Chapitre 13
Un autre des jumeaux venait d'arriver. On serra les dents, se préparant à de nouvelles péripéties verbales. Mookyul consulta du regard Lee qui hocha la tête en signe d'acceptation et répondit :
« Entre. » L'adrénaline coulait à flots dans les veines de tous, y compris des jumeaux.
La porte s'ouvrit et un homme s'y profila. On s'y attendait mais personne ne put s'empêcher de s'exclamer intérieurement. C'était Mookyul, encore, et pas lui. L'homme qui se tenait immobile dans l'embrasure et qui les regardait était, comme Mookdahl, un sosie de Mookyul. Il n'y avait rien à dire sur leur ressemblance. Autant qu'ils pouvaient en juger, elle était intégrale. Involontairement, ils regardèrent les deux jumeaux déjà installés. C'était bête, tous avaient déjà vu des jumeaux, mais incontrôlable. Puis les regards s'appuyèrent de nouveau sur le bel homme décontracté qui se tenait dans la porte. On essaya de le mesurer. Mais cette première impression ne leur disait rien, tant la ressemblance était choquante. Si Mookyul n'avait pas été présent, tous l'auraient pris pour lui sans hésiter, comme ils l'avaient déjà fait avec Mookdahl. La beauté des jumeaux stoppait un peu le sentiment étrange que dégageait leur ressemblance, mais la gêne était maintenant palpable.
L'examen du nouveau venu s'éternisait, d'autant plus qu'il ne semblait pas presser d'entrer. Il était toujours sur le seuil, à examiner les présents d'un regard hautain, la sempiternelle cigarette de Mookyul à la main. Ewon était réellement secoué, mais son tempérament au fond combatif le décida à repousser sa panique. Il se concentra et le détailla. Physiquement, il n'y avait absolument rien à dire. Lui aussi aurait pu se faire passer pour Mookyul sans le moindre effort. Il était habillé chic, sobre et décontracté. Il paraissait détendu, mais Ewon sentait une certaine raideur. L'homme laissait toujours planer son regard sur eux, les détaillant un par un.
Lee, lui, observait Mookyul et le jeune procureur, qui dévisageaient leur frère d'un air impassible. Non, qui l'observaient, plutôt. Il regarda le nouvel arrivant, qui l'avait déjà rapidement jaugé. L'autre, toujours debout, paraissait maintenant légèrement rêvasser. Mais Lee assimilait vite. Il avait après tout élevé un tigre semblable et ne faisait pas le moins du monde confiance à ce regard planant, sachant que planté dans vos yeux, il était étonnamment acéré. Il regretta soudain de n'avoir pas remis cette rencontre à plus tard, pour avoir le temps de rassembler des informations sur ces jumeaux de Mookyul.
Le silence était pesant. Les hommes ne commentaient plus. Ils attendaient que les jumeaux parlent. Le nouveau venu sortit de son immobilité et s'approcha. Il ne regardait pas ses frères. Contrairement à Mookdahl, qui avait plus ou ignoré Lee, celui-là le salua en premier :
« Monsieur Lee. Minjae Eun. Enchanté de faire votre connaissance. » Il se tourna vers l'assemblée et continua : « Bonjour, messieurs. » Quelques têtes s'inclinèrent silencieusement en réponse. La politesse de son ton tranchait avec la familiarité de ses frères. Il n'insista pas et souriant, attendit la réaction de Lee :
- Bonjour, jeune homme. Comment allez-vous ? » Lee avait décidé de le vouvoyer après une courte réflexion. Il le vouvoyait pour marquer sa différence avec son fils à lui. Ce n'était pas exactement un geste instinctif, plutôt une façon de mettre des jalons en attendant la suite des événements.
- Mais très bien. Et vous ? » Le sourire de Minjae s'élargit. Lee jura intérieurement. Décidément, c'était bien un tigre. Il en avait élevé un avec l'espoir de le voir prendre sa place, mais en assurant ses arrières. Après tout, Mookyul tenait encore dans le creux de sa main. Mais celui-là était différent. Tout comme l'autre, Mookdahl. C'était clair pour lui que ces deux-là étaient capables de lui trancher la gorge sans préavis.
