Chapitre 12

« Il va venir ?

- Je suis vraiment curieux de les voir, je me demande… », chuchota doucement un des hommes. Il ne voulait pas être entendu, mais sa voix résonna dans la pièce, résumant l'impression générale. Le silence retomba après cet avis.

Lee se racla la gorge. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa, observant les jumeaux qui réfléchissaient, les yeux dans le vague. Encore une fois, Ewon fut troublé de leur ressemblance. Ces deux hommes pouvaient facilement se faire passer l'un pour l'autre. De nouveau inquiet, il se força et dit, faussement joyeux :

« Bon, j'appelle qui maintenant ? »

Mookyul leva enfin la tête et le regarda. Il poussa un énième soupir. Ewon dut se retenir pour ne pas lui demander ce qui n'allait pas. De nouveau, Mookdahl répondit à sa place :

« Mansoo. » Le prénom était proche de celui de Minsoo, le jumeau mystérieusement trahi. Tous le remarquèrent et le silence s'approfondit encore. Mookdahl ricana :

« Tu vas probablement bien t'entendre avec lui, petit Fox.

- … Pourquoi ?

- Il est bizarre, comme toi. »

Ewon décida de ne pas relever. Il refusait de tolérer une telle remarque, venant de ces jumeaux qui n'avaient rien à envier à personne dans ce domaine. Mais la remarque ne présageait rien de bon. A quel point ce Mansoo était bizarre pour qu'il soit nécessaire pour son jumeau de le souligner ? Décidément, il avait vraiment besoin de son mafieux, toujours aussi silencieux. N'y tenant plus, il lui secoua légèrement le bras et demanda :

- Chef ? » Mookyul émergea de sa méditation.

- Oui, mon petit Fox ?

- Mansoo ?

- C'est le dernier à appeler. …. Tu n'es pas obligé de le faire. » ajouta-t-il doucement, en le regardant cette fois pour de vrai.

- Ah non ! Je vais le faire. … Je veux… » T'aider ? Non, c'était plus que ça. Ewon voulait rester auprès de son jeune chef. A tout prix. Il avait renié tant de choses, il en avait accepté tant d'autres. C'était hors de question qu'il le perde. Mookyul dut le comprendre. Il lui offrit un sourire tendre, un peu fatigué et dit d'une voix sourde, très basse :

- Ok. » Comme toujours, Ewon capitula intérieurement. Soudain réellement ragaillardi, il demanda le numéro, jetant un coup d'œil au passage à Mookdahl, comme pour jauger sa réaction à la vue de leur relation et le regretta. Mookdahl, parfaitement indifférent avant qu'il le regarde, lui rendit une grimace, Dieu sait pourquoi ? Peut-être pour ne pas laisser passer l'occasion de montrer qu'il pouvait être aussi chiant que son frère ? Soudain sérieux, il lui donna aussi le numéro. Ewon jeta un coup d'œil du côté de Mookyul. Il était de nouveau ailleurs. Pourquoi restait-il silencieux ? Lui, la grande gueule incarnée. Au fil des appels, il paraissait s'être retranché dans ses pensées, sans rien commenter, sans rien expliquer, sans protester non plus. Voulait-il finalement rencontrer ses jumeaux ou non ? Si non, pourquoi ne rien dire ? Qu'est-ce que son jumeau lui avait murmuré à l'oreille pour qu'il accepte, ne fut-ce qu'à contrecœur, de rencontrer sa sœur et ses frères de sang? Après l'explication arrachée au forceps qu'il avait donnée pour expliquer pourquoi il ne tenait pas à rencontrer sa famille biologique, explication qu'Ewon comprenait grâce à sa propre expérience, il s'était montré parfaitement sur la même longueur d'ondes que son jumeau. C'était frustrant pour Ewon de le reconnaître, mais la complicité immédiate des deux frères n'était pas apprise, mais bien innée. Alors, qu'est-ce qui pouvait bien le rendre aussi apathique ?

