Merci à Sidonie.

Dans ce chapitre, j'ai utilisé le véritable dialogue Rogue/Malefoy, il n'est pas de mon invention.

Cormac McLaggen était un incroyable joueur de Quidditch, extrêmement talentueux et magnifique et Hermione l'aimait.

Elle avait réussi à convaincre presque tout le monde de son amour pour McLaggen, ç'avait été d'une facilité enfantine, tellement simple qu'elle avait cru que ses amis se fichaient d'elle. Quand elle avait reçu l'invitation à la soirée de de Slughorn, elle avait tout de suite pensé à inviter Drago. Seulement, quand on cache une relation, l'afficher devant tout le monde à une soirée n'est pas toujours la meilleure chose à faire. Elle avait donc réfléchi : beaucoup pensaient qu'elle aimait Ron, mais elle ne pouvait pas l'amener à la soirée, ils étaient fâchés. Elle devait donc choisir quelqu'un qui rendrait Ron jaloux pour qu'on croie qu'elle l'ait invité pour cette raison-là. Hermione était brillante, redoutablement brillante et son plan avait marché à la perfection. Drago avait été un peu jaloux au début mais il s'y était fait, Cormac était enchanté, Ron jaloux et tous les autres incroyablement faciles à convaincre.

Elle avait acheté une robe rose pâle qui lui allait à merveille et avait fait approuver son choix par Parvati qui l'avait trouvé « époustouflante ».

Hermione aimait beaucoup Parvati, qui était une fille gentille et drôle. Elle l'avait toujours sous-estimé mais devait admettre qu'elle était désormais une de ses plus proches amies, avec Luna et Ginny. Et elle ne jugeait jamais les gens. C'était la seule personne à laquelle Hermione voulait révéler son secret. Peut-être parce-qu'elle était tolérante. Peut-être parce-qu'elle avait le sentiment qu'elle avait elle aussi un secret.

Quelques heures avant la fête, Hermione se rendit discrètement dans la Salle sur Demande. Elle en fit le tour, à la recherche de Drago – personne. Soudain, un souffle rauque dans son cou. Soudain, des mots murmurés :

-Tu es magnifique.

Elle se retourna, son visage à quelques centimètres de celui du Serpentard.

-J'aurais voulu que tu sois là.

-Tu es folle !

Elle s'écarta de lui, main sur les hanches, sourcils froncés.

-Ah oui et pourquoi ? s'exclama-t-elle

-Parce-que je n'arriverai jamais à être aussi beau que toi.

Elle rougit. Drago la surprenait chaque jour un peu plus et elle tombait follement amoureuse de ce garçon. Elle qui le croyait cruel, fourbe, perfide et égocentrique, elle le découvrait généreux, attentionné, doux et drôle, merveilleux. Elle l'embrassa tendrement puis partit sur les pointes des pieds rejoindre Cormac dans la salle commune. Elle réalisa très rapidement que l'avoir invité était la chose la plus stupide qu'elle ait jamais fait. En fait, elle s'en rendit compte dès qu'elle le vit, dès qu'elle sentit son haleine qui lui donnait envie de vomir, dès qu'il lui adressa son horrible sourire aussi superficiel qu'hypocrite. Quand elle arriva à la soirée, elle espéra que Cormac la lâcherait pour aller voir ses amis mais hélas, il semblait si heureux d'être avec elle qu'il ne la quitta pas d'un pouce. Elle entrevit un espoir quand Harry arriva, Luna à son bras mais il fut arrêté par Slughorn et commença à parler avec lui.

-Oh non… souffla Hermione

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda McLaggen

-Rien, rien. Tu voudrais aller me chercher une boisson ?

Elle lui adressa un sourire si éclatant qu'il ne put refuser. A ce moment, elle s'échappa et se cacha derrière un rideau à côté d'Harry, qui avait apparemment échappé lui à Slughorn.

-Qu'est-ce que j'ai fait ? commença-t-elle

-Tu veux vraiment que je te le dise ?

-C'était une question rhétorique, Harry ! souffla-t-elle, agacée

Il manquait s'étouffer de rire.

-Donc tu te caches de McLaggen ?

-Qu'est-ce qui m'a pris de l'inviter ?

-Cette fois, je suis censé dire quelque chose ?

-Pas si tu tiens à ta vie, Potter !

Il fit semblant de bouder et elle sourit. Elle avait oublié cet Harry, elle avait oublié l'amitié qui les liaient et les épreuves qu'ils avaient traversées. Elle avait oublié qu'elle avait besoin de lui et qu'il avait besoin d'elle, qu'il était comme son frère et que quoi qu'il se passe dans sa vie, il serait toujours là.

-Le voilà ! la prévint-il

-Non !

Elle s'échappa rapidement et discrètement, laissant McLaggen à Harry. Elle avait réussi à trouver Luna et engagea une conversation avec elle. Bien évidemment, ladite conversation tourna autour de l'existence des Joncheruines, Nargoles ou autres créatures absolument fascinantes pour la Serdaigle et incroyablement stupides pour la Gryffondor. Soudain, Rusard surgit dans la salle, tenant par le col un élève qui n'aurait jamais du se trouver là.

Drago.

Hermione réussit à cacher sa surprise, comme elle avait réussi à cacher sa relation avec Drago depuis une semaine.

-J'ai trouvé ce jeune homme, dans les couloirs, expliqua le concierge. Il essayait de s'introduire à votre fête sans y avoir été invité.

