Hey, bonjour à tous ! Oui, je sais ça fait super longtemps que je n'ai pas udapté cette fic, mais bon, mieux vaut tard que jamais, non ? ;)
Pour me faire pardonner, l'épilogue viendra très vite, dans moins d'une semaine, je pense, promis.
Merci encore à tout le monde pour les reviews, ça me fait super plaisir, et merci à dany d'avoir corrigé ce chapitre !
Bisous, à bientôt.
Je reposai la lettre, abasourdi. J'avais une heure pour trouver Sirius en échange de ce que j'avais de plus précieux.
Il n'y avait pas de temps à perdre, et pourtant je n'arrivais pas à trouver ce que j'avais de plus précieux. Je retournai le problème dans tous les sens, mais rien à faire, je ne trouvais pas. Était-ce un bien matériel, un bijou, ma cape d'invisibilité ? Hedwige ? Une personne ?
Il fallait que j'en parle à Hermione, mais tout d'abord, je devais revêtir quelque chose de plus chaud. Je mis ma cape, enfilai un bonnet, mais il fut impossible de retrouver mon écharpe.
« Ce n'est pas vrai ! Je l'ai mise il y a encore deux jours ! » râlai-je. Alors que je continuais à pester intérieurement, j'abandonnai ma recherche – tant pis –, et me dirigeai vers le dortoir des filles. En chemin, je me reconcentrai sur la lettre. Alors que dans mon esprit ma précieuse chouette me paraissait être la réponse la plus plausible, j'arrivai au pied des escaliers.
« C'est bien ma veine, pensai-je, je ne peux pas monter ! » Foutu règlement ! Comment allais-je faire pour rejoindre Hermione ? Peut-être qu'avec cette mission, Dumbledore m'avait laissé un passe droit...
Je m'avançai vers l'escalier, prudent, mais à peine avais-je posé le pied sur la première marche que celle-ci se déroba sous mes pieds, me faisant ridiculement tomber par terre. Me relevant, j'époussetai mes vêtements puis je vis l'escalier retrouver son état d'origine. Si seulement Hermione pouvait descendre...
- Mr Potter ! Gronda une voix derrière moi.
Je me retournai et vis, effrayé, McGonagall s'approcher de moi.
- Que faites-vous dans les couloirs à une heure aussi avancée de la nuit ? Fit-elle, furieuse, tandis qu'elle réajustait sa cape afin de ne pas laisser entrevoir sa robe de chambre.
- Je… Eh bien, j'attends Hermione, bafouillai-je, ayant convenu que l'honnêteté paierait peut-être.
- Vous vouliez la rejoindre dans sa chambre ? Cela a-t-il un rapport avec votre mission, Potter ? demanda-t-elle, en plissant les yeux.
- Eh bien oui, évidemment ! Rougis-je malgré moi.
Voyant qu'elle n'était pas tout à fait convaincue, je sortis la lettre de ma poche, et la lui montrai.
Elle la prit de mes mains d'un geste sec, et commença à la lire. Je vis ses yeux s'écarquiller tout au long de sa lecture, tandis qu'elle plaqua une main contre sa bouche.
- Oh, seigneur, murmura-t-elle. J-Je vais vous laisser monter dans le dortoir des filles, Potter.
Elle sortit sa baguette de sa cape, et marronna une incantation que je ne reconnus pas. Puis, elle se tourna vers moi et m'annonça que je pouvais désormais monter l'escalier sans risquer de tomber.
Après que je l'eus remercié, je montai les marches. Ayant presque atteint la porte, j'entendis McGonagall chuchoter si bas que je crus que mon imagination m'avait joué un tour.
- Soyez prudent, Potter. Ramenez-nous-la en vie.
Ramenez-nous-la en vie... Parlait-elle de la chose que je devais amener à Voldemort ? Hedwige ? Pourquoi McGonagall se soucierait-elle autant d'elle ?
La vue de la porte du dortoir des filles interrompit mes interrogations. Je posai prudemment ma main sur la poignée et entrai silencieusement, sur la pointe des pieds. Je jetai un coup d'œil aux sorcières endormies, mais pas un bruit ne se faisait entendre. En même temps, si tard dans la nuit, le contraire aurait été étonnant.
J'observai alors la pièce. Le dortoir des filles était somme toute semblable à celui des garçons, avec cependant une disposition des lits différente sans compter la présence en plus d'une petite cheminée. Il y flottait une étrange odeur de fleur et d'orange, sûrement un résultat du mélange des différents parfums que chacune devait porter.
