Merci, bien sûr, pour les reviews.
Incapable que je suis de faire les choses simplement et de raconter une histoire de façon brève, je me trouve bien embêtée aujourd'hui car la chapitre "le baiser" fait quand même plus de 15 pages... Donc je le séquence, et je foire totalement mon format de départ. Ca m'appendra. Ce chapitre-ci indique surtout le contexte, le retour de la vraie "Romance" c'est pour le prochain... Enjoy.
C'est le baiser le plus catastrophique de toute ma vie. Hors concours. Le seul que je foire autant. Et le pire, c'est que c'est le premier avec Eva.
V/\V/\V
Il faut que je me remémore. Comment j'en suis arrivé à ce point. Mon retour sur Atlantis, il y a deux jours. L'absence d'Eva, les heures que j'ai passées à penser à elle. Mon errance jusqu'à l'infirmerie, où sa collègue m'annonce qu'elle ne travaille plus ici.
- Co… Comment ça elle ne travaille plus ici ?!
- Elle a changé de service.
- Elle travaille de jour ?
- Non plus.
- Elle est rentrée ??!!
- Sur Terre ? Ah non.
- Ben alors… ? Non mais… s'il vous plaît, est-ce que vous pourriez me dire où elle est ?
L'imposante infirmière lève juste un sourcil. J'ai déjà vu ça quelque part.
- Vous voulez la voir ?
- OUI.
- Pour quoi faire ?
- Mais… Ca ne vous regarde pas !
- Si ça me regarde.
- Mais non !
- Mais si !
- Mais… non !
- Si ! Si c'est pour lui sauter dessus je veux pas.
- Quoi ? Mais c'est pas pour lui sauter dessus. Enfin !
- Vous êtes un homme, je ne peux pas connaître vos intentions !
- Est-ce que j'ai une tête à vouloir… juste profiter d'elle ?
- Vous n'avez pas une tête à grand-chose.
- Quoi ?
Bon sang, je viens de passer six semaines à penser au moment où je reverrais Eva, et à mon retour elle n'est pas là et on ne me dit pas pourquoi. C'est pas que ça m'agace, mais…
- Elle n'est pas sur la Cité.
- Elle… ? Vous m'aidez beaucoup, là… Et puis vous m'inquiétez, aussi…
En fait si je suis agacé.
- Elle est sur un autre monde, elle fait des missions à l'extérieur maint'nant.
- Elle fait des missions à l'extérieur ??
- Je viens de vous le dire.
- Mais pourquoi ?
- Pour s'occuper l'esprit. A cause de vous. C'est elle qui l'a dit.
- Elle a dit qu'elle devait s'occuper l'esprit à cause de moi ?
- Non, elle a dit qu'elle devait s'occuper l'esprit. A cause de vous c'est moi qui le dit.
- A cause de moi c'est vous qui… d'accord.
- Mais ses yeux à elle ils disent bien que c'est à cause de vous.
Un bon point pour moi, si elle pouvait lire dans les miens que je me suis morfondu un mois et demi sans elle à me répéter que j'aurais du lui dire avant de partir que je veux être avec elle.
En deux minutes, j'apprends qu'elle est en ce moment sur une autre planète avec Beckett, pour une campagne de vaccination, et qu'elle est partie il y a cinq jours et revient dans deux. L'équipe SG1 qui encadre est celle du capitaine Burns. Et ça tombe bien : le capitaine Burns, c'est mon remplaçant. Je vais de ce pas annoncer à Weir que je suis prêt à reprendre mon poste. Je ne veux pas attendre deux jours de plus.
Je remercie sa collègue maussade, et avant que je ne parte elle me lance un avertissement sur un ton qui n'a rien de la rigolade :
- Si je la vois une fois pleurer à cause de vous, je me débrouille pour que vous puissiez pas avoir d'enfants jusqu'à la fin de vot'vie.
- … Ca n'arrivera pas.
- Vous avez intérêt hein ! Mon fiancé à moi il veille aussi et on sait tout hein !
- … Vous lui direz que c'est un homme courageux.
\V/
Weir m'autorise de suite à rejoindre mon équipe, avec un grand sourire. J'adore Weir. Si un jour j'épouse Eva, je la remercierai dans mon discours de…Bref. Elle m'explique qu'il y a de cela deux semaines, mon équipe a rencontré un peuple évolué et conclu un marché avec lui : des denrées contre des vaccins. Donc on vaccine. Dans deux jours c'est fini mais elle m'encourage à y aller quand même. Prochain contact avec eux dans quatre heures, je traverserai à ce moment-là. Inutile de dire que je suis prêt en trente minutes.
