Bonjour les amis !

Et oui, voici la troisième et dernière partie de la fin SLG... Déjà ! Le temps passe vite ! ^^

Contrairement à ce que je prévoyais de faire, ce ne sera pas le dernier chapitre de cette histoire : il y aura un épilogue, je vous le confirme ! :D

Merci beaucoup pour toutes vos reviews ! Mon dieu, on a dépassé les 100 reviews ! O.o C'est énorme, et je vous remercierais jamais assez pour ça ! Je vous aime les gens !

En parlant de reviews, merci aux anonymes une fois de plus (luna-la-lune : merci de ta ponctualité :D), et si vous ne vous appelez pas Camboune, alors vous pouvez sauter le monstrueux pavé en dessous (sauf si vous êtes un curieux) !

Camboune : Merci, je suis énormément touchée. J'ai jamais reçu de review aussi longue de toute ma vie :') En effet, lorsqu'on s'appelle le Patron, et qu'on s'est barré de plusieurs prisons tout au long de sa vie, on a quelques techniques xD Je vois que le passage Patron/Docteur t'a plu (que dis-je... emballé, non ? xD), et j'en suis tout aussi heureuse que tu l'es ! Ta déesse ? Mais... Je réagis comment à autant de compliments, moi ?! *pars se rouler en boule sous ses couvertures* Ta review, trop longue ? Mais au contraire, ça me prouve que tu as aimé, et ça m'a fait super plaisir ! :D Je n'ai "perdu" aucune minutes de ma vie en te lisant ! :p (Oh, et le coup de courir dans ton jardin (nue ou pas) : pense à le faire dans un endroit, très, très, très isolé xD) Pour le dernier chapitre... Disons que j'ai quelques idées d'OS en tête, donc je ne pense pas que cela sera ma dernière histoire sur le site ^^ En tout cas : un ÉNORME MERCI DU FOND DU COEUR pour ta review qui a illuminé ma journée !

Donc... Je ne vous embête pas plus longtemps, hein, et enjoy ! ~

Disclaimer : Les personnalités multiples (ainsi que Capsule de Bière) citées ici appartiennent à Mathieu Sommet, tout comme ce dernier s'appartient en bonne et dû forme !


Chapitre 11 | Le saut de l'ange

Mathieu accéléra en sentant le gardien le poursuivre en grognant, l'alarme incendie lui perçant toujours les oreilles. Maître Panda courait à quelques pas devant lui, lorsqu'il tourna à droite en dérapant brusquement. Son Créateur le suivit en glissant quelque peu, mais ce virage brusque ralentit de quelques secondes leur poursuivant qui n'avait pas prévu leur tournant.

Ces quelques secondes furent précieuses au duo qui tourna à nouveau dans un autre corridor. Mathieu baissa la tête pour avancer plus vite, lorsqu'il sentit qu'il percutait quelqu'un.

Il releva la tête à temps pour voir le Geek se masser le front, d'où un bleu venait de se former. Il écarquilla les yeux et s'apprêta à lui demander ce qu'il faisait là, lorsque Maître Panda l'interrompit :

— Par-là ! dit-il en saisissant le petit par l'épaule pour lui faire continuer leur course.

Mais au même moment, la Fille se manifesta au bout du couloir, et les stoppa :

— Non ! Pas par ici !

Le youtuber comprit bien vite pourquoi en voyant les deux infirmiers qui surgirent derrière elle. Sa personnalité féminine s'élança alors brusquement vers eux, au milieu du corridor, afin d'échapper aux deux médecins.

Mais le grand homme arriva lui aussi de l'autre côté, les piégeant au milieu de la galerie immaculé. Désespéré, Mathieu échangea un regard avec Maître Panda qui le lui rendit.

Ils se mirent tous autour du Geek afin de protéger le benjamin des trois hommes, la Fille faisant face aux deux hommes en blouse blanches tandis que la personnalité en kigurumi se tenait devant le gardien massif avec son Créateur.