Je m'avançai entre les couchettes, en marchant toujours le plus doucement possible. N'étant jamais venu là auparavant, je ne savais pas où Hermione couchait. Finalement, au bout d'une minute à peine, je finis par repérer sa longue chevelure brune dépassant d'une couverture. Je m'approchai doucement, et m'agenouillai au niveau de sa tête, faisant attention de ne pas bousculer sa tablette tablette où étaient disposés des petits bibelots, sa baguette et un verre vide.
D'Hermione n'émanaient ni bruit ni ronflements. Ses cheveux étaient disposés joliment autour de son visage tourné sur le côté, et dans ses mains elle tenait une écharpe de Gryffondor. Attendez une minute… C'était MON écharpe ! Il fallait que je la récupère ! Je m'apprêtai à tendre mon bras vers elle, mais me stoppai dans mon geste, car la vision d'Hermione tenant contre son cœur mon écharpe provoqua en moi une sensation étrange… Je repensai alors à notre presque baiser de la veille…
Soudain dans un lit voisin, j'entendis quelqu'un remuer, se retournant dans son lit. Je n'avais pas beaucoup de temps, il fallait que je la réveille. J'approchai doucement ma main de son bras, et la secouai légèrement.
- Hermione, murmurai-je, réveille-toi.
Je me perdis un instant dans sa contemplation. Elle était si belle, même endormie. Les mots de McGonagall me revinrent en tête. « Ramenez-nous-la en vie »... Et si la chose que j'avais de plus précieuse était Hermione ? Après tout, elle était ce dont je me souciais le plus, bien que le terme « chose » soit quelque peu déplacé. Eh bien, même McGonagall semblait l'avoir compris avant moi.
Je lui caressai doucement la joue, mais elle était si endormie qu'on aurait dit qu'elle était de nouveau pétrifiée comme en troisième année. Attendez…
- Hermione, répétai-je, plus insistant cette fois, un affreux doute germant dans mon esprit. Hermione !
Je la remuai légèrement, mais rien n'y faisait, elle semblait amorphe. Je me levai, me rendis dans une petite salle de bain annexe afin d'y remplir le verre vide d'eau, et revins près d'elle.
- Désolé, fis-je tout haut, avant de renverser le contenu du verre sur la sorcière. Celle-ci ne broncha pas et ne bougea pas d'un cil sous l'impact de l'eau.
Son teint pâle et son effrayante immobilité accentuèrent mon impression de malaise.
- Oh merlin…
Je pris sa main dans la mienne, et vérifiai son pouls, qui battait à un rythme beaucoup plus lent que la normale. Non, elle n'était pas pétrifiée, mais quelqu'un lui avait lancé un sort, de toute évidence. Mes yeux se posèrent sur le verre que je venais d'utiliser, et qui était posé sur son chevet quand je suis arrivé. Ou alors, on lui avait fait boire quelque chose, une potion qui lui fait ralentir son rythme cardiaque. Ralentir, jusqu'à tuer ?
« Ne pas paniquer, ne pas paniquer… » répétai-je en boucle, comme un adage, tout en respirant de grandes bouffées d'air pour me calmer. Qu'est-ce qu'Hermione ferait à ma place ? Chercherait-elle immédiatement un moyen d'annihiler le poison, ou bien se concentrerait-elle uniquement sur la mission ? Car après tout, plus les minutes s'égrenaient, plus mes chances de retrouver Sirius en vie s'amenuisaient.
Sirius… Hermione…
« Au sombre endroit chargé de souvenirs,
Ce que tu as de plus cher tu devras me donner.
Harry Potter, prépare-toi à vivre le pire,
Et le seul qui te reste tu pourras retrouver. »
Le dernier quatrain de la lettre me revint en tête. Fallait-il que je donne la vie de Hermione en échange de celle de Sirius ? Quel fourberie !
« Seulement, si le poison dans ses veines la tue, cela ne serait pas en faveur de Voldemort, réfléchis-je. Hermione a beaucoup plus de valeur à ses yeux vivante que morte. » La réponse à ma précédente question vint alors : ce qu'Hermione aurait fait à ma place aurait été de continuer la mission. Voldemort ne pouvait se permettre de faire tuer la sorcière avant sa capture, auquel cas elle ne lui serait d'aucune utilité. Elle survivrait sûrement, mais Sirius, rien n'était moins sûr.
Je m'assis au bord du lit, au côté de la jeune femme, et, tenant sa main, réfléchis à ce lieu de rendez-vous.
« Au sombre endroit chargé de souvenirs »…Que cela pouvait-il être ? Je ressassai dans ma tête tous les lieux que je connaissais où des choses sinistres s'étaient produites.