Tout en réfléchissant, Ewon avait composé le numéro. Au bout de trois sonneries, une nouvelle surprise l'attendait. Une voix de femme jeune et gaie répondit :

« Floral Eun, je vous écoute. » Quoi ? Floral …Eun ? C'était quoi, encore ? Le médecin, le prof de maths et maintenant le… quoi ? Fleuriste ?

- Euh, oui. Je voudrais parler à Monsieur Mansoo Eun.

- A quel propos ? » Qui était cette femme ?

- C'est personnel.

- … Ok, un instant s'il vous plaît, je vous le passe. Vous êtes Monsieur… ?» Sa voix était clairement dépitée. Ewon tenta de l'imaginer, sans succès. Elle avait une belle voix claire de jeune femme. Mais il n'eut pas le temps d'approfondir son feeling puisqu'il l'entendit crier, sans mettre le téléphone en attente : « Patronnnn ! Téléphoneeee ! » Ne sachant pas à quoi s'attendre, Ewon se mit sur ses gardes. Il entendit une sonnette argentine tinter et la jeune femme qui lui avait répondu commencer à parler à ce qui semblait être une cliente. Une bonne minute passa pendant laquelle tous écoutèrent une conversation centrée sur une pauvre plante d'appartement mourante ou déjà morte à laquelle la cliente tenait beaucoup, puisque sa fille la lui avait offerte après un séjour à l'hôpital. Ewon eut le temps de penser que la fille ne devait pas vraiment offrir beaucoup à sa mère, vu l'obsession de la cliente à sauver malgré tout cette plante qui était de toute apparence bien décédée, quand enfin, la voix du jumeau de Mookyul se fit entendre :

« Mansoo Eun à l'appareil. De bonne humeur. Demandez-moi tout ce que vous voulez. » Mookdahl avait raison. Celui-là était bizarre. Mais si Ewon faillit tomber à la renverse, regardant les yeux ronds les autres, tous aussi stupéfaits que lui, c'est que cette voix-là, exactement similaire à celle de Mookyul, avait un accent paysan à couper au couteau.

- ….

- Je vous entends respirer, là, hein ? … Non, rien ? » C'était un …blagueur ? Non, quand même pas. Il avait un ton parfaitement insouciant, joueur. « Dis-moi, trésor, ce mystérieux interlocuteur, c'est un homme ou une femme ? » demanda l'étrange Mansoo à la jeune femme, sans se soucier d'être entendu. Puis sans transition, il salua la cliente avec une chaleur tout à fait inconnue chez les espèces d'Eun qu'Ewon avait rencontré jusqu'à ce coup de fil et se lança dans une longue déclamation sur la plante qu'il qualifia de « beauté fauchée en pleine jeunesse », de « rêve dont on ne se réveille pas » ?!, « d'éternelle pensée » ?, et autres définitions incompréhensibles, pour conclure que seul un adieu formel pourrait permettre à l'âme de la défunte plante de se séparer d'une si bonne maîtresse, tout en demandant sans changer de ton l'âge de la fille de la cliente. Cette dernière, subjuguée, craquait pour lui si fort qu'on le sentait à l'autre bout du fil. Ewon était prêt à parier toute sa fortune qu'en cet instant, la plante était bien le dernier des soucis de cette dame, qui était prête, cinq minutes plus tôt, à faire savoir à tout le monde que cette clinique florale, puisqu'il s'agissait en même temps d'une boutique et d'une clinique de fleurs, était gérée par une bande d'incapables. Ewon et Lee se dirent in petto que l'étrange Mansoo était peut-être bien cinglé, après tout, Mookyul et Mookdahl avaient tout à fait un caractère personnel et unique, mais qu'il s'y connaissait en affaires.

Quelques minutes plus tard, la cliente, remerciant Mansoo comme s'il lui avait sauvée la vie, finit par partir et Mansoo parut se rappeler qu'il avait un interlocuteur au bout du fil :

« Vous êtes toujours là ?

- Oui.

