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Le mot dévoilé le 16 décembre : Folie
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Les regards
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La folie brille dans le regard du forcené qui appuie le canon de son magnum contre la tempe de la fillette en pleurs. Celle qui devait être sa quatrième victime. Lestrade et ses sous-fifres sont tétanisés. Il entend le soupir de son homme à côté de lui. Il a avancé un pied de quelques centimètres. La raideur de son maintien trahit sa volonté.
John, non John. Je vais nous sortir de là. Ne fais pas ça, John.
Sa voix calme s'élève.
— Laissez cette enfant, elle ne fera que vous encombrer dans votre fuite. Prenez moi à sa place, lance-t-il.
Sherlock sent un frisson le parcourir.
John !
— La fuite, raille le psychopathe, je n'y compte pas. Mais la vengeance. Déposez le pistolet sur le sol, Docteur. Doucement. Approchez.
Déjà, la gamine est entre les bras de Donovan qui l'emmène.
— Dites adieu à votre compagnon, Hol...
Il n'a pas la possibilité de terminer sa phrase. Trop satisfait de lui même, le dément a relâché son attention. Du tranchant de la main, John lui assène un coup au plexus qui bloque sa respiration et le plie en deux. Un second donné sur la nuque l'étale définitivement.
John ne le quitte plus des yeux et lui sourit, tranquille.
Stupide John.
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Le mot dévoilé le 17 décembre : Cocktail
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Cocktail et sexe
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John lance des coups d'œil furtifs à son homme. Dans son costume noir de grand couturier, sa longue silhouette élégante l'attire irrésistiblement. Il a de l'allure. Tentant. Séduisant. Nettement plus que le vieux chirurgien qui l'a alpagué et qui lui décrit les opérations difficiles de sa carrière. Machinalement, il lui adresse quelques monosyllabes.
Une réunion de famille, oui. Un cocktail mondain, non. Mycroft leur a mis la pression et ils sont là. Une flûte de champagne en main, Sherlock s'ennuie. Depuis un moment, il sent le poids d'un regard sur lui. Méfiance instinctive. Subitement, il se tourne et sourit. John. Bien sûr.
— Professeur Farstone, puis-je vous emprunter mon compagnon ? Merci.
Il n'a pas attendu la réponse, ne s'est pas attardé au visage choqué de son interlocuteur, il entraîne son John vers les serres d'orchidées. L'air chaud et humide les saisit dès l'entrée. Les mains dans le bas des reins, il l'enlace. Sa bouche est sur la sienne, sa langue explore avec délice, goûte l'ambroisie tiède.
Arqué contre lui, John se frotte à lui et, la tête rejetée en arrière, soupire. Ses doigts passent sensuellement dans ses boucles soyeuses. Le sexe avec John.
— On rentre ? demande celui-ci plein d'espoir.
— Nous avons fait acte de présence. Viens.
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Le mot dévoilé le 18 décembre : Sucre
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Mise au point
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Sherlock offre à John la tasse de café avec trois sucres qu'il vient de mélanger, avant de se tourner vers la lande du Dartmoor enneigée.
— Pas de drogue, Sherlock, cette fois ?
— Pas de molosse, d'expérience. Plus de Dr Frankland, de Moriarty. Juste nous deux, fait-il sans se retourner.
— Et le danger, s'amuse John.
— Le jeu, rectifie Sherlock. Pourrais-tu vivre sans, John ?
— Tu connais la réponse. Pourtant, ce n'est pas le plus important. Il y a toi avant toute chose.
Il voit le dos de son compagnon se raidir. Il est toujours aussi mal à l'aise avec les sentiments. Avec les mots. Il a appris à se contenter de ce que Sherlock donne et à en être satisfait. A aimer ses pudeurs, ses hésitations, son arrogance, sa goujaterie parfois. Son impression d'être littéralement bouffé, sa passion exigeante dans le sexe. Et ses petites attentions qu'il décrypte comme ce café qui s'excuse d'un autre, expérimental celui-là, avalé il y a des années.
— John ? Es-tu heureux avec moi ?
Il reste sans réaction. Jamais Sherlock n'a eu ce genre d'interrogation. Remet-il leur couple en question ?
— Tant que tu es là, rétorque-il enfin.
— Que toi, John. Que toi.
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