La Porte s'ouvre : Weir vient aux nouvelles, et en profite pour annoncer ma venue. Le problème, c'est qu'aucun Terrien n'est au rendez-vous : on tombe sur des autochtones en uniforme.
- « Votre équipe va bien. Elle a beaucoup à faire et ne cesse de travailler ! Elle nous envoie vous dire que tout se déroule à merveille et qu'ils rentreront dans les délais. Nous avons ici un petit film qui vous montrera tout ce qu'ils ont accompli. Ils ont beaucoup de succès. »
Weir n'a pas l'air satisfaite.
- J'aurais aimé leur parler…
- « Ils ont beaucoup de travail, docteur, et comme l'hôpital est loin de la Porte ils préfèrent rester à vacciner. Mais ne vous inquiétez pas : ils vont bien et nous faisons attention à ce qu'ils ne se fatiguent pas trop. »
- Je peux leur parler par radio ?
- « … Aujourd'hui nous avons des problèmes d'électromagnétisme, docteur, qui font que nos radios ne peuvent fonctionner sur les longues distances. Nous en cherchons actuellement la cause, c'est sans doute météorologique. »
Weir soupire. Je n'aime pas trop ça.
- Soit. Dans ce cas je souhaiterai avancer le prochain contact à ce soir, 18h. J'aimerai cette fois pouvoir parler en direct avec un de mes hommes.
- « Vous n'avez pas confiance en nous ? »
- Si, mais je suis leur supérieur, ils se doivent d'être là aux rendez-vous que je fixe. Je profite de l'ouverture de la Porte pour vous envoyer le major Lorne, qui commande les militaires qui accompagnent nos médecins. Il vient juste de rentrer de mission, il doit à présent regagner son équipe.
- « Mais… heu… Ce n'était pas prévu. »
- C'est mon second chef militaire : il se doit d'être à sa place. Vous préviendrez vos dirigeants.
Le gars hésite, et après un bref échange avec un autre garde, il finit par nous dire qu'il m'attend. Je prends mon paquetage, mais au moment où je me dirige vers la Porte, Weir m'arrête :
- Major. Cela fait deux fois de suite que je ne vois pas les nôtres lors d'un contact prévu. La dernière fois il y a juste eu un bref contact radio, et maintenant ce n'est même plus possible. Je veux bien que Carson soit passionné par son travail, mais les militaires au moins auraient dû parvenir à se libérer. Je ne m'affole pas encore car j'ai tout de même pu échanger quelques mots avec eux hier, mais si ce soir je ne vois pas l'un d'entre vous en personne, je demanderai au Dédale d'aller vous chercher.
- Bien Madame.
- Prochain contact ce soir à dix-huit heures. Soyez là.
Et je traverse. La Porte de l'autre côté se trouve dans un complexe style SGC, mais en quatre fois plus petit. Deux gardes m'escortent jusqu'à la sortie du bâtiment pour me mener à l'hôpital où travaille mon équipe et celle d'Eva. Je dis « escorter » car on dirait plus de la surveillance que du guidage. Les types sont un peu sur les nerfs : ma visite n'était pas prévue et comme il y a ce problème électromagnétique mystérieux, ils n'ont aucun moyen d'avertir leurs chefs de ma présence. Je peux concevoir que ça les embête, mais l'ambiance est bizarre. Il me faut tout de même plusieurs minutes pour m'en rendre compte, tout réjouis que je suis à l'idée de revoir Eva.
Le premier truc qui ne me plaît pas arrive cinq minutes après que nous soyons sortis du bâtiment de la Porte. Nous marchons dans une grande avenue calme, quand un bruit strident se fait entendre. Nos instincts de survie et de soldats prennent le dessus : nous nous jetons à terre : c'est le bruit d'un tir de mortier. Le même ici que sur Terre.
Un bâtiment derrière nous vole en éclat. Quelques cris, mais très peu. Je comprends qu'à défaut d'être calme, la rue est en fait déserte.
- Qu'est-ce que c'était ?
Les deux gardes hésitent à me répondre. Il faut que je commence à prendre un air énervé qui n'a pas envie d'attendre pour qu'ils se décident :
- Les rebelles. Ils tiennent le nord de la ville, de l'autre côté de la rivière.
- Ca dure depuis trois jours.
Je suis abasourdi.
