Bonjour la bande de petits veinards, vous profitez bien de vos vies ? Vous savez : les vacances, le soleil, la plage, tout ça tout ça ? Y en a qui ont le ful bordé de nouilles n'empêche. ;)
Ce chapitre aurait du être le dernier de cette fanfic mais, malheureusement pour ma cervelle, mes personnages en ont décidé autrement. :S Ce ne sera plus très long, promis. ;) Enjoy o/
Un dernier verre chez moi ?
Chapitre 5
POV Harry
Je rêvais. Dans ce rêve, j'embrassais à pleine bouche Draco, nous nous perdions dans un cocon de draps, le monde ne tournant qu'autour de nous. Nous tentions désespérément de ne faire qu'un, ivres de volupté, assoiffés de la peau de l'autre. Cette fois, je le dominais. Nous allions atteindre l'orgasme, je sentais la lumière s'approcher. J'admirais son visage d'ange, ses joues rougis par l'effort, sa bouche en coeur, si tentante !
* DRIIIIIIIIIING ! *
S******** de réveil ! Je me ressourçais de fantasmes ! Evidemment, il faut que ce soit pile au meilleur moment pour que la mécanique de la réalité me rattrape. Dieu que je n'aime pas ce réveil, il vient toujours m'emmerder durant la partie la plus agréable, comme pour me dégoûter encore plus. Je suis sûr qu'il prend un malin plaisir à me rappeler que la journée risque d'être cauchemardesque. Et en ce moment, mes journées sont particulièrement peu engageantes !
Je me lève et regarde mon portable : pas de sms. La plupart de mes amis ne comprennent pas l'utilité d'un portable, objet peu fiable car trop fragile à leur goût. En revanche, un petit dragon en origami assis sur ma table de chevet tente vainement de cracher du feu dans ma direction. Lorsque je l'attrape, il se déplie automatiquement et laisse apparaître un message. « Il faut qu'on parle. Aujourd'hui, 15h au Hyde Park. DM »
Quelqu'un de très loquace ce Malefoy, et pas du tout enclin à imposer ses envies en plus. Toi aussi tu m'emmerdes, presque autant que le réveil !
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Bon ben je vais prendre une douche ça va me calmer.
Cette fouine a beau posséder le plus beau fessier qui m'eut été donné de voir, il faudrait vraiment que quelqu'un le redescende sur Terre. Et le pire, c'est que je n'ai pas fini d'entendre parler de lui.
La spirale de l'enfer a commencé il y a une semaine, lorsque j'ai eu le malheur de le croiser dans un restaurant. Ce soir là, tout est allé très vite. Trop vite. Je m'ennuyais tellement durant cette soirée, la fille en face de moi discourait sur des sujets si nébuleux que je n'avait aucune envie de la couper dans son monologue. On aurait dis une fusion du professeur Trelawney et de Rita Skeeter, avec son air pimbêche forcé. Pour oublier le temps, j'ai donc bu. Beaucoup bu. Le vin était âcre à l'odeur, âpre au goût, pas assez daté, le repas qui l'accompagnait était loin d'être copieux, en plus d'être insipide et long à sortir des fourneaux de la cuisine. Et je m'ennuyais. Et lui était là, dans la même situation que moi, compagnon d'infortune, en train d'assister d'une oreille distraite à la conversation pas si passionnante d'une pas si jolie femme.
Et j'ai eu le malheur d'accepter sa proposition et de le suivre. Quoique, il ne me semble pas qu'il m'ait laissé le choix. M'enfin, je ne me suis pas tellement débattu.
Malgré la cuite que je me suis pris ce soir là, les bribes de la nuit passé à ses côtés me paraissent encore aujourd'hui inimaginable, sensationnelles, incroyablement bon. Il m'a pris en levrette dans la cuisine et m'a fait jouir sous ses hanches. Puis on est monté à l'étage, ou plutôt au septième ciel. Je revois encore son visage au moment de l'orgasme, pur objet de désir. Malgré tout le dégoût que j'ai pour cet être, et l'indifférence générale que j'ai pour les hommes, cette image de lui reste la plus belle chose qu'il sut me montrer. J'avais atteint le paradis.