« La chambre des Secrets ? Non, c'est beaucoup trop difficile d'accès par Voldemort.
Dans l'arène des dragons, du Tournoi des Trois Sorciers ? Non, pas assez significatif.
Le cimetière des Jedusor ? Si c'est le cas, comment faire pour y retourner ? Little Hangleton est très loin de Poudlard, et faire un long chemin en balai tout en portant Hermione dans mes bras risque d'être difficile.
Godric's Hollow ? Cela serait cohérent, car c'est là où tout à commencé, là où Voldemort a scellé le sort de mes parents, là où sont mes plus sombres souvenirs… »
- Mais oui ! Hermione, c'est ça ! m'exclamai-je, en secouant son bras. C'est là bas qu'il faut aller !
Mais, pareil, comment s'y rendre ? Il n'y avait pas de Portoloin disponible, sans compter que je ne pouvais transplaner dans l'enceinte de Poudlard. Fallait-il vraiment que j'aille quémander l'aide de Dumbledore ?
Je me levai d'un pas vif, bien décidé à ne pas perdre plus de temps. J'abandonnai la chaleur du dortoir à regrets, et me dirigeai vers la porte.
- Je reviens bientôt Hermione, promis.
Je tapai trois légers coups à la porte du bureau du directeur de Poudlard. En attendant qu'il m'ouvre, je repris mon souffle. Je sortais tout juste d'une course effrénée dans tout le château, et mes points de côté me faisaient réellement souffrir. Soudain, la porte devant moi s'ouvrit, et je vis Dumbledore apparaître, le teint blafard et vêtu d'une robe de chambre bleu nuit, et d'un bonnet pour dormir agrémenté d'une étoile à son extrémité.
- J'espère que je ne vous réveille pas, fis-je timidement.
- Raté, dit Dumbledore, sans même l'esquisse d'un sourire sur son visage. Que puis-je faire pour toi mon garçon ?
- Eh bien, commençai-je, je dois me rendre à Godric's Hollow, mais je n'ai aucune idée de comment faire. J'ai pensé que vous pourriez peut-être m'aider.
Le sorcier ne répondit pas et se contenta de me regarder fixement par-dessus ses lunettes en demi-lune durant quelques longues secondes. Finalement, il releva la tête et haussa les épaules.
- Je ne peux rien faire pour toi, Harry, fit-il. Tu as une mission, tu dois la réussir par tes propres moyens. C'est ainsi que Tu-Sais-Qui l'a voulu. Le contrarier ne pourrait qu'accroître sa colère et des choses fâcheuses pourraient en découdre. Sur ce, bonne chance.
Sur ces mots il referma doucement la porte, mais je parvins à coincer mon pied entre celle-ci et le mur avant qu'elle ne se ferme complètement.
- Attendez ! M'exclamai-je, plus fort que je ne l'aurais voulu. Vous devez m'aider ! Vous ne pouvez pas me refuser votre aide sous prétexte que ce n'est pas écrit dans les règles !
Dumbledore se retourna lentement vers moi, presque effrayant.
- Je ne peux pas t'aider. Tu dois y aller par tes propres moyens. Maintenant j'aimerais bien finir ma nuit, si tu le veux bien.
- Professeur, des vies sont en jeu ! M'énervai-je soudain. Hermione est actuellement entre la vie et la mort, et Sirius ne vas pas tarder à périr lui aussi, alors si sauver des vies vous importe au moins un peu, vous devez m'aider !
- Non, Harry.
Sur ces mots, il rentra définitivement dans son bureau.
Je m'assis sur les marches de l'escalier le plus proche et me pris la tête entre les mains. Qu'allai-je faire ? Si Dumbledore ne pouvait pas m'aider, c'était fichu.
« Je ne parviendrai jamais à Godric's Hollow avant que Voldemort ne s'impatiente et ne tue mon parrain. »
- Cessez de geindre, Potter, cracha une voix.
Je relevai la tête, et à ma plus grande surprise vit Rogue me surplombant.
Avant que je ne puisse dire un mot, il m'aida à me relever et me chuchota des mots dans l'oreille.
- Je peux vous aider, Potter. Le professeur McGonagall m'a prévenu que vous deviez rendre à un endroit particulier, en compagnie de Miss Granger, si j'en crois ses dires.
- Vous allez vraiment m'aider ? murmurai-je, étonné d'une telle proposition.
- Oui, grogna-t-il. Ne me le faites pas dire deux fois. Je ne suis ici que grâce à Minerva. Toujours est-il que vous venez de vous faire lamentablement jeter du bureau de Dumbledore, ce n'est que ma pitié à votre égard qui me pousse à vous aider.
