmier qui l'attaqua, provoquant en lui un hurlement très féminin. Mais il fut sauvé à temps par le Prof, qui étonnamment, l'assomma à l'aide d'une canne qu'il avait trouvé dans le couloir. Ce dernier murmura un « Excusez-moi, ami médecin », avant de s'enfuir à son tour.
Quant à Nyo, il fermait la marche, et esquivait habilement tous les coups qui le poussaient à s'arrêter avec une agilité surprenante.
— Putain, on n'y arrivera jamais ! s'exclama Links et esquivant une énième attaque.
— J'ai peut-être une idée ! répliqua Kriss envers son collègue.
— Alors dépêche-toi de la mettre en application ! hurla Plectrum qui commençait à se faire attaquer par des infirmiers à coup d'objets lancés au plafond.
Le meneur de Minute Papillon ferma les paupières sans cesser de courir, et grimaça. Il rouvrit brusquement les yeux avant de les braquer devant lui. L'animateur du Point Culture leva la tête et dirigea son regard dans la même direction que son ami, pour découvrir une personne bien connue les attendant au bout du couloir.
— Mais t'es un malade ! s'écria-t-il en écarquillant les yeux.
— T'en fais pas, je gère !
Au fur et à mesure qu'ils avançaient vers le bout du couloir, la personne se rapprochait lentement. Peu à peu, on pouvait voir l'énorme marteau 5t perché sur son épaule, signe d'une menace exécutable à tout instant. Puis, au moment où il la dépassait, Kriss hurla à sa personnalité :
— Pas de morts !
L'autre acquiesça apparemment à regret en hochant la tête, puis dressa son marteau au-dessus de lui, lançant un retentissant :
— HOOOOOORS SUJEEEET ! PROOOOF DE PHILOOOOOO !
Il abattit d'un coup sec son arme au sol, ce qui eut pour effet de stopper immédiatement les médecins qui osaient les suivre, qui s'arrêtèrent en dérapant en voyant l'homme en face d'eux. Celui-ci hurla :
— VOUS NE PASSEREZ PAAAAAAS !
Links jeta un œil en arrière pour constater qu'en effet, la technique de son collègue de Youtube avait marchée. Apparemment, les infirmiers étaient tellement intimidés par le Prof de Philo – et son marteau 5t – qu'ils avaient renoncé à les poursuivre. Il reporta son attention sur son chemin, et tourna à droite :
— Par ici la sortie !
Les autres le suivirent précipitamment, et il décrocha son talkie-walkie :
— Les gars, tenez-vous prêts ! On arrive, et on amène de la compagnie !
— Ok, on est parés ! lui répondit la voix de Fred.
Il éteignit sa radio, et accéléra sa course.
Avant toute chose, j'aimerai apporter quelques explications à ce chapitre !
Je sais que par rapport au reste de la fic, ce chapitre est plutôt joyeux et fait plus de place à l'humour, mais comme c'est dans ce contexte qu'on retrouve le plus souvent nos protagonistes, je me suis dit que ce serait bien de l'écrire comme cela. Je m'excuse d'avance concernant le potentiel What the fuckesque du moment où les personnalités de Kriss apparaissent, j'espère que vous n'avez pas eu de mal à visualiser la scène et que je ne me suis pas emmêlée dans mes explications !
Ensuite, je voudrais parler de Kriss justement : si vous connaissez la fanfiction de La Succube, "We stand proud and broken" (et si vous ne connaissez pas filez immédiatement la lire), vous aurez remarqué quelques similitudes entre sa fic et la mienne. Nous avions déjà parlé de cela, et apparemment avions presque les mêmes projets concernant Kriss ; du coup, parfois, quelques explications auront l'air semblables. Mais sachez que nous faisons de notre possible pour ne pas croiser nos scénario ;)
Pour le prochain chapitre, ce sera le dernier (ou l'avant-dernier si je veux faire un épilogue) dans la partie Web Team, il y aura quelques explications, et sera un peu dans le même registre que celui-ci. D'ailleurs, concernant la Web Team, j'ai hésité à faire apparaître le Fossoyeur de Films, mais n'ayant pas eu le temps de visionner toutes ses vidéos pour intégrer le personnage, je ne l'ai pas mis de peur de le faire OOC. Je m'en excuse platement ! ^^'
... Je viens de remarquer que ma note d'auteur en fin de chapitre est hyper-sérieuse O.o'
... Reviews ? :D
(Oh, et je n'oublie pas qu'à la base, cette fanfic est dédiée à Titipo ; donc oui, le 2ppies caché dans cette fanfic est un clin d'oeil et oui, il y aura des allusions à ce couple tout au long de la partie Web Team ;P C'est cadeau !)