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Puis il y eu le lendemain matin. Et c'est à partir de là qu'on amorce la descente aux enfers. Au réveil, on s'est regardé dans le blanc des yeux, incapable d'assimiler les événements de la nuit. D'un commun accord, on a décidé qu'il s'agissait d'une monumentale erreur dans nos vies, qu'il valait mieux pour toute la planète oublier jusqu'à nos existences, et conserver le traditionnel « tocard » et « cul gelé » en cas de rencontre inattendue.
Jusque là ça va, notre égo en a pris un sacré coup mais ça va, il y avait toujours moyen de tenir cette escapade comme secrète. Sauf que, beurrés comme des p'tits lu, on avait oublié un détail pendant la nuit : je suis encore aujourd'hui aux yeux de la communauté magique 'le garçon qui a survécu' et lui ' l'héritier de la dynastie Malefoy '. Rien que seul, on ne passe pas inaperçu, alors à deux, à moitié bourrés, en train d'explorer nos gosiers tout en testant notre tolérance à l'alcool, même en passant par le chemin de traverse, on se serait forcément fait repérer.
Avec les technologies modernes et magiques des journalistes, on comprend mieux pourquoi autant d'adultères sont mis à jour, notamment chez les présidents français.
A l'instar du cher responsable du gouvernement gaulois, je fus extrêmement surpris lorsqu'au petit matin je me vis en première page du journal local en train de rouler une pelle à un emmerdeur national au détour d'une ruelle étroite. Au passage, chapeau pour le titre de l'article « Le garçon qui a survécu et le fils des mangemorts : un bel exemple de réconciliation ! » , on pouvait pas faire plus criard.
Je soupire, tend la main pour prendre une serviette et sort de la douche.
Tout le monde lit la Gazette du sorcier, même ces cancrelats de Malefoy. A la minute même où j'avais achevé la lecture de l'article, qui décrivait abondamment notre passé, notre relation pseudo passif-aggressif, puis notre nuit jusqu'à la discothèque, je me suis retrouvé à terre par un Malefoy plus qu'énervé qui venait de transplaner directement chez moi. Il faudrait vraiment que j'actualise la protection anti transplanage ! Pour résumer notre joute verbale, imaginez deux enfants en train de s'engueuler pour savoir qui a mangé la dernière part de gâteau de maman. « C'est toi! Non c'est toi ! Non c'est toi ! C'est pas moi c'est toi ! ». Au passage, rappelons qu'il s'agit là de deux jeunes adultes, dont un membre de l'unité d'élite des Aurors et un héritier de la majeure partie des actions de la banque Gringotts. Puis, comme on peut facilement le deviner d'après le contexte, il s'ensuivit une bagarre, avec magie. Puis lorsque nous nous retrouvâmes tous les deux désarmés par le même sort, on décida de passer aux mains. Si bien qu'à la fin, il se retrouva au dessus de moi, à me bloquer les poignets pour m'empêcher de frapper.
Puis, il se passa quelque chose, encore une chose qui n'aurait jamais du avoir lieu. Les amateurs de yaoi l'ont vu arriver depuis au moins trois lignes, mais je m'en fous car ça c'est réellement passé. Un baiser. Bref. Pas plus de 2 secondes de contact. Lui, toujours à retenir mes poignets, cette fois sans grande conviction, me demande « pourquoi t'as fait ça ? », l'air totalement surpris. « Imbécile, c'est toi qui vient de te jeter sur mes lèvres ! » Puis de nouveau un baiser, toujours aussi bref, toujours aussi absurde. Puis un autre, encore un, un dernier, ou un avant dernier. L'échange devint moins rapide, plus langoureux, plus tendre. Il me lâcha les poignets, se colla à moi pendant que je caressais son dos. Lorsqu'on s'arrêta, à bout de souffle, je me surpris à penser que Malefoy était mignon. Et aussi que je me sentais bien, allongé sur le sol de ma cuisine, lui au dessus de moi, ses mains encore calées près de ma peau. Pour reprendre contenance, j'allais parler, mais quant j'ouvris la bouche aucun son ne voulut sortir. Je ne savais pas quoi dire, tout ce qui arrivait n'était tellement pas naturel, et pourtant je me sentais si bien ! Voir ma bouche remuer fut le déclic pour Malefoy, qui se leva et partit en courant, comme s'il voulait échapper à la réalité.