- Ah ! » Non, aussi bizarre qu'il soit, il était bien le jumeau de Mookyul. L'amusement suintait littéralement de sa voix. Bien entendu, il n'avait pas oublié un seul instant qu'il avait un correspondant. « Alors ?

- …

- Trésor, vous m'emmerdez. Parlez ou je raccroche. » Oui, c'était le jumeau de Mookyul. Encore que le « trésor » avec son accent…

- Je m'appelle Ewon Jung.

- Ahhhh ! Le Fox ?! Fallait le dire plus tôt ! » La voix de Mansoo éclatait maintenant de joie. Décidément, cet homme était bien étrange. Ewon était beaucoup plus désorienté qu'il l'avait été avec les jumeaux précédents. « Alllôôô ? Mon petit Fox, il ne faut pas se taire. Non non, ce n'est pas bien ! » Voilà qu'il parlait comme un demeuré, tout en se moquant de lui. Ewon décida de préserver sa dignité et de le provoquer :

- …

- Mon petit Fox, tu me cherches ? Non non, ce n'est pas bien ! Ha ha ! » Il se mit soudain à rigoler, d'un rire franc et complètement incompréhensible. Ewon perdait complètement le fil. Bon sang, il avait un problème mental ou quoi ? Tout aussi subitement qu'il avait commencé, le rire de Mansoo cessa et il demanda :

« Tu es content de m'appeler, Fox ? Ça te fait plaisir ? » Son ton était maintenant parfaitement sérieux. Posé. Ewon pensa sans le vouloir qu'il n'aimerait pas avoir ces frères pour ennemis. Ils étaient vraiment dangereux. Imprévisibles, intelligents et impitoyables. Leurs grandes gueules les rendait sympathiques, faisait oublier qu'ils étaient en réalité de vrais prédateurs. Généreux peut-être, même gratuitement, mais toujours partants pour la chasse.

La question que Mansoo, cet homme qu'Ewon ne connaissait pas, venait de poser, montrait que lui par contre connaissait déjà Ewon sur le bout des doigts et cette réalité ne faisait guère plaisir à ce dernier. Il avait l'impression d'avoir reçu une gifle, se morigénant de n'avoir pas pu voir le coup venir alors même qu'il en avait l'habitude avec Mookyul. Mais c'était compréhensible. Il avait besoin de temps pour s'habituer à ce que les jumeaux avaient dit de leur télépathie.

Il garda le silence, souhaitant presque une intervention de Mookyul, qui écoutait maintenant la conversation en le fixant attentivement.

« Tu ne veux pas me répondre. » Ce n'était pas une question, mais une constatation. « … Ok, j'arrête. De toute façon… » Puis il se rit de nouveau, gaiement et reprenant un ton insouciant, il continua : « Tu dois bien t'inquiéter, petit Fox. Et tu as raison. Si je les laisse faire, mes imbéciles de frères, ils vont polluer l'atmosphère avec leur tête d'enterrement. Alors t'inquiète, mon petit chou, j'arrive. » Il raccrocha ensuite abruptement sans laisser le temps à Ewon de répondre. « Mon petit chou ?! », tenant le combiné à la main, Ewon dernier regarda les autres et vit sur leurs visages la même chose qu'il pensait : celui-là était visiblement encore plus fantasque que le jeune chef.

Enfin, Lee décida d'intervenir :

« Il a un caractère intéressant, votre … frère.

- Il est complètement givré, oui ! » répondit Mookdahl avec une indignation qui ne semblait pas feinte. Mookyul ne disant toujours rien, Lee s'adressa directement à lui :

- Mookyul ?

- Oui ? » Sa voix était sourde, mais il avait immédiatement répondu.

- Tu n'as rien à me dire ? » Lee avait exprès choisi un ton assez froid.

- Mmmm…Les emmerdes approchent ? » Mookyul avait répondu en regardant par terre.

- Je t'en prie, mon garçon.