Puis, sans crier gare, la féministe de l'émission ramassa sa chaussure droite, et la balança sans ménagement dans la figure d'un des deux infirmiers qui s'avançaient vers elle. Assommé, l'homme s'écroula au sol, sous le regard incrédule de son coéquipier. Continuant sur sa lancée, la blonde se jeta sur l'autre en poussant un cri très féminin ("Girl Power") et lui lança son poing droit au visage. Sonné, il tomba comme une poupée de chiffon, allant rejoindre son collègue au sol.

Tous portèrent leur attention sur le combat de la Fille, y compris le gardien ; Maître Panda, saisissant l'occasion, s'élança vers l'homme barbu en lui plaçant un coup de pied bien placé. Soufflé, il s'effondra par terre en se tenant l'entrejambe tout en poussant des gémissements de douleur.

Le Geek fit la grimace et compatit envers l'homme, mais fut rapidement entraîné par le chanteur qui lui prit le bras en courant vers le passage que bloquait ce dernier. Mathieu enjamba l'autre précipitamment, rapidement imité par ses personnalités, pour se ruer vers le hall, là où la sortie les attendait.


Le Prof haleta en redoublant de vitesse, essayant tant bien que mal de suivre le rythme de son coéquipier dont la peur semblait avoir donné des ailes. Il entendit derrière lui les vociférations des infirmiers qui les poursuivaient, une quinzaine d'après ce qu'il avait compris.

Ce qui était déjà beaucoup.

Après avoir pris la fuite face aux cinq médecins au deuxième étage, ils avaient été forcés de se rendre au troisième palier, le tout en montant des escaliers qui semblaient interminables, le fatiguant encore un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà. Et à l'arrivée, ils avaient constaté avec horreur que le nombre de leurs poursuivants avait triplé.

L'homme de foi devant lui tourna brusquement à droite, et le scientifique le suivit en maugréant. Cet asile était un vrai labyrinthe. Il entendit au loin un aboiement.

… Une minute, un aboiement ?

Les animaux n'étaient pas autorisés dans les établissements médicaux, et le seul qui était présent ici, c'était Capsule de Bière. Et sachant que Capsule de Bière ne quittait son maître que si celui-ci le lui ordonnait…

Il fronça les sourcils. Que faisait le Hippie au troisième étage ?! Il était clean, pourtant, il ne pouvait pas s'être perdu là à cause de la drogue. De plus, il était en binôme avec le Patron…

Le savant grimaça. Qu'est-ce que le criminel avait fait ?! Ils étaient censés se retrouver devant le pick-up, nom de Dieu !

Apparemment, le Moine avait eu les mêmes pensées que lui, car il se dirigea vers la source de l'aboiement. Le Prof suivit son partenaire en redoublant de vitesse malgré sa blouse qui le gênait pour courir. Il entendit faiblement les vociférations de leurs poursuivants diminuer de volume.

Ils les avaient semés.

Au détour d'un coude, ils aperçurent le Hippie et son ami animal devant une porte, comme s'ils la gardaient. Aussitôt, ils foncèrent vers le camé, et Capsule aboya de nouveau en les apercevant.

L'homme en blouse blanche fronça de nouveau les sourcils et remarquant le Patron sortir de derrière la dite-porte et la refermer avec rictus.

Quand le duo les atteignit enfin, le Moine se contenta d'exprimer les interrogations de son coéquipier à voix haute :

— Mais qu'est-ce que vous faites ici ?! On était censés se retrouver en bas !

— C'est pas tes affaires, rétorqua le criminel d'un ton plus grave que l'ordinaire.

Le Prof regarda l'homme en noir d'un air suspect, lorsqu'il repéra la plaque dorée fixé sur la porte que le débauché sexuel avait refermée derrière lui.

Et en lisant les lettres noires sur celle-ci, il comprit.

— Qu'est-ce que tu as fait ?! s'écria-t-il en se tournant vers le Patron d'un air catastrophé.

Ce dernier prit une mine dure et s'exprima d'un ton glacial :

— Tu croyais tout de même pas que j'allais me laisser faire comme ça, sans rien dire ?!

Le Moine sembla comprendre à son tour, car il pivota vers son acolyte lui aussi :

— Tu l'as tué ?! s'exclama-t-il, aussi alarmé que son partenaire. Ne me dis pas que tu l'as tué !

