Bonsoiiiiiir ! :D

Je vous livre avec beaucoup d'angoisse ce chapitre 10 partie SLG ! Angoisse, car comme je vous l'expliquerai en fin de chapitre (pour ne pas vous spoiler évidemment 0:D), j'ai eu beaucoup de mal à écrire un des passages de ce chapitre ^^"

Donc, concernant les reviews anonymes (y'en a eu beaucoup cette fois-ci, merci de votre attention !) :

luna-la-lune : Et encore un chapitre ! :P Si si, c'est pas la fin !

Camboune : Mais c'est moi qui te dit merci ! Je suis très touchée par tes compliments, tu me fais rougir *^-^* En tout, cas, j'espère que ce chapitre te plaira car il y aura du Patron dedans justement :p

lemiaw : Ton voeu est exaucé :p Oh et merci pour la pub, c'est trop sympaaaaa ! *câlin* Bref ! Merci ! xD

huri : Bonjour citoyen numéro... Oups, pardon, bonjour nouveau (nouvelle ?) lecteur/lectrice ! :D Merci de la review (et de ton opinion ^^), même tardive, ça fait très plaisir !

Enjoy ~

Disclaimer : Regardez les autres chapitres, vous le connaîtrez, et zut ! Mathieu Sommet n'est pas à moi et ses personnages fictifs sont sa propriété ! Et le dessin de couverture appartient à AngelMJ ! Na ! *mode gamine on*


Chapitre 10 | Vengeance

Mathieu passa en revue tout le monde en passant une main sur son visage afin d'effacer les dernière traces humides sur ses joues.

Le Prof et la Fille se tenait côte à côte, derrière le Patron ; le Moine était à quelques mètres à droite tandis que Maître Panda s'était déplacé à côté du Geek derrière lui. Quant au Hippie, il s'était assis sur le lit et flattait Capsule de Bière de la main, tout en lui murmurant des mots qu'il ne saisissait pas de là où il était.

Soudainement, le camé regarda vers la porte, et lança de sa voix hagarde :

— On fait comment pour sortir du coup, gros ?

Le youtuber lui lança un regard surpris. Le Hippie, dire des choses sensées ? C'était une première. Curieusement, ça ne sembla pas surprendre les autres qui haussèrent des épaules comme pour dire qu'ils n'en savaient rien.

Pris d'une illumination, il sortit le badge qu'il avait gardé dans sa poche depuis que Capsule le lui avait rapporté, et le montra aux autres.

— Capsule m'a rapporté ça, je sais pas trop à quoi ça nous servira…

Le petit groupe observa la carte plastifiée, pour la plupart avec des expressions perplexes ou des haussements d'épaules. Mais le Patron s'empara brusquement du badge et l'observa sous toutes les coutures, avant de lancer un regard au chien resté sur le lit en haussant les sourcils.

— Plus je le vois, plus je me demande si ce clebs n'est pas si con que ça.

Tous regardèrent le Patron se précipiter vers la porte. Il se pencha et inséra le badge dans l'infime espace entre la porte et le mur, et la fit coulisser tout en actionnant frénétiquement la poignée.

Une minute plus tard, la porte s'ouvrit dans un cliquetis sur un couloir sombre. Le criminel rangea le badge dans la poche de sa veste, arbora un sourire fier, et se tourna vers les autres en lançant d'un air satisfait :

— Par ici la sortie.

Mathieu s'approcha doucement de la porte et jeta un coup d'œil au-dehors, avant de reporter son attention sur le criminel :

— Comment t'as fait ?

— Secret professionnel, gamin.

Le youtuber ne tenait pas réellement à savoir ce que le débauché sexuel entendait par "Secret professionnel". Il s'engagea prudemment en dehors de sa cellule quand il sentit une poigne de fer l'empêcher d'aller plus loin :

— Hé là, pas si vite gamin. On sait même pas ce qu'on va faire une fois dehors.

— Je propose qu'on se sépare en petits groupes pour plus de discrétion, suggéra le Prof.