- Vous venez d'entendre les autres. Ils vont tous venir ici nous casser les burnes. Qu'est-ce que je dois dire ?...Ah oui ! Merci. »

C'était au tour de Lee de pousser intérieurement un soupir de fatigue. Les choses avançaient trop vite à son gré. Les jumeaux avaient dit qu'ils allaient venir et rien qu'en les écoutant, Lee savait déjà qu'ils avaient autant de caractère que son Mookyul. Les avoir tous les cinq au même endroit promettait d'être une gageure. Et pourquoi, d'ailleurs, avaient-ils tous décidé de venir ? Si les deux jumeaux avaient dit vrai, alors aucun ne se connaissait. Est-ce qu'ils n'auraient pas dû arranger d'abord un rendez-vous pour se rencontrer, se découvrir ? Lee écarta cette pensée, bien qu'elle fût somme toute naturelle. Son esprit rationnel avait du mal à saisir cette histoire de télépathie gémellaire, mais son pragmatisme le lui faisait accepter, d'autant plus que Mookyul ne lui avait jamais menti. Aussi étrange que l'histoire soit, il était prêt à l'accepter. Concrètement, ce qui l'inquiétait était la perspective d'avoir cinq fauves au même endroit. Cinq fauves énervés, qui allaient se rencontrer pour la première fois, avec l'objectif déclaré de retrouver un sixième jumeau perdu, mourant et trahi. Enfin, c'était l'objectif de ce Mookdahl. Les autres n'avaient dit mot des raisons qui les poussaient sans préavis à se rassembler.

A en croire la profondeur de l'intimité innée qu'il observait entre son fils adoptif et son agressif jumeau, et surtout, à voir le comportement apathique de Mookyul, qu'il avait toujours connu dynamique et battant, la perspective de la mort prochaine de ce frère « perdu » devait tous les secouer bien plus que le ton anormalement neutre de Mookyul laissait entendre. Mais tout allait bien trop vite ! Un jumeau découvert à la télé apparaissait comme tombé du ciel et soudain, un fil d'Ariane interminable se déroulait et le mystère de la naissance de son cher héritier prenait maintenant des proportions qu'il n'aurait jamais pu prévoir. Et il y avait en plus cette histoire de documents volés. Il fallait absolument obtenir de nouvelles informations sur cette disparition. Laissant de côté les innombrables questions sans réponses qu'il avait à l'esprit, Lee se concentra et explora les diverses pistes qui pouvaient expliquer la volatilisation des documents. Cette disparition, simultanément à l'apparition de Mookdahl, avait peu de chance d'être une coïncidence. Mais alors quoi ? Les questions qu'il avait posées aux jumeaux n'avaient pas donné le résultat escompté. Visiblement, ces garçons ne savaient rien non plus. Et ce qu'ils savaient était trop personnel pour qu'ils acceptent d'en parler. La méthode « forceps » qu'il avait essayé d'appliquer à Mookyul n'était pas la bonne.

Dans le silence qui était de nouveau tombé après l'appel de l'étrange « cinquième » jumeau, les pensées de tous suivaient un cours parallèle à celui de Lee. Tout allait trop vite. Au fond, ce n'était pas si étonnant. Ce rythme haletant et imprévisible seyait au jeune chef à merveille. Mais il ne leur laissait pas le temps de digérer tout ce qu'ils venaient d'apprendre. Déjà, cet unique jumeau qu'ils avaient rencontré demandait du temps pour être situé dans le décor de la vie du jeune chef, qui était un peu la leur à tous. Ce jumeau tombé du ciel qui avait soudainement comme ôté un masque de l'identité, de la personnalité de Mookyul et qui les forçait à comprendre que le jeune chef n'était pas seulement leur quasi-dieu, mais aussi un inconnu, qui soudain prenait de la distance. Ce qui angoissait les présents était surtout l'apathie de Mookyul, ses hésitations, son silence incompréhensible. Ce silence les blessait, les peinaient, car il marquait l'éloignement. Pour eux, dont la plupart avaient atterri dans la mafia par manque d'opportunités et qui pour certains, connaissaient très bien les problèmes générés par l'absence des parents, Mookyul n'était pas un simple chef. Il était leur famille, comme ils pensaient être la sienne, une famille réellement au cœur de leur existence. Mais depuis la rencontre avec son jumeau, Mookyul s'était comme séparé d'eux et replié dans un monde qu'il ne partageait qu'avec ceux de son sang.