- Je suis enchanté de vous voir, jeune homme. Nous avons beaucoup à nous dire, je crois. » Minjae cessa de sourire. Le regardant avec calme, il se redressa sans répondre puis se tourna, enfin, vers ses jumeaux :
« Salut, vous ! » Mookyul et Mookdahl se taisaient, continuant à dévisager leur jumeau. Après quelques secondes d'échange muet, Minjae s'approcha du canapé où ils étaient affalés et s'assit en face d'eux, écartant sans façon d'un geste de la main Sangchul debout, qui recula sans un mot. Assis, deux d'un côté et un de l'autre, ils formaient un tableau un peu étrange que leur beauté nette ne faisait qu'accentuer. Ils continuèrent à se dévisager pour quelques instants, eux-mêmes contemplés. Finalement, Minjae parla :
« Je crois que …je suis…heureux de…vous voir. » Les mots sortaient difficilement, mais comparé au blocage de Mookyul, c'était presque un exploit. Mookyul et Mookdahl se taisaient toujours. Blotti près d'un Mookyul qui l'avait probablement oublié en cet instant, Ewon avait tout le loisir de détailler Minjae, qui ne l'avait pas regardé une seule fois. Mais c'était peut-être parce qu'il paraissait maintenant absorbé par ses jumeaux. Mookdahl avait dit qu'il était l'aîné. Est-ce que c'était important, à l'échelle de ces frères si ressemblants ?
Leur contact visuel continuait. De leur regard direct, ils s'observaient, impassibles. Leur silence était presque religieux. Finalement, Minjae parla :
« Bon, on attend les autres. »
Les présentations étaient visiblement terminées. En digne frère de Mookyul, Minjae venait de prendre une décision rapide. Son ton n'était pas interrogateur, c'était plutôt celui de l'aîné qui ordonne, profitant pleinement de son droit d'aînesse. Mais les deux autres allaient-ils obéir ? Ils ne répondirent pas mais après cet ordre, les trois parurent sortir de leur immobilité. Mookyul se leva carrément et alla se percher de nouveau sur son bureau, se tournant des trois quarts vers la fenêtre. Quant à Mookdahl, il profita de l'espace dégagé pour s'étaler encore plus, fixant pensivement un point dans l'espace. Ewon surveillait Mookyul. Il ressentait le besoin presque physique de le voir se confier. Mookyul était face à eux, mais avait détourné son visage vers l'extérieur, comme s'il voulait se cacher. Il était de nouveau dans sa coquille, qui avait toujours été là, mais que personne n'avait remarquée avant l'apparition de ses jumeaux. Ewon sentit soudain le poids d'un regard. C'était Minjae qui le fixait. Il n'avait ni la tendresse de Mookyul, ni l'agressivité de Mookdahl. Ewon se recroquevilla légèrement. Il avait l'impression de passer une sorte de test et se félicita intérieurement d'être l'amant de Mookyul, de connaître déjà le poids de ces yeux acérés.
Le plus étrange était le silence. Personne ne disait mot et même Lee se sentait perdre pied. Pourtant, on était censé avoir beaucoup à se dire. On attendait les autres.
Chacun réfléchissait. Sangchul, lui, se demandait si les jumeaux étaient en train de communiquer. Il avait été témoin plusieurs années de la solitude profonde du jeune Mookyul et essayait de deviner pourquoi le jeune chef n'avait jamais tenté de contacter cette famille biologique nombreuse qu'il avait en réalité. La même question se posait pour les autres. Pourquoi ces sept, qui avaient immédiatement répondu présent à l'appel, ne s'étaient pas rassemblés plus tôt ? Lee réfléchissait à la même chose. Pour lui, le mystère résidait dans le rôle de ce Mansoo. Mais il n'avait aucune hypothèse précise.