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Et deux jours plus tard, je reçois un papier de monsieur, qui a obtenu mon adresse on ne sait que trop comment, et me somme de venir. Ce type m'insupporte ! Ca fait des jours qu'il me fait tourner en bourrique !
Cet après midi, on va devoir mettre les choses au clair. Je m'habille et file dans la cuisine prendre une tasse de café bien méritée. J'espère que l'arabica va m'aider à affronter cette journée, ou au moins va me permettre de filtrer mes paroles. Il est déjà 14h, il faut que je m'active !
Je suis vraiment pitoyable, pire qu'une fille. J'ai peur d'être en retard au rendez vous. Il faut vraiment que j'arrête ces soirées avec les bienfaitrices !
Je me brosse les dents, tente vainement de me coiffer et part pour le centre ville à pied. Mon coeur bat à tout rompre à l'idée de le revoir et de faire table rase. C'est drôle, je suis partagé entre l'envie de rentrer me cacher sous ma couette et l'idée plus qu'agréable de le revoir et peut être de lui voler un baiser.
Mais qu'est ce que je raconte moi ? Il est vraiment merdique ce café, il m'aide même pas à filtrer les conneries de mon cerveau ! J'accélère, espérant que ça m'évitera de penser à lui, voire que ça m'évite de penser, tout simplement.
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15h, je suis arrivé à l'entrée du parc. Je regarde aux alentours sans apercevoir un seul blondinet irritant, juste une vieille mendiante quêtant. Par charité, je lui donne une pièce, ou peut être pour me racheter de m'acoquiner avec ce diable blanchâtre. La pauvrette me sourit de ses dents gâtées, tandis que je scrute de nouveau sa pancarte. Sauf qu'au lieu de l'usuel « Une pièce pour les sans abris, svp » , l'inscription change « Je suis à l'intérieur du parc. Ne me fais pas attendre. ».
Petit *** prétentieux ! Je soupire brusquement et me rend d'un pas assuré ( et énervé ) vers le centre du parc, où se trouve un minuscule snack. Je le vois, majestueusement assis devant une table en plastique blanc, en train de fixer pensivement son thé. Je m'attable et lance un :
« Bonjour Malefoy.
- Bonjour Potter. »
Un silence de plomb prend place. Je l'examine du coin de l'oeil : toujours aussi froid et détaché. Sa peau blanchâtre est revêtue d'une simple chemise bleue entrouverte au col, rentrée dans un pantalon de coton noir. Somme toute, une tenue assez décontractée pour un type toujours bardé d'une longue cape de soie noire, cachant sans grand succès un costume tout aussi sombre, taillé sur mesure. Sans tout ce fatras qu'il portait habituellement, il parait moins menaçant, plus nonchalant, un tantinet dragueur. Ses traits tirés témoignent du manque de sommeil de ses derniers jours. Ses yeux agités laissent transparaître une extrême confusion que son corps arrive soigneusement à dissimuler. Sa bouche fine se serre, anxieuse. Chez lui, ce sont les plus grands signes de tourments qu'il peut afficher. Il évite de me regarder à cause de la tension palpable. Il faut que j'entame la conversation, sinon on y sera encore demain.