« Et votre sœur, chef, vous ne l'appelez pas ? » La question de Kim brisa le silence. Ewon s'était aussi demandé pourquoi les jumeaux ne l'avaient pas appelée. Mais concentré sur ses interlocuteurs, il n'avait pas eu l'idée de demander.

« Non, on ne l'appelle pas. » Le ton bref de Mookyul montrait qu'il n'avait pas envie de s'étendre sur la question. Mais Kim, prenant son courage à deux mains, sentant qu'il était appuyé par les autres, insista :

« Pourquoi ? » Mookyul lui jeta un regard de travers, les sourcils levés. On attendit un coup de gueule. Il était le chef après tout. Qui ne vint pas. A la place, il sourit :

« Bonne question. » Ce n'était pas une réponse. Ewon prit la relève :

- Et ?

- … Elle est indisponible.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire arrête de poser des questions. Tu trembles déjà à l'idée de voir les autres. Alors tu arrêtes. » C'était Mookdahl qui venait de parler, agressif. Il réfléchit un moment, puis fit une moue dégoûtée. « Et c'est tant mieux qu'elle ne soit pas disponible. »

Il n'y avait décidément rien à faire. Chaque question, au lieu d'apporter une réponse, ouvrait la voie à de nouvelles énigmes. Ewon baissa la tête, découragé. Il se sentait perdu. Mookyul le comprit et décida de répondre :

« Elle est en prison. »

Ah ! Ewon regretta sa curiosité. Voilà qui ne promettait rien de bon, du tout !

« Pourquoi ? » Lee avait posé la question. En voyant les autres, Ewon se rappela soudain que ces hommes étaient des mafieux. Ils étaient surpris, bien sûr, mais modérément. Aller en prison était après tout un événement plutôt ordinaire dans la vie de ces gangsters.

Mookyul regarda son père adoptif et Mookdahl refit de nouveau la moue :

« …Pour meurtre. » Ewon sentit ses poils se hérisser et Mookdahl précisa d'un ton gentil, comme pour les rassurer : « Elle va bientôt sortir. »

Mookdahl, en bon sadique qu'il était probablement, avait visiblement compris à quel point l'information hérissait Ewon, puisqu'il continua :

« Elle est bien là où elle est. Après tout, c'est une vraie sauvage. » Ewon regarda Mookyul, attendant qu'il réfute. Mais Mookyul, sérieux comme un pape, approuva son frère : « C'est vrai, c'est une fille terrible. »

Terrible ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Elle avait tué quelqu'un, d'accord. Enfin non, pas d'accord. Mais soit ! Mais « terrible » ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien être pour que Mookyul le Sauvage en personne la trouve terrible ? Il sentit son pouls accélérer et demanda d'une voix chevrotante :

« Terrible ?

- Oui, c'est une terreur, cette femme. Une gorille femelle. …Absolument incontrôlable.

- Incontrôlable ?

- Mmm. Disons qu'elle est un peu colérique. »

Ewon frissonna et décida de ne plus poser de questions. Une femme, jumelle de Son Altesse Mookyul, meurtrière et d'une envergure telle que même Mookyul la trouvait… colérique ?! Non, plus de questions. Il remarqua le regard de Mookdahl et son sourire moqueur. Mookyul aussi l'observait, gentiment, tendrement. Visiblement, il n'avait aucune idée du désarroi de son petit Fox, contrairement à son salopard de jumeau. Ce dernier s'apprêtait à dire quelque chose quand la sonnette d'entrée tinta.

Un autre des jumeaux venait d'arriver. On serra les dents, se préparant à de nouvelles péripéties verbales. Mookyul consulta du regard Lee qui hocha la tête en signe d'acceptation et répondit :
« Entre. » L'adrénaline coulait à flots dans les veines de tous, y compris des jumeaux.