- C'est trop aimable, professeur, balbutiai-je.
- Où devez-vous vous rendre, Potter ? me demanda-t-il, feignant de ne pas avoir entendu ma précédente phrase.
- A Godric's Hollow.
- Très bien. Minerva est en train de préparer un Portoloin, nous n'avons plus qu'à lui indiquer la destination. Suivez-moi, Potter.
Nous marchions depuis quelques minutes dans un silence de plomb, quand je me décidai à poser la question qui me trottait en tête depuis un moment.
-Professeur, pourquoi m'aidez-vous ?
Rogue ralentit le rythme de ses pas, et me regarda longuement de ses yeux perçants.
Finalement, il secoua la tête, et repartit plus vite.
- Quel idiot, marmonna-t-il.
" Quel idiot ? " Avais-je bien entendu ?
- …Pourquoi ? dis-je soudain, la colère montant en moi. Pourquoi suis-je idiot ?
Le professeur resta de marbre, et, arrivé devant une porte en bois, posa sa main sur la poignée.
- Répondez-moi ! J'ai l'impression que tout le monde me cache des choses ces temps-ci, alors expliquez-moi si il y a quelque chose qui m'échappe !
- Ecoutez, Potter, s'exclama-t-il en retirant sa main de la poignée. Pensez-vous vraiment que nous vous aurions laissé vous rendre à Godric's Hollow, seul, en pleine nuit, pour affronter le Seigneur des Ténèbres ? Il faut être un idiot pour le croire !
C'est vrai… Il n'avait pas tort… Pensais-je vraiment que ce serait le cas ?
Imaginais-je vaincre Voldemort, sauver Hermione et Sirius tout seul ? Mais n'était-ce pas là ce que Dumbledore et Voldemort voulaient que je fasse ?
- Potter, cessez de ruminer vos pensées, et entrez donc ! me poussa Rogue vers la porte maintenant ouverte.
Entrant, je vis le professeur McGonagall debout près de son bureau, et Hermione, toujours inconsciente, reposant dans un fauteuil.
- Votre Portoloin, Mr Potter, pour vous rendre à Godric's Hollow, fit-elle en me montrant d'un geste un vieux pneu qui trônait au milieu de la pièce. Il se déclenchera dans 10 minutes.
- Merci, professeur. Néanmoins, Dumbledore voulait que j'y aille par mes propres moyens…
- Il est de mon devoir d'aider tout élève de Gryffondor qui en éprouve le besoin, me répondit-elle avec un sourire.
La directrice de ma maison détourna ensuite son regard vers la jeune sorcière.
- Après votre départ du dortoir des filles, je me suis débrouillée pour transporter Miss Granger ici même.
J'avançai alors vers Hermione. Je m'agenouillai à la hauteur de son fauteuil, et lui dégageai des mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage.
- On l'a empoisonnée, intervint le professeur de potion, après quelques secondes de silence. Rien de bien méchant, une simple potion qui endort, comme si la personne était dans un profond coma. Un contre poison injecté d'ici trois heures contrecarrera l'effet.
J'acquiesçai d'un mouvement de tête.
- Vous ne pouvez pas le lui donner ?
- Si le seigneur des Ténèbres a fait empoisonner Miss Granger, c'est qu'il y a une raison ; sûrement pour qu'elle ne puisse pas combattre à vos côtés, Potter. Bien que son aide serait indubitablement utile, je crains que de l'emmener en pleine santé ne soit pas une bonne idée.
- Vous avez raison… Grinçai-je. Voldemort me fait jouer à son petit jeu, et si je ne respecte pas les règles et ma part du contrat, il ne respectera pas la sienne non plus.
- Tout à fait, Potter. Nous n'avons pas le choix, nous ne devrons réveiller Miss Granger qu'à votre retour.
- Et si… réfléchis-je tout haut. Et si vous lui administrez une potion pour la réveiller dans une heure, ou même moins ? Vous voyez, pour qu'elle soit endormie au moment de l'échange avec Sirius, mais pour qu'ensuite elle puisse se réveiller au moment fatidique, où Voldemort ne soupçonnera rien ?
Rogue me regarda d'un œil nouveau, presque intéressé.
- Vous n'êtes pas si idiot que ça, finalement, cracha-t-il de son habituel ton cinglant, mais néanmoins une petite lueur étonnée dans ses yeux. Je dois avoir quelque chose comme cela dans ma réserve.
Puis il s'adressa à la professeur de métamorphose.
- Je ne serai pas long.
