Les portes de l'aéroport s'ouvrirent et un cour en d'air tiède s'engouffra dans le hall. Sasuke grogna, certes le vent était moins chaud que dans le village où il avait passé ces derniers jours, mais la fraicheur de sa ville natale lui manquait.
Autour de lui les gens se pressaient, se précipitant à bord des taxis alignés devant l'immense structure. Il fit quelque pas dans la foule et profita de sa taille légèrement au-dessus de la moyenne, pour repérer à quelques mètres un taxi libre. Il agrippa fermement son unique bagage et se fraya un passage parmi les voyageurs. Lorsqu'il arriva à hauteur de véhicule noir et jaune, le chauffeur le salua poliment et prit les devants pour accueillir Sasuke dans son taxi.
Sasuke refusa lorsqu'il voulu prendre son sac.
« Je le garde avec moi. » lâcha-t-il froidement.
Le petit bonhomme rondouillard n'insista pas et ouvrit la portière à la carrosserie étincelante. Une odeur de vanille chatouilla les narines du jeune homme, il tiqua lorsqu'il aperçu le désodorisant en forme de sapin pendu au rétroviseur intérieur. Il posa son sac sur la banquette et s'installa confortablement. Le chauffeur referma la porte et fit le tour de la voiture pour prendre place derrière le volant.
« Qu'elle est notre destination, demanda poliment le bonhomme.
- Kakunade. »
Une étrange moue déforma les traits pourtant doux du chauffeur. Il tourna légèrement la tête et dévisagea son client. Sasuke le laissa faire, malgré l'impolitesse de la démarche, il ne pouvait nier que son apparence laissé à désirer. Même s'il n'avait pas prit le temps de se regarder dans une glace depuis le matin, il savait ses cheveux décoiffé, ses yeux cernés et son teint blafard. Sa chemise était froissée et le jeans qu'il avait enfilé à la va- vite à l'hôtel était troué et délavé.
« Désolé de vous demander ça jeune homme, commença le chauffeur légèrement gêné, mais Kakunade est à plus de trois cent kilomètre, la facture risque d'être salé. Si vous pouviez payer… »
Sasuke ne le laissa pas finir sa phrase et sortit de son jeans une liasse de billet, il ne compta pas et lui tendit. Les yeux du chauffeur s'agrandir lorsqu'il constata que son client lui avait donné presque une semaine de son salaire.
« Mais, je, c'est trop, bafouilla-t-il.
- Je vous donnerai la même chose à l'arrivé si vous ne prononçait pas un mot durant tout le trajet et que vous laissez la radio éteinte. Ah oui et pendant qu'on y est, jeter donc votre désodorisant par la fenêtre. Maintenant allons-y je suis pressé. »
L'homme ouvrit la bouche pour le remercier, mais s'abstenu devant le regard noir de son client. Il arracha le sapin jaune du retro et faisant fi de ses convictions écologiques le jeta sur la chaussée. Il mit le moteur en marche et s'engouffra dans la circulation, remerciant les dieux d'avoir mis ce client sur sa route.
Sasuke releva sa manche pour regarder l'heure et s'étonna de ne pas l'avoir à son poignet. Il chercha rapidement dans son sac mais ne la trouva pas. Il soupira et reposa sa tête contre le dossier. Itachi allait le tuer. Il ferma les yeux et fouilla sa mémoire pour revoir la dernière fois où il l'avait vu. Seulement ça, il ne voulait pas se souvenir du reste.
Il se revoyait parfaitement l'enfiler après avoir pris sa douche à l'hôtel la veille. Et ensuite… Sasuke secoua la tête. Tant pis il l'avait perdu. Son frère lui en offrirait une autre. Mais ses souvenirs ne s'arrêtèrent pas là. Il était sorti de l'hôtel et s'était ensuite rendu dans le seul bar du village là où il avait passé aussi son vendredi soir. Il avait attendu comme la nuit précédente. Attendu quoi, où plutôt qui ?
Les yeux toujours clos Sasuke sourit tristement. Jamais il ne s'était senti aussi pathétique. Pourquoi avait-il traversé le pays juste pour mettre une voix sur un visage, juste pour pouvoir sentir le parfum d'une peau doré. Combien de chance avait-il de trouver un inconnu dans une ville inconnu ? Aucune.
Pourtant il y était arrivé. Il l'avait vu entrer dans le bar le sourire aux lèvres et comme lorsqu'il avait vu la photo sur le bureau de son père, le cœur de Sasuke s'était serré.
Une sonnerie de téléphone sauva Sasuke de ses pensées troublantes. Il regarda l'écran de son iphone® où le visage de sa mère s'affichait en grand. Il sourit intérieurement, elle ne savait pas envoyer un sms, mais elle arrivait à mettre sa photo en appelle entrant sur son propre téléphone.
