Je sais c'est incroyable, inconcevable, irréel, mais pourtant bien vrai : CLIO A REPUBLIE UN CHAPITRE D'UNE FIC ! Bon, je sais que la plupart d'entre vous (du moins ceux qui espèrent encore, qui ne l'ont pas oubliée, ou qui ne sont pas en vacances) attendent la suite du "Grand Réveil", mais je suis présentement devant, en train d'agencer un dialogue déjà écrit mais non satisfaisant. Vous pouvez donc espérer une suite d'ici la fin du mois... De toute façon après je m'envole pour 5 mois en Asie alors, ça serait bien que vous ayez la fin avant !
En attendant, la suite du baiser le plus catastrophique de toutes les fics, qui j'espère fera plaisir à MissSheppardney, et à ceux qui seraient toujours intéressés par cette fic !
- Permission de parler librement Major ?
- Quoi ?
Je me tourne vers le capitaine Burns, venu m'accueillir à ma sortie du Dédale. Je ne comprends pas trop ce qu'il me raconte, je viens juste de débarquer sur Atlantis.
- Vous avez une sale tête.
- Ah… Merci capitaine.
Nous sommes restés en orbite autour de la planète deux jours encore, puis nous sommes rentrés aujourd'hui. L'équipe de Burns et des infirmiers, restée au sol, est revenue un jour avant nous. Il y a eu un imprévu en fait : les dirigeants du gouvernement de la planète, faisant preuve d'un héroïsme spectaculaire, n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'appeler les Wraiths quand ils ont vu que la rébellion allait les renverser. Heureusement que le Dédale était là : nous avons à présent de nouveaux alliés-les rebelles maintenant au pouvoir-et un vaisseau-ruche ennemi en moins.
- Allons tout de suite voir le docteur Weir. Je lui fais mon rapport et je retourne me coucher…
- Ca ne va vraiment pas Major ?
- Non.
Je dois avoir des cernes énormes, les cheveux collés par la fièvre et le teint cireux : ma blessure s'est infectée, je me réveille tout juste de 24 heures passées avec 40° de fièvre. Ajoutez à cela une plus grande douleur encore au niveau du cœur, causée par ma bêtise et par une femme, et vous aurez un Major Lorne on ne peut plus pitoyable.
- Vous étiez de ceux qui ont poursuivit les darths en F-302 Major ? On vous a vus depuis le sol, vous avez fait un travail super !
- Non, j'étais à l'infirmerie sous morphine, Caldwell n'a pas voulu que je pilote, j'étais complètement shooté : c'étaient des gars du Dédale.
Burns se tait enfin, il doit sentir que je ne suis pas d'humeur, ni d'attaque pour l'écouter s'enthousiasmer.
En nous dirigeant vers le bureau de Weir je reste silencieux. Je risque de revoir Eva : elle est dans la Cité, revenue avec Burns. Dans mon délire post-infectieux, j'ai eu le temps de beaucoup repenser à la journée qui a tout gâché entre nous, et suis parvenu à la conclusion que si j'avais bien une énorme part de responsabilité dans l'affaire, elle avait aussi fait preuve d'une mauvaise volonté terrible.
OK, j'ai été plutôt brusque, je me suis énervé, mais c'était pour nous sauver la vie. Si elle ne l'a pas compris, je ne peux rien pour elle. C'est vrai que j'ai aussi complètement déconné à partir du moment où j'ai été blessé, et là je n'ai pas d'excuse. Je ne peux pas non plus lui demander de me comprendre : je suis un militaire, j'aurais du réagir différemment. Même si, bon, je reste un homme…
En même temps, je lui ai demandé pardon. Et elle me l'a refusé. Elle est butée ? Elle s'arrête à la première impression ? Tant pis pour elle, ça prouve qu'on n'avait pas à être ensemble. Si elle ne veut pas faire d'effort, je ne vais pas en faire pour elle non plus. Une autre possibilité est envisageable : en fait elle a rencontré quelqu'un pendant le mois et demi où j'ai été absent, et elle ne sait plus quoi faire de moi qui m'accroche. Je pencherais pour l'infirmier.
Et du coup, je commence à légèrement lui en vouloir, à elle, au moins dans les moments où je dépasse les 39°, parce que ce n'est pas que de ma faute. Je n'arrive pas à la détester, mais je voudrais bien, je serais moins malheureux et plus détaché. Pourtant j'étais tellement sûr que nous deux…
Nous arrivons en salle de commandement. Weir est en pleine discussion avec Caldwell, je dois attendre mon tour. En bas de l'escalier, devant la Porte, c'est l'effervescence. Burns m'explique qu'une équipe médicale, supervisée par Beckett, va repartir vers la planète aider les habitants. Il ajoute que les infirmiers qui y sont déjà allés y retournent, et quelques militaires. Je me mets immédiatement à chercher Eva des yeux.