Deux minutes passèrent, silencieuses, où McGonagall prit Hermione dans ses bras et me la tendit avec délicatesse. Enfin, Rogue revint, essoufflé, une petite fiole dans la main. Il s'approcha d'Hermione, et d'un geste très délicat, décapsula la bouteille et en versa trois gouttes de son contenu sur sa langue. Comme prévu, aucun changement n'eut lieu, la sorcière restant inanimée.
- Cela devrait faire effet dans une vingtaine de minutes. Surtout, faites attention à n'éveiller aucun soupçon.
- 30 secondes, Potter, intervint alors Minerva. Surtout, soyez très prudent, Voldemort ne sera peut être pas seul. Nous prendrons le prochain Portoloin d'ici une demi-heure. Pour le moment, il vaut mieux suivre les règles qu'il a fixées, et que vous apparaissiez seuls. Un dernier conseil, ne perdez pas de temps.
- Merci pour tout, professeurs.
- 10 secondes…
Je me rapprochai du pneu, et pris la main de Hermione dans la mienne, afin de la tendre vers le Portoloin.
- Faites attention à Miss Granger, Potter ! m'avertit Rogue.
Clic. Le signal. Aussitôt, je touchai l'objet, et nous fûmes emportés dans un tourbillon. Écrasés, aplatis, étendus, tournoyant au dessus du vide pendant une dizaine de secondes.
Enfin, ça s'arrêta, et nous atterrîmes brutalement sur le sol, par chance parsemé de paille. Je jetai un coup d'œil à Hermione, elle était toujours inerte, sa main dans la mienne. Je hissai son corps frêle dans mes bras et nous relevai tous les deux. Nous étions dans une petite grange, probablement abandonnée, à la lisière de la ville. Le jour n'allait pas tarder à se lever, une heure ou deux, tout au plus.
L'avertissement de McGonagall me revint en tête. « Ne perdez pas de temps. » Il fallait marcher vers le centre ville, et vite.
Sur le chemin, pas un bruit ne se faisait entendre. Rien, pas de bruits d'activités humaines, ou même de battement d'ailes d'un oiseau. C'était un silence presque étouffant. Seuls mes pas troublaient la quiétude de la nuit.
Même arrivés au cœur du village, les habitations paraissaient vides de vie. C'était une atmosphère glaçante, et ça n'annonçait rien de bon.
Je tournai la tête et reconnus mon ancienne maison, désormais en ruines. Ce n'était pas le moment de flancher, et pourtant une vague de tristesse me submergea soudain.
Le lieu où tout a commencé…
Je n'étais jamais revenu à Godric's Hollow depuis ce fameux jour il y a des années, et de me retrouver à cet endroit en ces circonstances ne faisait qu'augmenter la douleur. Des bribes de souvenirs me revinrent alors en tête. Mon père me tendant une cuillerée de purée, ma mère en train d'envoyer un hibou, ma mère, encore, me disant de rester fort, juste avant qu'elle ne…
Non. Ces souvenirs n'étaient pas réels. Comment aurais-je pu me souvenir de choses si lointaines ? Ce n'était que mon imagination. Des souvenirs que je m'étais forgé, faute d'en avoir de réels…
- J'aurais aimé que tu sois à mes côtés en ce moment, Hermione, chuchotai-je à la jeune sorcière dans mes bras d'une voix lourde d'émotion.
- Harry Potter… S'exclama une voix traînante derrière moi.
Je me retournai dans un sursaut. Voldemort se tenait à l'entrée du cimetière de la ville, sa baguette dans sa main, seul.
- On est sentimental ? se moqua-t-il d'une voix doucereuse, détachant chaque mot avec attention.
J'essuyai avec fureur la larme traîtresse qui avait coulé sur ma joue.
- Ravi de te revoir, Tom, fis-je, en empoignant discrètement ma baguette dans ma main. Où est Sirius ?
Il se décala, et je pus voir une silhouette masculine derrière lui, cachée dans l'ombre.
- Harry, murmura-t-elle, et je reconnus immédiatement la voix de mon parrain. Harry…
- Libérez-le ! m'écriai-je.
- Avant, il faut que tu me donnes la fille. D'ailleurs, je vois que tu as su déchiffrer à merveille mes petites énigmes, ricana-t-il. Amusantes, n'est-ce pas ! Une idée de Lucius. J'avais espéré, à vrai dire, que tu échoues. Torturer Lupin, Maugrey et les autres fut particulièrement stimulant, mais pour la vie de Granger, je suis prêt à faire quelques concessions.
- Pourquoi voulez-vous Hermione ? Demandai-je, soudain étonné de cet acharnement dont il faisait preuve pour l'avoir.