Ewon n'y tint finalement plus. Se levant aussi, il se rapprocha de Mookyul. Il ne savait pas ce qu'il voulait faire. Le prendre dans ses bras, le consoler, le forcer à parler ? Son cœur se serrait à la vue de son cher grand obstinément silencieux, lui, la grande gueule incarnée. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se décider, on sonna à nouveau. Tout le monde regarda les jumeaux, qui ne réagissaient pas. La sonnette retentit de nouveau. Voyant l'indifférence apparente de Mookyul, Lee fit signe à Sangchul d'ouvrir.
Ce dernier s'approcha de la porte avec appréhension. Derrière, se tenait encore un autre Mookyul. Sangchul déglutit. Cela commençait à devenir sérieusement bizarre. Derrière lui se tenait un des membres du groupe, dont l'ébahissement se traduisait par une expression stupéfaite sur le visage. Il n'avait pas entendu parler des autres jumeaux du jeune chef et se demandait visiblement comment réagir.
«Bonjour. Mes frères sont là, je crois. Je pourrais les voir ? » Sangchul le dévisagea. L'homme avait parlé d'un ton poli, affable et très doux. Pas du tout celui de Mookyul. L'expression de son visage était d'ailleurs aussi calme et doux. Il portait des lunettes et tenait un mince cartable sous son bras.
« Oui, entrez je vous prie. On vous attendait. » Il s'effaça et laissa entrer le jumeau. Lequel était-il ? A en croire par ses lunettes, celui qui était prof. Mookyul en prof ! Sangchul n'arrivait pas à l'imaginer.
Le nouveau venu entra dans la pièce et s'arrêta lui aussi, dévisageant les hommes présents, sans insister particulièrement sur ses frères. Les lunettes cachaient un peu son regard. Il sourit ensuite poliment :
« Bonjour. Je suis Minkyu Eun. J'espère que je ne suis pas en retard. »
En retard pour quoi ? Les jumeaux ne disaient rien et même, Ewon le remarqua avec étonnement, ne le regardaient pas. Son arrivée avait provoqué de légers mouvements chez les jumeaux, qui étaient maintenant tous penchés un peu avant, fixant le sol d'un air concentré. Avant de lui répondre, Lee, que le silence des jumeaux forçait à prendre la parole, jeta un coup d'œil vers Mookyul. A cet instant, il n'aurait pas pu mettre un nom sur l'attitude de ce dernier. Seul parmi les présents, Bim, habitué durant son enfance à chasser, reconnaissait cette position, sans que la pensée n'atteigne son esprit. Mookyul, Minjae et Mookdahl avaient tous adopté une attitude défensive, celle d'une bête sauvage pendant une partie de chasse. Ce qui était étonnant, puisque le nouveau venu paraissait largement plus « civilisé » et calme qu'eux tous.
« Bonjour. Je suis le chef Lee. » Après un instant de réflexion, il ajouta : « Le père de Mookyul. Asseyez-vous. » Minkyu opina de la tête et sourit sincèrement : « Enchanté de faire votre connaissance, monsieur. » Puis il s'installa à côté de Minjae, en souriant au passage à tout le monde. Il paraissait être le type même du prof un peu coincé. Ewon et Sangchul étaient bouche bée.
Assis, il regarda ses frères, qui enfin, se décidèrent à lui jeter un coup d'œil. Aucun ne parlait. Au bout d'un moment, Mookdahl se laissa aller en arrière dans le canapé, poussant un soupir interminable. Minkyu lui sourit en réponse, ce qui poussa l'agressif Mookdahl à répondre d'un bizarre :
« Toi ta gueule ! »
Minkyu comprit visiblement, contrairement à tout le monde, puisqu'il détourna son regard sans insister. Les jumeaux le dévisageaient maintenant par en dessous, brièvement, poussant des soupirs incompréhensibles à chaque fois qu'ils détournaient le regard. Ils commençaient maintenant à avoir l'air irrité. Minkyu continuait de sourire dans le vague, sans essayer d'engager la conversation. A un moment, son regard croisa celui d'Ewon, à qui il sourit largement. Ce qui valut immédiatement un claquement de langue menaçant de la part de Mookyul. Ewon ne comprenait pas, pas plus que les autres. Ce jumeau paraissait vraiment plus calme et plus doux que les autres. Pourquoi ses frères réagissaient-ils aussi négativement à sa présence? Le silence s'éternisant, Lee s'en mêla :
« Vous étudiez les mathématiques, si j'ai bien compris ?