- Les rebelles ? Alors vous êtes en pleine crise insurrectionnelle et vous ne nous avez rien dit ?!
- … En fait, tout a empiré cette nuit, leur guérilla progresse lentement depuis plusieurs mois, mais récemment elle a pris de l'ampleur. Ils étaient aux portes de la capitale il y a trois jours. On pensait les contenir, mais ils nous ont débordés.
- Ils brouillent les radios depuis tôt ce matin, explique le deuxième garde.
- Bon sang, et vous laissez nos médecins sous les bombes ? Vous nous dites que tout va bien sans nous demander d'aide ? Vous nous mentez en inventant un orage magnétique !
- Ils ne sont pas très nombreux. La situation devrait être réglée d'ici ce soir, m'assure le premier. Et vos médecins ne veulent pas quitter leur poste, ce sont eux qui l'ont dit.
- Les rebelles n'ont jamais été aussi proches, ils avancent toujours, avoue le deuxième, ce qui lui attire un regard furieux de la part de son collègue, et ahuri de la part du mien.
- Bon, je vais chercher mon équipe. Montrez-moi le chemin.
Nous continuons à marcher. Je dois avouer qu'il est vrai que les tirs de mortiers n'ont pas continué, donc les rebelles ne doivent pas avoir beaucoup de moyens. Je demande qui ils sont, et le garde qui semble le plus sûr de lui me répond qu'un groupuscule d'extrémistes cherche à renverser le pouvoir depuis un an. Ils sont violents et veulent changer le fonctionnement économique du pays, en faisant sortir les gens des campagnes, et veulent abolir la couverture sociale prodiguée par l'Etat. Motivations bizarres, mais au fond qui de nos alliés ou des rebelles défend la bonne cause ?
Il nous faut prendre ce que je considère comme un bus pour arriver à l'hôpital. Durant les dix minutes de trajet, je constate que plus on se rapproche, plus les bâtiments sont détruits. L'hôpital est plus près du front que ne l'est la Porte. De temps en temps, en prêtant l'oreille au-dessus du ronronnement du moteur, on peut entendre une explosion. Mais qu'est-ce qu'on fait ici ? Ma priorité ne va pas seulement à Eva, mais à toute mon équipe. S'ils n'ont pas sollicité notre aide pour mater les rebelles, tant mieux, ça nous évite d'interférer. Mais alors qu'ils ne risquent pas la vie de mes hommes et des médecins. Et surtout celle d'Eva.
Je devine l'hôpital avant même que nous nous y arrêtions. C'est un bâtiment en U de trois étages, devant lequel règne une agitation paniquée : des camions avec tous le même sigle -l'équivalent de notre Croix Rouge ?- s'arrêtent et repartent, amenant des blessés, des gens entrent, sortent en courant, en criant. La plupart des tirs de mortiers ne tombent vraiment pas loin, et si comme le prétendent mes gardes les rebelles sont bloqués par la rivière, alors ils ne sont pas prêts de cesser. Nous sommes en état de siège. Heureusement, il semble que leur portée soit limitée, les explosions ont lieu un kilomètre en amont essentiellement. La bombe qui a failli nous tomber dessus tout à l'heure devait juste être plus performante que les autres : ses collègues tombent beaucoup moins loin. Et dire qu'avant-hier encore j'étais tranquille dans le Dédale et impatient d'arriver…
- Par ici.
Nous passons par derrière, et entrons dans l'aile droite du bâtiment. Pas d'agitation ici : des femmes, des enfants et une poignée d'hommes. Une file immense, qui part de dehors et monte jusqu'au deuxième étage, occupant les escaliers. Des gardes, policiers, militaires ou milices je ne sais pas, les encadrent. C'est peut-être pour cela qu'ils sont si calmes. N'importe qui à leur place, au lieu de rester sagement à attendre son tour à deux pas d'un bombardement s'enfuirait en courant. Mon escorte m'indique qu'au bout de cet alignement de personnesje trouverai mes amis, et me disent qu'il leur faut partir car ils n'étaient pas censés quitter leur poste. Je remonte la file en courant.
Au deuxième étage, la queue continue le long d'un couloir et aboutit dans une grande salle. J'entre quand j'entends et reconnais le drôle d'accent du doc.
La salle est immense, mais vide : juste la fin de la file, une table, quelques chaises. Beckett est au centre, une infirmière avec lui. Il enchaîne les vaccinations comme un marathon, sans apprêtement, et elle prépare à la chaîne les seringues, essayant suivre la cadence. Cette infirmière n'est pas Eva. Un de mes gars et le capitaine Burns sont aux fenêtres, à regarder la destruction du quartier voisin se faire à coups de mortiers.