- Elle me serait très précieuse… Elle connaît tous les petits secrets de Dumbledore et de l'Ordre. Mais surtout, elle est faible. Elle me délivrera tout ce que je veux savoir en un rien de temps, déclara-t-il, avant de faire un sourire qui fit ressortir ses affreuses dents.
- Je vous interdit de traiter Hermione de faible, menaçai-je, entre mes dents. Maintenant, libérez Sirius !
- La fille, d'abord.
Je baissai les yeux sur elle, paisible dans mes bras. Un pas. Je faisais un pas et je retrouverai mon parrain. Ma famille, ma seule famille…
- C'est ça, Harry, encouragea Voldemort, du même sourire malsain. Donne-la moi.
Soudain, un sentiment d'égoïsme mêlé à de la culpabilité me frappa de plein fouet. Comment pourrais-je livrer Hermione ? En faire une monnaie d'échange ? Je tenais tellement à elle ! Et si Voldemort la torturait, ou même la tuait ? Cette pensée était inimaginable.
Un autre sentiment me frappa, d'un coup, à la perspective de sa mort. De l'amour. Mais pas de l'amour fraternel comme tout le monde semblait nous l'attribuer.
- Je t'aime tellement, murmurai-je à son attention.
Et c'était la première fois que je me l'avouais.
- Donne moi la fille, et il ne sera fait aucun mal à Black, répéta Voldemort, la main tendue.
- Jamais, fis-je, tout en lançant un Expelliarmus en sa direction.
Voldemort contra le sort, et toute trace de sourire s'évanouit de son visage.
Il me lança immédiatement un doloris, mais je ne fus pas assez rapide pour le contrer. Je fermai les yeux, me préparant à accueillir la douleur, mais rien ne vint. Rouvrant les yeux, je vis avec effroi le corps d'Hermione se convulser et tomber de mes bras.
- Arrêtez ! Arrêtez ! Criai-je en me précipitant sur elle. D'un geste de baguette, Voldemort m'écarta d'elle et me fit valser à plusieurs mètres. Je le vis la porter, sans tendresse, et la poser à côté de Sirius. Je me relevai, et courus vers eux. Cette fois-ci, le doloris fut pour moi. Je heurtai le sol avec fracas.
La douleur était insupportable, l'impression que mes os se brisaient en un millier de morceaux, insoutenable.
Enfin ça s'arrêta, et Voldemort se pencha au dessus moi.
- Je vais bien m'occuper d'elle, Harry Potter, murmura-t-il, dans un rictus bref.
Soudain, je remarquai que quelque chose n'allait pas dans son attitude. Il était… Comment dire ? Il semblait propre, ses vêtements n'étaient pas en mauvaise état comme d'habitude, et aussi bizarre que cela puisse paraître, il sentait le citron.
Du coin de l'œil, je vis une ombre se lever derrière le sorcier. Hermione.
- Petrificus Totalus ! s'écria-t-elle en direction du mage noir, qui tomba raide sur le sol.
- Hermione ! J'accourus vers elle, la douleur provoquée par le Doloris néanmoins toujours présente. Comment vas-tu ? Depuis combien de temps es-tu réveillée ? Oh merlin…
Je n'attendis même pas qu'elle me réponde et l'étreignis.
- Ça va Harry, je suis réveillée depuis quelques minutes déjà, répondit-elle dans un souffle. Il faut que je te dise quelque chose…
Je ne lui laissai pas le temps de parler. D'un geste, je pressai ses lèvres contre les miennes. Elle répondit immédiatement au baiser, qui de doux, passa très vite à passionné. Quelques instants plus tard, à bout de souffle, elle se sépara de moi.
- Moi aussi, je t'aime, Harry, avoua-t-elle, un léger sourire fendant son visage.
Son sourire s'effaça néanmoins quand elle aperçu Voldemort à mes côtés.
- Finite Incantatem, prononça-t-elle en sa direction, levant sa baguette.
Soudain, le sorcier au sol se mit à rétrécir, ses pieds diminuèrent de taille et une large barbe se mit à pousser. Que se passait-t-il ?
Et alors, je compris.
- Il sentait le citron… dis-je à Hermione, effaré.
Le professeur Dumbledore se tenait devant nous, maintenant libéré de son sortilège.
Avec un sourire satisfait, il frappa deux coups de ses mains. Aussitôt, plusieurs personnes sortirent de derrière les fourrés.
Tonks. Maugrey. Lupin. Fletcher. Sirius. Mais aussi Slughorn, et Fudge.
Quoi ?