- Oui, je suis enseignant-chercheur à l'université de Seoul.
- …Enseignant-chercheur ?
- Je suis prof et je fais aussi des recherches.
- …Je vois. Je vois. »
En réalité, il ne voyait rien du tout. Ce jumeau avait certainement l'air doux et calme, mais l'attitude défensive et incompréhensible, non seulement de Mookyul mais des autres jumeaux, avait certainement une raison. Et si cet homme était capable de mettre quelqu'un comme Mookyul mal à l'aise, Lee préférait ne pas faire confiance à cette douceur et à cette amabilité apparentes. Il décida de rentrer dans le vif du sujet :
« Vous n'avez pas l'air surpris par cette réunion.
- Oh, mais c'est parce que je suis très heureux. C'est une telle chance ! » Minkyu souriait plus largement encore, limite comme un crétin, jugea Ewon, qui commençait à le trouver vaguement bizarre. Surtout qu'il ne précisait pas ce qui était « une telle chance ! ». Il ne donnait d'ailleurs pas non plus l'impression qu'il était transporté de joie.
- Une telle chance ? », continua Lee qui voulait profiter de cette apparente douceur de caractère au maximum.
- Eh bien…De nous rencontrer…C'est bien, non ? » L'intonation interrogative de sa voix n'échappa à personne. Il ne savait pas ? Il n'arrivait pas à se décider si c'était bien ou pas ?
Minkyu dût sentir ce que sa réponse avait de convenu et d'étrange. Il continua, sur un ton plus intime :
« J'avoue que… c'est un peu…je ne trouve pas vraiment les mots, excusez-moi. » Puis il sourit, comme pour se faire pardonner. Finalement, il n'avait rien dit. Rien de ce qu'il éprouvait, rien de ce qu'il attendait. Et ce sourire qui était comme scotché à son visage. Lee comprit qu'à moins d'engager une discussion profonde, il ne tirerait plus rien de lui. Il se tourna vers Mookyul :
« Alors, petit ?
Mookyul ne répondit pas tout de suite. Jetant un coup d'œil à Minkyu, qui lui répondit par un sourire, il planta ensuite son regard cette fois direct dans les yeux de Lee, et ouvrit la bouche pour répondre, mais c'est Mookdahl qui parla :
« Foutez la paix à Minkyu, voulez-vous ?
- Pardon ?
- J'ai dit, foutez-lui la paix. », répéta-t-il en regard Minkyu assis en face de lui, qui souriait d'un air un peu perdu.
- Je ne comprends pas. » La voix de Lee avait claquée, sèche. Il en avait marre de ce jeune roquet. Mookdahl le défia du regard :
« Vous ne posez pas les bonnes questions. Mais aucune importance, Minkyu n'a pas de réponse à vous donner.
- Je ne comprends toujours pas. »
Mookdahl haussa les épaules et regarda cette fois tous ses jumeaux.
« Mookyul, tu veux expliquer à ton « papa » ? », demanda-t-il d'un ton ironique à Mookyul, qui grimaça d'irritation. Mais se tourna quand même vers Lee :
« On attend Minsoo. Et puis on va se décider pour ce qu'on veut faire.
- Qu'est-ce qui t'arrive, petit ? Qu'est-ce qui se passe ?»
- … » Mookyul regarda ses pieds. Puis il releva la tête, une expression presque suppliante sur le visage. Il paraissait déchiré par un dilemme.
- Je t'écoute.