Le criminel grogna et tourna la tête vers les deux hommes qui venaient de les rejoindre :

— Non, je l'ai pas tué, et pourtant croyez-moi, j'avais envie de faire bien pire.

— Tu mens, répliqua le scientifique en plongeant son regard dans celui-ci de son alter-ego. Ne me dis pas que tu n'as rien fait.

— J'ai jamais dit ça, quat' yeux, rétorqua l'homme en noir. Disons que je lui ai fait promettre de la boucler une bonne fois pour toute concernant ce qu'il s'était passé. Avec au passage un petit bonjour de la part de mon poing.

Le savant plissa les yeux et croisa les bras. Pour toute justification, le Patron enleva son éternel sourire en coin pour affirmer d'une voix glaciale et rocailleuse :

— Me fais pas la morale. J'aurai pu faire bien pire, et je sais que de toute façon n'importe lequel d'entre nous aurait fait pareil. Ose me dire dans les yeux que tu reproches rien à cet enfoiré.

Le Prof garda le silence, ce qui sembla confirmer la supposition du criminel qui lança :

— Bon, et maint- Putain !

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, et il porta brusquement une main à son torse en grimaçant. Le Hippie, qui n'avait rien dit depuis qu'ils étaient arrivés, l'aida à se tenir debout en lui passant un bras sous les épaules.

— Hey, gros, ça va ? demanda-t-il d'un air préoccupé.

Seul un grognement de douleur lui répondit, tandis que le Patron serrait sa cage thoracique d'un air de souffrir le martyre. Le Moine s'approcha pour aider le Hippie, et le Prof réalisa, paniqué :

— Tes fractures !

Il s'approcha du criminel, sûrement pour l'ausculter, mais celui-ci se dégagea précipitamment du soutien du fanatique et du camé au prix d'un effort surhumain d'après un nouveau grognement.

— C'est bon, ça va, gronda-t-il d'un air qui signifiait le contraire.

Sa respiration devint sifflante, et au même moment, des bruits de pas précipités se firent entendre. Ils se retournèrent pour apercevoir des hommes en blouse blanches leur foncer dessus. Sans même qu'ils n'aient eu le temps de se concerter, ils se jetèrent tous ensemble vers le couloir à leur droite pour échapper à leurs poursuivants qui les avaient vus.

Le Patron serrait sa chemise et le moindre mouvement lui faisait mal d'après ses grognements. Malgré ses protestations, le Hippie l'aida à se tenir debout, et Capsule de Bière assura leurs arrières.

Ils suivirent le seul chemin qui s'offrait à eux en paniquant. Puis, après un coude, le Moine, qui menait la course, s'arrêta brusquement, horrifié.

Et tous les autres comprirent pourquoi lorsqu'ils virent devant eux une grande baie vitrée, donnant sur le parking de l'asile, sans autres couloirs à côté.

Le scientifique s'arrêta lui aussi à côté de son acolyte, et regarda autour de lui afin de chercher une quelconque issue.

Mais partout où il posait les yeux, il n'y avait rien. Derrière lui, il entendit le Patron lâcher un "Merde…" de dépit, avant de grogner de souffrance.

Et avant qu'ils n'aient pu faire un geste pour rebrousser chemin, les infirmiers arrivèrent en face d'eux, les privant d'issues.

Tous se rabattirent contre la baie vitrée, et le Patron haleta légèrement sous la douleur. Capsule de Bière se mit devant eux et commença à gronder devant les médecins qui s'avançaient dangereusement vers la petite bande.

Le Prof jeta malgré lui un œil au-dehors, et vit le pick-up noir juste en dessous d'eux, celui-là même où ils étaient censés se rejoindre, qui semblait leur tendre les bras.

À environ 10 mètres de hauteur.

Le scientifique grimaça. L'ironie du sort leur en voulait vraiment en ce moment.

À côté de lui, le Moine lui fit un coup de coude. Intrigué, il le regarda, et son acolyte lui pointa discrètement de sa main collée à la vitre quatre personnages courir vers le dit-pick-up. L'homme de science distingua Mathieu, soutenu par Maître Panda, ainsi que la Fille tenant le Geek par le bras.

