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Mot découvert le 19 décembre : rose

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L'anniversaire de Sherlock

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Une unique rose posée à sa place sur le lit. Sherlock la caresse du bout des doigts, la porte à son visage. Son parfum sensuel l'envahit. Une longue tige solide, des feuilles vertes vigoureuses et une corolle délicate, superbe. Elle se laisse observer, découvrir. Peu à peu. Les pétales veloutés d'un rouge très sombre sont moirés d'ébène. Elle sera plus belle encore dans l'épanouissement quand elle révélera ses mystères.

Elle est John. Il y pose les lèvres. Sentimental, ce soir. Comparer le capitaine John Watson à une black baccara. L'âge sans doute, raille-t-il en ce jour particulier. Sa symbolique ? John. Aucun doute. « Mon Amour pour toi est profond et éternel... ». A côté, un livre sur la chevalerie. Reliure en cuir, tranche dorée, édition ancienne.

Où ? Ses chaussures habituelles sont là, mais pas les noires. Son costume anthracite manque à l'appel. Chemise ? La noire en soie. Cravate grise. Un restaurant chic ? Trop tôt.

Il allume son portable. Historique du compte en banque. Rien. Il lui faut penser comme John. But : le plaisir de Sherlock. Qu'aime-t-il ? La musique. Le moyen-âge. Les manuscrits. Les fleurs ? Mains jointes, il réfléchit. Puis pianote sur le clavier.

Évidement ! Covent Garden, Le chevalier à la rose de Johan Strauss.

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Le mot dévoilé le 20 décembre : Paquets

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Deux cœurs unis

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Le paquet enrubanné trône sur la table basse. Le coursier est reparti depuis longtemps et John n'a pas encore ouvert le colis anonyme. Le papier doré aux reflets métalliques, le large nœud ne parviennent pas à vaincre sa méfiance. Pas assez de données, dirait son détective-consultant. Mais Sherlock n'est pas là. Il est capable de gérer cela seul, pense-t-il en haussant les épaules.

Sherlock piaffe d'impatience face à Mycroft. Non. Pas d'une nouvelle affaire. John et lui passent la Saint-Sylvestre à Paris. Le regard acéré et l'air dédaigneux de son frère l'agacent. Ils l'ont mérité. Point. Depuis ce matin, une main d'acier fouille sa poitrine. Le sentiment irrationnel de l'inéluctable. Il a horreur de ça. John. Est-ce que John va bien ? Il plante là son frère et se met à courir jusqu'à Baker Street.

— John ! Non !

Ses yeux gris scannent l'envoi. Il le soulève, le palpe. Une légère trace brunâtre. Une odeur de charogne. Il serre les dents. Il a déjà compris.

Il déballe, ouvre le boîte. Sur un velours écarlate, deux cœurs sanguinolents, humains sans aucun doute et une unique plume d'ébène.

— L'ange noir, crache-t-il.

D'un geste instinctif, possessif, Sherlock attire John contre son flanc. Il le fixe, lui rend son étreinte. Solide.

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Mot dévoilé le 21 décembre : danse

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Sans toi

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La danse langoureuse des flocons immaculés confère aux Champs-Élysées illuminés un côté irréel. John passe son bras sous celui de Sherlock, il profite de l'incognito de la France pour s'accorder quelques libertés. Le détective-consultant sourit. Loin du Yard, du MI6, son compagnon est détendu, plus abordable. Sa main d'ailleurs, caresse tendrement celle de son homme posée sur son poignet.

Ils logent dans un hôtel du Marais où, leur couple se fond dans la masse de touristes gays. Ce soir de Saint-Sylvestre, ils dînent au 58, le restaurant de la tour Eiffel. John se serre contre Sherlock et le fixe les yeux agrandis par la surprise.

— Sherlock ? interroge-t-il interpellé par le holster perçu sous ses vêtements.

— Ici, nous n'avons pas la protection de Mycroft. Nous devons assurer notre sécurité nous-mêmes.

— Mais..., tente de protester le médecin.

— Je préfère prendre mes précautions. Jamais plus de piscine ou de Reichenbach, John. La vie sans toi...

Sa voix n'est qu'un murmure et John doute d'avoir entendu cet aveu.

— Si tu crois que je pourrais te laisser me quitter encore, gronde ce dernier. Où tu vas, je vais, continue-t-il fermement.

— Je te mettrai toujours en danger. Tu le sais ?

— La vie sans toi..., raille doucement l'ancien militaire.

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