15.

Alden étreignit les jambes de sa mère.

- J'ai peur…

- Mais pourquoi donc, mon petit cœur ?

- Quand il est parti, j'ai crié sur papa. Il va être fâché ?

- Bien sûr que non ! Tu n'as pas arrêté de lui faire des câlins lors des communications qui ont suivi, le rassura Danéïre en caressant les boucles de feu. Ton papa t'aime bien trop que pour être fâché !

- Il a dû être triste ?

- Ça, oui. Mais là il rentre à la maison, il est heureux !

- J'ai hâte de le revoir !

- Moi aussi, mon petit cœur.

Les yeux bleus du garçonnet s'emplirent de larmes.

- Tu as mal, mon papa ?

- Ça va, mais ne me serre pas trop fort.

- Tu ne m'avais pas tout révélé non plus de la gravité de tes blessures, souffla Danéïre.

- Ça va, répéta Alérian. Au moins maintenant je tiens debout et je sais me déplacer ! Bon d'accord, je ne vais pas très vite, mais on a le temps, non ?

- Maintenant, on t'a, on te garde ! siffla Danéïre. Warius peut venir t'attraper par les oreilles, tu ne repars pas !

Alérian ne put réfréner un petit rire, suivant son épouse et son fils le ramenant au tout-terrain garé sur l'un des parkings de l'astroport Militaire.

- A la maison ! se réjouit le petit qui n'entendait pas lâcher la main de son père qui n'avait plus besoin que d'une seule béquille.


Dans la quiétude du penthouse familial, Alden en pleine sieste d'après déjeuner, Alérian avait pu confier à sa femme plus de détails que durant le voyage l'avaient retenu la réserve Militaire ainsi que son désir de ne pas l'affoler.

- Mon pauvre amour, tu t'es pris une raclée mémorable !

Le jeune homme eut une grimace, lissant la mèche blanche de sa crinière d'acajou.

- Il y avait longtemps que je n'avais été à ce point battu à plates coutures, oui !

- Tu t'en es sorti. Le Dominateur n'est plus et Anaëlle s'est enfuie ! C'est tout ce qui compte !

Alérian secoua la tête de façon négative.

- C'est Zunia qui a eu le Dominateur, rectifia-t-il. Quant au Spectre, si elle n'avait cru m'avoir mortellement poignardé, elle n'aurait jamais mis les voiles ! En plus, elle ne reviendra pas seule…

- Comment cela ?

- Mon père et Warius ont exploré son QG, découvert de nombreux sarcophages, vides.

- Je ne comprends pas…

- Autant de sarcophages que de copies Mécanoïdes qu'Anaëlle a emportées avec elle ! Voilà comment le Spectre pouvait être signalé à plusieurs endroits à la fois !

- Misère…

- Je ne te le fais pas dire !

- Qu'importe, on va te remettre sur pieds, mon bel amour et quand tu reverras cette folle, tu prendras ta revanche ! C'est peut-être notre fils qui a des boucles de feu, mais toi tu étincelles, tu irradies, par tes exploits !

- Merci pour la pommade, rit Alérian.

- Je suis sincère. J'admire le guerrier bien que ce soit l'homme dont je sois raide dingue !

- Je peux te retourner le compliment, toi qui fus la meilleure ingénieure de ma salle des machines.

Danéïre eut aussi un petit rire frais.

- Je suis heureuse que tu sois rentré. Je vais bien te soigner, mon amour. Et Alden aussi meurt d'envie de t'adorer !

La jeune femme se saisit du pendentif en forme de rose au bout de sa longue chaîne.

- Zunia est vraiment là-dedans ? !

- Son esprit, son âme, son aura. Et elle peut s'en extraire et s'en projeter à sa guise. Cela fait partie de ses pouvoirs.

- Te voilà bien gardé, mon grand cœur !

Danéïre se blottit contre son époux, le cœur débordant d'amour et soulagée au possible de pouvoir à nouveau étreindre, prudemment, son corps.


Réveillé par son téléphone, Alérian tâtonna avant de mettre la main dessus.

- Rheindenbach… Oh, papa !

Danéïre se retourna.

- Alie ? On est pleine nuit !

- Oui, et Chalandra vient de perdre les eaux !