Si la vue de ses collègues et de son Créateur le rassura, il reporta cependant bien vite son attention sur la horde d'infirmiers qui voulait les attraper.

Le Hippie, qui soutenait le Patron, regarda lui aussi un instant la baie vitrée, avant de tourner la tête vers lui. Puis, il esquissa un léger sourire, et haussa les épaules, avant de lui lancer d'un ton résigné :

— On n'a pas le choix, gros.

Il y eut un silence avant qu'il ne comprenne ce que cela signifiait. Puis, il écarquilla les yeux et replaça ses lunettes en saisissant où le drogué de l'équipe voulait en venir :

— Hors de questions ! Ça pourrait lui être fatal !

Il désigna du menton le criminel accroché à l'épaule du camé, mais celui-ci sembla saisir ce que ses compagnons voulaient faire. L'homme en noir releva la tête, et esquissa un rictus :

— Comme je l'ai dit toute à l'heure au gamin, je suis pas en sucre. J'ai vu pire.

Le Prof regarda un instant son collègue, dubitatif, avant de reporter son attention sur les médecins qui se tenaient à quelques mètres d'eux, seulement repoussés par Capsule de Bière qui montrait les crocs. Puis, d'un geste soudain, le Moine alla aider le Patron en passant un bras sous son épaule, que le criminel tenta de repousser avant d'abandonner sous la douleur.

Le pacifiste au chapeau beige raffermit sa prise, avant de se tourner vers lui d'un air sérieux qui ne lui seyait pas :

— Prends Capsule, gros.

Et, d'un même geste, sans qu'il n'ait eu le temps de peser le pour et le contre de cette opération quasi-suicidaire, il vit le Moine et le Hippie tourner le dos aux infirmiers pour faire face à la baie vitrée, le Patron entre eux deux. Ce dernier ne put s'empêcher de lancer d'un air narquois :

— Geronimo, hein ?

Il y eut un bruit de verre brisé, et, horrifié, le scientifique vit les trois hommes sauter.

Cependant, il reprit rapidement ses esprits en entendant un aboiement, et en tournant la tête, il vit Capsule lui bondir dans les bras au moment où les infirmiers tentaient de l'attraper.

Sous l'adrénaline, et il s'accroupit pour réceptionner le berger belge, et pivota pour se jeter dans le vide à son tour.


Mathieu leva rapidement la tête au moment où sa main se portait sur la poignée de la portière du pick-up. Il lui semblait avoir entendu un bruit de verre brisé juste au-dessus de lui.

Son sang se glaça dans ses veines et son cœur rata un battement en voyant trois silhouettes chuter à une vitesse vertigineuse de la grande baie vitrée du troisième étage, rapidement suivi d'une quatrième personne dont la blouse blanche agitée par le vent ne laissait aucun doute sur son identité.

Il se figea sur place, son regard suivant la descente de ses quatre personnalités, sa tête s'inclinant au fur et à mesure que celles-ci se rapprochaient.

Il regarda, impuissant, les trois premières s'effondrer par terre lorsqu'elles touchèrent le sol. Il vit la Fille se précipiter vers eux pour vérifier qu'ils allaient bien, avant que la quatrième personne ne touche elle aussi durement l'herbe de l'allée pour s'écrouler en suite.

Le cri de peur du Geek le fit sortir de sa transe. Il se dépêcha d'aller voir ses quatre personnalités à terre. La Fille était déjà sur place et s'était déjà enquit de l'état de santé des trois autres, et d'après sa mine inquiète, quelque chose n'allait pas.

Mathieu se jeta presque à terre. Il secoua le bras du Hippie, le seul à ne pas bouger, contrairement aux deux autres à côté de lui. Mais le pacifiste posa finalement une main sur la sienne :

— Ça va, gros, j'vais bien. Va plutôt voir le boss, c'est lui qui est le plus amoché.

Le youtuber soupira de soulagement en entendant le camé parler, et le laissa au soin de Maître Panda qui l'aida doucement à se relever, pour s'enquérir de l'état du Patron. La Fille se trouvait justement à côté de lui, et lança en voyant son regard inquiet :

— Il est en très mauvais état.