- Qu'est ce qui se passe ? murmurai-je, incrédule.
Dumbledore continua à nous applaudir, et se rapprocha de moi, posant sa large main sur mon épaule.
- Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ? m'énervai-je.
A mes côtés, Hermione semblait plus en colère que surprise, mais ne dit rien.
- Harry, mon garçon… commença le directeur d'une voix mielleuse.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? fis-je entre mes dents, me refusant à comprendre. merde ! Pourquoi vous êtes tous là ?
- Harry, assieds-toi, il faut que l'on parle, proposa-t-il en faisant apparaître deux chaises.
- Non ! Où est Voldemort ?
- Voyons, Harry, Voldemort n'a jamais été là, répondit-il sur le ton de l'évidence.
- Expliquez-lui depuis le début ! Intervint Hermione, agacée.
- Qu-Quoi ?
A ce moment là, j'étais perdu.
- Monsieur Potter, m'apostropha le ministre de la magie en s'avançant vers moi. Il existe un département secret au ministère, crée sous l'initiative d'Albus. Un département qui s'occupe de la formation des jeunes Aurors. Tout ceci n'était qu'un test.
- Qu-Quoi ? Je…
Je ne comprends pas. Je ne veux pas comprendre.
- Un test basé sur plusieurs critères, reprit Dumbledore. Nous avons évalué plusieurs de tes capacités. Parmi elles, celles de réactions en cas de stress, de perte d'un être cher, ou bien face à l'urgence, afin de savoir si tu ferais un bon Auror. C'est la procédure habituelle, quoique un peu exceptionnelle pour ton cas.
Je me souviens alors d'une conversation que j'avais eue avec Dumbledore en début d'année. Ça concernait mon orientation. Je lui avais confié mon souhait de devenir Auror.
- Alors, vous n'avez jamais été en danger, réalisai-je, d'un ton amer. Vous, les cinq membres de l'Ordre, ce n'était pas réel.
Tous hochèrent la tête négativement.
Un ricanement nerveux m'échappa.
Je tombais des nues. Je devais rêver.
Le danger pour Hermione et moi avait été réel.
La colère prit soudain le dessus sur le rire.
- J'aurais pu y laisser ma peau. Nous aurions pu y laisser notre peau, tous les deux ! Vous nous avez même jetés un Doloris ! Et tout ça pour quoi ? Pour prouver notre valeur ? Pour voir si nous étions braves ? Et si Hermione avait péri dans les flammes au Terrier, ou bien si je m'étais noyé dans les eaux du Lac Noir, qu'auriez-vous dit ? « Oh, ils sont mort bravement, ils auraient fait de bons aurors ! » Et tous les autres, Tonks avec sa jambe cassée ! Et Fletcher qui a failli s'étouffer ! Ne me dites pas que ce n'était pas réel !
- Des illusions, Harry, me coupa Dumbledore, froidement, seulement des illusions.
- Aucun de nous n'a jamais été en danger de mort, intervint Fol'Oeil, il y avait des risques, certes, mais rien de trop grave. Le but était de voir si tu serais capable de nous sauver.
- Et tu as réussis le test, reprit le directeur. Ta dernière épreuve consistait à ne pas livrer Miss Granger. Félicitations.
- Et vous avez laissé faire ça ? Haussai-je la voix, me fichant d'être féliciter. Toi, Sirius, tu as laissé faire ? Tu l'as laissé me manipuler pendant tout ce temps, comme un pantin à qui on donne des ordres !
- Ne me dis pas que l'idée d'un test ne t'a jamais effleuré l'esprit ? demanda le directeur avec impatience.
- De toute évidence, non, répondis-je, amer.
Tout cela était trop étrange en y repensant. La lettre, signée de la main de Lord Voldemort. Et puis toutes ces blessures, dont tous semblaient se remettre si rapidement… Tonks, que j'étais sûr d'avoir aperçu en cuisine alors qu'elle était sensée être à Ste Mangouste. Sans oublier le fait que Voldemort semblait n'avoir aucun mal à s'approcher de l'enceinte de Poudlard.
- Il y a tant de choses qui auraient pu me faire douter, repris-je, mais j'ai laissé ces doutes de côté. Savez vous pourquoi ? Parce que je vous faisais confiance. Parce que jamais je n'aurais cru que vous soyez manipulateur à ce point !
- Eh bien, on peut dire que tu es moins perspicace que Miss Granger, déclara Dumbledore, le sourire aux lèvres.
Hermione. Je me retournai brutalement vers elle. Était-elle au courant ?
- T-Tu savais ? Demandai-je, la voix tremblante, mais d'un ton accusateur. Tu savais et tu ne m'as rien dit ?