Le Moine s'approcha du soupirail donnant sur l'allée de l'asile, et grimpa sur le montant du lit afin de jeter un coup d'œil au-dehors. Il se retourna vers les autres :

— Il y a un pick-up noir garé dans l'allée. On pourrait l'utiliser pour s'en aller…

— Ça implique qu'on va devoir le voler, le Fanatique, releva la Patron. C'est pas très catholique, non ?

L'homme de foi lança un regard plein de détermination envers le criminel :

— Dieu pardonne les nécessiteux.

— Ça nous arrange bien, ironisa l'homme en noir.

— Bon, coupa la Fille d'un air très impliqué. On se retrouve devant la voiture alors ?

Tous acquiescèrent.

Maître Panda s'approcha de Mathieu et mit une main sur son épaule.

— Je viens avec toi, dit-il d'un ton qui n'acceptait pas de refus. T'es encore faible.

— Je reste avec le Geek, lança la Fille en lui passant un bras autour des épaules tandis que celui-ci l'observait d'un air surpris.

— J'irais en dernier, fit le Patron en portant une main à ses lunettes et affichant un sourire de requin.

— On vient avec toi, gros, rajouta le Hippie en caressant la tête de Capsule.

Étonnamment, le criminel ne contesta pas, se contentant d'hocher la tête.

Le Moine et le Prof se contentèrent d'échanger un regard résigné ; Mathieu regarda toutes ses personnalités d'un air légèrement inquiet :

— Soyez prudents.

— Tu nous as pris pour qui ? répliqua le Patron d'un ton agacé. On n'est pas en sucre j'te signale.

— Bon, alors, on y va ? demanda Maître Panda.

— Faut aller à gauche, lança Mathieu. C'est par là qu'ils m'ont amené.

Sa personnalité en kigurumi acquiesça avant de s'engager dans le couloir, tout en n'enlevant pas sa main de l'épaule de son Créateur qui lui emboîta le pas sous le regard de la petite troupe.


Alors que les deux silhouettes s'évanouissaient dans le couloir sans un bruit, la Fille et le Geek échangèrent un regard déterminé. Après une minute environ, le Patron lança :

— Vous pouvez y aller.

Le duo s'engagea à son tour dans le corridor sombre, et il disparut dans un coude après quelques secondes.

Il ne restait plus que le Hippie, le Patron, le Moine et le Prof qui s'entre-regardèrent. Le fanatique haussa les épaules et avança dans le couloir bien vite suivit par son acolyte scientifique qui lança un regard dubitatif au criminel avant de partir.

Les pas des deux hommes retentirent dans le couloir vide avant de s'évanouir dans le silence de la nuit. Le Patron esquissa un rictus, avant de faire un signe de tête au drogué pour lui indiquer que c'était le moment.

Ce dernier avança d'un pas lent vers la porte avant de passer au-dehors, suivit de son ami animal. L'homme en noir attendit un moment, avant de sortir lui aussi ; mais il prit la direction inverse que ses acolytes avaient prise. Le Hippie le remarqua, et l'interpella :

— Où tu vas, gros ?

— T'as cru quoi le bouffeur de soja ? répliqua le Patron sans se départir de son calme. Je vais pas suivre les autres vers la sortie. Je vais pas accepter ce qu'on m'a fait subir bien gentiment.

Il laissa un silence planer tandis que ses yeux se plantaient dans ceux cachés derrière les lunettes mauves de son alter-ego.

— Et je vais sûrement pas laisser ce pseudo-psychiatre s'en tirer comme ça.

Le Hippie sembla comprendre car il hocha la tête. Puis, après quelques secondes, il déclara d'un ton solennel :

— J'viens avec toi, gros.

Le criminel fut légèrement surpris par la réponse de son partenaire. Le camé était un pacifiste pur et dur, et malgré ce qu'il laissait sous-entendre, il voulait l'accompagner ?

Étrange.

Étrange, mais compréhensible.