« Ecoutes Malefoy …
Non toi tu vas m'écouter Potter, il ose enfin relever la tête et me regarde directement, ses yeux topazes tirant sur le gris prennent la brillance de diamants, témoins d'une extrême intensité. Tout ceci aurait du être un accident, un ' bug' dans la matrice, une anomalie spatiale. Ca n'aurait jamais du se produire et pourtant ça a eu lieu. Malheureusement, ce secret n'est pas resté entre nous.
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Et allez ! On repart sur l'éternel débat de « à qui la faute ? ». Va falloir encore hausser le ton.
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- Attends, je n'ai pas fini, me dit-il en me faisant signe de m'arrêter, je sais que ce n'est pas toi qui a vendu la mèche. Tu n'as rien à y gagner, même pas de la publicité gratuite pour ton association, sinon tu aurais juste à poser à moitié nu sur les calendriers de Quidditch. Quelqu'un nous a donc épié. Ceci n'arrange en rien au problème que nous avons aujourd'hui.
- Qui est ?
Il arrête de me dévisager et boit calmement une gorgée de thé. Suspense théâtral pour un narcissique, évidemment.
- Nos hormones bien sûr ! Que veux tu que ce soit d'autre ? De l'amour peut être ? Pfffffff ! Ca doit faire des mois que nos boulots nous frustrent, ça se répercute forcément sur notre santé ! Il a suffi d'un peu d'alcool et nous voilà les quatre fers en l'air, à faire la bête à deux à même le sol !
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Je suis sidéré. Cet abruti se paye ma tête !
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- Ah oui ? C'est nos hormones qui nous ont ordonné de faire l'amour à plusieurs reprises toute la nuit ?
- Nos cerveaux en manque y ont vu l'occasion parfaite pour se détendre !
- C'est toujours ta testostérone qui t'a sommé de me murmurer je t'aime et de m'embrasser alors que j'étais au plus profond de toi ?
- … J'ai murmuré, tu as du confondre avec « je m'aime », cette phrase revient souvent dans ma bouche.
- Pour finir, je présume que l'adrénaline a eu raison de ta volonté lorsque tu m'as embrassé en pleine bagarre ?!
- Hey ! C'est toi qui a commencé à rapprocher tes lèvres !
- Tu n'avais pas l'air contre, à l'écoute de tes soupirs.
- Cette conversation est terminée ! , il se lève précipitamment en raclant sa chaise et pose ses points serrés sur la table, jamais je ne l'avais vu aussi rouge, Potter, on était bourré. Je t'ai considéré comme le seul coup 'baisable' de la soirée. On a passé une nuit de débauche. Maintenant, c'est fini ! Time out ! Tu peux prévenir tes amis journalistes, le couple du moment se sépare ! Pas de juge, si tu veux je te laisse la garde des enfants et même la cravate que j'ai oublié chez toi ! Déchires là ou branles toi avec, ça m'est égal ! T'es gentil, mais j'ai plus le temps pour les gamineries. Sors de ma vie ! »
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Toujours rouge, il part d'un pas furieux, on dirait presque qu'il cours. La claque que je viens de me prendre ! Et le pire, c'est que je n'arrive pas à croire un mot de tout ce qu'il m'a dit ! Je sentais que ça allait finir comme ça, bien avant d'être convié à ce rendez vous. Et pourtant, quelque chose me fait mal dans ma poitrine. Je lance un regard dérouté autour de moi, et aperçois la vieille mendiante de l'entrée. Elle me prend par les épaules et me secoue :
« Va le rattraper, bougre d'idiot ! Je l'entend pleurer d'ici ! »
Clic. Redémarrage de Harry Potter. Nouvelle mise à jour installée : optimisation du courage. Je saute sur mes jambes, réveillé. Je remercie copieusement la vieille dame et cours comme un dératé dans la direction qu'a pris Draco 5 minutes plus tôt. J'entends à peine la vieille maugréer « Aaaaah ces jeunes, c'est plus ce que c'était ! Aujourd'hui, ça réfléchit trop ! »
Je lui glisse un dernier remerciement silencieux tandis que je m'enfonce dans la forêt, décidé à retrouvé le plus grand chieur que la Terre ait porté.