Elle baissa les yeux et rougit légèrement, puis prononça quelques mots si bas que je crus ne pas avoir entendu.
- Je suis sous Serment Inviolable, Harry…
Mon sang ne fit qu'un tour et je me retournai vers le directeur.
- Vous ! Accusai-je, en le pointant de ma baguette. Libérez-la de son Serment, tout de suite !
Il poussa un petit soupir.
- De toute façon, votre mission est finie, il est normal de vous rendre une certaine liberté, Miss Granger.
Il empoigna sa baguette, et prononça une formule en direction d'Hermione, qui, immédiatement se détendit.
Elle me prit ensuite par le bras en me tirant plus loin, afin que les autres n'entendent pas notre conversation.
- J'ai compris que tout ça n'était qu'une machination de Dumbledore peu après que tu aies reçu la lettre, m'expliqua-t-elle avec plus d'assurance. Je suis allée le voir, et je lui ai fait part de ma désapprobation. Je lui ai dis à quel point faire cette mission serait stupide, et que tu n'avais aucun besoin de prouver ta valeur. J'ai refusé de continuer. Dumbledore m'a expliqué que je n'avais pas le choix, et qu'en aucun cas je ne devais te mettre au courant que c'était un test. Ensuite, Harry, il m'a fait faire le serment inviolable.. Il m'a fait promettre de ne rien te révéler, et de continuer mon devoir qui constituait à t'épauler tout au long de la mission. Je n'avais pas le choix.
Je me souvins alors de cette après-midi, où Hermione était revenue essoufflée du bureau de Dumbledore, et comment elle avait été plus réticente à répondre à mes questions par la suite. Elle devait juste avoir fini de prêter serment.
- Ça me blessait vraiment de ne rien pouvoir te dire, crois-moi.
Tout un coup, des bruits de pas se firent entendre, et interrompirent notre discussion. Les autres, qui étaient dans une grande conversation à propos des tests d'aptitudes des Aurors se turent également.
Devant nous apparurent Severus Rogue et McGonagall. J'en avais presque oublié qu'ils devaient venir.
- Pardonnez notre retard, Potter, s'excusa-t-il. Notre Portoloin n'a…
Il se stoppa dans sa phrase, dévisageant Dumbledore.
- Monsieur le directeur ? Que faites-vous là ?
Il jeta un regard aux membres de l'Ordre.
- Quelle est donc cette ridicule comédie ?
Un élan de sympathie envers le professeur de potions me traversa alors. Enfin quelqu'un qui n'était pas au courant.
- Et Voldemort ? Où est-il ? demanda Minerva, aussi perdue que je l'étais il y a quelques minutes.
- Nous allons tout vous expliquer ! fit Dumbledore d'un ton chaleureux, ouvrant les bras pour les inviter à s'asseoir, invitation que Rogue déclina vite.
Puis, il me jeta un coup d'œil.
- Vois-tu Harry, pour que cette mission paraisse crédible, il fallait que le moins de personnes possible soient au courant. Les 5 membres, bien sûr, mais aussi le ministre – il fit un signe de tête respectueux en sa direction – et le professeur Slughorn, qui m'a gentiment aidé à fabriquer la potion pour endormir Miss Granger.
- Mais Voldemort, contrai-je, dans une dernière tentative de bon sens. Je lui ai parlé il y a quelques minutes. C'était lui !
- Du Polynectar, mon garçon. Et un bon jeu d'acteur de ma part, je dois l'admettre. Un subterfuge qui ne doit pas vous être inconnu, puisque vous avez brillamment su en préparer lors de votre deuxième année, fit-il d'un ton malicieux. Chose dont je suis particulièrement fier, vous êtes tout deux des sorciers exceptionnels ! Vous êtes prêts à devenir de formidables Aurors !
Hermione et moi échangèrent un regard, mais aucun sentiment ne vint colorer nos visages. La gentillesse et la flatterie de Dumbledore ne faisait plus effet sur nous.
Être Auror n'était plus un de mes objectifs désormais.
Tout ça, toutes ces épreuves, tous ces dangers encourus, ce n'avait été qu'un minable test.
On ne mettait pas la vie de jeunes sorciers en danger pour tester leur courage.
On ne kidnappait pas 5 personnes au péril de leur vie.
On n'empoisonnait pas son élève au risque de la faire mourir.
On ne forçait pas, en tant que directeur, un élève à faire un serment inviolable.
Dumbledore allait devoir payer pour ça.
Je lus dans le sourire forcé d'Hermione à son attention qu'elle pensait la même chose.