Doucement, le Patron acquiesça, et s'engagea dans la direction opposée en faisant le moins de bruit possible, accompagné du Hippie et de Capsule de Bière derrière lui.


Maître Panda et Mathieu étaient loin devant, et s'étaient retrouvés dans le hall d'accueil – fermé à cette heure-ci – grâce à la mémoire du youtuber dont le chemin lui revenait par flashs. Il n'y avait personne, et dès que le moindre bruit de pas sur le carrelage se faisait entendre, ils se précipitaient derrière les grandes plantes vertes à côté des doubles portes de l'entrée.

Au moment où ils allaient pousser la porte d'entrée, plusieurs bruits précipités retentirent dans le grand espace. Rapidement, la personnalité et son Créateur se jetèrent derrière les plantes vertes en s'accroupissant afin de pouvoir observer la scène.

— Alors ?! aboya une voix masculine.

— Je vous dis, la porte d'une des cellules au deuxième étage a été ouverte ! Le patient Mathieu Sommet s'est échappé !

— Retrouvez-moi-le ! Il n'a pas pu sortir de l'établissement, avertissez tous les infirmiers de nuit pour qu'ils redoublent les patrouilles. Et faites ça en silence, il ne faut pas l'inquiéter, comme ça on l'attrapera plus facilement.

— Bien compris !

Mathieu vit un homme massif grogner dans sa barbe et faire les cent pas dans la pièce, tandis qu'un jeune homme, plus frêle – qu'il identifia comme étant un infirmier à cause de sa blouse blanche – se précipita dans les couloirs de l'asile afin d'avertir ses collègues.

Le youtuber échangea un regard paniqué avec sa personnalité en kigurumi. Si les autres se faisaient avoir…

Maître Panda sembla lire dans ses pensées, car il chuchota d'une voix nerveuse :

— Il faut trouver un moyen de prévenir les autres.

Soudainement, son regard s'attarda sur un point invisible derrière Mathieu. Ce dernier se retourna pour apercevoir ce qui accaparait l'attention du Panda, et il haussa les sourcils quand il vit une alarme incendie à quelques pas de là, juste à côté de la sortie.

— T'es malade… On n'y arrivera jamais avec l'autre dans la pièce ! s'exclama-t-il à voix basse en le regardant.

— Si on fait rien, les autres vont se faire attraper, répliqua son acolyte en secouant la tête.

Mathieu reconcentra son attention sur l'alarme, puis sur le gorille qui gardait la pièce. Il expira longuement pour se donner du courage, avant de se lever précipitamment lorsqu'il vit l'autre avec le dos tourné. Il replia ses doigts et tapa du plus fort qu'il put sur la petite vitre qui se brisa avec fracas, avant d'enfoncer le bouton rouge avec son poing.

Le bruit de verre brisé fit immédiatement se retourner l'homme massif qui vit Mathieu revenir précipitamment vers sa cachette. Il allait s'élancer pour l'attraper, quand un bruit strident et insupportable lui parvint aux oreilles.

L'alarme retentit avec puissance, faisant retentir ses hurlements à travers tout le bâtiment.

Mathieu se boucha les oreilles, et fut bien vite imité par Maître Panda. Ce dernier cependant l'entraîna hors des plantes vertes pour s'échapper dans les couloirs lorsque le gardien se jeta vers son Créateur pour l'attraper.

Ils furent vite obligés d'abandonner leur geste pour soulager leurs oreilles, car l'autre les poursuivit en criant un retentissant "ARRÊTEZ-LES !".

La personnalité et son Créateur échangèrent un regard paniqué, avant de redoubler de vitesse à travers les couloirs qui s'allumèrent brusquement sous leur pas, afin d'échapper à leur poursuivant.


Le Geek observa la Fille s'avancer furtivement contre le mur avec attention, afin de répéter les mêmes gestes.

Ils se trouvaient au beau milieu du premier étage sans idées de la sortie.

Bien évidemment, il y avait quelques panneaux disposés çà et là qui leur indiquaient le chemin à suivre, mais se repérer dans le noir n'était jamais chose facile.