-Je m'occupe de lui, déclara Rogue

La jeune fille décida alors de les espionner. Apparemment, elle n'était pas la seule car Harry ne semblait plus à la fête. Elle se cacha derrière une colonne et écouta leur conversation :

-Drago, mais que faîtes vous ? Vous ne pouvez pas vous permettre de commettre des erreurs, Drago, parce-que si vous êtes renvoyé…

-Je n'avais rien à voir avec ça, d'accord ?

-J'espère que vous dites la vérité, car c'était à la fois maladroit et idiot. On vous soupçonne déjà d'y être mêlé.

-Qui me soupçonne ? répliqua Drago avec ce petit air suffisant qu'Hermione détestait et adorait en même temps. Je n'y suis pour rien, OK ? Cette Katie Bell doit avoir un ennemi dont personne ne sait rien. Ne me regardez pas comme ça ! Je sais ce que vous êtes en train de faire, je ne suis pas stupide, mais vous n'y arriverez pas, je vous en empêcherai !

La Gryffondor ne comprit pas ce qu'il disait, jusqu'à ce que Rogue rétorque

-Ah… je vois que la tante Bellatrix vous a enseigné l'occlumancie. Quelles pensées essayez-vous de cacher à votre maître, Drago ?

Quel maître ? pensa Hermione même si elle savait, tout au fond d'elle-même, de quel maître il parlait. Mais ça ne pouvait pas être vrai. Durant toutes ces journées, elle avait pensé que Drago était devenu un gentil garçon, toujours arrogant et ambitieux, mais meilleur. Et elle s'était trompée. Elle s'était trompée en beauté, avec classe et style. Ce maître ne pouvait être qu'une seule personne et rien que d'y penser faisait se serrer le cœur d'Hermione, la gelait sur place, tandis-ce qu'elle glissait sur le sol de marbre. Le blond confirma les pensées de sa petite amie :

-Je ne veux pas lui cacher quoi que ce soit, simplement, je ne veux pas que vous vous en mêliez.

-C'est pour ça que vous m'avez évité, ce trimestre ? Vous aviez peur que j'interfère ? Vous vous rendez compte, Drago, que si quiconque d'autre avait refusé de se présenter dans mon bureau alors que j'en avais fait la demande à plusieurs reprises…

-Si vous y tenez, donnez-moi une retenue ! Signalez-moi à Dumbledore ! l'interrompit-il avec ironie

-Vous savez très bien que je ne veux ni l'un ni l'autre.

-Alors arrêtez de me convoquer dans votre bureau !

-Ecoutez-moi bien, susurra Rogue, j'essaye de vous aider. J'ai juré à votre mère que je vous protégerais. J'ai fait le serment inviolable, Drago…

-Dans ce cas, vous allez devoir le trahir, parce-que je n'ai pas besoin de votre protection ! C'est ma mission, il me l'a confiée et je l'accomplirai. J'ai un plan qui va marcher, il prend simplement un peu plus de temps que je ne le prévoyais !

-Quel est ce plan ?

-Ca ne vous regarde pas !

-Si vous me dites ce que vous essayez de faire, je pourrais vous assister…

-je dispose de toute l'assistance nécessaire, merci. Je ne suis pas seul !

-Vous l'étiez, ce soir, ce qui était d'une extrême idiotie. Se promener ainsi dans les couloirs, sans personne pour faire le guet ou pour vous seconder. Il y a des erreurs élémentaires à ne pas commettre…
-J'aurais eu Crabbe et Goyle avec moi si vous ne leur aviez pas donné une retenue ! dit Drago d'une voix forte et surexcitée.

-Moins fort ! si vos amis Crabe et Goyle ont l'intention, cette année, de décrocher leur BUSE en défense contre les Forces du Mal, il faudra qu'ils travaillent un peu plus qu'ils ne le font pour l'inst…

-Qu'est-ce que ça peut faire ? La défense contre les forces du Mal, c'est une plaisanterie, non ? Une comédie. Comme si nous avions besoin de nous protéger contre les Forces du Mal.

Hermione, assise contre un mur froid, se tenait le ventre d'une main et se couvrait la bouche de l'autre, à la fois pour étouffer ses sanglots saccadés et pour ne pas faire de bruit. Sa relation avec Drago n'était pas très vieille mais il lui semblait qu'ils étaient amoureux depuis toujours et elle ressentait comme une trahison ce qu'elle entendait. Elle était blessée, moralement, dévastée.

-C'est une comédie qui est indispensable au succès, Drago ! Où croyez-vous que je me serais retrouvé pendant toutes ces années si je n'avais pas su jouer la comédie ? Maintenant, écoutez-moi bien ! Vous vous montrez imprudent en rôdant la nuit dans les couloirs et en vous laissant surprendre. Si par ailleurs, vous vous fiez à des gens comme Crabbe et Goyle…

-Ce ne sont pas les seuls, j'en ai d'autres de mon côté et qui sont beaucoup mieux !

-Alors pourquoi ne pas vous confier à moi, afin que je puisse…

-Je sais très bien ce que vous mijotez ! Vous voulez vous approprier ma gloire !

-Vous parlez comme un enfant. Je comprends très bien que l'arrestation et l'emprisonnement de votre père vous aient bouleversé, mais…

Personne ne sut jamais ce que Rogue voulait dire. Drago partit à grands pas du couloir comme Rogue quelques minutes plus tard. Hermione se leva alors, en larmes et, sa main toujours sur sa bouche, laissa rouler ses larmes en hoquetant. Elle releva sa robe avec sa main libre et partit en courant, en essayant de ne pas glisser avec ses talons aiguilles. Derrière elle, Harry criait

-Hermione ! Reviens !

Elle ne se rappela de ce détail (de sa présence) que plus tard. Et quand elle y repensa, la seule chose qu'elle pensait était : Qu'avait-il pensé de mes larmes ? Avait-il compris ?