- Hey !
Tout le monde se retourne vers moi. Je me précipite vers le doc et Burns vient à ma rencontre.
- Major !
- Qu'est-ce qu'il se passe ici, bordel ? Où sont les autres ?
Où est Eva ? Je raconte en deux mots que je viens de rentrer sur Atlantis et que j'étais parti les rejoindre tranquillement dans une mission de routine. Pourquoi je me retrouve à Beyrouth ?!
- Expliquez-lui, Capitaine, fait Beckett tout en continuant à vacciner à la pelle,annonçant juste un « ne bougez pas », avant d'expédier ses patients vers la sortie. Ils repartent tous en courant presque. Tu m'étonnes, personne n'a très envie de traîner ici.
Burns vérifie rapidement qu'aucun garde n'est à l'entrée, me dis que les autres ne vont pas tarder, et me résume la situation : après que le marché entre nos deux peuples ait été conclu, le doc est vite parvenu à mettre au point un vaccin contre une sorte de tuberculose qui sévit ici, et ils ont commencé à vaccinereux-mêmes, sur demande du gouvernement.
Mais ils se sont vite rendus compte en côtoyant la population que le régime n'était pas aussi idéal qu'il prétendait l'être. Là commence la partie de l'histoire que Weir ne connaît pas, et que je découvre avec horreur. Le pays tout entier tourne autour de la production de bébés. C'est une sorte de compétition nationale que le gouvernement a lancée. Pour stimuler la croissance démographique, il se charge des enfants dès leur plus jeune âge, en les envoyant dans des centres tenus par le gouvernement, et donne des avantages aux familles qui auraient plus de six enfants : un emploi en ville, au service de l'Etat, une maison de fonction. Il existe même des « maisons de procréation », où des jeunes femmes tirées au sort vivent dans le luxe pendant cinq ans, sans avoir d'autres soucis et d'autres choix que de faire un maximum d'enfants avec un des hauts fonctionnaires ou un milicien. Pour tous les autres, c'est la campagne : le travail aux champs dès 16 ans, quand les centres gouvernementaux d'éducations vous envoient jouer au paysan. On n'en sort que si on a au moins sept enfants. Car une si grande population, il faut la nourrir.
Comme j'ai du mal à saisir le but de cette politique, Beckett m'explique, dents serrées et sans même relever les yeux de son travail, que régulièrement les couples stériles sont envoyés dans des camps spéciaux, ainsi que les couples de plus de quarante-cinq ans, dits « en retraite ». Et tous les deux ou trois ans, l'un de ces villages ainsi constitués disparaît, soi-disant « délocalisé ». Après un mois et demi de vacances et une Eva, j'ai du mal à me remettre dans la réalité de Pégase. Devant mon incompréhension, toute la salle-y compris les patients de Beckett- se tourne vers moi pour m'éclairer en deux mots :
- Les Wraiths.
Je suis éberlué : pire que donner leurs prisonniers aux Wraiths, les dirigeants de cette planète préfèrent leur offrir leur population jugée inutile ou trop âgée, et se constitue une « réserve » d'hommes et de femmes pour les années à venir. J'apprends par Burns que depuis leur réveil, les Wraiths ont tendance à venir beaucoup plus souvent. Comment tout ceci va-t-il finir ?
Je comprends mieux la situation et demande :
- Et les rebelles qui se battent juste là en fait ce sont… ?
- Des types qui en ont eu marre, fait Burns. Ils se battent contre les miliciens qui eux voudraient bien garder leur situation privilégiée et sans risque. Au début ils n'avaient rien mais ils ont réussit à s'emparer d'entrepôts d'armement. Ils mènent une vraie guerre à présent.
- Autant vous dire que nous sommes partisans des rebelles, finit Beckett en levant des yeux amers vers moi.
Je comprends que mon équipe et celle du doc sont allées de désillusions en désillusions depuis qu'ils sont ici. La guérilla a éclaté à la dernière sélection, mais le chef du gouvernement nous l'avait caché : ce n'est qu'en arrivant ici et en discutant avec la population que l'équipe a pris connaissance du mouvement. Ils sont surveillés, hier ce sont des miliciens, derrière eux au moment de la communication avec Weir, qui leur ont signifié qu'il valait mieux dire que tout allait bien. Ils se sont pliés par solidarité avec la population, pour rester encore à les vacciner. Mais depuis ce matin, le sud de la ville est bombardé. Il y a danger, il ne faut plus rester ici. Evidemment, je comprends mieux pourquoi ils ne nous ont pas laissé parler avec nos hommes tout à l'heure.