Le gamer s'inquiétait à propos de leur évasion. Il se posait mille et une questions depuis qu'il était sorti de la tête de Mathieu. Et le fait qu'ils devaient se séparer en petits groupes afin de rester discrets accentuait son malaise.

Il allait demander à sa partenaire où devaient-ils aller devant la fourche devant eux, quand cette dernière se plaqua subitement au mur dans la discrétion la plus totale. Inquiet, le gamin l'imita, pour voir deux ombres dans le couloir de droite passer vers celui de gauche.

La peur pulsa dans ses veines et il crut pendant un instant se faire repérer. Son souffle lui paraissait aussi bruyant qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, et son cœur s'emballa si vite qu'il pouvait l'entendre tambouriner à travers son thorax.

Mais, heureusement, les silhouettes des infirmiers ne les virent pas. La Fille jeta un regard à son partenaire pour vérifier que tout allait bien, et après un hochement de tête de ce dernier, elle continua son chemin dans le couloir d'où venaient les deux médecins.

Le Geek la suivit, silencieux, mais poussa un cri lorsque, brusquement, une alarme retentit dans tout le bâtiment, provoquant un sursaut de la féministe tout aussi surprise que le gamer.

Ils échangèrent un regard paniqué face aux lumières qui venait de s'allumer dans tout l'étage, comme pris au piège. Les deux personnalités étaient figées sur place, lorsque soudainement, les deux infirmiers qui étaient passés quelques secondes plus tôt firent leur apparition derrière eux.

— Hé, vous ! Qu'est-ce que vous faites ici ?! lança l'un d'entre eux, essayant de couvrir la sirène tout en les pointant du doigt d'un air menaçant.

En entendant cela, le Geek jeta un regard à la Fille afin de savoir ce qu'il fallait faire. Celle-ci reprit rapidement ses esprits en voyant la figure apeurée du gamer, et lui empoigna rapidement le bras :

— Suis-moi et court !

Le gamin au tee-shirt rouge ne se fit pas prier en voyant les médecins se jeter sur eux à l'annonce de cette phrase. Il se mit à courir sur le carrelage immaculé, l'adrénaline pulsant dans ses veines au même rythme que son cœur tambourinant dans sa cage thoracique.

Il entendit vaguement des insultes et des ordres qui leur étaient adressés derrière lui, mais se focalisa sur sa course en suivant le chemin de la Fille qui se précipitait du plus vite qu'elle pouvait sans lui lâcher le bras, de peur de le perdre.

Le gamer dérapa brusquement lorsqu'il sentit la féministe tourner à gauche dans un couloir, mais cette dernière l'agrippa fort au bras afin qu'il puisse se stabiliser. Puis, dans un élan de vitesse, il redoubla d'efforts pour semer leurs poursuivants.


Le Moine sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il échangea un regard paniqué avec le Prof en entendant la sirène retentir dans le couloir où ils se trouvaient tandis que les lumières s'allumaient pour laisser apparaître des infirmiers qui les interpellèrent en les voyants :

— Qui êtes-vous ? Vous n'avez pas le droit d'être ici, c'est un établissement médical, s'exclama l'un d'entre eux en s'avançant.

Face à son regard menaçant, les deux personnalités se regardèrent d'un air désemparé. Leur attention se reporta vers les cinq autres hommes en blouse blanche qui leur faisaient face, ainsi que l'escalier menant au premier étage après eux.

Le Prof grimaça. Ils n'étaient pas même pas arrivés au premier étage et déjà, les ennuis arrivaient à grand pas. Son acolyte jeta un regard désespéré vers lui.

Devaient-ils continuer leur route ? Sans cela, ils ne pourraient pas atteindre le pick-up où ils s'étaient donné rendez-vous. Mais d'un autre côté, la horde de médecins en blouse blanche n'avait pas l'air très amicale.

Puis, en voyant que les infirmiers s'avancer dangereusement vers eux, ils décidèrent d'opter pour la meilleure option : rebrousser chemin.