- Ca va Major ?
Ca c'est Leonetti. Je lui réponds « non » sans même un regard, et n'ajoute rien de plus.
- … C'est rare de vous voir de mauvaise humeur…
- Fermez-la sergent.
C'est rare aussi que je le dise ça. J'entends derrière moi Burns tenter de justifier mon comportement à mon subordonné : je suis malade, en plus j'ai une affreuse blessure de guerre, etc…
Je la vois ! En contrebas : elle vient de monter sur l'esplanade de la Porte, prête à partir. Mon cœur fait un bon terrible, il se remet à battre la chamade et cela m'épuise : depuis deux jours, à cause de la fièvre et de mon ruminement, il bat à cette vitesse. C'est éreintant. Je suis loin d'être encore guéri d'elle.
Elle dépose son sac à dos avec les autres et fait quelques pas en tournant la tête à droite et à gauche, comme si elle cherchait quelqu'un. Mon cœur bat encore un peu plus fort. Elle s'arrête, fixant quelque chose, et se rapproche rapidement d'un homme en uniforme du service de Santé. Encore cet infirmier. Il est en train de discuter avec Reiben. Elle se met à parler avec eux. Je voudrais pouvoir tourner le dos et l'oublier, mais j'ai besoin de savoir, même si je sais que la regarder comme ça ne m'apprendra rien. Elle leur fait un petit signe pour les remercier et monte les escaliers, vers l'étage où je suis. Cette fois je me retourne brusquement, pour discuter avec Burns et Leonetti, totalement dépassés par ma façon d'agir.
- Vous avez fait votre rapport à Weir, capitaine ?
- Heu… Oui Major. Elle a aussi interrogé miss Hallberg, l'infirmière allemande qui s'est retrouvée avec vous, pour savoir comme ça avait été de votre côté, mais je crois qu'elle préfèrerait un avis militaire. C'est pour ça qu'elle veut vous voir.
- Très bien.
- Ca a été, avec la miss Allemande ? demande Burns. On n'a pas eu trop de retour de sa part…
- Ben… Ca aurait pu être mieux, vous pouvez vous en douter, mais…
- Evan ?
On se retourne tous les trois. ELLE est là, à trois pas de nous, comme si elle n'osait pas approcher plus. Il y a un moment de flottement. Elle hésite :
- Excuse-moi, je ne voulais pas vous déranger…
- Non non mais pas de problème ! J'attends juste de voir Weir pour faire mon rapport…
Elle hésite encore. Pourquoi j'ai le cœur qui bat si vite et pourquoi je continue à la dévorer des yeux alors que je m'étais dit que je lui en voulais, au moins un petit peu ?
- On m'a dit que le Dédale était arrivé. Je retourne bientôt sur C8G067 alors je voulais savoir, m'assurer que tout… Ca va ?
- Oui ! Oui oui…
Elle reste toujours à distance et je ne m'avance pas. Burns et Leonetti me regardent bizarrement.
- Vous avez un peu de temps avant de voir le docteur Weir, Major…
- Hein ?
Burns secoue la tête et prétexte avoir oublié de dire quelque chose à Reiben pour s'éloigner, entraînant Leonetti avec lui. Je suis seul face à Eva, dans une salle pleine de monde. Elle se rapproche.
- On m'a dit que tu avais été malade ?
- Oui… Oui ma blessure s'est infectée.
- Oh…
Nous voilà à nouveau incapables de parler. Je ne sais même pas quoi dire ni quoi faire, je reste les bras ballants. Pourtant elle a l'air de vouloir discuter, qu'est-ce que je suis censé comprendre ?
- On a vu un vaisseau terrien se faire tirer dessus par un darth et s'écraser… fait-elle.
- Oui on a pu récupérer le pilote. Il va bien.
Silence à nouveau. Weir sort de son bureau avec Caldwell et demande l'ouverture de la Porte. Tout le monde se rassemble. Encore une minute et elle part. Ca ne fait que la deuxième fois que ce genre de situation se produit depuis qu'on se connaît. Si j'avais su, la première fois j'aurais agi.