Immédiatement, Mathieu prit le pouls de sa personnalité criminelle avec angoisse. Son cœur tambourina un peu moins fort dans sa poitrine lorsqu'il vit l'homme en noir esquisser une grimace puis tenter de se relever.

Mais aussitôt, il retomba lourdement à terre en poussant un grognement de douleur. La Fille le réprimanda :

— Reste au sol, dégénéré.

— Me donne pas d'ordres, grognasse, réussit à lui répondre l'autre.

Sa respiration était sifflante. Mathieu vit à sa gauche le Moine se relever, en meilleur état, et grommeler en se massant la jambe droite.

Le petit châtain jeta un coup d'œil vers le haut, pour voir que des infirmiers s'étaient massés à la vitre d'où était sauté les quatre personnalités et les regardaient d'en bas.

Comprenant le risque, il échangea un regard alarmé avec la blonde en face de lui. D'un commun accord, ils saisirent le Patron chacun d'un côté, et le soulevèrent d'un même mouvement.

Ils l'amenèrent jusqu'au pick-up tant bien que mal, pour le déposer à l'arrière de celui-ci le plus délicatement possible. Le criminel protesta, mais dans son état, il ne pouvait pas faire grand-chose sinon pester. Peu après, le Moine grimpa avec difficulté à côté de ce dernier, bien vite rejoint par le Hippie, appuyé sur Maître Panda.

Mathieu reporta son attention sur la quatrième personne à être tombée, et vit le Prof soutenu par le Geek marcher à petit pas en grimaçant vers le pick-up. A leurs côtés, Capsule de Bière les suivait, avant de monter en même temps que le scientifique et le gamer à l'arrière du véhicule.

Il entendit une vitre se briser derrière lui, et en tournant la tête, il vit la Fille entrain de fracasser la vitre du siège passager pour débloquer la sécurité des deux portières. Aussitôt, elle s'assit sur le siège conducteur, et le chanteur d'SLG prit place à côté d'elle. Comprenant ce qu'ils allaient faire, il grimpa à l'arrière, en compagnie de ses personnalités.

— Grouille-toi ! lança la voix de Maître Panda depuis l'avant de la voiture.

— T'es bien mignon mais je sais pas comment on démarre une voiture sans clef, moi ! rétorqua la voix criarde de la Fille.

— Démontez le boîtier sous le volant, et connectez les fils rouge et jaune ! intervint le Prof, encore un peu secoué par sa chute.

Il y eut un silence qui prouva que les deux personnalités s'affairaient à faire ce qu'avait dit le scientifique, et après un moment, le pick-up démarra dans un bruit caractéristique.

Mathieu allait soupirer de soulagement, mais en voyant les hommes en blouse blanches sortir de l'asile en courant, il cria à sa personnalité féminine :

— Démarre ! Ils arrivent !

— D'accord !

Puis, brusquement, les pneus crissèrent sur le goudron, et la voiture démarra sur les chapeaux de roues dans une secousse.

Mathieu s'accrocha au bord du pick-up afin de rester stable, et ses personnalités firent de même. Le Patron porta une main à son torse en marmonnant une injure sous le coup de la douleur.

En jetant un regard en arrière, le youtuber vit la masse d'homme en blouse blanche rétrécir petit à petit. Mais quand il reporta son attention sur leur route, il esquissa une grimace.

La Fille passa en trombe l'arche symbolisant l'entrée de l'asile, avant de tourner précipitamment à gauche, faisant glisser tous ceux à l'arrière du véhicule. Mathieu entendit un bruit de course, et constata que l'un des vigiles qui gardaient l'entrée du bâtiment avait réussi à agripper la main à l'arrière du pick-up.

Personne ne put l'empêcher de se hisser d'un air bancal sur le rebord ; les quatre personnalités tombées du troisième étage ne pouvant pas bouger leurs jambes sous le choc. Quant à Mathieu, il serait arrivé trop tard.

Contre toute attente, ce fut le Geek qui s'approcha de l'homme encore en équilibre sur le bord du pick-up, et qui lui donna un coup de poing dans le ventre. Soufflé, l'homme se plia en deux pour finalement lâcher prise et tomber sur le bitume.