D'un commun accord, ils s'enfuirent courageusement en courant, laissant le personnel de l'asile dans leur dos, pour se précipiter vers une autre sortie.


Le Patron grimaça en entendant l'alarme incendie retentir dans les couloirs du troisième étage. Il jeta un regard au Hippie qui se contenta de regarder autour de lui d'un air hagard. Capsule de Bière s'ébroua nerveusement.

Mais le criminel ne s'arrêta pas. Au contraire. Alors que les lumières s'allumaient, il continua de marcher vers la porte droit devant lui, faisant fi du bruit strident qui lui perçait les tympans.

Sur la cloison, une plaque aux reflets dorés était fixée, et l'on pouvait lire dessus en lettres noires :

Docteur Frédéric,

Spécialiste des maladies psychologiques et sociologiques

L'homme en noir fit dériver son regard vers le boîtier électronique à gauche de la porte, dont le voyant vert clignotait. Il plongea alors la main dans sa poche, pour en sortir le badge qu'il avait pris des mains de Mathieu, et effleura du bout des doigts la bande magnétique.

Il jeta un regard en coin au chien derrière lui, et laissa un rictus apparaître :

— Pas si con que ça, en effet.

Puis, d'un geste sec, il fit coulisser le badge dans le boîtier électronique. Le voyant vert cessa de clignoter un instant tandis qu'un "Bip" sortit de l'appareil. Enfin, un déclic se fit entendre, et la porte devant lui s'ouvrit.

Le Patron replaça la carte plastifiée dans sa poche, avant d'avancer d'un air sûr de lui dans le bureau.

— On t'attend ici, gros, fit la voix du camé derrière lui.

Il y eut un silence avant que le pacifiste ne puisse s'empêcher de lui lancer :

— Fais pas trop de dégâts quand même.

Même si cette phrase parvint clairement aux oreilles de l'homme en noir, ce dernier n'en eu cure.

Comme s'ils n'avaient pas assez essuyé de dégâts.


Il referma la porte derrière lui, et vit sa cible dans une chaise roulante, devant un bureau en bois massif.

Son rictus s'évanouit à la vue de cet homme devant lui. Ce dernier leva la tête, alors qu'il s'apprêtait à prendre le téléphone posé sur son bureau, et aperçut le criminel devant lui. Il ouvrit la bouche, sous le choc, avant de balbutier d'un air stupéfait :

— Monsieur Sommet ?

Le Patron sentit une colère froide monter en lui. Il avança d'un pas vers le docteur.

— Non.

Un simple mot, pourtant prononcé avec un ton glacial, et qui sonnait comme un avertissement. Il vit l'autre crisper sa main sur le téléphone, et plisser les yeux derrière ses lunettes.

Il sourit intérieurement.

Sa cible avait peur.

L'homme en noir s'approcha encore.

— Monsieur Sommet, je peux savoir ce qu'il se passe ? demanda-t-il d'un ton qui trahissait sa nervosité.

Il ne répondit pas.

Un pas de plus.

Le docteur commençait à réellement angoisser, d'après les gouttes de sueurs sur son front.

Il n'était plus qu'à un mètre du bureau. Il vit l'autre approcher le combiné toujours dans sa main près de son oreille et rapprocher ses doigts de libre sur le cadran.

Le Patron s'humecta silencieusement les lèvres.

C'était un jeu de chasse. Le plus rapide l'emporterait.

Et il était le Prédateur.

— Monsieur Sommet, calmez-vous, s'il vous plaît. Nous allons discuter tranquillement et…

La cible finit sa phrase dans un couinement de terreur.

D'un geste, le criminel avait apposé sa main sur le téléphone pour le reposer sèchement sur le cadran.

Tandis que de l'autre…

Le coup partit plus vite que l'éclair. Son poing fusa dans la joue du médecin, qui tomba de sa chaise pour finir au sol, la main sur la marque rouge sur sa figure.