- … Rien. » Et merde ! La corde avait cassé. Mookyul refusait de répondre. Mais il donnait maintenant l'impression de vouloir dire quelque chose. Il se leva, marchant quelques pas d'un air irrité. On voyait les muscles de sa mâchoire se contracter. Finalement, il se calma. Se rasseyant de guingois sur le bureau, il poussa un soupir et se redressant, parla enfin :
« Il n'y a vraiment rien à dire. Est-ce qu'on est heureux ? … Je ne sais pas. Honnêtement, je crois qu'on se pose tous les mêmes questions. On a…vécu sans nous connaître…non, plutôt, sans nous fréquenter. Parce que c'était notre décision. Et aujourd'hui, on a pris une autre décision… Et… » Il s'arrêta, cherchant de nouveau ses mots. Ses frères l'écoutaient attentivement. « … Ce qu'il y a, c'est…que je ne suis pas sûr si au fond, on voulait vraiment se rencontrer… » Il fit un geste de la main, comme pour éloigner quelqu'un. Que voulait-il montrer ? « Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas par hasard qu'on ne s'est pas connus. Ce qu'on a fait aujourd'hui, on aurait pu le faire n'importe quand, mais on ne voulait pas. » Il regarda Mookdahl. « C'était la décision de Mookdahl qu'on se rencontre et on a …accepté. Mais ce n'est pas une décision qui…va de soi. » Il se tut de nouveau. Ce n'était pas fini. Mais il avait l'air épuisé. Lee ne lui laissa pas le temps de se reprendre. Il savait qu'il prenait un risque, mais autant frapper le fer tant qu'il était chaud, quitte à se prendre pour un psy, se dit-il in petto :
« Pourquoi vous ne vouliez pas vous rencontrer ? » Mookyul ne répondit pas tout de suite, mais il ne se renferma pas dans sa coquille. Il regarda ses jumeaux. Il ne disait rien, mais ses jumeaux réagirent comme à une question. Mookdahl haussa les épaules et fit une grimace, Minkyu fixa ses chaussures et Minjae parla :
« C'est à toi qu'il pose la question, non ?
- Je ne suis pas le seul à…. » Ewon avait le cœur lourd. Aujourd'hui, c'était comme si Mookyul communiquait depuis l'autre bout du monde, à coups de coupure. Minjae laissa passer un silence puis se tourna vers Lee :
« Pour mieux vivre. On est des enfants trouvés. C'est difficile de grandir aux dépens de la bonté des gens. La plupart n'en ont pas tant que ça, de bonté. Ou alors, ils ne savent pas quoi en faire. C'est une denrée difficile à offrir, difficile à manier et…difficile à accepter aussi. » ajouta-t-il un ton plus bas.
Ils étaient nombreux dans la pièce à comprendre exactement ce qu'il voulait dire. Orphelins, enfants perdus, enfants malheureux, ils avaient tous fait l'expérience de cette bonté absente ou trop convenue. Lee ne s'y attarda pas. Il décida de poser une question provocante. Il voulait savoir la raison du blocage de Mookyul, et l'aider à le surmonter :
« Pourquoi tu te tais, mon petit ? Tu l'as dit toi-même, nous sommes ta famille. » Mookyul le dévisagea longuement, pensivement. Il finit par hausser les épaules :
« Je suis fatigué.
- De quoi ?
- Je trouve que je les ai assez vus, mes frères. » C'était brutal. Ses frères ne s'en formalisèrent pas. Tout au contraire, ils hochèrent la tête en signe d'approbation. Bon sang, l'autre jumeau n'était pas encore là et ils étaient déjà « fatigués » de se voir ? Depuis cinq minutes qu'ils étaient réunis ? Ewon jura intérieurement. Si le jeune chef pensait qu'il allait tirer à si bon compte, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Et tant pis si ses cinglés de frères pensaient comme lui. Il s'approcha de son amant et lui attrapant la manche, il glissa ses doigts entre les siens. Il s'apprêtait à parler quand la porte s'ouvrit violemment. Un énorme bouquet de fleurs était entré, suivi par un des hommes, visiblement dépassé par les événements.