Mathieu – comme toutes ses personnalités assises sur la remorque soudée à la voiture – observa le gamer en écarquillant les yeux. Ce dernier se contenta de lui renvoyer un regard déterminé avant de se rasseoir entre lui et le Prof.

Le youtuber regarda la route qui défilait derrière eux, et sentit un poids s'ôter de sa conscience en voyant l'asile disparaître progressivement de sa vue. Il jeta un coup d'œil circulaire autour de lui.

Il s'était assis du côté gauche du pick-up. À sa droite, il y avait le Geek suivit par le Prof. En face de lui, il pouvait voir le Patron affalé dans l'angle avant droit du véhicule, entrain de respirer rapidement sous la douleur. Sur la gauche du criminel, le Moine se massait les jambes, afin de faire repartir sa circulation sanguine pour ne pas se lever avec trop de difficultés. Et enfin, à l'arrière de la voiture se trouvait le Hippie avec Capsule de Bière couché à côté de lui.

Il entendit faiblement la Fille à travers la vitre qui séparait le conducteur de l'arrière du pick-up maugréer à propos de sa chaussure perdue. À côté d'elle, Maître Panda jetait régulièrement des coups d'œil derrière lui pour vérifier que tout le monde allait bien.

Mathieu tourna la tête vers le Patron qui serrait sa chemise avec une respiration sifflante.

Le criminel semblait avoir perdu du sang à la tête d'après les teintes sombres sur ses cheveux, pourtant, personne ne semblait l'avoir relevé dans la petite troupe. Le Créateur fronça les sourcils en repensant au dialogue qui avait eu lieu dans sa tête un peu avant l'apparition de toutes ses personnalités.

« Mathieu…

C'est le moment ou jamais.

Capsule a réussi…

Si tu échoues, tu vas revenir encore plus en mauvais état.

Sois prudent.

On arrive, Mathieu. Crois en nous…

Cette fois-ci, j'vais pas me planter. »

Que voulaient-ils dire par « Tu vas revenir en plus en mauvais état » ? Et le « Cette fois-ci, j'vais pas me planter » ?

Il n'avait aucun souvenir de ce qu'il s'était passé dans sa tête. D'habitude, lorsque l'un d'entre eux rentrait, il avait une connexion permanente avec son "passager" (ce qui lui provoquait parfois quelques maux de têtes) et entendait tout ce que celui-ci lui disait. Mais là…

Il regarda le criminel en pinçant les lèvres. Que lui était-il arrivé ? De toutes ses personnalités, c'était la plus forte, et il aurait dû sortir de sa chute avec toutes les facilités du monde – et même une remarque salace s'il était particulièrement en forme – mais il avait dû être soutenu par deux de ses collègues pour s'en sortir.

Et si les blessures du débauché sexuel l'inquiétaient grandement, une autre chose l'intriguait. Pourquoi lui et le Hippie s'étaient rendus au troisième étage ? Le camé était clean, et le Patron était loin d'être stupide. Alors pour quelle raison avait-il désobéi ?

Il se souvint de son assurance au moment où ils s'étaient séparés. Le petit rictus malsain qu'il avait arboré au moment où il avait proclamé qu'il passerait en dernier.

Alors qu'il était plongé dans ses interrogations, il entendit le sujet de ses pensées lui parler d'une voix rauque de douleur :

— J'peux savoir pourquoi tu fais cette tête gamin ? La dernière fois qu'on m'a regardé comme ça, j'ai baisé.

Il releva la tête en entendant le criminel lui parler, et plongea son regard dans les deux verres teintés de noir qui l'observaient.

Autant jouer franc-jeu.

— Je me demande ce que tu faisais en haut. On avait dit qu'on se retrouverait en bas, et pourtant t'es monté. Et je sais même pas comment tu t'es fait ça, rajouta-t-il en désignant du menton sa main posé sur son ventre.

Il remarqua que le Moine avait arrêté son message et s'était renfrogné sous sa capuche, et il distingua du coin de l'œil le malaise du Prof qui trouvait subitement ses mains trop intéressantes pour être honnête.