Il sentit le regard du chauffeur sur lui, ce dernier l'observait à travers le rétroviseur. Sasuke lui fit comprendre en un regard qu'il ferait mieux de s'occuper de sa route.
Il attendit le dernier moment pour décrocher.
« Je peux pas te parler, mam. Je conduis.
- Mais où est tu ?
- J'ai passé le week-end avec Neji. J'essaie de passer te voir ce soir. Bisous. »
Et il raccrocha alors que sa mère continuait de parler. Il hésita à appeler son ami pour être sûr d'être couvert, mais il n'avait pas envie de se justifier. Il préféra éteindre son portable quitte à inventer un nouveau mensonge. A présent sûr d'être tranquille, il sortit son livre et reprit sa lecture de Michel Strogoff avec ça ses pensées ne se feraient pas la malle.
…
Le soleil avait disparu derrière les montagnes lorsque le taxi sortit de l'autoroute. Le ciel était découvert, la neige demeurant à a cime des montagnes brillait sous les rayons orangés de l'astre.
Le chauffeur se racla discrètement la gorge, tirant de sa lecture son passager.
« Excusez-moi, mais vous ne m'avez pas donné d'adresse exacte. »
Sasuke planta son regard sur l'horizon, il imaginait plus qu'il ne voyait, le bâtiment blanc perché sur la montagne. Il était chez lui, alors pourquoi un nœud se formait dans son estomac.
« Emmenez-moi à l'université. »
Sasuke tenu sa promesse, lorsque le chauffeur s'immobilisa à sa demande devant l'imposant mur blanc entourant la faculté, il lui donna une nouvelle liasse et sortit de la voiture sans un mot.
Sasuke leva les yeux vers l'arche en pierre qui surplombé l'entrée de l'université, il y lu avec lassitude la devise gravée dans la roche : Le savoir est pouvoir.
Il n'admettait toujours pas que ce vieil adage n'avait pas était changé lorsque l'école d'art martiaux était devenu une faculté de médecine cinquante ans plutôt.
Chaque fois qu'il lisait ces mots il voyait le regard froid de son père semblable à ceux des portrait de ses ancêtres qui recouvraient les murs de son bureau guerriers à l'âme impitoyable.
« Hé Uchiha. Tu comptes camper là longtemps. »
Sasuke ne se retourna pas reconnaissant que trop bien la voix qui hurlait sans aucune discrétion. Néanmoins il monta sur le trottoir et laissa passer la voiture. Comme il le redoutait celle-ci s'arrêta à son niveau. Le couper noir rutilant brondit sous les accélérations de son propriétaire.
« T'as vu c'est ma nouvelle caisse elle pète. Trois cent chevaux sous le capot. J'ai de me mesurer à toi, même avec ta bécane tu pourras pas me semer cette-fois. Alors t'es pas dégouté ? »
Sasuke leva les yeux au ciel.
« J'en ai rien à foutre Inuzuka. Maintenant si tu pouvais tracer ta route, tu gênes. »
Le jeune homme regarda derrière, mais il n'y avait aucune autre voiture.
« C'est moi que tu gênes, railla Sasuke. »
Loin d'être vexé le chauffard éclata de rire.
« Tu rigoleras moins dans quelques minutes. Il passa la première. Aller à toute suite. »
Il accéléra brusquement et disparut derrière les premiers bâtiments.
Sasuke comprit qu'il serait encore le voisin de Kiba Inuzuka le plus énervant de tous les étudiants. Il reprit sa route, encore plus réticents à rejoindre sa résidence, mais aller chez ses parents ou chez son frère ne l'enchantait guère plus.
La nuit se faisant plus présente les milliers de lampadaires qui éclairaient le campus s'allumèrent.
Il n'avait pas le choix. Résigné, il releva le menton et avança le regard fier.
Il suivit la rue principale. C'était une grande ligne droite qui partait de l'arche et traversait la moitié du campus Bordé d'arbre centenaire Elle menait directement à la toute récente tour en verre qui abritait l'administration. Elle avait été construite au cœur de l'université, les autres bâtiments plus anciens formaient des cercles de plus en plus grands autours d'elle. Le campus était divisé en quatre partie bien distingues, une pour les cours, une pour le sport, une pour se nourrir et se divertir et la dernière pour dormir.
L'université était telle une ville, tout était fait pour que les petits bourgeois qui la fréquentaient aient tout à porter de mains.
Sasuke ricana il était l'un d'eux. C'est sur cette pensé qu'il arriva devant la résidence Madara, celle qui l'abriterai cette année encore.
Il poussa la porte et alors qu'il allait entrer dans le bâtiment il se fit devancer par une tornade rose qui le bouscula.
« Pardon » hurla- t-elle en grimpant les escaliers en courant.