Je dois dire quelque chose :
- Eva…
Rien. J'ai encore de la fièvre et pas les idées claires. Le premier chevron s'enclenche, elle se met à parler :
- J'ai eu peur pour toi.
Je me tais, prêt à écouter la suite tandis que les autres chevrons s'activent.
- J'ai pensé à toi quand j'ai vu l'appareil se faire descendre, j'espérais que tu ne sois pas aux commandes et… Je suis contente que tu ailles bien.
A nouveau un vide. J'ai cru un instant qu'elle tenait vraiment à moi, et puis cette dernière phrase me fait penser à une simple politesse. Peut-être qu'elle s'en veut un peu de m'avoir déçu. Pour le coup c'est pas plus mal qu'elle reparte alors.
- Tu as pu revoir Kaidal ?
- Oui, il a retrouvé ses parents. Ils sont rentrés chez eux.
- C'est bien alors… Si tu le revois tu lui diras bonjour de ma part.
- Entendu. Tu as été super avec lui, Evan. Vraiment génial.
Le vortex s'ouvre. Je ne veux pas qu'elle continue à me consoler en affirmant que j'ai quand même fais un truc de bien ce jour-là. Je finis par lui dire qu'il va falloir y aller, gentiment, et elle fait un ou deux pas en arrière, sans me quitter des yeux. Au moment où je la vois tourner des talons, je baisse la tête de dépit en me répétant que je suis trop bête, puis d'un coup j'entends ses pas précipités revenir vers moi.
- Eva ?
- Oh et puis mist !
Elle ne s'arrête même pas et m'enlace dès qu'elle arrive à ma hauteur. Je n'en reviens pas : elle a ses bras autour de mes épaules et me serre avec force. Je respire à nouveau son parfum, j'en ai presque les larmes aux yeux, mais je crois que c'est à cause de la fièvre. Je finis par poser aussi mes mains sur son dos –je n'ose pas m'aventurer plus bas- et elle me murmure.
- Je me suis vraiment inquiétée, Evan. Vraiment inquiétée.
Je ne sais pas quoi dire. Elle continue :
- Je t'ai attendu un mois et demi et je ne voulais pas… Pas comme ça, tu comprends ?
Non je ne comprends pas. Je ne sais pas ce que je dois comprendre.
Elle a dit « attendre » ? Mais au passé ?
Elle se recule, elle peut voir dans mes yeux que je suis dépassé. Je ne souris pas, elle si, un petit peu, mais c'est timide, ou alors triste. On l'appelle en bas. Elle hésite, et fait alors quelque chose qu'elle n'a jamais fait avec moi. Elle se met sur la pointe des pieds, approche son visage du mien et m'embrasse rapidement.
Sur la joue. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle veut que je l'excuse pour son comportement et qu'on reste bons copains, ou alors si c'est pour me faire passer un message qu'elle n'a pas osé formuler autrement dans cette salle pleine de monde, alors qu'une équipe l'attend plus bas. Je suis cette fois totalement perdu.
Rouge pivoine, elle m'adresse un dernier sourire puis descend quatre à quatre les escaliers pour prendre son sac à dos, tendu par l'infirmier que j'abhorre. Elle disparaît.
Je reste un instant bêtement à contempler la Porte refermée. Le monde autour de moi s'est arrêté. Je suis seul, éberlué, la tête pleine de questions et de peur : qu'attend-elle de moi à son retour ? Ne suis-je pas en train de vivre un délire fiévreux ?
- Et ben vous n'avez pas du vous embêter pendant que vous étiez avec elle, Major. Je comprends mieux pourquoi vous avez mis autant de temps à nous rejoindre !
- Leonetti la ferme ! fait Burns derrière moi.
- Désolé Major.
Je finis par me tourner vers eux :
- Vous voulez rester dans mon équipe, sergent ?
- Heu… Je préfèrerais, Major.
- Alors Burns a raison : il faut vraiment que vous appreniez à la fermer.
Je jette un coup d'œil à Weir, qui discute avec Caldwell devant les commandes. Je ne sais pas s'ils m'ont vu avec Eva… Enfin, je sais que ça ne dérange pas trop Weir. Je file faire mon rapport –je suis venu pour ça aussi- et puis j'irai me recoucher. Quand je dors, ça m'évite de penser.
Et voilà. Bon c'est pas la fin, il reste un chapitre (mais vous vous en doutiez je pense), la dernière partie de cet "Aveu". Depuis "Le Baiser", j'ai renoncer à faire des "tableaux" en un seul chapitre...