Le gouvernement tient à ce que la campagne de vaccination ait lieu, afin de montrer à la population méfiante qu'il se soucie d'elle. Il a même dû demander à des Terriens de venir la faire en personne, car les gens ici n'ont aucune confiance dans les médecins de l'Etat. Bien sûr, les denrées qui sont envoyées sur Atlantis en échange proviennent du surplus de nourriture dû à la disparition de 500 personnes il y a trois mois…
- Les gens sont forcés de venir se faire vacciner vous avez vu ? s'indigne Beckett. On leur fait faire des kilomètres pour venir risquer de se faire tuer ici ! Alors maintenant je fais ça à la chaîne: je fais le plus vite possible et je leur dit de rentrer chez eux. Aucun ne s'est plaint...
Je soupire. Quelle galère.
- Et… Eva Hallberg ? Les autres infirmiers qui étaient censés être avec vous ? Et Twist et Leonetti ?
- Vos hommes sont partis évaluer la situation militaire avec le garde qui était censé nous surveiller. Les infirmiers et Eva sont à l'étage en dessous me dit Beckett. Ils prennent la fin du stock de vaccins ainsi que des vêtements locaux Ne vous inquiétez pas elle va bien.
Je remercie Beckett du regard, tandis que Reiben m'en lance un surpris. Je réagis à ce qu'a dit Beckett :
- Des vêtements locaux ?
- Dès que nous avons finit de vacciner, on les enfile et on s'en va.
- Vous n'avez pas besoin de mettre des vêtements civils pour pouvoir partir, Doc.
- Pour rejoindre les rebelles, si.
Je m'étouffe.
- QUOI ?!
Ils délirent, au secours ! Ils veulent quitter l'endroit, ce qui me semble humainement logique, mais pas pour rentrer : pour aller soutenir les révoltés. Selon eux –et ils n'ont pas tort- le gouvernement ne les laissera jamais rentrer maintenant qu'ils ont vu le chaos qui règne sur cette planète. Ils bloqueront la Porte pour empêcher qu'Atlantis n'intervienne dans leur crise nationale. Alors autant partir soigner les blessés, pour Beckett, ou soutenir la population, pour Burns. Revenir à Atlantis serait fermer les yeux, ils ne peuvent pas. Seulement maintenant que je suis là, c'est à moi qu'il revient de prendre l'ultime décision de s'engager ou non aux côtés des rebelles, contre ceux avec qui nous avons conclu un brillant accord il y a de cela une semaine. Super. J'aurais cru le doc dépassé ou effrayé et bien non ! Il part tête la première aider ceux qui en ont besoin. Et pour mon malheur, il l'a bien sur les épaules. Il est plus courageux qu'il n'y paraît.
Je leur dis que le Dédale sera là dans quelques heures quand Weir constatera qu'on ne nous laisse pas rentrer, mais Burns m'expose le plan que tous ont élaboré pendant que moi, tranquille et insouciant, j'étais dans l'espace.
- Notre but, c'est d'aller retrouver les rebelles et leur dire de cesser le brouillage radio au moment où Weir nous contactera. On lui explique la situation, et ils envoient des hommes en force.
Le milicien qui garde leur porte d'habitude est avec eux, il les laissera filer et les suivra certainement. D'ailleurs en ce moment il est en balade avec Twist et Leonetti pour se tenir au courant de l'avancée des rebelles. Il y en a qui choisissent toujours le bon camp…
Mais je leur annonce qu'en fait le contact a été avancé à dix-huit heures ce soir. Mes coplanétaires s'affolent : ils n'auront pas le temps de finir les vaccinations, il faut bousculer leurs plans, car il est déjà quinze heures. « Tant pis », décide Beckett, « dès que tout le monde revient, nous partirons ». Et tout le monde-même Burns- acquiesce à la phrase du doc.
Devant mon air à la fois consterné et incrédule, Reiben justifie timidement :
- Les rebelles ont besoin d'une aide extérieure, Major. Ne serait-ce que pour fonder un nouvel Etat, me dit Reiben.