Il sentait, maintenant, la colère pulser en lui. Un besoin bestial d'assouvir sa vengeance. C'était une colère froide mais démesurée, bien plus destructrice que toutes les autres.

Il contourna lentement le bureau, sans se presser, et jeta un regard vers le bas. L'homme à ses pieds sembla vouloir se relever pour lui échapper, mais il n'en eu pas le temps. Il vit les lunettes de soleil noires, et en un instant, il était tenu par le col de sa chemise contre le mur.

Le Patron regarda un moment sa victime plaquée au mur. Son autre poing le démangeait, mais il retint sa pulsion en esquissant un rictus malsain.

Il allait s'amuser un peu.

— Regarde-moi bien, connard. Je veux que ce visage s'imprime à jamais dans ta tête d'enfoiré. Je suis tes pires cauchemars. Je suis celui qui a tué et qui tuera encore.

L'homme en noir laissa un silence passer afin de savourer la mine terrifiée du médecin.

Ça le soulageait, certes, mais ce n'était qu'une infime partie de ce qu'il voulait rendre à cet enfoiré.

— Je suis pas le gamin. Je suis loin, très loin d'être comme le gamin. Je suis le plus dangereux. Tu as voulu nous enfermer dans sa tête ? Très bien. Saches que tu n'en ressortiras pas indemne. Tu as peut-être réussi à nous faire taire, mais maintenant qu'on est sorti, tu vas le regretter. Amèrement. Je t'aurais bien tué. Je t'aurais bien fait subir mille et une souffrances avant de t'achever. Mais je vais faire mieux que ça.

Il afficha un sourire de requin en voyant la lueur d'épouvante dans le regard de sa victime.

— Je vais te laisser en vie. Tu vas faire passer l'évasion du gamin pour une erreur professionnelle. De ta part, bien sûr. Tu détruiras tous les dossiers médicaux le mentionnant, et nous mentionnant. Tu lui redonneras cet appartement et on continuera sa putain d'émission sur le Net, parce que c'est ce qui le rend heureux. Mais ne crois pas que te laisser ta misérable existence est un cadeau. Oh que non. Je ferai de ta vie un enfer. Je te suivrai à la trace. Je te traquerai comme un animal. Tu seras ma proie. Si la moindre idée d'avertir tes collègues te passe par l'esprit, je n'hésiterai pas. Bien compris ?

Le criminel approcha son visage de l'homme au bord de l'évanouissement en face de lui, qui lui répondit par un hochement de tête et un couinement terrifié.

L'homme en noir était au summum de sa colère, et pourtant retenait sa main d'aller chercher son arme dans la poche de sa veste.

Il devait tirer profit de la situation, et même s'il rêvait d'éclater la tête de ce connard en face de lui, un homme mort ne lui servirait à rien. Et à bien y réfléchir, faire vivre ce bâtard dans la peur la plus horrible et oppressante lui plaisait infiniment, et était la plus délectable des vengeances.

Il ne lui restait qu'une phrase à prononcer. Une phrase pour que le médecin en face de lui soit réduit au silence.

Une phrase qu'il cracha du ton le plus glacial qu'il n'avait jamais utilisé :

— Je suis le Patron. Et sache qu'on ne me provoque jamais impunément.


Ne me tuez pas tout de suite, pitié !

Je vous dois des explications. En effet, contrairement aux autres scènes "épiques", de la fic, j'ai eu beaucoup de mal à écrire le passage sur la confrontation entre le Patron et le psychiatre. Je ne sais pas pourquoi, je m'y suis pourtant reprise à trois fois, mais à chaque je trouvais que ça ne rendais pas terrible. Alors, du plus profond de mon pitit coeur d'écrivaine, je vous demande pardon ._.

Je sais que vous vous attendiez à quelque chose d'épique concernant ce passage, et m'excuse si vous avez été déçus. Je vous promets de me rattraper au prochain (et dernier) chapitre ! : )

Au programme : de la course-poursuite, une évasion, des coups bien placés, et... et... du... euh... courage ? (Pas douée pour les mises en bouche)

Sur ce, reviews ?