Je me souviens dans la série de Lady Oscar...à la fin, lorsqu'elle et André se révèlent (enfin!) leur amour, qu'elle se disait comment elle avait eu son bonheur sous le nez tout ce temps...
Et si?...Troisième partie
« Ainsi, si vous ne voulez pas que votre maîtresse soit enceinte, vous êtes mieux de vous retirer avant la fin! » Athos avait parlé d'une voix basse, mais amusée.
« Me retirer… ? Mais avant la fin de quoi ? »
« Allons, Aramis ! Cessez de faire l'innocent ! C'est à croire que vous n'avez jamais vu votre propre membre !»
« Porthos !...mais que faites-vous ?! »
Aramis essayait de le repousser, mais il était tellement lourd qu'elle n'arrivait même pas à le déplacer. Son corps dénudé écrasait le sien.
« Bien, je…j'ai terminé ! » haletant, il rit tout en rougissant légèrement.
Elle sentait son fluide glisser à l'intérieur d'elle. « Je vous ai dit plusieurs fois que je ne voulais pas ça ! » Rougissant elle aussi, elle évitait son regard.
Il se retira, se souleva et la laissa rouler à côté de lui. Il appuya sa tête sur son coude et la regarda d'un air moqueur.
« Je croyais que vous vouliez des enfants ! C'est, à mon humble avis, la meilleure façon d'en avoir !» Son puissant rire empli la chambre.
Aramis soupira et lui tourna le dos. « Mais avoir des enfants…ca veut dire ne plus être mousquetaire. »
Et d'être mariée. Avec un bon mari.
Elle soupira encore. Les sentiments qu'elle vouait à Porthos étaient maintenant beaucoup plus qu'amicaux, mais elle ne les avait jamais extériorisés. Elle avait peur d'être rejetée à cause de sa vie étrange. Peur de perdre ce qu'elle avait gagné avec lui. Elle préférait se contenter de peu plutôt que de risquer de ne plus rien avoir du tout.
« Mais qu'est-ce que vous voulez, à la fin ? » lui demanda Porthos, abasourdi.
Oui, là était la question…qu'est-ce qu'elle voulait ? Depuis quelques mois, elle ne savait plus. Depuis qu'il lui avait avoué être au fait de son identité, leur relation s'était intensifiée jusqu'au point de partager le même lit. Mais l'aimait-t-il ? Elle en doutait. Avec Porthos il n'y avait rien de sérieux…De plus, il avait lui-même déjà dit qu'il s'intéressait à une autre fille… La jeune femme repensa alors aux paroles que Jean lui avait dites, un jour. « Ce n'est pas en étant déguisée en homme que vous vous trouverez un mari ! » Hélas, le petit avait raison. Quel est l'imbécile, l'insensé qui s'intéresserait à une femme mousquetaire ? Une originale, entêtée, qui n'avait de féminité qu'un maigre corps qu'elle s'efforçait de cacher autant que possible ? Même Porthos préférait sans doute une femme plus…femme.
Et si…- elle posa la main sur son ventre. Ses saignements étaient si distancés qu'il était impossible de prévoir si…
« Rappelez-vous, mademoiselle, que lorsque vous n'aurez plus vos saignements, ce sera un signe que vous attendez un heureux événement !... »
Et si elle portait déjà un enfant, sans le savoir ?...
« Je…je veux un homme qui m'aime et qui m'accepte pour ce que je suis. C'est tout. Et il n'y a pas un homme qui voudrait d'une fille qui se déguise en homme.»
Le silence de Porthos la troubla. Il aurait du, fidèle à son habitude, pousser une blague grossière. Aussi se retourna-t-elle pour lui faire face et comprendre la raison de son mutisme. Les yeux de l'homme semblaient empreints d'une légère déception, ce qui la mit mal à l'aise. Elle décida de détourner la conversation.
« Et vous, Porthos ? Que recherchez-vous, chez une femme ? »
Il afficha un large sourire et, glissant ses deux mains derrière sa tête, il se coucha sur le dos. « Moi ? Je veux une femme qui sait rire quand c'est le temps de rire, et qui sait pleurer quand c'est le temps de pleurer. Qui me gronde, qui me frappe, qui me taquine. Je veux une femme qui n'a peur de rien, et qui aime l'aventure. Il faut qu'elle soit à la fois très douce et très forte. Oh, et mignonne aussi ! »
Aramis rit un peu, non sans ressentir une petite pointe de tristesse à l'idée de l'entendre parler d'une autre. « J'imagine qu'elle doit aimer la cuisine autant que vous ! »
« Naaaah… » Porthos secoua la tête. « Ça, ça n'a pas d'importance…en fait, si elle mangeait peu, ça serait mieux, car j'en aurais plus pour moi ! »
Aramis rit franchement de cette blague. « Vous n'êtes pas sérieux ! »
Le sourire de Porthos s'effaça légèrement alors qu'il plongeait son regard dans celui de la femme. « Au contraire, je suis très sérieux. »
Aramis ne sut quoi répondre ; le voir si grave, cela la déstabilisait. Porthos, voyant son malaise, poursuivit. « En fait, j'ai un rêve un peu fou… »
« Dites-le moi ! » fit-elle aussitôt, intéressée.
« Vous allez encore vous moquer de moi! » se plaignit-il.
« Je vous promets que non ! » Aramis l'écouta attentivement.
Il s'arrêta un instant avant de devenir rêveur. « J'aimerais… » Il soupira, gêné. « J'aimerais que mon épouse soit toujours à mes côtés. Le matin, le midi, le soir, la nuit. Chaque minute. Chaque seconde. » Il rit nerveusement. « Je me sentirais beaucoup plus en sécurité si…si je savais qu'elle puisse se défendre seule, s'il advenait que je doive m'éloigner d'elle. »
Il tourna lentement son regard vers elle, pesant chacun de ses mots. « En fait j'aimerais beaucoup que ma femme soit mousquetaire. »
Le sourire d'Aramis tomba alors qu'elle réalisa toute la portée de ses paroles. Elle se redressa et le regarda avec intensité.
Porthos eut un sourire triste. « Il y en a une qui fait battre mon cœur depuis un long moment, voire des années….mais je ne sais pas si elle m'aimerait en retour. Regardez-moi, je suis lourdaud, gourmand…tandis qu'elle, elle est si délicate et raffinée, bien qu'originale ! Dites-moi…en connaissez-vous une, une mousquetaire qui voudrait m'épouser ? »
Aramis renifla en essuyant les larmes – de joie - qui coulaient de ses yeux. « J'en connais seulement une, hélas…mais elle est têtue, et stupide…ainsi je crois qu'elle n'a pas remarqué que vous aviez des sentiments pour elle. »
« Vous me la présenterez, un jour ? »
« Je peux vous la présenter tout de suite si vous voulez… »
« A la bonne heure… » Content de la tournure de cette bizarre demande en mariage, Porthos s'approcha doucement d'elle pour goûter ses lèvres, mais Aramis préféra enrouler ses bras autour de son cou et de plaquer sa bouche contre la sienne dans un baiser passionné.
FIN