Naruto sortit de son sac un cadre photo et le posa sur son bureau. Pour l'instant c'est tout ce dont il avait besoin les visages souriants de Tsunade et Jiraya. Il se laissa tomber sur le lit et admira une nouvelle fois sa chambre spacieuse. Il n'y avait rien d'exceptionnel des murs blanc et des voilages gris devant l'immense vitre, des meubles modernes et une moquette beige moelleuse. Il aurait juste à mettre une couverture orange sur le lit et tout serait parfait. Enfin il l'espérait…
On frappa à la porte et la tête de son nouveau colocataire apparut.
« Je ne te dérange pas ? »
Naruto lui fit non de la tête et cala un sourire sur ses lèvres. Son regard s'attarda sur le visage délicat du jeune homme, sur sa longue chevelure brune et ses yeux étrangement gris. Il était beau, tout simplement beau.
« J'ai fait du thé. Tu en veux ? »
Et très sympas.
Naruto regarda au tour de lui la pile de vêtement qu'il avait simplement sorti de ses sacs. Sakura ne serait pas contente, mais tant pis.
Il bondit sur ses pieds et lâcha sur un ton un peu trop enthousiaste :
« J'adore le thé ! »
Il le suivit dans le salon. Naruto s'installa sur l'immense canapé en cuir qui trônait au milieu du salon. La pièce deux fois plus grande que sa chambre était recouverte de parquet en chêne. Sur les murs teints en blanc et gris des peintures avaient été disposé minutieusement. Naruto ne connaissait rien à l'art et l'immense écran accroché face au canapé l'intéressait bien plus. Il avait hâte de regarder le Seigneur des Anneaux dessus. Mais peut-être que le propriétaire ne lui laisserait pas s'en servir.
Il tourna la tête vers son colocataire, il sortait des tasses d'un placard.
« Dis-moi Neji, c'est à toi tous ces meubles. »
Le brun rigola doucement et vint le rejoindre sur le canapé. Il déposa sur la table basse en verre les tasses et la théière. Avec précaution il servit le liquide brulant.
« Rien ici n'est à moi. C'est un peu particulier ici. Si tu veux bien je t'expliquerais lorsque tu auras rencontré le troisième locataire. Neji but une gorgé de thé. Mais dis moi ça fait un bout de temps que ta sœur est parti. Tu ne t'inquiètes pas. »
Naruto haussa les épaules et se saisi d'une tasse.
« Elle a dû se perdre. Où alors elle a suivi le responsable jusqu'à chez lui pour qu'il cède à sa demande. »
Il souffla sur liquide chaud et porta la tasse à ses lèvres.
La porte d'entrée s'ouvrit brusquement et la rose entra en hurlant, faisant sursauté Neji. Naruto, lui resta de marbre, habitué aux entrées fracassantes de son amie.
« Dites bonjours à votre nouvelle voisine ! » s'exclama-t-elle en sautillant joyeusement.
Naruto leva les yeux au ciel tandis que le rire de Neji caressa ses oreilles. L'attention de Sakura fut aussi attirée par ce joli son.
« Alors, qu'as-tu inventé cette fois?
- Le coup basique mon cher Naruto, dit-elle en se redressant fièrement. J'ai trouvé le responsable et je lui ai dit qu'il était hors de question qu'une gentille fille comme moi, vive dans cette partie du campus remplie de dévergondés.
Là, il m'a regardé avec des yeux rond et moi j'ai lancé: Faites pas comme si vous ne saviez pas! Il a griffonné sur un papier, mais ne semblait toujours pas convaincu alors je lui ai parlé des avantages qu'il avait accordé à une certaine petite rousse l'année dernière.
- Quelle rousse ? la coupa Neji très intéressé par son histoire.
- Y a pas de rousse! Enfin si sûrement, vu comme il a blêmit et qu'il m'a laissé choisir une chambre. Maintenant il faut vite que je m'installe avant qu'il ne réalise que je n'étais pas là l'année dernière et que j'habite à l'autre bout du pays. »
…
Sasuke arriva au dernier étage de la résidence. Le couloir était désert, pas d'Inuzuka en vue. Il accéléra le pas, ce crétin était capable de surveillé les allées et venues de ses voisins. Pourtant lorsqu'il arriva prêt de son appartement, il ralentit. La porte était entrebâillée, et il put entendre des éclats de voix et des rires provenant de son salon.
Il reconnut celui de Neji mais les deux autres lui étaient inconnus.
Comment Neji avait pu inviter du monde chez eux, il savait pertinemment qu'il détestait ça.
Passablement énervé, il poussa violemment la porte, décidé à en découdre avec son ami.
Il entra dans le salon et sa détermination tomba en lambeaux lorsque ses yeux rencontrèrent deux océans bleus le dévisageant stupéfiés. Son cœur s'accéléra et ses mains devinrent moites.
Bordel de merde qu'est-ce qu'il foutait là.