Il est lieutenant, lui, faut qu'il commence à réfléchir mais pas trop non plus oh ! Je lui lance un regard noir et leur tourne le dos en râlant. Fous ! Ils sont devenus fous ! Je ne les ai jamais vu comme cela. Ils ont peut-être raison, ils connaissent la situation mieux que moi, mais…
- Vous êtes d'accord Major ?
Burns me demande l'autorisation un peu tard, vu qu'Eva et les deux autres infirmiers sont déjà en train de collecter des vêtements pour passer inaperçus, et que de toute façon le Doc ne changera pas d'avis. Je soupire.
- Je vous suis, je fais confiance à votre jugement, Burns. Et au vôtre aussi, Doc.
Je ne veux pas être le seul responsable si cette histoire se finit par un clash entre Atlantis et nos futurs ex-nouveaux alliés.
- Merci major, me fait Beckett, sincère. Lieutenant, si vous pouviez essayer de retrouver Eva et mes infirmiers pour qu'ils apportent un jeu de vêtements civils en plus, pour le major.
- Je m'en occupe, dis-je. Reiben occupez-vous plutôt de retrouver Leonetti et Twist.
Ce n'est pas dans mes habitudes de choisir en premier la mission qui me plaît le plus, mais je me suis assez fait avoir pour aujourd'hui, j'ai besoin d'une compensation.
- Passez par la petite salle d'eau qui se trouve au fond, m'indique Burns, elle donne sur un escalier de service.
Il y a en effet une deuxième porte dans la pièce où nous sommes, qui donne sur un minuscule local où j'aperçois un lavabo et une seconde porte. Je pars pour retrouver-enfin-Eva, mais Leonetti et Twist entrent à ce moment-là, suivit d'un milicien qui n'a pas l'air hostile. Probablement le garde acquis à la cause des rebelles dont ils m'ont parlé.
- Ils sont toujours à la rivière, il paraît qu'on peut la traverser en barque, au port des pêcheurs, parce que sinon les ponts sont bloqués par les combats…
- Bonjour.
- Major !
Ils se mettent au garde à vous. Le milicien fronce les sourcils : je crois qu'il est en train de comprendre qu'il ne me connaît pas.
- Qu'est-ce que…
- Burns va vous expliquer, je reviens dans cinq minutes.
Et j'entre dans la salle d'eau. J'ai à peine posé ma main sur la poignée de la porte de service qu'arrive le deuxième truc qui ne me plaît vraiment pas dans cette journée.
- Arrêtez tout ! crie une voix inconnue dans la grande salle où se trouvent les autres. Il va falloir nous suivre.
Je me retourne jeter un œil, voir qui a parlé. Dans l'encadrement de la porte, j'ai Burns de profil devant moi, qui me fait signe le plus discrètement possible de ne pas me montrer. Ceux qui sont entrés ne savent peut-être pas qu'il y a un Terrien de plus qui est arrivé il y a une heure.
Un gros bonhomme rouge est en face du doc, encadré de miliciens. Je ne vois pas parmi eux ceux qui m'ont amené tout à l'heure, c'est bon signe, il ne doit pas savoir que je suis là vu que les radios ne fonctionnent pas. Il a presque le même uniforme que ses hommes, mais des sortes de galons dorés lui tombent des épaules.
- Je n'ai pas fini de vacciner, dit Beckett sans même le regarder.
Je ne savais pas que le doc pouvait être si effronté dans un moment pareil.
- La situation devient trop dangereuse pour vous ici, il va falloir quitter cet endroit. Tant pis pour les vaccinations, nos médecins finiront eux-mêmes.
- Commandeur, il manque des Terriens, réagit l'un des gardes.
Le commandeur se tourne vers celui qui était censé nous surveiller et qui au lieu de ça est parti en balade avec Leonetti et Twist. Ça commence à crier. Le commandeur annonce d'un coup qu'il lui faut toute l'équipe terrienne, car ils sont à présent leurs otages, qu'il échangera contre des armes d'Atlantis. Et merde.
Juste à ce moment-là, la porte de service derrière moi s'ouvre. Je réagis immédiatement et plaque le nouvel arrivant dos contre moi, lui mettant une main sur la bouche. De l'autre, je fais signe à ceux qui le suivent de ne pas faire de bruit. Je loupe un peu mon bâillonnement car la personne que je tiens fermement entre les bras est plus petite que ce à quoi j'ai l'habitude. C'est une femme. Eva.
Ah ben oui dis donc, ils se retrouvent dans le dernier paragraphe... Bon j'vais vite peaufiner la suite parce que c'est ce qui vous intéresse je suppose ? A bientôt alors.