Même le Hippie, qui pourtant n'avait rien dit, s'était arrêté de caresser son chien, montrant que la conversation l'intéressait.

Il y eut un silence seulement troublé par le ronronnement du moteur et les roulements des pneus sur la route. Le Patron perdit son rictus narquois pour montrer un air sérieux :

— Tu veux vraiment parler de ça maintenant gamin ?

— Je t'en prie, répondit-il d'un air légèrement ironique.

— Très bien, concéda l'homme en noir d'un ton grave. Je me suis fait démonter en essayant de sortir. Faut croire que les médocs qu'ils te filaient n'étaient pas si inoffensifs que ça, parce que t'as résisté. Ça m'a renvoyé en bas et je me suis cassé des côtes. Content ?

Son Créateur le regarda en fronçant les sourcils. Il semblait sincère.

— Et pour le troisième étage ? insista-t-il sans le quitter des yeux.

Il y eut un autre silence, et cette fois-ci le Patron sembla ennuyé par cette question. Mais, devant le regard suspicieux de son Créateur, il céda :

— Je t'ai permis de récupérer ton appart' sans qu'on te foute à la rue.

— Mais encore ?

Le malaise à l'arrière de la voiture se fit plus pesant. Le Geek observait tout le monde d'un air perdu, ne voyant pas où ils voulaient en venir. Puis :

— J'ai cassé la gueule à ce putain de psychiatre.

L'aveu lancé par le Patron glaça l'ambiance. Le Geek lança un "Hein ?" d'incompréhension, tandis que Mathieu ne le lâchait pas du regard, une expression neutre sur le visage. Toutes les personnalités attendirent la réaction de leur Créateur avec une angoisse non feinte.

— Des dégâts ? finit par demander celui-ci.

— Si on peut appeler un coup de poing et un discours intimidant comme ça, rétorqua l'autre en haussant les épaules.

Un ange passa.

— Et c'est tout ?

— Oui, répondit le criminel d'un air qui laissait voir qu'il aurait voulu en faire beaucoup plus.

— Vraiment rien d'autre ? s'étonna son Créateur.

— Puisque je te dis que oui ! s'agaça-t-il.

Il y eu un blanc qui dura quelques secondes. Enfin, Mathieu laissa un sourire naître sur ses lèvres :

— Tu deviens sentimental, mec.

Le malaise pesant qui s'était abattu sur l'arrière du pick-up s'évanouit aussi vite qu'il était venu, et tous se détendirent légèrement. Le Hippie recommença à caresser Capsule, le Moine continua à masser ses jambes endolories, et le Prof esquissa même un petit sourire. Le Patron reprit son rictus narquois :

— Tu peux parler. Qui est-ce qui m'a serré dans les bras en pleurant comme une pucelle énamourée dès que je me suis présenté ?

Le youtuber laissa échapper un rire franc. Un rire clair, qui sortait de sa gorge sans aucune difficulté, un rire qui exprimait son soulagement d'avoir enfin retrouvé sa famille.

Mathieu regarda un instant l'endroit où l'asile avait disparu de son champ de vision avec sérénité, avant de porter son regard sur le ciel à l'horizon.

Les premières lueurs de l'aube apparurent, apportant avec elles l'espoir d'un nouveau départ, tandis que le pick-up noir roulait vers la capitale.

Ils retournaient à la maison.


Voilà la petite fin toute douce et toute mignonne que je vous aie réservée pour ce chapitre ^^

J'ai eu beaucoup plus de facilité à écrire ce chapitre que le précédent, et je me suis éclaté avec les répliques (Si quelqu'un trouve la référence à Supernatural cachée dans ce chapitre, il devient mon nouveau dieu !) !

Le "Geronimo" prononcé par le Patron n'était pas un clin d'oeil à Doctor Who (malgré le fait que j'adore cette série), mais faisait référence au cri de guerre des parachutistes américains qui le prononçaient avant de sauter ^^ (Mais vous pouvez le prendre comme un clin d'oeil à DW si vous voulez en fait xD)

Je m'en vais de ce pas vous écrire l'épilogue de cette histoire, mais en attendant... Reviews ? :D