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Mot découvert le 13 décembre : magasin

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Disparition à Chinatown

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Ce n'est qu'une épicerie chinoise envahie par le Yard. Un magasin pareil à tant d'autres situés dans Macclesfield Street. Ils font le tour de l'arrière boutique. La petite-nièce a signalé la disparition de son grand-oncle deux deux jours auparavant. Rien qui aurait dû préoccuper Sherlock si le propriétaire n'avait été l'un des plus importants indicateurs à Chinatown. Le seul introduit au Dragon Bleu, société secrète impliquée dans le trafic d'opium.

— Sherlock ?

John lui désigne quelques taches d'un rouge sombre sur le mur, derrière une étagère.

— Prélève, lui enjoint son compagnon.

Sally Donovan les regarde d'un air soupçonneux. Ce n'est pas la première fois que le taré abuserait de ses prérogatives.

— Vous êtes tolérés sur les lieux des crimes. Vous ne touchez à rien, s'emballe-t-elle.

— Quel crime ? raille Sherlock. Pas de corps, pas de témoin. Viens, John.

Celui-ci respire l'air de la nuit. Odeur de friture et d'épices.

— Le vieux était grillé, il est parti. Ce n'est pas son sang, tout comme ce n'est pas sa petite-nièce. C'est une mise en scène.

Il fixe Sherlock, interdit.

— Rayons peu garnis. Plus de réapprovisionnement. Comptes bancaires vidés.

— Brillant ! Mais alors qui est mort ?

— Le membre du Dragon qui l'a identifié.

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Mot dévoilé le 14 décembre : paillettes

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Botox et paillettes

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Ulcéré, John regarde Sherlock faire des amabilités à la cliente qu'a envoyée Mycroft. Fille d'un gros ponte du gouvernement. Un ministre quelconque probablement. Depuis un quart d'heure, avec des battements de cils exagérés, elle minaude et fait des avances très peu discrètes au détective-consultant. Des formes agréables. Ce qu'il faut, là où il faut. Elle serait belle, il est vrai. Sans sa bouche botoxée, les cheveux violines et les paillettes au coin des yeux. Il surprend leur attention sur lui.

— John ?

— Excuse-moi, j'étais distrait.

— Pourrais-tu raccompagner Mademoiselle ?

L'air goguenard de Sherlock le fait grincer des dents. Une fois encore, il lit en lui comme en un livre ouvert. Il se lève sans enthousiasme afin d'escorter la donzelle qui se met à présent en frais pour lui.

— Ne vous donnez pas tout ce mal. Nous sommes gays, lance-t-il.

Il entend un rire venant du premier étage et, après un autre coup d'œil appuyé, le caquetage de la greluche reprend.

Dès qu'il franchit le seuil du salon, Sherlock l'interpelle.

— Tu es gay ?

Il hausse les épaules.

— John. Les femmes ne m'intéressent pas.

— Irène Adler ? La Femme.

— Me mesurer à elle était passionnant. C'était un jeu, John. Pas toi. Allons dîner dehors.

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Le mot dévoilé le 15 décembre : traîneau

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Le froid de Londres

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D'un geste machinal, Sherlock empoigne la boîte à musique que lui a remise sa mère lors de leur visite à Noël. Elle a apprécié John de suite. Il n'en doutait pas. Il se rappelle de ce jouet rapporté par son père en même temps qu'un Papa Noël vêtu de blanc sur un traîneau. Par contre, il n'a qu'une vague idée des traits de ce géniteur disparu tellement tôt de leur vie. Cela fait partie des choses qu'il a occultées. Il lui ressemble, parait-il. Il ne veut pas savoir.

Du bout de l'ongle, il continue à gratter les cordes de son violon posé sur ses genoux. Il s'ennuie. Il y a le mystère de cet ange noir. Intéressant. Trop peu de données. Il faut attendre l'erreur. Et de nouveaux crimes.

Des pas dans l'escalier. John. Arrêt sur le palier. Il est lourdement chargé. Il porte sur lui le froid et l'odeur de Londres qui entrent chez eux. Il s'affaire dans la cuisine. Une tasse de Earl Grey atterrit devant lui, accompagnée de biscuits de chez Yan's. Ses favoris. John.

— Je m'ennuie.

— Je sais. Joue, lui suggère-t-il en désignant son instrument de musique.

Il le pose sur son épaule. L'archet entame un lieder de Mendelssohn. Le préféré de son compagnon.

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